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16 mai 2019 4 16 /05 /mai /2019 20:22

2019 voit le 40e anniversaire des élections européennes. Crées en 79 et dont la première grande gagnante fut Simone Veil  Avec 27% des voix pour l'UDF, elle battit le PS de Mitterrand (22%), le PCF de Marchais (19%) et le RPR de Chirac (16%). A ces quatre grosses listes s'ajoutaient cinq petites dont Lutte Ouvrière de la très vilaine Laguiller et une autre dirigée par Jean Jacques Servan Schreiber.

 

En 1979, l'Europe était encore une entité un peu nébuleuse, moins puissante que maintenant et composée de 9 pays seulement. Les élections avaient tout de même eu une participation de 60% en France, preuve que les gens s'y étaient intéressés.

 

En 1984 , les élections confirmèrent la percée du Front National (10% des suffrages) et son implantation durable dans le paysage politique français.

 

Je ne vais pas vous faire la chronologie de ces différents suffrages, mais je constate, amertume, que les Européennes sont devenues depuis une bonne vingtaine d'années une sorte de référendum "pour ou contre" le président en place, qu'il soit de droite ou de gauche d'ailleurs. L'idée d'Europe ? absente des débats. On a même une partie des 34 listes dont le programme est que la France fasse son "Frexit", comme celle d'Asselineau.

 

D'où mon titre. Les élections de cette année sont à nouveau confisquées par les opposants à l'Europe, les opposants à Macron (et ils sont nombreux), les opposants à la croissance, au capitalisme, à la finance, au fédéralisme.... On y parle de tout sauf d'Europe.

 

Bien entendu, on ne peut pas voir en l'Europe un accomplissement parfait. Elle s'est trop éloignée du citoyen lambda, qui n'y voit qu'un machin technocratique, des députés dont l'absentéisme dépasse celui des élèves quand le 1e et le 8 mai tombent un jeudi, une sorte de Deus Ex Machina qui pèserait sur nos vies sans que l'on n'y puisse rien changer. Et on peut adhérer à cette idée. Quelles sont les dernières vraies réussites européennes ? Ariane ? l'Euro ?

 

Si la fusée européenne est effectivement une réussite, son programme manque clairement d'ambition et elle n'envoie "que" des satellites dans l'espace. Pas demain la veille que l'ESA concurrencera la Nasa ou les agences russes ou chinoises. Même Israël qui a réussi à poser un rover sur la lune il y a quelques semaines.

 

L'Euro ? je continue à penser que cette monnaie est un formidable moyen d'émancipation pour tous ceux qui aiment voyager. Fini le cauchemar des frais de chance, des calculs tordus dès que l'on voulait comparer un achat avec celui que l'on aurait fait en France. Quand je vais en Italie, je peux voir que l'essence est aussi chère qu'en France, mais qu'un bouquin l'est moins. Qu'un repas au restaurant me coute moins cher que chez nous, mais que certains musées le sont plus... Le revers de la médaille serait l'augmentation des prix, mais n'auraient-ils pas augmenté en franc , ne serait que mécaniquement avec l'inflation ?

 

L'Europe souffre d'une absence de cohésion, elle est sans doute trop "différente". Du temps des grands ensembles européens du passé , que cela soit l'Empire romain, l'empire carolingien, les territoires de Charles Quint ou même l'Empire napoléonien , le ciment était plus important : la langue, la religion ou, en dernier recours, un pouvoir suffisamment fort pour s'imposer.  Si le territoire dirigé par Rome était une mosaïque de peuples, de religions, de coutumes , le latin et l'envie d'appartenance  à un tout l'emportait . Le citoyen de El Jem (qui abritait le 3e amphithéâtre du monde romain), celui d'Alexandrie, celui de Lugdunum ou celui de Rome savait qu'il faisait partie du même univers. Et quand en 212, Caracalla généralisa la citoyenneté à tous (pour des raisons fiscales, surtout) , l'unification sous la même bannière législative de tout un monde s'acheva.

 

L'Union Européenne, qui a pris le relais de la CEE, ne fait plus rêver. Les gens se disent français, anglais, allemand, espagnol, ect... avant de dire "je suis européen". A l'étranger, l'Europe est un continent, pas un ensemble politique. Quand vous allez aux USA, vous dites "je viens de France", pas "je viens d'Europe".

 

Les 34 listes , dont beaucoup sont de véritables farces, donnent une idée assez caricaturale de l'Europe : trop ceci, trop cela, trop au service de machin, de bidules... Il est vrai que chacun cherche à tirer la couverture à soi , à transformer l'élection en plébiscite national ou en référendum contre le pouvoir en place.

 

Et quand on voit que ces élections n'intéressent quasiment personne, on se dit que oui, elles sont vraiment confisquées.

 

Dommage, vraiment.

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commentaires

L
Israël n'a pas vraiment réussi à poser son rover sur la Lune. Ce dernier s'est écrasé sur la surface de la Lune due à des problème techniques qui n'ont pas permis de le faire ralentir avant l'alunissage.
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D
Effectivement, j'ai péché par enthousiasme, persuadé que la mission avait réussi à cause d'une photo que le Rover avait envoyé avant de s'écraser.
L'article ci complètera et corrigera mon mot :https://siecledigital.fr/2019/04/15/le-rover-lunaire-envoye-par-israel-prend-une-derniere-photo-avant-de-secraser/
L
Un peu dur avec l'ESA. Même si elle est loin de rivaliser avec la NASA, l'ESA participe activement à l'exploration spatiale et à l'étude de l'astrophysique.

Les activités de l'agence couvrent l'ensemble du domaine spatial :

les sciences et l'exploration robotique avec :
l'astrophysique (Herschel, Planck...)
l'exploration du Système solaire (Rosetta, Mars Express, Venus Express, Exo Mars, Bepi-Colombo...)
l'étude du Soleil (SOHO) et la physique fondamentale (Lisa Pathfinder)
l'étude et l'observation de la Terre avec des satellites spécialisés (Envisat, GOCE, MSG, Sentinelle...)
les lanceurs Ariane 5 et Vega
les vols habités, à travers sa participation à la Station spatiale internationale et au programme Orion
la navigation par satellite avec le programme Galileo
les télécommunications spatiales et applications intégrées, pour lesquelles l'agence finance la mise au point de nouveaux concepts (Artemis, HYLAS)
la recherche dans le domaine des technologiques spatiales (SMART-1, PROBA-1 et PROBA-2).
L'ESA participe également à des programmes spatiaux initiés par d'autres agences spatiales.

La participation de la France à l'ESA est assurée par le Centre national d'études spatiales (CNES).

Je rajouterais le télescope spatial de l'ESA COROT qui est actuellement le plus performant pour la recherche d'exoplanètes.
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L
"Les élections de cette année sont à nouveau confisquées par les opposants à l'Europe, les opposants à Macron (et ils sont nombreux), les opposants à la croissance, au capitalisme, à la finance, au fédéralisme.... On y parle de tout sauf d'Europe." Moi, je ne suis pas du tout d'accord avec cela. Beaucoup de gens sont opposés à l'Europe telle qu'elle existe. Ce n'est pas pour cela qu'ils sont anti européens. Justement, beaucoup de sujets concernent l'Europe et en particulier l'écologie. C'est au niveau européen qu'il faut agir pour tourner le dos à l'agriculture intensive qui détruit l'environnement, c'est au niveau européen qu'il faut prendre des mesures drastiques pour réduire le réchauffement climatique, pour préserver la biodiversité. Même s'il y a peu de chance pour que des mesures soient prises à l'échelle mondiale, avec un président américain qui nie le réchauffement climatique. Mais pas étonnant de la part d'une type qui voulait balancer des tonnes de flotte avec des canadairs sur la cathédrale Notre Dame pour éteindre l'incendie !
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L
L'écologie se portera mieux aussi le jour où cette discipline ne sera plus dans les mains des idéologues verts qui ont réussi un combat qui aurait du être noble en une hystérie collective

Vous pouvez à juste titre estimer que Trump est un idéologue quand il évoque le réchauffement climatique. Mais dans l'autre camps c'est pas mieux et c'est même devenu pire depuis que la Greta Thunberg a réussi sectiser son combat en créant une hsytérie collective. La climatologie est un domaine scientifique qui est tombé dans les mains des politiciens et des idéologues verts. Même les climatologues convaincus du réchauffement climatique ne sont plus écoutés par ces idéologues.

Et on est bien dans l'idéologie et non plus dans la science. La science a toujours progressé sur des divergences. Quand on vient à mépriser et de traiter de négationnistes ceux qui ont des doutes sur la théorie dominante du réchauffement climatique cela devient grave et dangereux.

Il y a bien évidement chez les climato-septiques également un gros ramassis d'idéologues ou d'abrutis qui racontent tout et n'importe quoi. Mais il y a aussi des chercheurs et des scientifiques de toute bonne fois qui ne sont pas d'accord avec les causes liés au réchauffement climatique comme l'importance du rôle que joueraient les humains sur l'élévation des températures.

Et ne venez pas me sortir le fameux consensus scientifique. Un consensus ce n'est pas avec un pistolet sur la tempe.

Le climato-septicisme se sont les réchauffistes idéologues qui l'on créé de par leur mépris envers ceux qui pensent différemment.