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23 février 2008 6 23 /02 /février /2008 08:22
undefinedRésumons: Nicolas Sarkozy serait fou et la République en danger. Le lynchage, attisé il y a dix mois, atteint l’hystérie. Elle est cautionnée, cette semaine, par des opposants dont l’audace est encore loin de faire un programme. Quand Dominique de Villepin, Ségolène Royal et François Bayrou signent un appel "Pour une vigilance républicaine", rédigé par Jean-François Kahn et publié par Marianne, c’est la pensée conforme qui se pousse du col. Non, merci.

Rien n’est moins intrépide que de s’en prendre au chef de l’État. Or, les tirs à vue ne justifient pas ces accusations sur la démocratie menacée, mais aussi la laïcité, la liberté d’expression, l’indépendance nationale. Prophétiser ces menaces, sans les démontrer autrement qu’en assurant qu’elles sont dans l’air, fait douter de la lucidité de ces pétitionnaires, adversaires malheureux de la présidentielle. La rancœur se lit dans leurs philippiques.

Les donneurs de leçons, reprenant Libération, dénoncent une monarchie élective, alors que cela fait plus de trente ans que Maurice Duverger a analysé la dérive présidentielle dans "La Monarchie républicaine". Ils assurent que l’indépendance et le pluralisme de l’information seraient menacés, mais ils n’ont jamais rien dit du mimétisme médiatique qui flatte la gauche et alourdit les débats. La mise en garde contre l’atlantisme est, elle, l’incontournable du prêt-à-penser. "Banalité totale", a dit François Hollande, se désolidarisant du pu-putsch. En effet.

Reste ce martèlement: Sarkozy mettrait la laïcité en danger parce qu’il parle de spiritualité. Mais n’est-ce pas ce qu’attend une opinion déculturée, en quête de repères, de valeurs, de sens? L’intégrisme laïc, qui sort ses gousses d’ail au nom de Dieu et veut brûler le moindre gourou, a produit un vide qu’il n’est pas interdit de vouloir combler. Oui, il serait dangereux de remettre en cause la loi de 1905. Mais la morale religieuse s’accommode de la séparation de l’Église et de l’État.

En fait, ce concert d’aigris appuyé par la meute en vient à rehausser la stature présidentielle. Tandis que la gauche reproche une multiplication d’initiatives et de réformes, les Français attendent d’elle le début d’un projet qui justifierait ses prétentions. Celles-ci se réduiraient-elles à la seule gestion localière? Cette modestie mal assumée expliquerait sa propension à brasser de l’air.

 La gauche rombière
Un tsunami électoral de l’opposition est prédit en mars par les augures. Attendons. À Paris, l’assurance du PS est telle que Bertrand Delanoë a jugé inopportun de débattre, hier soir sur RTL, avec Françoise de Panafieu (UMP). Lundi soir, c’est avec foie gras et caviar que le maire sortant a présenté son très "pipole" comité de soutien, dans le cadre d’une soirée "triée sur le volet" (Le Parisien, mardi). Ici et là, une gauche aux allures de rombière s’offusque du côté "parfois vulgaire" du président et de sa "manière d’être" (Pierre Moscovici). Les veilles dames de Faizant se pinçaient pareillement le nez. Le PS deviendrait-il vieux jeu?

L’invraisemblable superficialité des critiques, qui gloussent sur la montre, le bracelet, les lunettes du président "bling-bling", surprennent par leur décalage avec les dossiers ouverts. Cette semaine: refondation de l’école primaire, relance de l’audiovisuel public, réforme de la justice. Même l’opération de police déclenchée, lundi matin, contre les émeutiers de Villiers-le-Bel qui avaient blessé par balles des policiers, a agacé ces messieurs-dames à cause de sa médiatisation. Faudrait-il en plus que le pouvoir fasse profil bas?

Quant à la décision maladroite de Sarkozy de proposer à chaque élève de CM2 de s’intéresser à l’un des 11 000 enfants juifs morts en déportation, elle ne valait pas, franchement, ce déchaînement d’indignations, au prétexte que l’initiative risquerait de traumatiser des enfants et de raviver une guerre des mémoires et des communautés. "Un lycéen sur deux ignore ce qu’est la Shoah", a fait remarquer Xavier Darcos. Derrière de sincères et compréhensibles critiques s’est aussi levée une brise sournoise, laissant porter un antisémitisme décomplexé.


Kosovo: "Un grand succès"?
"Indépendance, le joli mot", écrit Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, mardi dans Le Figaro, en approuvant la liberté prise unilatéralement, dimanche par le Kosovo musulman, jusqu’alors province de la Serbie orthodoxe. Mais qu’est devenu, dans cette issue, le métissage prôné par l’Union européenne, qui faisait dire à Alain Richard, ministre de la Défense, en 1999: "Nous avons vocation partout en Europe à avoir des états multiethniques qui tolèrent les minorités"? Après avoir éreinté le nationalisme serbe, l’Europe des belles âmes vient d’adouber le nationalisme kosovar et le rêve d’une grande Albanie, en donnant son aval à un séparatisme qui inquiète légitimement les nations confrontées à des minorités (à commencer par Chypre et la Macédoine). Est-ce à dire que les pays musulmans seraient exemptés, eux, du multiculturalisme qui s’invite jusqu’en Grèce? Hier, Alexandre Soljenitsyne a dénoncé cette "sécession inique". La boîte de Pandore est ouverte.

Exemple danois
Depuis le 10 février, Copenhague et d’autres villes danoises connaissent chaque nuit des émeutes de jeunes issus de l’immigration. Si nombre d’entre eux ont un emploi, ils brûlent néanmoins des voitures, des écoles, des crèches. Cette semaine, le premier ministre, Anders Fogh Rasmussen, a déclaré: "Il faut arrêter de croire que c’est de la faute de la société. Il en va de la responsabilité des jeunes et de leurs parents". Le gouvernement envisage de faire payer la casse par les voyous ou leurs familles. Envisageable en France?

(
La page originale)
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S
http://docs.google.com/Doc?id=dc2m8p62_237c4mx33dk
http://pasta.cantbedone.org/pages/1wDIxo.htm
http://russophobe.blogspot.com/2008/08/editorial-aleksandr-solzhenityn-good.html
EDITORIAL : Alexandre Soljénitsyne, bon débarras  
La Russophobe, 6 août 2008
 
Cela collait parfaitement de voir que,  le jour même  où le Moscow Times annonçait le décès d'Alexandre Soljénitsyne,  qu'il appelait un " géant
de la littérature",  il rapportait aussi que le "premier ministre"
 Vladmir Putin s'était publiquement engagé  à renforcer les liens de
la Russie  avec  Cuba,  ennemi détesté de l'Amérique,  invitant de la
sorte  à une nouvelle escalade  de guerre froide.  "Il nous faut
reconstruire  nos positions à Cuba  et dans d'autres pays",  a déclaré 
Putin.  Dans d'autres nouvelles Hugo Chávez,  l'ennemi acharné  des
Etats-Unis,  vomissait plein de haine  anti-américaine  à la manière de
Castro alors qu'il prenait livraison de deux douzaines d'avions de combat russes.  Comme cerise sur le
gâteau,  on annonçait un autre épisode de la campagne  pour ressusciter
et réhabiliter  l'assassin de masse Joseph Staline,  cette fois-ci sous
la forme  de diffamation et d'insultes  contre  le grand déboulonneur de Staline,  Nikita Khrouchtchev.
Comme nous le signalons plus loin, 
les Russes sont à une majorité écrasante persuadés  que  c'est Putin,
et non leur soi-disant "Président"  Dimitri Medvedev,   qui exerce le
véritable pouvoir dans leur pays.  Et Putin se sert de ce pouvoir  non
pour promouvoir les intérêts du peuple russe mais pour les miner 
en provoquant et en se mettant à dos  le pays  le plus puissant du
monde,  tout comme le faisaient ses prédécesseurs soviétiques. 
Bien entendu,  on ne saurait rien attendre d'autre d'un individu  qui a
passé toute sa vie au KGB.  Les initiatives de Putin fournissent aux
Etats-unis  la justification  pour faire la même chose en Géorgie,  en
Ukraine,  la Baltique,  et partout ailleurs  où la Russie  pourrait y
voir  une menace.  C'est du suicide néo-soviétique,  purement et simplement. 
 
Si Soljénitsyne  avait gardé toute sa tête,  celle qui a produit l'Archipel du goulag  et Une journée dans la vie d'Ivan Denissovitch, 
il aurait été le plus grand  opposant du monde au régime kaguébiste de
Putin. Mais il ne l'était pas,  donc  il ne l'a pas gardée.
Cela
fait des années que le cerveau de Soljénitsyne  s'est ramolli,  à peu
près  à l'époque  où il est rentré  en Russie,  et a décidé  que  ce
qu'il fallait faire  était de diriger  une émission de débats à la télévision.
 L'émission a été,  bien entendu,  un échec cataclysmique  --et cela
fait des décennies  que  Soljénitsyne  n'a pas écrit  un seul livre
notable.  A la place,  il a débité de la merde,  tentant de faire porter le chapeau aux juifs  pour les excès de l'URSS et,  comme nous l'avons rapporté à plusieurs reprises sur ce blog,  diffusé  de nombreuses déclarations rationalisant le
régime de Vladimir Putin,  apparemment pour tenter  de se faire bien
voir du pouvoir  au service d'une manie égotiste sénile.  Quant à
Putin,  il a voulu faire l'éloge de Soljénitsyne  comme une sorte de
linguiste,  faisant complètement comme si son oeuvre  décrivant les horreurs de la Russie soviétique n'existait pas.


Comme Victor Sonkine,  éditorialiste littéraire  pour la section "Contexte" du Moscow Times et professeur d'études de la culture  à
l'Université d'Etat de Moscou l'a écrit dans son commentaire :
 
"Soljénitsyne ne comprenait que superficiellement la société
occidentale,  et bien des choses
alarmantes qu'il en a dites n'étaient tout simplement pas exactes.  Rejetant le 'mauvais totalitarisme'  de type soviétique,  Soljénitsyne  mettait en avant  une espèce  de 'bon totalitarisme',  comme s'il pouvait exister une telle chose
dans le monde."

 

 
Nous avions averti M. Soljénitsyne  que,  s'il n'y prenait pas garde,  il allait quitter
ce monde en état de péché mortel,   ayant renié  la totalité de
l'oeuvre de sa vie  au service de sa vanité de vieillard.  Il a fait
comme si nous n'existions pas.  Et maintenant,  c'est trop tard. 
Les
apologistes  pourront  parler du courage de Soljénitsyne face à
l'URSS,  mais ils ne pourront pas dire  qu'il ait fait quoi que ce soit
au cours des dix dernières années pour empêcher la Russie  de glisser
sur la pente  qui conduit à un Etat néo-soviétique.  Au contraire,  en
acceptant les hommages du régime de Putin,  l'histoire  ne peut que 
conclure  que Soljénitsyne a joué  un rôle,  si mineur soit-il,  pour
contribbuer  à ce que la Russie redevienne  ce qu'il avait haï,  et
qu'il avait risqué  sa vie pour conter.
 
A
la fin, Soljénitsyne  était un traître à la Russie,  un traître à ses
propres idéaux.  La seule chose que l'on puisse dire  pour sa défense
est que ses actes traduisaient certainement le dommage  subi par son
psychisme  pour avoir  été chassé de son propre pays, 
ses compatriotes  ne levant pas le petit doigt  pour le protéger, 
comme ils n'avaient rien fait non plus pour protéger Pouchkine  ou
Dostoïevski,  ainsi que  les infirmités  dues à son grand âge  et aux
privations subies dans le Goulag.
Soljénitsyne a vécu vingt années de plus  que le Russe moyen  (grâce  à ses confortables appartements dans une résidence fermée 
et à toute sorte d'accès,  parrainés par le régime de Putin,  à
des traitements médicaux  réservés  à l'élite),  mais il avait passé en
Russie plus de temps qu'il ne fallait pour  en subir les effets
néfastes.
Soljénitsyne, 
comme la majorité  de ses couards de concitoyens,  était resté  passif 
alors  qu'un kaguébiste  arrogant au pouvoir éliminait l'opposition
politique,  détruisait les médias indépendants  et écrasait les
collectivités locales   centralisant le pouvoir  sous sa botte
répugnante.  Il avait applaudi,  comme la majorité  de ses méchants
compatriotes,  lorsque cet espion arrogant du KGB  provoquait une
nouvelle guerre froide  avec les Etats-Unis,  cette même guerre froide 
qui avait réduit l'URSS à des décombres.  Sa capacité  à produire de la
littérature  de valeur  avait disparu,  et il se tortillait  pour
attirer l'attention comme un chiot prématurément vieilli.
Et
c'est cela  qui sera  son histoire à lui. Parce que parler de ce que le
bon Soljénitsyne a fait il y a maintenant longtemps,  c'est parler de
la manière dont Hitler  faisait arriver les trains à l'heure.  C'est à côté de la question. 
Bon
débarras,  Alexandre Issakiévitch.  Tu as passé  les dernières  années
de ta vie  à te poignarder toi-même,  et ton propre pays,  dans le
dos,  et tu n'aurais pas pu disparaître de cette terre assez tôt  à
notre gré.
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M
Il ne faut pas oublier que la serbie a fait un génocide contre les communauté musulmane du kosovo dont le but était de de faire un grand nettoyage du kosovo en faisant de gigantesque charnié ou homme femme et enfant étaient purement exécuté ,sous les yeux des casque bleu, pour leur appartenance a leur religion et a leurs ethnie. Il est parfaitement compréhensible que ces 2 communautées ne puissent vivre ensemble et la séparation était inévitables.
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B
Ce que tu ne sembles pas comprendre, c'est que le nain qui gouverne la France prouve sa petitesse jour après. IL n'est pas petit parce qu'il est effectivement petit, mais il est petit tel qu'il a toujours été. C'est à dire un concentré de problème psychologique dont il faut trouver l'origine dans son histoire individuel. Il est petit parce que narcissique, ridicule et vulguère. En tout cas ce qu'il me prouve jour après jour, jamais cet...homme, n'aura été l'architecte de sa compagne ou de sa réussite. On l'a présenté car répondant à certains critères, et on l'a façonné avec une compagne politique finement ciselée. Vous qui êtes derrières et qui agitez les étendards de la "liberté" que vous semblez seul comprendre êtes entrain de vendre un "amour" présidentiel de la même façon à lui de coller une "mémoire" à une conscience vièrge. Que DIEU nous en préserve.
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B
L’avertissement brutal du Kosovo :http://rightwingnews.over-blog.com/article-16980936.html
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P
ton article ne me laisse pas indifféent, pour sûr...
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