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18 juillet 2008 5 18 /07 /juillet /2008 09:23

Curiosité : ceux qui reprochèrent à George Bush sa brutalité contre des tyrans critiquent Nicolas Sarkozy pour sa mansuétude à leur égard. "La France veut la paix", dit le chef de l’État. Or, certains des antiguerre qui défilaient pour protégerSaddam Hussein en sont à ergoter sur les avancées de la raison au Proche-Orient. Pour eux, rien n’excuse la présence du syrien Bachar el-Assad aux cérémonies du 14 Juillet. Pas même l’espoir d’une amorce de dialogue entre la Syrie et Israël. Faire confiance aux pacifistes?

 Pas question, bien sûr, d’oublier les attentats antifrançais attribués à la Syrie : l’assassinat en 1981 de l’ambassadeur de France au Liban, Louis Delamarre; la tuerie en 1983, à Beyrouth, de 58 soldats, dont le lieutenant Antoine de la Bâtie. Une promotion d’élèves officiers portant son nom a justement défilé, lundi, devant el-Assad junior. Mais l’héritier despote ne peut être tenu pour responsable de tous les crimes de son père.

"Le recevoir pour le 14 Juillet, ça a un sens parce que c’est la chute de la Bastille', s’insurge Robert Ménard (Reporters sans frontières), et le PS avec lui. C’est oublier que, si 1789 sut imposer à l’histoire ses vertus émancipatrices et égalitaires, la Révolution a d’abord engendré terreur et totalitarisme. Des têtes ont roulé, sur cette place de la Concorde, après de faux procès. Les droits de l’homme, rappelés sur ces mêmes lieux par le comédien Kad Merad, y ont un passé qui dispense de donner trop de leçons.

Reste à savoir si la France saura répondre aux ambitions qu’elle s’est données en mettant en place, dimanche, l’Union pour la Méditerranée. Sarkozy voudrait qu’elle institutionnalise l’échange entre l’Occident et l’Islam, afin de conjurer le choc des civilisations. La présence du premier ministre israélien, Ehoud Olmert, parmi des dirigeants musulmans acquis à la cause palestinienne, a donné un espoir à cette initiative. Elle efface les humiliations du libyen Mouammar Kadhafi, qui s’était installé à Paris comme en pays conquis.

"C’est l’Europe qui a besoin de nous et de nos ressources, elle doit s’asseoir avec nous sans conditions", explique le Libyen pour justifier son refus de participer au sommet. Or Kadhafi exprime un sentiment commun chez ceux qui n’auront rien fait pour alimenter le précédent "dialogue euro-méditerranéen", lancé il y a onze ans à Barcelone. La France, en invitant Assad à sa fête nationale, s’est ouverte aux concessions. Le prix de la paix en exigera d’autres. Jusqu’où aller sans se renier ?

L’écueil de la naïveté
"C’est le retour de la France comme acteur majeur sur la scène internationale", estime l’UMP. Ce succès diplomatique équilibre aussi une série de déconvenues, dont le refus irlandais du traité simplifié n’est pas la moindre. Entre parenthèses, en annonçant mardi, au nom de l’Union qu’il préside, que les électeurs allaient devoir revoter, Nicolas Sarkozy a pris le risque d’irriter encore plus une opinion qui ne se voit considérée que quand elle répond oui. Quant à l’incontestable retour de la France dans la cour des grands, il repose sur une politique qui reste à éclaircir.

"Il nous faut repenser ce qu’on appelait jadis la politique arabe de la France", écrivait en 2007 (Ensemble) le candidat Sarkozy en assumant son atlantisme. Sa diplomatie a pourtant eu du mal, ces jours-ci, à cacher la satisfaction d’avoir doublé les États-Unis dans leur rôle d’arbitre. Néanmoins, la France et l’Europe partagent-elles, avec Washington, la même vision? La désignation de " l’islamo-fascisme" comme ennemi des démocraties est un vocabulaire que personne ne dispute à Bush. La politique arabe de Sarkozy ressemble, l’empathie pour Israël en plus, à celle de ses prédécesseurs.

Tout doit être évidemment tenté pour que les deux rives de la Méditerranée se retrouvent sur des projets communs. Mais la naïveté est souvent la faiblesse d’une France bonne fille et d’une Europe angélique. Or, un vent mauvais souffle sur des esprits échaudés, qui aimeraient humilier l’Occident sur son propre territoire. Les précautions prises, le week-end dernier, pour ne pas évoquer l’idéologie djihadiste qui parcourt une partie du monde musulman, ont montré un souci d’apaisement excluant d’utiles franchises.

Quand le Sénégalais Abdoulaye Wade estime que l’Europe a suscité l’Union pour la Méditerranée afin de compenser "sa croissance démographique déclinante" et de bénéficier du pétrole et du gaz de l’Algérie ou de la Libye, il se veut provoquant. Cependant, la tentation existe pour le Vieux Continent d’acheter sa tranquillité au prix d’ouvertures renouvelées vers le multiculturalisme, cheval de Troie de l’islamisme. Rien ne permet de dire que la France se prêterait à ce renoncement, déjà observé en 1973 après le premier choc pétrolier. Mais la vigilance s’impose.

Déséquilibre
Nicolas Sarkozy, mercredi, lors de la pose de la première pierre des salles des arts de l’Islam, au Louvre, financées notamment par l’Arabie saoudite : "L’islam, c’est le progrès, la science, la finesse, la modernité (…)." Quel dirigeant musulman tiendrait le même discours devant les siens, en vantant les vertus de l’Occident ? Cette absence de réciprocité est le problème à résoudre.

Bonne nouvelle
Au fait : en Irak, il se confirme que les États-Unis sont en train de gagner leur guerre contre al-Qaida, grâce à la stratégie du général Paetreus. Pourquoi taire cette bonne nouvelle ? 

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