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29 juillet 2008 2 29 /07 /juillet /2008 13:47
Il y a des articles qui vous mettent la haine . En voici un !!

Tiré du Figaro, les guignols munichards dont on parle estiment que l'action engagée depuis2001 ne sert  à rien !! C'est le retour aux temps de Clinton avec au bout du tunnel le 11 septembre.

Gageons que la Rand Corporation sera la nouvelle idole des idiots européens et qu'ils rangeront son image à côté de celle de St Obama !!

Un groupe de réflexion a mis en évidence que la solution militaire est inefficace contre la plupart des groupes terroristes. Pour battre al-Qaida, il préconise une nouvelle stratégie basée sur le renseignement et la police, et de changer de vocabulaire.


Une autopsie du terrorisme pour trouver la stratégie susceptible de vaincre al-Qaida. C'est à cet exercice statistique que s'est livré la RAND Corporation, un groupe de réflexion américain qui travaille régulièrement pour le Pentagone. Pour tenter de comprendre le destin des groupes terroristes, les chercheurs ont compilé des données sur 648 groupes recensés à travers le monde entre 1968 et 2006.

Ils ont distingué chaque groupe en fonction de ses effectifs, ses buts, ses revenus financiers, du régime politique de son territoire d'implantation, de son orientation (religieux ou politique) et de ses buts. Ils ont ensuite passé au crible leurs destins. Sur les 648 groupes étudiés, 244 sont toujours actifs, et 136 se sont fragmentés ou ont fusionné avec d'autres groupes.

 

Les groupes religieux plus tenaces

 

Et parmi ceux qui ont effectivement cessé d'utiliser le terrorisme, les statistiques parlent d'elles-mêmes. La « bonne nouvelle » est que seuls 27 groupes (10%) ont cessé leurs activités après avoir rempli leurs objectifs, par exemple le FLN algérien. 114 (43%) ont déposé les armes suite à un accord politique avec l'Etat. Quant à ceux qui ont été réellement vaincu, 107 (40%) l'ont été par des moyens policiers et juridiques, les principaux étant le renseignement humain, l'infiltration des cellules, l'arrestation des leaders et le développement de la législation antiterroriste. Et 20 groupes seulement ont été écrasés sur le champ de bataille, par des moyens militaires, soit un pourcentage de 7%.

L'objectif du rapport étant d'évaluer les bonnes pratiques pour défaire al-Qaida, les historiques des mouvements similaires ont été spécialement étudiés. Mauvaise nouvelle : les groupes d'inspiration religieuse sont bien plus résistants que ceux qui ont une vocation politique. Depuis 1968, 62% des groupes terroristes ont cessé de nuire. Sur la même période, ce pourcentage tombe à 32% si l'on ne compte que les groupes religieux.

L'étude exclut d'office la solution politique pour al-Qaida, dont le but avoué est de renverser les gouvernements du Maghreb, du Proche et du Moyen Orient, pour unir le monde musulman sous une même bannière. La RAND Corporation estime que la probabilité d'un succès d'al-Qaida est proche de zéro, mais les statistiques montrent que les chances de parvenir à un accord politique sont d'autant plus faibles que les objectifs d'un groupe sont larges et ambitieux.

Quant à la solution militaire, à l'œuvre actuellement, l'étude conclut qu' « il n'y a aucun solution au terrorisme sur le champ de bataille ». Et d'ajouter que la force brute a souvent « l'effet inverse » en attisant l'hostilité des populations, fournissant ainsi un réservoir de recrue aux terroristes. Le groupe note une augmentation des actions d'al-Qaida dans un rayon plus large, et juge que la stratégie américaine de « guerre contre le terrorisme » n'a pas réussi à affaiblir la nébuleuse terroriste.

 

Une armée présente mais discrète

 

Quelle stratégie adopter alors ? L'étude préconise un combat sur deux fronts. D'abord, mettre l'accent sur la solution policière contre al-Qaida dans le monde, en augmentant les budgets de la CIA et du FBI. Objectif : cibler les principaux « nœuds » du réseau al-Qaida, qu'il s'agisse de points de décision, de communication ou de financement. Cela implique également de mettre hors d'état de nuire les chefs des réseaux, avec les règles qui s'imposent dans un état de droit. Le rapport cite notamment un membre de l'Unité de Coordination de la Lutte Antiterroriste française, qui fait part d'une tactique citée en exemple : concentrer les efforts de polices sur des délits annexes tels que le trafic de drogue, plus facile à prouver devant un tribunal, pour mettre les suspects « à l'ombre » sans attendre qu'ils aient commis un attentat.

Ensuite, l'étude ne plaide pas pour un désengagement militaire total, en particulier pour la situation particulière de l'Irak, où al-Qaida participe à une insurrection armée globale. L'histoire montre que la solution militaire est plus efficace contre les larges groupes de terroristes insurgés (19%) que contre les groupes terroristes en général (7%). Dans ces zones, la présence militaire est « nécessaire », mais le rapport souligne qu'il ne doit pas nécessairement s'agit d'une présence américaine. Les forces locales y auraient une plus grande légitimité, et une meilleure compréhension. Il faudrait donc, selon cette étude, que les Etats-Unis cantonnent leur rôle militaire en Irak à de la formation ou de l'armement.

La RAND Corporation suggère quelques pistes idéologiques. Par exemple, le groupe estime que les fatwas émises par le Conseil des Oulemas en Afghanistan clamant que les kamikazes n'auraient ni vierges, ni vie éternelle, ont été bien plus efficaces que les tonnes de tracts de propagande largués par l'aviation américaine.

Autre changement symbolique mais crucial : troquer la « War on Terror » (guerre contre le terrorisme), qui laisse croire à une solution purement militaire, contre le plus classique « counterterrorism » (antiterrorisme). De même, il s'agit de ne plus faire passer Ben Laden et consorts pour des guerriers engagés dans une guerre sainte mais pour de simples criminels. 
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S
http://docs.google.com/Doc?id=dc2m8p62_266dktndkc6<br /> http://pasta.cantbedone.org/pages/MnlP_F.htm<br /> http://www.insolent.fr/2008/08/080814.html<br /> La leçon des brutalités commises par les troupes<br /> de Moscou contre la Géorgie chrétienne<br /> Jean-Gilles<br /> Malliarakis,  14<br /> août 2008<br />  <br /> Vous<br /> pouvez écouter l'enregistrement de cette chronique sur son lien<br /> permanent sur le site de Lumière101.com<br />  <br />  <br />  <br /> On<br /> doit hélas se rendre à l'évidence. La Russie de Vladimir Vladimirovitch Poutine<br /> et de Dmitri Medvedev constitue, à nouveau, un danger pour l'Europe.<br /> Faisons un parallèle historique<br /> avec les débuts la guerre froide. Nous ne pouvons plus nous contenter des<br /> illusions de Yalta (1945) ; nous attendons encore la doctrine Truman (1947)<br /> mais nous nous situons déjà entre le long télégramme de Kennan et les deux<br /> discours de Churchill à Fulton et Zurich (1946). Nous pouvons même anticiper<br /> l'éventuel prochain coup de Prague (1948) : il se prépare contre l'Ukraine. La<br /> fermeté et la solidarité occidentales peuvent enrayer cette pente, les<br /> concessions ne l'empêcheront pas mais au contraire l'accéléreraient.<br /> Comme au bon vieux temps du<br /> soviétisme, où Brejnev frappa la Tchécoslovaquie en 1968 pour intimider la<br /> Roumanie, ce qui a été entrepris contre la "révolution des roses"<br /> accomplie à Tbilissi de décembre 2003 vise très précisément la "révolution<br /> orange" de l'année suivante à Kiev.<br /> L'accord de cessez-le-feu négocié,<br /> ou plutôt avalisé à Moscou le 12 août par la présidence de l'Union européenne,<br /> équivaut à une capitulation pour la partie géorgienne. On nie sa souveraineté<br /> sur un territoire auquel la faillite de l'Union soviétique avait rendu son<br /> indépendance comme à l'ensemble des républiques de l'Empire.<br /> De plus je constate que le ministre<br /> russe des Affaires étrangères ose revendiquer que ses dirigeants passent en<br /> jugement. Je cite l'agence Novosti du 12 août à 15 h 56 :  Le ministre<br /> russe des Affaires étrangères<br />  <br /> "Sergueï<br /> Lavrov a appelant le 12 août à la création d'un tribunal international chargé<br /> d'enquêter sur les crimes" commis par les autorités géorgiennes en Ossétie<br /> du Sud. Les crimes commis par le régime géorgien en Ossétie du Sud méritent<br /> d'être examinés par un tribunal international",<br />  <br /> a-t-il [osé] affirmer lors d'une<br /> conférence de presse à Moscou.<br />  <br /> "Nous<br /> avons la Cour internationale de justice et la Cour européenne des droits de<br /> l'homme. D'après les informations dont je dispose, des ressortissants russes<br /> victimes de l'agression géorgienne envisagent de saisir l'une de ces<br /> instances", a-t-il déclaré [sans la moindre trace d'humour].<br />  <br /> Autrement dit les démarches se<br /> voulant apaisantes de l'Europe constituent autant d'encouragement pour l'Ours.<br /> Loin d'écarter le danger elles<br /> renforcent la tentation de multiplier les initiatives brutales de gens à peine<br /> sortis de la voyoucratie soviétique, et d'un État mal libéré des mafias.<br />  <br /> On peut se demander pourquoi les<br /> dirigeants russes s'engouffrent de la sorte dans cette voie, aussi dangereuse<br /> pour eux et pour leur pays.<br /> Après une longue relecture du<br /> dossier et des différents points de vue, et malgré toute la sympathie<br /> qu'inspire légitimement un jeune président comme Saakachvili et un petit pays<br /> comme la Géorgie, confronté à un gros empire, il ne s'agit pas ici de prendre<br /> position entre deux nations, deux littératures, deux musiques, deux cultures.<br /> Il s'agit de choisir entre la<br /> liberté des peuples et une oppression impérialiste.<br />  <br /> Celle-ci défigure toute<br /> l'admiration que mérite, pour une part, l'Histoire de la Russie. Elle restitue<br /> l'horreur qu'au contraire inspire cette autre tradition annoncée par les opritchniki d'Ivan le Terrible au XVIe<br /> siècle et l'assassinat du métropolite saint Philippe de Moscou (1569),<br /> monstrueusement continuée par les crimes du bolchevisme contre l'âme russe<br /> au XXe siècle.<br />  <br /> Quand on aime vraiment la France,<br /> on exècre la Saint-Barthélemy, la révocation de l'État de Nantes, la Terreur et<br /> l'héritage jacobins.<br />  <br /> Certes, aussi, certains types<br /> d'arguments peuvent toujours se renvoyer comme des balles de ping-pong.<br /> Dans cette affaire, de bons esprits<br /> faux affectent de chercher à savoir jusqu'où le gouvernement de Tbilissi a<br /> été ou non manipulé pour recouvrer le 8 août sa souveraineté sur un<br /> territoire séparatiste de 4 000 km2 et 70 000 habitants, tout cela<br /> dégageant de fortes odeurs de pétrole, à en croire la presse.<br />  <br /> On se demandera en revanche jusqu'à<br /> quel point la Russie et son Premier ministre ont pris conscience de la<br /> contradiction entre leur attitude dans cette affaire et tout ce qu'ils ont<br /> développé autour de celle du Kosovo : comment prétendre s'opposer à toute<br /> révision de frontières dans les Balkans et la pratiquer ouvertement dans le<br /> Caucase. <br /> Rappelons à ce sujet que le<br /> démembrement de la Yougoslavie, — dont j'ai toujours pour ma part dénoncé les<br /> dangers, les mensonges et [tous] les crimes – ne peut pas se comparer avec<br /> l'éclatement de l'Union soviétique.<br /> Certes Tito a laissé, à son<br /> échelle, un héritage aussi purulent que celui de Staline et Khrouchtchev. Mais<br /> le système artificiel produit des traités de Versailles, Saint-Germain en Laye<br /> et Trianon instituant le royaume des Serbes, Slovènes et Croates, mis à la<br /> sauce communiste, a sombré par les révoltes de ses périphéries. Jusqu'au<br /> dernier souffle Belgrade a cherché à le maintenir et il a fallu les<br /> bombardements de 1999, demandés à Clinton de son propre aveu par Chirac, pour<br /> faire céder la malheureuse vieille capitale gouvernée par un autiste.<br />  <br /> Au contraire, l'URSS est morte à<br /> Moscou, tout à fait pacifiquement, sans intervention extérieure. La<br /> Fédération de Russie elle-même en dressa le constat. En 1991 la métropole<br /> a reconnu sa propre incapacité à diriger un ensemble aussi étendu et<br /> plurinational. Elle hérite tout de même le territoire le plus vaste<br /> du monde, 17 millions de km2 de l'enclave de Königsberg<br /> ("Kaliningrad") à Vladivostok, englobant 88 républiques, aussi<br /> légitimement séparatistes en puissance que l'Ossétie.<br />  <br /> Si l'on considère que l'action<br /> souveraine de la Géorgie du 8 août mérite sanction, de la part de l'ancien<br /> grand frère, que penser de ce que Moscou accomplit depuis les années 1990, sans<br /> réussite tellement convaincante, en Tchétchénie ? Vladimir Vladimirovitch<br /> désigne le président américain, sous l'aimable sobriquet de "camarade<br /> Loup". Et, depuis 2003 il critique toutes ses initiatives en Mésopotamie.<br /> Tout son argumentaire s'effondre comme un château de cartes, etc. etc.<br />  <br /> Indécrottable nationaliste<br /> partisan, dans l'absolu, d'une Europe confédérale et indépendante, qui puisse<br /> même un jour servir de trait d'union entre l'Amérique et la Russie, on doit<br /> avoir le courage de prendre aujourd'hui la mesure de la situation exacte de<br /> l'heure.<br /> Puisque nous devons à nouveau en<br /> Europe occidentale considérer la puissance militaire et l'arsenal russes comme<br /> des dangers dirigés éventuellement contre nous, et tant qu'une véritable<br /> Communauté européenne de défense n'aura pas été instituée, l'OTAN demeure le<br /> seul cadre sérieux de notre sécurité stratégique. Car depuis 1966, et le<br /> retrait de l'organisation militaire intégrée, jamais les gaullistes n'ont su<br /> construire d'alternative crédible à cette défense atlantique, ayant eux-mêmes<br /> saboté le projet de défense européenne dès 1954. <br /> On doit donc balayer toutes les<br /> arguties et toutes les menteries des neutralistes à sens unique.<br /> Quelle aubaine, dira-t-on, pour la<br /> diplomatie américaine.<br />  <br /> Je voudrais m'en assurer : je pense<br /> au contraire que nos alliés américains désirent plus encore que nous se voir<br /> allégés du fardeau de la défense de l'Europe qu'ils assument, à leurs frais,<br /> ceux du contribuable des Etats-Unis, du fait de notre carence et de nos<br /> divisions.<br /> Oh je reconnais ma capacité<br /> d'erreur. Je la considère même comme certaine puisque les médias nous mentent.<br /> Mais il se trouve que nous recevons<br /> l'image d'un pays immense, regonflé financièrement par le cours du pétrole et<br /> des matières premières, capable d'aligner des centaines de blindés, ayant<br /> entrepris brutalement de modifier, à son profit, les frontières juridiques d'un<br /> État souverain sensiblement plus petit.<br /> Si cette représentation ne se<br /> trouve pas rapidement corrigée par des actes généreux, par exemple en<br /> fusionnant en un seul État neutralisé et indépendant les deux<br /> "Osséties", celle du nord n'ayant pas plus de raisons de demeurer<br /> "russe" que celle du sud de redevenir géorgienne, nous serons amenés<br /> à ne plus prendre au sérieux aucune des protestations de pacifisme du<br /> gouvernement du grand frère.<br />  <br /> Nous devons même et surtout<br /> regretter les lâchetés et les reculades de l'Europe.<br /> Le 4 avril à Bucarest, sous la<br /> pression de la diplomatie allemande, et avec l'assentiment des représentants<br /> français, on a différé l'admission dans l'OTAN de l'Ukraine et de la Géorgie<br /> pour ne pas déplaire à Moscou. <br /> Plus grave encore le 13 août à<br /> Bruxelles on a encore assisté à un début de découplage diplomatique. Dès<br /> le 13 juillet dans la Stampa le très influent ministre italien Frattini<br /> incitait l'Europe à ne pas froisser, "humilier" la partie russe. Le<br /> 11 août il réitérait en demandant que la Russie ne se trouve pas<br /> "isolée". De tels sophismes s'opposent aux appels à la fermeté des<br /> représentants de la Suède, de la Pologne et des Pays Baltes.<br /> Oui nous savons qu'il existe un<br /> débat. Divers courants s'opposent au sein de l'Union européenne. Cela s'appelle<br /> la démocratie. Le ministre allemand social-démocrate Frank-Walter Steinmeier<br /> apparaît même en désaccord avec la chancelière Angela Merkel. On ne peut pas, à<br /> cet égard, sous-estimer les liens d'affaires de l'ancien chancelier Schröder<br /> avec Gazprom.<br /> Au contraire le 12 août, le<br /> secrétaire général de l'OTAN, le Néerlandais Jaap de Hoop Scheffer a su<br /> condamner à "l'usage excessif et disproportionné de la force par la<br /> Russie".<br /> Or je lis sur le site de l'Express (13 juillet) au sujet de cette intervention extrêmement claire la phrase<br /> suivante :<br />  <br /> "Tout au long de son intervention, le secrétaire<br /> général de l'Otan a condamné à plusieurs reprises "l'usage excessif et<br /> disproportionné de la force par la Russie", MAIS il s'est refusé à<br /> critiquer l'intervention militaire menée par la Géorgie en Ossétie du sud, une<br /> région séparatiste pro-russe, considérée comme le détonateur de la crise avec Moscou."<br />  <br /> Pourquoi ce "mais" ?<br /> Pourquoi cette fin de phrase ?<br /> "Considérée" ? Par qui ?<br /> L'Express est notoirement<br /> écrit et réécrit par des gens qui savent ce qu'ils impriment : ceci veut<br /> dire qu'au sein de la rédaction de ce journal la désinformation fonctionne.<br />  <br /> Que penser aussi de l'article<br /> éditorial d'Yves Thréard daté du 13 août publié dans le Figaro sous le<br /> titre "Incontournable Russie". Tout d'abord une demi-vérité : <br />  <br /> "Les remontrances de l'ancien ennemi américain ne<br /> trompent personne. Elles sont formelles. Washington, qui a beaucoup d'autres<br /> dossiers internationaux sur le feu, ne va pas ouvrir un autre front contre<br /> Moscou."<br />  <br /> Certes une réaction militaire ne<br /> paraît pas à l'ordre du jour. Mais il existe des degrés, un demi-siècle de<br /> guerre froide l'a prouvé, et d'autres types de confrontation, de<br /> résistances, de contre-feux, que l'expédition coloniale, seul type d'opérations<br /> que semblent connaître les fils des cuisiniers de Staline, sans d'ailleurs<br /> toujours y exceller.<br />  <br /> Voila donc comment on intoxique la<br /> France : tout le reste de cet éditorial du Figaro développe tous les<br /> arguments coutumiers au parti de la capitulation devant l'Empire et ses<br /> maîtres.<br /> Or il existe plusieurs différences<br /> notables entre l'ancienne puissance soviétique et celui des maîtres actuels du<br /> Kremlin.<br />  <br /> Nous ne nous trouvons plus en<br /> présence d'un pouvoir communiste. Il ne dispose ni de l'appareil international<br /> de son prédécesseur, ni des moyens intérieurs permettant de mettre un budget<br /> colossal au service de sa puissance militaire.<br /> Sa population a presque été divisée<br /> par deux : 142 millions d'habitants en 2007, deux fois moins que les<br /> États-Unis, moins que le couple franco-allemand à lui seul, trois fois moins<br /> que l'Union européenne.<br /> Les soviétologues d'hier<br /> dénonçaient la russification apparente des républiques d'Asie centrale.<br /> Aujourd'hui un journal aussi favorable au gouvernement de Moscou que le Giornale de Milan (30 juillet) pouvait lancer un "cri d'alarme" contre<br /> l'islamisation de la Russie qui compte déjà 20 millions de musulmans et que les<br /> "spécialistes" prévoient, nous annonce-t-on, majoritairement<br /> mahométane en 2050. Sans croire nécessairement en de tels scénarios on ne peut<br /> qu'enregistrer les statistiques inquiétantes de la démographie russe, à côté<br /> desquelles l'Europe occidentale semble en pleine vigueur nataliste.<br /> Le pétrole, le gaz naturel, l'or et<br /> les matières premières constituaient déjà la véritable force de l'économie<br /> soviétique. Mais celle-ci donna longtemps l'illusion de l'électrification, de<br /> l'industrialisation, des performances de la recherche scientifique. Aujourd'hui<br /> : retour sur terre, la Fédération fonctionne comme une immense république<br /> bananière. Elle se sent dopée par des cours très élevés que probablement elle a<br /> contribué à manipuler, depuis plusieurs années, avec l'appui de ses amis<br /> vénézuéliens et iraniens. Mais, outre que les niveaux de prix ne peuvent monter<br /> jusqu'au ciel, ils supposent des acheteurs qui se trouvent précisément les pays<br /> auxquels elle tend à se confronter.<br />  <br /> Son trouble et dangereux<br /> partenariat avec la Chine se joue désormais dans un rapport renversé.<br /> Les dirigeants de Pékin n'éprouvent plus aucune admiration pour la patrie de<br /> Lénine, ils ressentent à son égard plus qu'une pointe de mépris et ils<br /> connaissent parfaitement le rapport des forces notamment démographiques en<br /> Extrême-Orient. Les limites de l'idéologie eurasiatique se mesurent très<br /> vite : vue de l'empire du Milieu, un Russe fait simplement figure de Diable<br /> blanc au long nez un peu plus pauvre que les autres, éventuellement plus<br /> méchant.<br />  <br /> Tout cela doit nous inciter à<br /> défendre une attitude plus ferme et aussi plus solidaire des pays européens.<br /> L'éparpillement de nos nations<br /> constitue un terrible point faible. Le partenaire moscovite développe une<br /> tactique de relations systématiquement bilatérales notamment dans le domaine<br /> énergétique où il croit pouvoir exercer une forme de chantage naïf à<br /> l'approvisionnement. Il détient certes 27 % des ressources mondiales de gaz<br /> naturel, mais 73 % se trouvent ailleurs.<br />  <br /> Dans un tel contexte, outre les inconditionnels<br /> de l'OTAN, d'autres pourront dire merci aux brutalités de nos excellents amis<br /> russes : elles nous auront démontré la nécessité d'adopter le plus<br /> rapidement possible un certain nombre d'accords au sein de l'union européenne<br /> et notamment ce Haut-Commissariat à la politique étrangère, disposition<br /> certainement irritante pour le Quai d'Orsay et le Foreign office mais<br /> que personne ne critiquait ni dans le projet de constitution capoté en 2005 ni<br /> dans le traité de Lisbonne.<br /> Dans l'épreuve on découvre et on<br /> apprécie toujours ses amis.<br />  <br />  <br />  <br />  <br /> On se<br /> demandera en revanche jusqu'à quel point la Russie et son Premier ministre ont<br /> pris conscience de la contradiction entre leur attitude dans cette affaire et<br /> tout ce qu'ils ont développé autour de celle du Kosovo : comment prétendre<br /> s'opposer à toute révision de frontières dans les Balkans et la pratiquer<br /> ouvertement dans le Caucase.[1] <br /> Rappelons<br /> à ce sujet que le démembrement de la Yougoslavie, — dont j'ai toujours pour ma<br /> part dénoncé les dangers, les mensonges [2] et [tous] les crimes – ne peut<br /> pas se comparer avec l'éclatement de l'Union soviétique.<br /> Certes Tito a laissé, à son échelle, un<br /> héritage aussi purulent que celui de Staline et Khrouchtchev. Mais le système artificiel produit des traités de Versailles, Saint-Germain en<br /> Laye et Trianon instituant le royaume des Serbes, Slovènes et Croates, mis à la<br /> sauce communiste, a sombré par les révoltes de ses périphéries [3]. Jusqu'au<br /> dernier souffle Belgrade a cherché à le maintenir [4] et il a fallu les bombardements de 1999,<br /> demandés à Clinton de son propre aveu par Chirac, pour faire céder la<br /> malheureuse vieille capitale gouvernée par un autiste[5].<br />  <br /> [1] "Aux termes  de la Constitution  de<br /> 1974  (article 2),  la République Socialiste Fédérative  de<br /> Yougoslavie était formée  de six républiques,  dont la Serbie, <br /> et de deux provinces  autonomes  le Kosovo  et la<br /> Voïvodine.  Elle avait donc  huit composantes.  Quatre  d'entre elles :  Slovénie, <br /> Croatie,  Bosnie et Macédoine,  ont au cours  des années<br /> 1991-1993,  proclamé  leur indépendance,  approuvée  par un<br /> référendum populaire,  puis sollicité  leur reconnaissance <br /> internationale.  Après examen  de leur candidature  par la<br /> commission Badinter,  elles ont obtenu  leur reconnaissance  et<br /> un siège  à l'ONU. Sur le territoire  des quatre autres : <br />  les républiques  de Serbie  et du Monténégro,  les<br /> provinces  de Voïvodine et du Kosovo,  aucun  processus  de<br /> ce genre  n'a été mené  à son terme.  Dès 1989-1990,  la<br /> Serbie  a usurpé illégalement  les pouvoirs constitutionnels <br /> jusque-là exercés  par la Voïvodine  et le Kosovo [dispositions<br /> constitutionnelles  auxquelles ses propres Droits sur ces territoires<br /> étaient eux-mêmes subordonnés : de sorte que cette annexion forcée,  étant<br /> illégale,  lui a sans doute  assuré  un contrôle de facto <br /> mais  a en même temps annulé  ses Droits  sur les territoires en<br /> question].  Puis,  en 1992, elle s'est unie  au Monténégro  dans une<br /> fédération  appelée "RFY",  approuvée  par des votes<br /> largement favorables en Serbie,  au Monténégro  et en<br /> Voïvodine,  mais  presque  totalement boycottée  au<br /> Kosovo.  N'étant pas reconnue comme continuatrice  de<br /> l'ancienne  RFSY,  mais  ne demandant pas non plus  sa<br /> reconnaissance  comme état nouveau, la RFY  [n'a obtenu qu'en 2001 un]<br /> siège  à l'ONU,  et [à l'issue  des "accords de Belgrade<br /> de mars 2002,  elle a été remplacée par une "Union de la Serbie et<br /> du Monténégro"  dont la "charte constitutionnelle"<br /> affirme dans son préambule que le Kosovo fait partie de la Serbie. Cet<br /> attelage  a cependant disparu en juin 2006,  avec l'indépendance du<br /> Monténégro]. <br /> "Au<br /> Kosovo,  cependant,  l'indépendance  d'une<br /> "république  du Kosovo"  a été  proclamée <br /> et largement approuvée par référendum  dès 1991 et, <br /> depuis,  les institutions  de cette république  ont<br /> fonctionné  régulièrement, quoique  clandestinement. <br /> "Sur<br /> quoi,  donc,  [se sont appuyées] les grandes puissances  pour<br /> refuser  au Kosovo  la reconnaissance,  alors  que les<br /> procédures  préliminaires :   vote parlementaire, <br /> référendum,  ont été  les mêmes  pour les quatre républiques<br /> ?  On ne peut se référer,  semble-t-il,  qu'à un seul <br /> et unique  passage  de la Constitution  de 1974  déjà citée<br /> (article 2),  parlant  des provinces  de Kosovo  et de<br /> Voïvodine  "qui font partie  de la République  de<br /> Serbie". Cette mention isolée,  jetée  au détour <br /> d'une proposition relative,  sans qu'aucune conséquence  en soit<br /> tirée, est en contradiction flagrante  avec le reste du texte, <br /> qui à d'innombrables  reprises  mentionne <br /> conjointement "républiques et provinces"  comme des entités<br /> distinctes  pourvues  de compétences  égales.<br /> "Il en<br /> résultait  que la Serbie  n'avait aucun pouvoir  sur les deux<br /> provinces,  comme le notait  très justement  (pour le<br /> déplorer)  le juriste serbe  Kosta Čavoški :  <br /> 'les<br /> provinces  autonomes,  chacune prise séparément,  et la<br /> Serbie,  réduite  à une superficie restreinte,  sont égales<br /> entre elles  et pratiquement indépendantes  les unes des<br /> autres,  de la même façon  que  la Macédoine  est indépendante <br /> du Monténégro  et vice-versa.'<br /> "Il n'y a donc <br /> sur ce point  aucune différence   entre les quatre<br /> républiques  dont l'indépendance  a été  reconnue et le<br /> Kosovo,  à qui [on l'a alors] refusée. <br /> "La même<br /> Constitution,  dès les tout premiers mots  de son préambule, <br /> affirme le 'droit de sécession'  des 'peuples de Yougoslavie'. <br /> Certes,  dans le jargon titiste,  le terme  de 'peuple' <br /> désigne  les six ethnies  sud-slaves  'constitutives' de la<br /> Yougoslavie  et celui  de 'nationalité'  toutes les<br /> autres,  non sud-slaves,  dont les Albanais.  Mais  l'article<br /> 245  du même texte  indique  que 'les peuples  et les<br /> nationalités  sont égaux  en droits'.  Donc, si les<br /> peuples  ont le droit  de sécession,  les nationalités  le<br /> possèdent  également. <br /> "Le<br /> préambule  dit aussi :  <br /> 'Les<br /> peuples  et les nationalités  exercent leurs droits <br /> souverains  dans les républiques socialistes  et dans les<br /> provinces  autonomes  socialistes'. <br /> "On en<br /> conclura  que les peuples  et les nationalités  ne peuvent<br /> exercer leur droit de sécession  que dans le cadre d'une république <br /> ou d'une province.  Ce fut le cas pour quatre des 'peuples' dans les<br /> quatre  républiques  aujourd'hui reconnues.  C'est aussi <br /> celui d'une des "nationalités" :   les Albanais <br /> au Kosovo. <br /> "En<br /> revanche,  une ethnie  minoritaire  dans sa république <br /> ou sa province  ne peut faire valoir  ce droit,  qu'il<br /> s'agisse d'un "peuple"  comme  les Croates de Bosnie <br /> ou les Serbes  de Bosnie  et de Croatie,  ou d'une<br /> "nationalité"  comme les Albanais  de Macédoine  ou<br /> les Hongrois  de Voïvodine. <br /> "C'est<br /> donc  à juste titre  que la communauté internationale  n'a<br /> jamais accepté  de reconnaître comme états  ni la<br /> "Krajina",  ni la "Herceg-Bosna",  ni la<br /> "Republika Srpska",  simple entité  au sein  de la<br /> Bosnie.  C'est  à juste titre  aussi  qu'elle refuse <br /> les tendances  à la sécession  qui peuvent  se manifester <br /> chez les Albanais  de Macédoine. Contre  toutes ces<br /> prétentions,  le principe  du maintien  des<br /> frontières  existantes  joue à plein.  Le cas  du<br /> Kosovo  est différent :   il est identique  à celui<br />  des quatre républiques  précédemment reconnues. <br /> "Il n'est<br /> donc  pas vrai  que l'indépendance  du Kosovo <br /> créerait  un précédent dangereux  pour les régions  situées<br /> plus au sud,  notamment pour la Macédoine,  et compromettrait <br /> l'équilibre des Balkans. L'intégrité  de la Macédoine devrait<br /> continuer  à être activement défendue  contre les prétentions <br /> de tous  ses voisins,  et ce au nom des mêmes principes. Paul Garde,   A quel titre le Kosovo appartenait-il<br /> à la Yougoslavie ?,  http://docs.google.com/Doc?id=dc2m8p62_258gfsbt9ch<br /> <br /> [2] "En 1986, circule dans les milieux politiques<br /> serbes un Mémorandum rédigé par 16 membres de l'Académie des Sciences de<br /> Serbie, tous Serbes, et, en théorie, parmi les esprits les plus brillants de<br /> leur pays. Ce Mémorandum condamne l[a définition] des républiques et<br /> provinces autonomes réalisé par Tito [en 1945 à la suite des travaux de la<br /> Commission Đilas], dénonce la persécution dont seraient victimes les<br /> Serbes du Kosovo [] et ajoute que<br /> "sauf à<br /> l'époque de l'État indépendant de Croatie [c'est-à-dire l'État oustachi mis en<br /> place en Croatie et en Bosnie-Herzégovine par les nazis entre 1941 et 1945]<br /> jamais les Serbes de Croatie n'ont été aussi menacés qu'aujourd'hui" [Paul Garde,  Vie et mort de la Yougoslavie,  p. 284.]. <br /> "A partir de<br /> 198[7], M. Slobodan Milošević, [chef] de la ligue communiste de Serbie, va<br /> orchestrer cette propagande. Il accuse Tito et ses fidèles d'avoir agencé [un] démantèlement<br /> de la Serbie et se proclame chef des patriotes serbes. Les slogans racistes<br /> des Tchetniks sont repris [Hérodote, n°67, pp. 31-32.]. En [septembre ]<br /> 1987, Slobodan Milošević devient le nouveau président de la ligue communiste de<br /> la république de Serbie. C'est la "révolution culturelle serbe" [Vie<br /> et mort de la Yougoslavie, pp. 251 à 296.]. M. Milošević organise de grands rassemblements qui sont l'occasion de<br /> manifestations albanophobes et celle de réaffirmer que toutes les minorités<br /> serbes des républiques de la fédération yougoslave [seraient] menacées [dans Vie<br /> et mort de la Yougoslavie, p. 234,  Paul Garde affirme qu'en 8 ans il<br /> y a eu 4 assassinats commis par des Albanais contre des Serbes.]. <br /> [C'est] entre<br /> octobre 1988 et [mars] 1989  [que les dirigeants politiques de la Serbie<br /> détruisent juridiquement la Yougoslavie]  : sous la pression de manifestations de masse, les dirigeants des ligues<br /> communistes [de la Voïvodine et du Monténégro]  sont destitués et<br /> remplacés par des équipes fidèles à M. Milošević. [En mars 1989,  ce sont<br /> l'armée et la police  qui destituent la direction politique du<br /> Kosovo  et qui font modifier de force la constitution du Kosovo. Le 27<br /> mars 1989, la constitution de la Serbie est à son tour altérée : ces coups de<br /> force successifs privent  de facto  la Voïvodine et du Kosovo de leur<br /> statut constitutionnel de quasi-républiques et de ce fait détruisent la<br /> Constitution fédérale yougoslave  de 1974 c'est-à-dire la Yougoslavie puisque celle-ci,  en tant qu'Etat fédéral, n'existait juridiquement que<br /> par cette Constitution.  Milošević  n'en conserve pas moins pour<br /> son propre compte leur représentation,  égale et directe, <br /> à la Présidence collective de la Yougoslavie. Du fait de ces coups d'Etat et<br /> coups de force  anti-constitutionnels], au sein du présidium collectif de<br /> la Yougoslavie, s'opposent [désormais un] camp nationaliste serbe (Serbie,<br /> Voïvodine, Kosovo et Monténégro) et [un camp] non-nationaliste serbe (Slovénie,<br /> Croatie, Bosnie-Herzégovine et Macédoine). "... En janvier 1990, lors du dernier congrès de la ligue communiste<br /> yougoslave, M. Milošević  [doit constater l'échec de sa tentative de<br /> prendre le pouvoir  dans l'ensemble de la Yougoslavie par le biais de ses<br /> instances centrales ;  il décide immédiatement de détruire  la<br /> Yougoslavie pour la remplacer  par une Grande Serbie imposée par la force<br /> des armes,  qu'il appellera  faussement "Yougoslavie" <br /> pour rejeter sur les autres nations sa propre responsabilité  d'avoir<br /> détruit la Fédération].<br /> "A partir de<br /> 19[89], la télévision et la presse serbes assimilent continuellement les<br /> Croates aux Oustachis, traitant de fasciste[s les caciques<br /> titistes  à la tête de la république de Croatie,  puis] M. Franjo<br /> Tuđman, [son nouveau] président [à partir de mai 1990]. Elles l'accusent de<br /> vouloir préparer un nouveau génocide. [Or, ] M. Tuđman est [au contraire] un<br /> ancien résistant. Il a combattu, entre 1941 et 1945, avec son frère et son<br /> père, dans le rang des partisans contre les Allemands et les Oustachis [Vie<br /> et mort de la Yougoslavie,  p. 67.]. Le 15 mai 1991 a lieu la rotation<br /> annuelle de la présidence tournante de la fédération. Le camp nationaliste<br /> serbe (Serbie, Monténégro, "Kosovo", Voïvodine) bloque l'élection<br /> normalement prévue à l'ordre du jour du Croate et bras droit de M. Tuđman, M.<br /> Stipe Mesić [Vie et mort de la Yougoslavie,  p. 307.]. La<br /> fédération n'a plus de président.<br /> "Dans<br /> le même temps, accompagnant le mouvement historique général des années<br /> quatre-vingts (perestroïka soviétique à partir de 1985, démocratisation et<br /> chute des régimes communistes du bloc soviétique à partir de 1989, les autres<br /> républiques d'ex-Yougoslavie réagissent au nationalisme grand-serbe. Elles<br /> abolissent le rôle dirigeant du parti communiste, légalisent le pluralisme,<br /> organisent des élections libres et desserrent les liens de la fédération. En<br /> décembre 1990 et mai 1991, la Slovénie et la Croatie organisent un référendum<br /> sur la souveraineté, comme l[a constitution [fédérale] yougoslave], le leur<br /> permet [depuis 1946 : cf. Annie Le Brun, Les Assassins et leurs miroirs, <br /> Jean-Jacques Pauvert au Terrain Vague, 1993, p. 11.]. Au vu de l'approbation<br /> massive des électeurs [Histoire de la Yougoslavie, de 1945 à nos jours, <br /> p. 201.] et de l'impossibilité de négocier avec la république serbe, ces deux<br /> républiques proclament leur indépendance le 25 juin 1991. Bertrand Liaudet : L'État français et la purification ethnique : entre<br /> capitulation et collaboration. Observatoire des crises et conflits, <br /> 2° édition, mars 1995, pp. 5-6. <br /> [3]  "C'est Milošević qui a détruit la<br /> Yougoslavie,  et c'est la Serbie  qui a été la première <br /> république  à faire sécession de la Yougoslavie fédérale,  entendant réformer l'ancienne RSFY  avec l'aide<br /> de la JNA,  pour créer  une  "Yougoslavie" plus<br /> petite,  qui serait dominée par la Serbie de Milošević. <br />  <br /> "Avec sa<br /> Constitution de 1990,  adoptée un an avant la proclamation de leur<br /> indépendance par la Croatie et la Slovénie,  la Serbie s'est autoproclamée<br /> un état indépendant et souverain  qui n'était plus obligé de respecter<br /> la Constitution ni la législation fédérales,  et qui s'arrogeait toutes<br /> les compétences clé  de l'ancien état fédéral :  la défense, <br /> les relations internationales,  la banque centrale.  <br /> "Le printemps <br /> qui a suivi,  c'est-à-dire toujours  avant la proclamation de leurs<br /> indépendances par la Croatie et la Slovénie, la Serbie  a adopté <br /> tout un ensemble de lois supplantant la législation fédérale.  <br /> "La Serbie  s'est donc,  par sa Constitution du 28 septembre<br /> 1990,  déclarée  un état indépendant  un an avant que la<br /> Slovénie et la Croatie ne proclament leur propre indépendance le 8 octobre<br /> 1991. "La propagande de Milošević a occulté  ce fait,  prétendant à la<br /> place  que la cause de la guerre aurait été  une 'lutte contre le<br /> sécessionnisme'.  Elle l'a fait par peur d'une intervention extérieure<br /> :  Milošević voulait passer pour cherchant soi-disant à 'préserver<br /> l'intégrité territoriale de la RSFY'  et non pour mener une guerre<br /> d'agression contre  les autres Etats.  <br />   <br /> "En effet,<br /> d'après  l'article 72 de la Constitution de 1990 de la République de<br /> Serbie : <br />   <br /> 'La<br /> République de Serbie  détermine et assure : la souveraineté  l'indépendance et l'intégrité  territoriale de la République de Serbie,  sa position internationale et ses relations avec d'autres Etats et organisations<br /> internationales', («Republika Srbije uređuje i obezbeđuje:<br /> suverenost, nezavisnost i teritorijalnu celokupnost Republike Srbije<br /> i njen međunarodni položaj i odnose s drugim državama i međunarodnim<br /> organizacijama »,) <br />   <br />     "'de<br /> même que la défense de la sécurité de la République de Serbie'  <br />     (kao i « odbranu bezbednosti<br /> Republike Srbije»)<br />  <br /> (l'Article 83 décrivant<br /> les 'forces armées que commande  le Président de la République de<br /> Serbie  dans la paix comme dans la guerre').<br /> (« oružanim<br /> snagama kojima u miru i ratu rukovodi Predsednik Republike Srbije »,<br /> član 83 Ustava) <br />   <br /> "Conformément à cela<br /> la Serbie,  au moyen de l'Article 135 paragraphe 2 de la<br /> Constitution,  se plaçait elle-même en-dehors  du système juridique<br /> de la fédération yougoslave,  dont les lois,  à partir de ce<br /> moment-là,  ne lui étaient plus applicables.  <br /> Cette disposition<br /> énonçait le Droit de la Serbie  de 'respecter'  de sa propre volonté<br /> les lois fédérales,  uniquement lorsque 'c'est dans son<br /> intérêt'.   <br /> Cette clause-là est<br /> connue à juste titre  comme  si volam (si je veux),  et<br /> son effet est de nier toute  obligation encourue dans de telles<br /> conditions.  Si j'ai le droit de me conduire  comme je le veux, <br /> alors  je n'en ai aucune,  d'obligation.   <br />   <br /> "Peu de temps<br /> après,  fidèle  à ses propres indépendance et souveraineté, <br /> la Serbie  a adopté  une suite de lois  dans le domaine de<br /> compétences de feue  la Fédération,  par lesquelles elle<br /> disposait de sa propre politique  monétaire et de crédit,  et sa<br /> propre réglementation des prix ; imposait des taxes sur les produits<br /> importés  de l'étranger (c'est-à-dire  y compris  les<br /> républiques de l'ancienne RSFY); et suspendait l'application d'un<br /> certain nombre de lois dont le but était de mettre en oeuvre  l'ancienne législation fédérale. <br /> "D'après le<br /> droit de la République Socialiste Fédérative de Yougoslavie (que<br /> Milošević,  soi-disant,  prétendait défendre), la Constitution<br /> de Serbie  et sa législation constituaient l'une et l'autre des actes<br /> criminels  gravissimes.  En adoptant cette constitution,<br /> cependant,  la Serbie  était devenue souveraine et<br /> indépendante,  et par conséquent se trouvait en-dehors de la juridiction<br /> de l'ancienne RSFY,  de sorte que personne n'aurait pu entreprendre <br /> aucune procédure juridique contre de tels actes.  Srđa Popović, "Odbrana Karadžića",  Peščanik.net (Belgrade),  8 août 2008, http://pescanik.net/content/view/1802/89/ .<br /> Mais bien<br /> évidemment,  puisque la Serbie ne faisait plus partie de l'ancienne fédération<br /> yougoslave qu'elle avait juridiquement détruite,  elle n'avait absolument plus<br /> aucun titre à siéger  à l'une quelconque de ses instances fédérales <br /> ni a fortiori à les diriger.<br />  <br /> [4] Trois mois,  pas question!<br /> Enregistrées par <br /> les services de renseignements,  quelque 250 conversations téléphoniques<br /> de Milošević avec ses collaborateurs  (Jovica Stanišić chef du<br /> service secret, Mihalj Kertes directeur des douanes, les chefs  des<br /> différentes formations paramilitaires tels que Željko Ražnatović Arkan et<br /> Milorad Luković Legija, ou les dirigeants politiques des insurgés serbes en<br /> Croatie et en Bosnie-Herzégovine), ont été  admises au titre de preuves<br /> matérielles par le Tribunal [de la Haye ...] <br /> Ces conversations<br /> téléphoniques confirment que Milošević connaissait ppparfaitement tous les<br /> détails  et qu'il était directement impliqué  dans tous les<br /> événements,  grands et petits. [...] <br /> Au début de<br /> l'été  de 1991 Milošević  se plaignait ouvertement de la suspension<br /> pour trois mois  des proclamations d'indépendance croate et solvène<br /> imposée par la  Communauté Européenne.  Cette attente  était<br /> beaucoup trop longue,  il n'en était pas question ;  il<br /> fallait  immédiatement entreprendre un changement radical : <br />   <br /> '... la seule question<br /> qui demeure est d'assurer l'abolition [de l'état fédéral] conformément à<br /> notre conception'.<br />  <br /> ( To je suviše dug rok,<br /> ne dolazi u obzir; odmah mora biti pokrenut radikalan zaokret: -<br /> "sada ostaje jedino pitanje da dobijemo ukidanje (savezne države) u<br /> skladu s našim predstavama..."<br /> Dunja Melčić,  Bosnia<br /> Report, April -<br /> July 2006, New Series No: 51-52,  "Optužbe<br /> su dovoljno dokazane", Helsinška povelja (Belgrade), mart-april<br /> 2006<br /> <br />  <br /> [5] <br /> "Ratomir Tanić:   L'accord Milošević- Holbrooke du 13 octobre 1998  comprenait  la plus<br /> grande partie des résultats des négociations que nous avions menées de la fin<br /> 1994 au milieu de 1997 avec les représentants des Albanais du Kosovo ;<br />  j'entends la partie politique de l'accord, non celle qui traite des<br /> vérificateurs.  Dans cette partie politique-là, Milošević prenait l'engagement<br /> de trouver une solution provisoire pour le Kosovo avant le 2 novembre 1998.<br />  Cet engagement, cependant, il ne l'a jamais respecté, et il n'avait<br /> aucune intention de le respecter, puisqu'il avait déjà détruit le résultat de<br /> deux années de négociations. C'était seulement une manoeuvre tactique de sa<br /> part pour gagner du temps.<br />  <br /> RADIO EUROPE LIBRE<br /> - Vous dites qu'il a réduit à néant les résultats de ces négociations secrètes<br /> ou, comme vous le dites, discrètes. Était-il informé de ces négociations, et le<br /> consultait-on à chaque occasion ?<br /> Ratomir Tanić - Absolument. Sans<br /> discussion aucune.<br /> RADIO EUROPE LIBRE<br /> - Alors pourquoi a-t-il sabordé  le résultat de ces négociations ?<br /> Ratomir Tanić - Milošević<br /> n'a cessé d'employer la technique de la création des conflits.  Il<br /> commence par organiser de toutes pièces un conflit ethnique,  puis il<br /> proclame des objectifs pseudo-patriotiques  qui lui servent pour<br /> s'accrocher au pouvoir. <br /> Vous savez<br /> qu'après la signature des Accords de Dayton,  il y a eu un an,  un an<br /> et demi de situation paisible.  Milošević avait joué le rôle du facteur de<br /> paix et la Serbie s'était retrouvée dans une période de paix relative.<br />  Or, c'est à ce moment-là que s'est posée la question de la légitimité de<br /> son pouvoir  et de la raison d'être même de ce pouvoir-là :  il a<br /> suffi de la paix pour qu'on voie que le pouvoir de Milošević était<br /> historiquement à bout de course.  Lors des manifestations de décembre 1996<br /> [qui ont fait suite à la victoire de l'opposition aux élections municipales de<br /> novembre, parce qu'il refusait de la reconnaître] Milošević tenté de provoquer<br /> des conflits civils à Belgrade.  Mais il a échoué, parce que le général<br /> Perišić et l'armée, [le Maire] Nebojša Ćović et la police de Belgrade l'en ont<br /> empêché.  Quand il a vu qu'il n'y parviendrait pas,  alors il s'est<br /> souvenu de la question du Kosovo,  comme nouveau prétexte à conflit.<br />  <br /> Il a balayé le<br /> résultat des négociations  parce qu'il lui fallait une nouvelle guerre,<br /> pour y dicter de nouveau des objectifs pseudo-patriotiques, pour recommencer à<br /> jouer le rôle du sauveur de la Serbie.  <br /> RADIO EUROPE LIBRE<br /> - Pourquoi Milošević n'a-t-il pas signé l'accord de Rambouillet ? Quel était<br /> son motif ?  Officiellement, on a déclaré qu'il ne l'a pas fait parce<br /> qu'il ne voulait pas que des troupes étrangères entrent au Kosovo. <br /> Ratomir Tanić - Si<br /> Milošević n'a pas signé cet accord  c'est parce qu'il avait besoin de la<br /> guerre avec l'OTAN.  C'est la logique que je viens de décrire - vous<br /> inventez un conflit et puis grâce à des mots d'ordres pseudo-patriotiques<br />  vous restez au pouvoir. Et plus le conflit est grave, plus le faux<br /> patriotisme ressemble à du vrai. Cela, pour lui, c'était la situation idéale,<br /> il souhaitait le bombardement comme "preuve" de ses thèses inventées.<br /> C'est comme si vous mettiez le feu à la maison pour ensuite pouvoir jouer les<br /> pompiers. Ce que [le Président de la Serbie Milan] Milutinović raconté par<br /> la suite à l'Assemblée [Nationale] de Serbie est totalement inexact. Lui et<br /> Milošević ont tout simplement trompé l'opinion  en lui faisant croire<br />  que le problème principal était que des troupes étrangères  allaient<br /> entrer au Kosovo sous la bannière de l'OTAN et non sous celle des Nations<br /> Unies.  Cela, c'est complètement faux. La possibilité demeurait d'un<br /> mandat des Nations Unies.  Avant que le bombardement ait commencé,<br />  on discutait même de la possibilité  que la totalité du Corps<br /> d'armée de Prishtina demeure au Kosovo  et coopère avec les troupes des<br /> Nations Unies  pour y maintenir la paix.<br />   RADIO EUROPE LIBRE - Vous considérez qu'on aurait pu signer tranquillement<br /> l'accord de Rambouillet, sans dommage pour les intérêts nationaux de la<br /> Serbie. <br /> Ratomir Tanić - Je<br /> considère, avant tout, que personne n'avait nul besoin d'aller à aucune<br /> conférence de Rambouillet.  Si nous avions déjà eu des négociations entre<br /> les Serbes et les Albanais,  auxquelles avait participé y compris la<br /> communauté internationale et où on s'était mis d'accord en principe sur une<br /> solution politique,  si cette solution politique avait été versée à l'accord<br /> Milošević-Holbrooke, alors à quoi nous servait une conférence à Rambouillet ?<br />  <br /> Cette<br /> conférence-là était une tentative désespérée de la diplomatie européenne pour<br /> sauver ce qu'on pouvait sauver. Cependant, une fois arrivés à cette conférence,<br />  je pense que l'accord auquel on était parvenu  pouvait parfaitement<br /> être signé,  il fallait seulement insister sur un mandat des Nations Unies<br /> et au maintien au Kosovo du corps d'armée de Prishtina,  ce que la<br /> communauté internationale était à l'époque prête à accepter. Cependant, étant<br /> donné que Milošević souhaitait la guerre, il n'était évidemment prêt à signer<br /> aucun accord quel qu'il fût. C'est d'ailleurs ce que Milutinović lui-même a<br /> reconnu à la session de l'Assemblée [Nationale] de Serbie lorsqu'il a dit que<br /> le problème ne tenait pas à l'accord politique mais au mandat des forces.<br />  Or, ce mandat-là n'a jamais été le problème.  La communauté<br /> internationale était d'accord à ce moment-là  pour que les forces de<br /> maintien de la paix se trouvent sous le mandat des Nations Unies  et que,<br /> je le souligne, le corps d'armée de Prishtina demeure au Kosovo.  <br /> Mais Milošević,<br /> il lui fallait une guerre. Ratomir<br /> Tanić: "Oui, il existait un plan de nettoyage ethnique du Kosovo", <br /> Entretien avec Omer Karabeg, Radio Europe Libre, 7 mars 2001, http://docs.google.com/Doc?id=dc2m8p62_68d5wv5pn2<br />  
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D
Tout à fait. Autant écouter ce qui sont en première ligne.
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A
Hello David Martin;  Afin de savoir quelle methode empreinter contre le terrorisme, il faut faire comme la CIA et se renseigner aupres des Israeliens.  C'est eux apres tout qui giodemt leur compagnie d'aviation la plus safe du monde, et c'est eux encore qui furent consultes par l'Amerique apres le 11 septembre.  Leur expertise est legendaire - normal - il ont pres de 60 ans d'experience.
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