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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 21:36

La déculottée des partis « classiques » lors de ces régionales 2015 peut s’expliquer de deux manières différentes, selon que les candidats soient de gauche ou de droite. 

 

On a eu beau parler d’une embellie dans les sondages pour le président après les attentats du 13 novembre, il est clair que cela n’a absolument pas joué sur le scrutin qui s’est avéré en tout point identique au scénario annoncé depuis des mois, à savoir une forte poussée du Front National, un laminage de la gauche et une stagnation des Républicains.

 

L’échec de la gauche tient en un nom : Hollande ! Le quinquennat totalement raté pour pour le moment sur le chômage, la sécurité, le pouvoir d’achat, la confiance même en l’avenir a forcément poussé un électorat déçu dans les bras de l’extrême droite. On peut se rassurer en projetant des cartes montrant la coorélation des téléspectateurs de Secret Story et le vote FN (je vous assure que ce type de carte circule sur les réseaux sociaux) ou dire que les Le Pen ne séduisent que les neuneus, il n’empêche : le parti d’extrême droite arrive en tête largement au plan national, est en passe de remporter deux régions (le Nord, Paca) voire trois si l’on regarde la bonne position de Philippot en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes et confirme un ancrage local qui ne cesse de monter depuis 2010. Pire encore, son électorat s’est rajeuni, étendu à des zones qui sont moins touchées par la crise et qui ne se cachent plus pour dire à haute voix  son choix de vote.

 

La gauche ayant été totalement discréditée sur son programme économique, ses réformes dites « sociétales » comme le mariage homo ou les nouveaux rythmes scolaires ne l’ont pas aidées non plus. A force de diviser les Français, de les mépriser et de ne pas les écouter, on les pousse forcément vers les extrêmes. Avoir gardé Taubira, malgré la façon dont elle affiche son mépris pour les « Français de souche » ne pouvait qu’offrir un boulevard au FN. La crise des migrants et sa gestions calamiteuse a encore apporté du grain à moudre et les Le Pen n’ont eu qu’à se baisser pour ramasser un fruit bien mûr. 

 

Pour Les républicains, la donne est un peu plus complexe. Elle tient sans doute au fait que l’opposition ne l’est pas tant que cela aux yeux des Français. Les propos des Juppé, NKM et autres Barouin donnent l’impression qu’il n’y a pas des masses de différentes entre la droite et le PS. Le pire c’est que pour les 3 sbires cités, on peut aller dans ce sens. Quand Juppé drague ouvertement les islamistes ou que Barouin, en réaction des attentats, décide que toutes les mairies doivent interdire les crèches, ils ne peuvent que conforter l’idée du FN du « tous pourris, tous identiques ». En fait, on se rend compte que dans les régions où la droite a fait une campagne décomplexée, elle a mieux résisté. Parce que l’électeur de droite préfèrera toujours une droite qui ne cherche pas à singer la gauche et non une droite qui cherche à plaire à la gauche.

 

Mais ce désaveu tient aussi au fait que depuis 3 ans et demi, la droite n’a pas vraiment tenu un discours d’opposant. Les maires de droite ont avalé trop facilement la couleuvre des rythmes scolaires, qui plombent pourtant leurs finances et côté mariage gay, cela ne se bouscule pas au portillon pour dire « On reviendra sur cette mesure une fois au pouvoir » !! La droite, depuis 1997, critique gentiment les mesures de gauche mais ne revient jamais dessus. On l’a également vu pour les 35 heures. La gauche, fort du soutien des médias, n’a pas ce type d’état d’âme. Vous me direz le FN non plus n’a pas grandement critiqué rythmes scolaires et mariage gay, mais le grand public s’en aperçoit moins.

 

Enfin, on peut aussi parler de Nicolas Sarkozy. Le fait qu’il soit concurrencé par un Juppé montre bien qu’une partie de l’électorat de droite lui en veut encore. Je ne parle pas de celui de gauche dont le sectarisme n’étant plus à démontrer ne lui apportera pas une once de soutien. Mais c’est de bonne guerre. Mais rejeter Sarkozy pour se jeter dans les bras de Juppé ne cesse de m’étonner. On a reproché à Sarkozy de ne pas avoir été au bout des promesses de 2007, d’avoir fait trop de concessions à la gauche et on voudrait le remplacer par Juppé, nettement moins à droite ? Un manque total de logique, mais les Français ne sont plus à cela près. Ils ont bien élu Hollande, n’est-ce pas ?

 

On peut donc dire, sans trop se tromper que l’électorat de droite a voulu, à nouveau sanctionné Sarkozy. Mais paradoxalement, je le redis, là où le candidat de droite a affiché clairement ses convictions, sans singer la gauche, il a fait plus que résister. On se retrouve devant un dilemme compliqué à droite : trouver un leader incarnant une droite n’ayant pas peur de ses origines et de ses idées et qui ne soit pas forcément Nicolas Sarkozy. Or ce mouton à 5 pattes n’existe pas ! Aucune personnalité ne s’est vraiment affirmée depuis 2012 et l’on comprend mieux pourquoi le FN joue sur le « tous pareil », sur les « vieux appareils », sur « nous, au moins, on représente l’avenir… ».

 

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