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28 juin 2021 1 28 /06 /juin /2021 09:04

Deux scrutins étaient donc organisés en France ces 20 et 27 juin 2021 : les régionales et les départementales. 

 

Vu la façon dont ces deux élections n'ont pas passionné les Français , ainsi que le contexte Covid, il était évident qu'on irait vers une abstention record (plus de 66%) et que les sortants tireraient leur épingle du jeu.

 

Cependant, on peut tout de même tirer quelques conclusions qui, comme toujours, ne sont valables qu'à cet instant T.

 

Premièrement , le parti du président s'est clairement pris une claque magistrale. Aucune région ne sera dirigée par En Marche. C'est un échec cinglant et mérité tant ce parti ne repose sur rien : aucun ancrage local, un mépris affiché du président pour ce pays, une politique opportuniste et sans aucune direction. A cela s'ajoute une campagne électorale médiocre où malgré la présence de plusieurs ministre, le seul argument a été "Sans nous, le déluge de l'extrême droite" et on a donc tous les ingrédients d'une débâcle.

 

Evidemment, ceci ne présage en rien de ce qu'il va se passer l'année prochaine. On sait bien que les élections intermédiaires ne profitent pas forcément  au vainqueur lors de la présidentielle. Macron peut toujours être réélu si la droite est incapable de gérer cette victoire.

 

Deuxièmement, l'abstention a aussi touché le RN. Là aussi, une campagne médiocre et illisible menée sur la base du "tous pourris" qui commence à dater, une chef de parti incapable de fédérer autour de son nom et un programme dont a bien du mal à comprendre les contours. Ceux qui ont annonçaient un raz de marée RN se sont trompés. Et pour être honnête, je pensais que le parti de Marine Le Pen ferait un score plus important tant le ras le bol était important. Et puis, ne nous avait-on pas martelé que les médias comme Cnews ou Europe 1 (???) étaient désormais des relais de l'extrême droite ? Il est vrai que pour la pensée unique de gauche, dès qu'on affiche une valeur de droite républicaine, on est forcément un fasciste. La France insoumise , qui s'est pris une claque dimanche dernier, peut sans aucun souci afficher son antisémitisme , son racialisme sans aucun problème, mais dire qu'on aime son pays, quelle horreur !!!

 

Dans les cantons qui m'entourent, le RN a fait de bons chiffres, mais pas suffisant pour inverser la tendance. Il semble que le vote RN reste un vote rural. Il apparait aussi que le socle dit "ouvrier" du RN ne s'est pas déplacé alors qu'il avait tendance à le faire quand les autres catégories s'abstenaient. En ne faisant pas son plein de voix habituel, le RN a donc perdu gros et certains cadres commencent déjà à s'interroger sur la stratégie pour 2022 voire remettent en question la candidature "naturelle" de Marine Le Pen.

 

Car  Macron et elle sont les grands perdants de ces élections. Et même au niveau départemental, très peu de cantons sont allés aux partis des deux derniers finalistes de la présidentielle. Méfiance envers le président, désaveu des candidats FN locaux (très peu étaient connus du grand public), un boulevard s'ouvrait donc pour la droite et cela le troisième enseignement puisque Les Républicains sont en tête avec 38% des suffrages. La droite a donc réussi à contenir le FN, en musclant quelque peu son discours d'ailleurs, preuve qu'il en est que son électorat veut du concret, du solide et surtout pas  de l'alliance avec la gauche. Reste à transformer cette nouvelle victoire l'an prochain pour sortir de 10 ans de présidence Hollande/Macron. Problème : personne ne semble se détacher chez les Républicains pour incarner une vraie alternative.

 

Enfin, la gauche résiste aussi puisqu'elle a capté 34% des voix. Cependant, le conglomérat écolo/PS/Radicaux et cie semble toujours aussi disparate et là aussi bien malin qui saura prédire qui sortira des rangs l'an prochain. 

 

Au final, 5 régions à gauche, 7 à droite. Tous les sortants sont reconduits, même si être élu par un tiers des inscrits ne veut pas dire grand chose. On serait tenté de se dire "Tout ça pour ça". En fait, c'est surtout un retour au vieux bi-partisme, les extrêmes et En Marche s'étant pris les pieds dans le tapis.

 

On peut noter que les vieilles recettes de diabolisation ne fonctionnent plus trop en ce qui concerne la droite. Malgré "les menaces sur la démocratie" que seraient une victoire de la droite si l'on en croit les Autain et autre Poulvard, l'électorat de droite a clairement dit ce qu'il pensait de ces agressions verbales.

 

Oui, une partie des Français veulent un pays où l'on se sent en sécurité, où l'islam et les communautarismes ne font pas la loi, où le féminisme ne peut être un esprit revanchard et agressif et où le respect des orientations sexuelles ne doit pas tourner à la chasse aux sorcières hétéro.

 

C'est là dessus que doit travailler la droite. Je le redis, la reconquête ne passera pas par l'eau tiède ou les compromis. Elle passera par un discours clair, franc et sans concession à la gauche. Car, et on ne le dira jamais assez, il y a eu peu de voix dans la gauche démocratique pour s'élever contre les alliances avec LFI, si ce n'est celle de Manuel Valls. En tout cas, la droite doit aussi se rendre compte qu'elle peut gagner sans l'aide du RN. C'est ce qu'avait fait Sarkozy en 2007.

 

Mais qui sera le Sarkozy de 2022 ?

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commentaires

Deberteix 30/06/2021 15:12

Oui Sarkozy a fait gagner la droite en 2007. Mais une fois au pouvoir sa politique laissait a désirer.
Sa rupture a plutôt était l'ouverture ,il voulait presque obliger le métissage etc...
Le candidat de la droite pourrait être Xavier Bertrand car il me parait dur avec le RN ( tant mieux) mais souple avec la gauche donc cela risque d'être un 2007 BIS.. Ces gens là sont très a droite dans l'opposition et virent au centre voir a gauche une fois au affaires.
Un certain Zemmour pourrait être le candidat idéal pour la droite mais il lui faudrait une majorité au législatives suivantes et ça j'en doute.
Ceci dit je suis plus optimiste pour les prochaines élections en étant de droite que si j'était de gauche...