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1 décembre 2007 6 01 /12 /décembre /2007 00:00
rioufol5eb.jpg«Crise sociale», répètent les perroquets devant les émeutes de Villiers-le-Bel (Val-d’Oise). C’est ainsi que, depuis plus de vingt ans, des milliards ont été consacrés à la rénovation des cités et au soutien à leurs associations. En vain, comme l’a noté la Cour des comptes. En dix-sept ans, dix-neuf ministres ou secrétaires d’État à la Ville ont tenté de colmater des brèches. Résultat : cette semaine, des CRS ont été atteints par des tirs de fusils de chasse. Jamais la crise identitaire n’a été aussi visible.

La paix civile est menacée par cette fracture culturelle que ni la droite ni la gauche n’osent pourtant diagnostiquer. Comme lors des émeutes de novembre 2005, deux écoles et une bibliothèque, symboles d’une République rejetée, ont été notamment incendiées par de jeunes encagoulés, mobilisés pour défendre leur territoire. En deux nuits, plus de cent policiers ont été blessés lors de guérillas d’une violence jamais atteinte.

Le discours automatique juge «réactionnaires» ceux qui décrivent ce pays en morceaux (bloc-notes de la semaine dernière). Réuni samedi à Avignon sur le thème de la nation, pour son premier forum de la rénovation, le PS n’a pas su émettre une seule idée. «Il faut apporter des solutions et de l’espoir», s’est enhardi Jean-Marc Ayrault. Il est vrai qu’un examen de la situation amènerait la gauche à s’interroger sur son éloge de l’immigration et du métissage des cultures.

Car deux France, aujourd’hui, se font face. La remarquable insertion d’innombrables compatriotes originaires du Maghreb ou d’Afrique ne peut faire oublier le séparatisme ethnico-religieux qui se consolide dans certains ghettos. L’appel de Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, invitant mardi la population locale à «isoler les délinquants» est resté sans effet : personne n’est descendu dans les rues pour dénoncer les désordres. Une solidarité existe.

Cette réalité signe la faillite du multiculturalisme, louangé par la bien-pensance. Si la République persiste à tolérer les zones de non-droit, leur économie souterraine et les processus enclenchés de leur réislamisation, ces lieux feront sécession un jour ou l’autre. Déjà, Henri Emmanuelli, député PS, critique les forces de l’ordre qui «donnent l’impression d’une police d’occupation», pour leur préférer une police de proximité à l’image des cités. Mais cette flatterie du communautarisme est une menace pour la cohésion nationale.

L’État défié

Le comportement criminel des insurgés – ils ont tiré dans l’intention de tuer des policiers – n’est pas le résultat d’une désespérance, comme l’excusent ceux qui participent à la victimisation des nouveaux barbares. Cette «voyoucratie», ainsi dénoncée hier par Nicolas Sarkozy, est le symptôme extrême et minoritaire d’un état d’esprit plus général qui conteste la République, y compris dans ses exigences élémentaires. Moshin et Lakamy se sont tués sur une mini-moto non homologuée, parce qu’ils allaient trop vite, ne portaient pas de casque, ne respectaient pas le Code de la route. La routine, dans cette zone urbaine sensible.

Ici comme ailleurs, la République est vue comme une intruse. Nombreux y sont les Français qui ne se sentent pas solidaires des «souchiens» (ceux de souche). Certains sifflent La Marseillaise, d’autres considèrent Fadela Amara, Rachida Dati ou Rama Yade, membres du gouvernement symbolisant la nation multiethnique, comme ayant trahi leur communauté d’origine. Seul au PS, Malek Boutih admet ce divorce occulté : «On a des populations entières qui ne se sentent plus appartenir à ce pays.» Les deux victimes seront d’ailleurs enterrées au Maroc et au Sénégal.

Aussi n’est-ce pas en déversant sans contrepartie des millions d’euros sur les banlieues que le calme s’y installera. Leur défi lancé à l’autorité de l’État oblige à répondre sur ce terrain. C’est la capacité de la nation à faire respecter ses valeurs, et son mode de vie qui est en jeu. En l’occurrence, le déploiement chaque nuit d’un millier de policiers et de tireurs du Raid appuyés par des hélicoptères a été autrement plus efficace que l’appel «à la responsabilité» des jeunes, angéliquement lancé par François Hollande.

La République doit reprendre pied dans ces lieux surarmés, laissés aux trafiquants et aux prêcheurs radicaux. Il est ahurissant de voir que même les journalistes y courent des risques réservés jusqu’alors aux grands reporters dans des zones de combats. La police doit y avoir sa place, voire l’armée. Mais c’est l’école qui sortira les enfants de ces bantoustans, pour peu qu’elle accepte de leur transmettre l’héritage des Lumières. Reste que la discrétion de Fadela Amara, chargée de la politique de la Ville, augure mal de sa détermination.

Anne-Lorraine oubliée

En recevant, mercredi, les familles des victimes et en leur annonçant l’ouverture d’une information judiciaire, Nicolas Sarkozy a choisi de faire d’un accident de la circulation, causé semble-t-il par l’imprudence des deux jeunes gens, une affaire d’État. Cette décision en dit long sur le désarroi du pouvoir face aux cités et à leur force d’intimidation. D’autant que le gouvernement a manifesté, tout au long de la semaine, une indifférence apparente devant le meurtre d’Anne-Lorraine, tuée dimanche à coups de couteau par un violeur récidiviste dans le RER D, alors qu’elle rejoignait sa famille à Orry-la-Ville pour se rendre à la messe. Hier, les parents de la brillante étudiante ont heureusement été reçus par le chef de l’État.

Armes de guerre

L’apparition de fusils de chasse et de pistolets à grenailles lors de ces derniers affrontements est d’autant plus préoccupante que nombre de cités recèlent des armes de combat. Les utiliser demain serait un acte de guerre civile.

(La page originale)
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commentaires

C
Ne perdez pas votre temps avec des tanches style Houyey. Ils ne savent qu'aboyer tel des roquets mais sont incapables d'aligner trois idées cohérentes.
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D
Et pas la peine d'aller demander de l'aide chez Drzz. Vous y trouverez les mêmes réponses qu'ici.
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D
Je ne sais pas ce qu'est un soinisiste neonconservatice...

Il est vrai que je parle un français correct. Et que je suis stipude !!

Beau cas de dyslexie en tout cas !!
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G
Quelqu'un a-t-il un insecticide, histoire d'éliminer cette blatte nauséabonde ?
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H
ça se voit que vous etes superficiel je n'est pas dit que vous etes un sioniste neoconservateur mais  j'ai dit que vous etes SOINISISTE NEOCONSERVATISTE   je sais que vous etes stipude  donc je m'explique ; la premiere est une marque originale et la deuxieme est une contre façon.quand a  la promotion de la langue de moliere c'est mon derniers souci.
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