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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 06:55
rsrinfo20080215_8745482_3.jpgC'est entendu !! La presse (que certains continuent à croire "muselée" !!) a tellement bien fait son travail que si demain,  Nicolas Sarkozy proposait de donner 1500€ à chaque Français sur ses deniers personnels, on l'accuserait de dilapider ses économies.

La pseudo-polémique sur la Shoah est une preuve supplémentaire que la soit disant élite politico-médiatique de ce pays, en sus d'être antisémite, est surtout d'une redoutable hypocrisie !!

Voyez ce qu'écrit le syndicat d'enseignant SE-UNSA (en italique).

Éduquer ne saurait être qu’affaire d’émotion. C’est pourtant à nouveau sur ce terrain, après l’épisode de la lettre de Guy Môquet, que le président de la République vient de se situer en préconisant qu’à la rentrée 2008 « chaque enfant de CM2 se voie confier la mémoire d’un de ces 11 000 enfants français victimes de la Shoah »

Émotion !! Le mot est lâché. On se retrouve donc dans la même problématique qu’en mai dernier. Le Président joue sur l’émotion à des fins politiciennes. Aucune allusion au fait que depuis qu’il est ministre de l’intérieur, l’antisémitisme est de nouveau vivement combattu.

Le SE-UNSA a toujours milité pour que l’école publique assume sa mission de transmission des valeurs de la République. Le combat contre le racisme et l’antisémitisme en fait totalement partie.

Histoire de ne pas se faire accuser d’antisémitisme, le syndicat nous balance une phrase toute faite sur le combat de l’école. Sauf que, souvent dans les revues syndicales, on peut y lire des phrases très violentes contre Israël mais particulièrement tolérantes envers les activistes palestiniens. Et je ne vous parle pas du racisme anti-US qui fait partie intégrante de leurs pages.

Son efficacité éducative suppose des démarches pédagogiques d’autant plus réfléchies qu’elles s’adressent à des jeunes et à des enfants et que, comme dans le cas de l’histoire de la Shoah, elle peut toucher à l’horreur.

La critique la plus ridicule : les enfants sont trop jeunes donc on va forcément les horrifier. Ici, le syndicat prend ses propres troupes pour des incapables. De plus, il ne me semble pas que le Président ait parlé de décrire par le menu les atrocités nazies mais qu’un enfant (ou une classe) soit dépositaire de la mémoire d’un enfant victime du nazisme. J'ai visité Oradour à 10 ans, cela m'a fait un choc, j'en ai fait des cauchemars mais cela m'a surtout fait réfléchir et j'ai pu y voir le Mal en face !!

Pour le SE-UNSA, il s’agit donc d’une affaire de professionnels. Les enseignants ont ici à ménager, pour leurs élèves, un passage vers une compréhension de l’histoire et une assimilation des principes citoyens, via le recul de l’étude et de la réflexion.

Mine de rien, c’est exactement ce que propose le Président. Sauf qu’il demande de le faire tôt. Pourquoi ? Parce que, et tout éducateur le sait, un enfant de 10 ou 11 ans possède encore une capacité émotionnelle qui lui permet de comprendre et d’être choqué par la barbarie nazie. Un enfant de primaire n’aime pas ce qui est injuste. Or, la Shoah fut injuste. Si on commence à en parler lors du programme de 3e, il sera déjà trop tard, et pas seulement dans les quartiers dit difficiles où les nazislamistes font tout pour que cet enseignement ne se fasse pas.

Le SE-UNSA est particulièrement choqué de cette initiative du Président de la République, qui ignore tout de la façon dont un jeune se construit. Faut-il que chaque enfant de 10 ans se voie désormais personnellement chargé d’un lourd parrainage posthume ? Si les effets éducatifs de cette démarche sont plus que sujets à caution, a-t-on réfléchi à l’impact psychologique sur les élèves ?

Pour le syndicat, le président est donc un incapable voire un père indigne. Il oublie juste que le jeune Louis a 10 ans. « Lourd parrainage » ? Donc mieux vaut ne rien faire !! Impact psychologique ? Gageons que si un homme ou une femme de gauche avait proposé cette mesure, elle aurait été applaudie par les syndicats. On rappelera avec amusement que ce syndicat n'a pas protesté quand Mme Taubira a fait inscrire l'esclavagisme comme crimes contre l'humanité et l'a imposé dans les manuels scolaores.

Y aura-t-il des suites à cette nouvelle intrusion du politique dans le pédagogique ? Le SE-UNSA y sera très attentif, mais il n’hésitera pas à appeler les enseignants des écoles, en cas de besoin, à s’en tenir à des pratiques respectueuses des enfants.

Intrusion politique ? Le rôle d’un président est de donner des directions à son pays et de corriger les erreurs du passé, n’en déplaisent aux syndicats. Puisque le corps enseignant a été incapable de lutter contre le négationnisme, allant jusqu’à laisser soutenir des thèses de doctorat  niant les chambres à gaz et qu’il n’a pas su faire comprendre aux enfants ce que fut la Shoah, alors il est de son devoir de les rappeler à leurs devoirs.

Pour que l'info soit complète, l'un des signataires de ce texte organise des voyages pour les classes dans le cadre d'une association laïque. Mais propose aux enseignants des paniers sans porc . Si c'est pas une atteinte à la laïcité , cela !!!

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commentaires

T
Biensur qu'il est plus qu'important d'apprendre aux enfants l'horreur de la Shoah.Il est clair que l'apprentissage de l'Histoire nous permet d'avancer et d'éviter de refaire les memes erreurs qu'autres fois...Mais pitié, n'allez pas expliquer le quotidien des camps à un enfant de 9 ans! Ne leur attribuons pas le nom dun jeune déporté auquel ils pourront s'identifier !Pourquoi 9 ans... Parcequ'à 13 ils ne sont plus capables de comprendre ? Ils ont déjà virés antisémites ?Laissez aux enfants de 9ans leur innocence pour les quelques années qu'elle peut encore tenir...Je suis absolument pour l'apprentissage de la Shoah à l'école...Mais laissons les sortir du berceau avant de leur apprendre ce que peut-etre l'horreur humaine....
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A
Le plus important est de faire comprendre aux enfants que les Juifs ont été exterminés pour rien sans raison, qu'il ne s'agissait pas d'un crime de guerre, ni de commerce. Qu'il s'agissait d'exterminer un peuple juste pour ce qu'il était. Et c'est sans doute le plus difficile à comprendre et à expliquer. René Girard n'a pas été lu et compris par beaucoup. Et il est peu apprécié du politiquement correct, encore moins du peuple de gauche. Le principe de la victime émissaire n'est pas du goût de certains... Monsieur Sarkozy devrait nommer Monsieur Girard (nouvel académicien) au sein de son groupe de réflexion. Quel apport et quelle avancée pour la France. Nicolas, si tu me lis::))
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I
C'est ça la démocratie mon cher....Le pouvoir et l'opposition.C'est pas nouveau, et je vais pas vous apprendre l'histoire de la république......Et puis, allé oh, quitte à faire porter le poids de la mort de jeunes juifs à des enfants de 9 ans, donnons-leur aussi à porter les souffrances des victimes de la colonisation, de la première guerre mondiale...Continuons sur notre lancée; les tortures, les délations, les trahisons....Et puis nous viendrons nous plaindre de la violence de nos gamins; conséquence d'une télévision, d'images ultra-violentes...Ah non, il y a l'école aussi maintenant :)Salutations.
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A
Je suis d'accord avec Tonio, le monde suffit amplement pour les traumatiser. Une occasion de plus de critiquer Sarkozy?Je crois que ce que critiques ses opposants, c'est précisément le but de tout cela, de toute sa démarche, ramenez à la fois l'histoire, l'humilité et où sont nos valeurs. Je ne conçois pas l'ensemble des propositions ou actions de Sarkozy comme détaché de ce pourquoi il a été élu, ce pour quoi il se bat.En cela, je suis tout à fait derrière lui.Mais je me souviens de ce qu'est devenue la France, et j'adhère pleinement au titre de ton article, David : quoi qu'il fasse, il aura tort !
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T
Arguer que les élèves seraient traumatisés par l'étude de la Shoah est franchement ridicule. ils le sont déjà si ils se penchent sur le journal tv ou par l'intermédiaire du net ou des films en tout genres...Bref une occasion de plus de critiquer le prèsident "et pis c'est tout!".Non nous prèférons élever nos enfans dans une optique d'univers de bisounours et leur promettre que le monde est beau et gentil...on voit les ravages que cela entrainne.
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