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26 août 2008 2 26 /08 /août /2008 12:26
Annick Azehrad a publié cette superbe chronique sur Primo Europe !!

L’article de Charb publié dans Charlie hebdo le 9 juillet 2008 pourrait illustrer à lui seul les enjeux de la polémique liée à l’affaire Enderlin-Al-Dura.

Les propos tenus par son auteur confirment l’idée que ce n’est pas tant la mort – réelle ou supposée – du petit Mohamed qui compte que le bénéfice que l’on pouvait en tirer pour la propagande pro-palestinienne.

« Huit ans que la polémique dure » affirme Charb. Une grande partie des médias français avait pourtant fait silence sur ce sujet tant il était important de garder intacte l’icône du petit Mohamed assassiné par les diaboliques Israéliens.

Survient le jugement de la cour d’appel déboutant Charles Enderlin : ce dernier avait attaqué en diffamation Philippe Karsenty qui avait osé remettre en question les commentaires liés à l’image. (Depuis quand s’avise-t-on en France de remettre en question l’autorité absolue d’un saint journaliste établi ?)

Voilà que tout à coup le pilier de la propagande s’écroule :la justice reconnaît à tout citoyen le droit de s’interroger, de douter, et l’icône qui avait permis de réactiver inconsciemment ou non le mythe ancestral des Juifs tueurs d’enfant vacille .

Il faut donc trouver un palliatif.

D’abord agonir d’injures ceux qui ont simplement eu envie de connaître la vérité des faits : ils deviennent alors des « propagandistes pro-israéliens ».

Et surtout user d’un autre stratagème : la mort du petit Mohamed devient sous la plume de Charb « un détail (un vrai détail) » (sic).

Pourquoi avoir alors tant insisté à l’époque sur la portée de ces images durant des semaines et pourquoi avoir mis ce « détail » à la une des journaux ?

Charb évoque ensuite la longue liste des enfants palestiniens tués dans le conflit. Il n’y pas d’image pour ceux-ci. Mais ils n’en sont pas moins morts. Il y a beaucoup d’autres Mohamed dont on ne parle pas, explique-t-il.

C’est vrai.

Tout comme il n’y a pas d’image pour les enfants israéliens assassinés de sang-froid par des Palestiniens fanatisés et enivrés de haine : aucune des bébés sur lesquels tirent des snipers expérimentés, aucune de l’enfant dont le petit crâne a été froidement fracassé contre des rochers par un « héros » des masses arabes extrémistes, en l’occurrence Samir Kuntar, récemment libéré par Israël en échange de la dépouille de deux de ses soldats morts après leur enlèvement sur le sol de leur pays.

Aucune image du carnage perpétré par un habitant de Jerusalem-est contre les élèves adolescents d’un institut de théologie qu’il connaissait parfaitement pour y avoir travaillé. Ce dernier exploit rappelle l’infâme mise à mort des étudiants de l’université de Jérusalem par un employé de la cafétéria.

Pas d’image des corps mutilés de voyageurs entassés dans des bus qui sautent à l’heure de la rentrée des classes ni d'image des corps déchiquetés par des terroristes conduisant une pelleteuse dont le jeu consiste à terroriser et à massacrer un maximum de gens se trouvant sur leur passage.

Il n’y a pas d’image pour tous ces morts israéliens et ce pour une raison simple : leur gouvernement se refuse à exploiter des images atroces par respect pour les victimes.

A chacun son éthique.

Les Israéliens privilégient la vie et n’utilisent pas d’image macabre à des fins propagandistes.

Mais comme les autres morts d’enfants palestiniens, celles des enfants israéliens n’en existent pas moins.

Des Mohamed et des David meurent dans cette tragédie. Et l’on n’a pas le droit de faire silence, comme le fait Charb, sur les uns au profit des autres. Un être humain est un être humain.

On n’a pas davantage le droit de faire silence sur le cas des enfants palestiniens pris en otage par le Hamas pour aller faire sauter des bombes et se sacrifier, pour servir de bouclier humain à des lâches, pour servir de chair à canon.

On n’a pas le droit de faire silence sur l’éducation à la haine qui leur est donnée dans les manuels scolaires reconnus par le gouvernement palestinien où le fait de tuer du Juif devient un acte sacré.

Le droit des enfants existe pour tous les enfants de l’humanité.

Autre « détail » : l’assertion de Charb selon laquelle « Israël mène une guerre illégitime contre le peuple palestinien » a de quoi laisser pantois. Il en va de même de celle qui énonce qu’ « Israël bafoue le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ». Le vote de l’O.N.U décidant du partage en novembre 1947 serait donc illégitime ? Qui a refusé la création d’un État Arabe palestinien à cette occasion ?

Depuis la création de l’État d’Israël, son droit de vivre en paix a été bafoué.

Un habitant israélien est privé lui aussi, pour reprendre la formulation de Charb évoquant la situation d’un Palestinien, de la « bête liberté qui consiste à aller chercher le pain sans se faire tuer » dans des attentats ou sous des tirs de roquettes. La pirouette rhétorique qui consiste à mettre face à face une entité supposée ou une essence, Israël, et le peuple palestinien n’a pas de sens.

Pour répondre encore mot pour mot à Charb, nous rappellerons que « [c]eux qui n’ont jamais vu un civil » israélien « tomber » en Israël « sous les balles » et les bombes palestiniennes sont frappés de cécité idéologique.

Charb regrette que le CRIF réclame une commission d’enquête sur l’affaire Al-Dura. Cette attitude est communautariste selon lui. Le CRIF aurait-il demandé que cette commission INDEPENDANTE soit composée exclusivement de sympathisants à l'égard d'Israël? Ce que nous pouvons regretter c’est que seul le CRIF réclame cette commission d’enquête.

Cette affaire concerne toute la France et de nombreux organismes, journalistes et citoyens devraient se joindre à cette demande pour établir l’exactitude d’une information donnée aux Français par les voies médiatiques reconnues et établies.

Par ailleurs, réclamer une commission d’enquête ne signifie pas mener l’enquête soi-même. Curieux raccourci que de penser que la commission réclamée par le CRIF serait forcément partiale.

L’on souhaiterait que tous les Français condamnent les exactions commises à l’encontre des Juifs français qui ont été considérés d’une manière primaire et stupide comme responsables de la mort du petit Mohamed à Gaza.

Fait qui à l’époque était considéré comme un événement universel et qui du jour où le doute est mis sur les circonstances de cette « mort » devient par la magie du verbe charbien un simple « fait divers à Gaza ».

Pour information, signalons à Charb, qui semble l’ignorer, que la commission d’enquête sur Sabra et Chatila a déjà eu lieu à l’initiative des Israéliens, bien que leur absence de participation directe y ait été formellement reconnue, que des milliers d’Israéliens se sont réunis pour protester contre ce massacre (on aimerait voir les mêmes foules en France se réunir pour protester contre les massacres au Darfour et on aurait aimé les voir dans les années 90 manifester contre le génocide au Rwanda).

Rappelons qu’il est clairement établi que ce sont des milices chrétiennes qui ont perpétré les massacres de Sabra et Chatila pour se venger de la tuerie de Damour et l’on aurait souhaité davantage de protestations lorsque le chef de la milice meurtrière libanaise Elie Hobeika est devenu ministre au Liban sans avoir jamais été jugé.

Rappelons encore que le père de Mohamed Al-Dura avait été soigné dans un hôpital israélien, qu’il a été ouvrier salarié et ami d’Israël. Voilà qui nuance l’appréhension des faits et justifie le questionnement pour les hommes et femmes de bonne volonté qui ne sont pas pétris de certitudes et enfermés dans leur passion idéologique.

La réalité reste complexe et il serait temps de cesser de voir la situation d’une manière puérile et manichéenne avec les gentils Palestiniens d’un côté et les méchants Israéliens de l’autre.

L’heure est à la recherche de solutions viables pour les deux peuples et si cela est trop difficile pour des journalistes dont ce n’est pas le métier d’envisager et de prendre des décisions politiques, tout au moins le lecteur serait-il en droit d’attendre une information ni partielle ni partiale.

Annick Azerhad © Primo, 24 Août 2008

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Published by Dave - dans Israël
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