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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 16:18

Ils sont devenus rare au cinéma les films affichant clairement leur appartenance aux idées conservatrice. Pour un 300 ou une Passion de Christ, combien de Green Zone ou pire encore de Farenlies 9/11 ?

 

Raison de plus pour voir American Sniper, le dernier film de Clint Eastwood ! Un choc salutaire qui montre la guerre en Irak autrement que par des films de propagande démocrates !!

 

Je vous offre ma chronique complète parue sur mon site cinéma Salla Obscursium Invocat !!

 

Enjoy, motherfuckers !!

 

Le pitch : choqué par la destruction des ambassages américaines au Kenya et en Tanzanie, un Texan s'engage dans les Navy Seals. Il deviendra leur plus grand sniper.

 

La force de Clint Eastwood est d'être toujours là , à 84 ans; toujours efficace dans sa mise en scène, mais surtout fidèle à ses idées. Républicain depuis toujours, Eastwood fut cependant en désaccord avec Bush sur la nécessité d'attaquer l'Irak. Mais, à la différence de certains de ses collègues, il ne profite pas de son film pour piloner de manière manichéenne la chute de Saddam Hussein. Il préfère entrer dans la tête de son personnage Chris Kyle (Bradley Cooper , exceptionnel !!) et se poser la question suivante : la guerre peut-elle détruire un homme de l'intérieur ?

American Sniper alterne ainsi deux types de scènes : la guerre proprement dite en Irak où Kyle est dans son élément, aquérant le surnom de "légende" à tel point que sa tête est mise à pris par les insurgés islamistes et le retour au pays où, petit à petit, il se détache de sa famille, de plus en plus obsédé par le fait que, lorsqu'il n'est pas en Irak, ses camarades meurent, faute de sa protection.

 

Et si la dernière partie le voit retrouver une vie normale, retrouver son rôle de mari aimant et de père, il est évident que les séquelles de ces terribles combats le hantent. Eastwood le dit sans ambiguité : on ne ressort pas indemne d'un conflit armé, même si on l'estime juste et qu'on pense défendre son pays.

 

De ce fait, ces deux parties, parfaitement alternées, témoignent de la technique impressionnante d'Eastwood (American Sniper doit être son 35e film). En Irak, le montage est brutal, mais parfaitement lisible, l'apogée étant la dernière mission de Kyle, filmée dans une tempête de sable dévastatrrice. En Amérique, les images sont plus douces, le montage plus lent, même si au fur et à mesure que les missions se succèdent et que le retour devient de plus en plus dur, ces parties tendent aussi vers plus de chaos. L'interprétation étant au diapason (Sienna Miller tient la dragée haute à Cooper), c'est tout le film qui est tiré vers le haut.

 

Ce qui m'a le plus marqué, c'est la façon dont Clint Eastwood a décidé de rendre hommage à son héros (les dernières images du film, tirées de la vraie vie de Kyle prouvent qu'il a voulu dépasser le simple biopic). S'il n'occulte pas ses failles, il se refuse de tomber dans le manichéisme. L'Irak post-Saddam est décrit dans toute sa complexité, avec ses habitants hésitant entre le rejet de l'Amérique et la collaboration avec leurs nouveaux maîtres. Le film ne cache ni les manières brutales de certains GIs envers les habitants ni la barbarie de la clique de Zarquawi (la découverte de morceaux de cadavres dans le restaurant, le meurtre à la perceuse d'un enfant). Mais il ne les renvoie pas dos à dos. Car, même s'il fut opposé à la guerre en Irak, il appela tout de même à voter Bush en 2004, estimant que si le travail était commencé, il fallait aller au bout. De plus, American Sniper se base sur le livre de Kyle et ce dernier n'avait aucun doute sur la mission américaine, surtout après le 11 septembre (extraordinaire scène où Kyle et sa femme assistent impuissants à la chute des tours). Et Clint Eastwood ne trahit jamais son personnage. Il a trop honnête pour s'abaisser à celà.

 

Certaines critiques ont estimé qu'en ne prenant pas position contre la guerre dans son film, Eastwood commettait une faute morale. C'est, à mon sens, une absurdité. Le propos sur la guerre peut très bien se faire de manière subtile. Et c'est le cas ici. Il est clair qu'à chaque retour au pays, Kyle s'éloigne un peu plus de sa vie. Est-il accroc à la mort ? Quelques indices peuvent nous le faire penser. Mais c'est finalement en aidant ses camarades moins chanceux que lui qu'il va retrouver sa vie "d'avant". Et ironiquement, c'est en aidant un de ses hommes qu'il trouvera la mort, tué par une arme à feu , objet qu'il a tant utilisé pour tuer et sauver des vies.

 

Ceux qui connaissent un peu la vie d'Eastwood (j'exclus donc la quasi-totalité des critiques française) savent qu'il travaille depuis longtemps avec une association qui tente d'aider les soldats victimes du syndrome de stress post-traumatique. Il a sans aucun doute compris ce que disait Kyle à travers son livre. C'est sans doute pour cela qu'il ne le juge pas, mais que, au contraire, il lui donne la parole, il lui offre une reconnaissance mondiale. Et tant pis si cela en indispose certains.

 

American Sniper se hisse sans aucun soucis à la hauteur des chefs d'oeuvre du grand Clint ! Il est de la veine d'Impitoyable, Iwo Jima, Gran Torino ou Sur la route de Madison. Sa vision de la guerre n'est plus la même que celle qu'il donnait dans Le maitre de guerre, elle se rapproche désormais de celle de Mémoires de nos pères, c'est à dire une vision plus nuancée, moins "romantique", mais jamais agressive. Après tout, celui qui est président d'honneur d'un musée de la police peut-il vraiment critiquer ceux qui, selon lui, participent aussi à la protection des autres.

 

Première véritable claque de 2015, American Sniper n'a pas été récompensé aux Oscars comme il l'aurait dû ! Qu'importe, son énorme succès commercial (plus de 500 millions de dollars à ce jour) prouve qu'une fois de plus Clint a eu raison. Contre tous ceux qui le disaient fini après les échecs (relatifs) de J.Hedgar, Invictus ou Jersey Boys. Contre toux ceux qui ne voient en lui qu'un fasciste ! 

 

A 84 ans, Clint Eastwood montre qu'il en a encore sous le capot ! Et, mine de rien, il rend hommage à une génération de soldats qui n'a pas hésité à aller combattre un ennemi invisible dans un pays lointain.

 

Chapeau bas, Mr Eastwood !

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Published by Dave - dans Cinéma
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