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13 septembre 2008 6 13 /09 /septembre /2008 06:30

La France anti-Bush, ce bel effet de la pensée unique, plébiscite Barack Obama. Pourtant, cette semaine, John McCain devance le sémillant patricien dans les sondages. La désignation d’une mère de cinq enfants, Sarah Palin, 44 ans, comme colistière du vieux guerrier couturé a donné un coup de jeune à la révolution conservatrice entamée il y a près de trente ans avec Ronald Reagan. À ceux qui prophétisent l’épuisement de ce cycle, son apparent renouveau apporte un premier démenti.

 Cependant, la combativité de Palin ne suffit pas à expliquer la progression de McCain. Sa propre vision du monde trouve aussi une adhésion populaire. " Levez-vous pour défendre notre pays de ses ennemis (…) Battez-vous à mes côtés ! ", a-t-il lancé à St Paul (Minnesota). S’il n’a pas prononcé son nom, il a remercié le "président de nous avoir dirigés au cours des jours sombres qui ont suivi la pire attaque de notre histoire sur le sol américain". C’est ce rappel d’un monde dangereux, décrit par George W. Bush après le 11 septembre 2001, qui pourrait amener un autre républicain à la Maison-Blanche, malgré la prétendue déroute des néoconservateurs. Et c’est cette même réalité conflictuelle qui, de la Russie revancharde aux djihadistes rêvant d’humilier l’Occident, commence à s’imposer à une Europe qui croyait que son pacifisme ne lui vaudrait jamais d’ennemis. Le souffle de la guerre réveille les consciences.

L’instabilité planétaire donne plus de crédibilité à McCain qu’à Obama, malgré le virage à droite du démocrate devenu défenseur de la peine de mort pour les violeurs d’enfants ou du port d’armes. Sa couleur de peau, son histoire, son brio ne suffisent plus à masquer l’imprécision de ses idées et le flou de son autoportrait en "citoyen du monde". Est-ce cet homme qui aime rappeler ses origines multiples, au point de parler de " sa foi musulmane" dans un récent lapsus, qu’attendent les Américains ? Peut-être vient-il trop tôt, s’il doit venir.

L’engouement pour Obama, partagé par 80 % des Français, témoigne d’un idéal pour un monde métissé, solidaire, pacifié. François Bayrou voit d’ailleurs un créneau dans cet "humanisme" de livre d’images. Cependant, la remontée de McCain, épaulé par une plébéienne qui se compare à "un pitbull avec du rouge à lèvres" témoigne également du désir de protection des peuples. L’utopie incarnée par l’élitiste démocrate pourrait ne pas suffire à le faire élire, le 4 novembre.


Où sont les guerriers?
Forcément, la droite française n’a d’yeux que pour la star de la gauche américaine. Or elle devrait regarder les raisons du décollage de McCain. "Obama, c’est mon copain", déclare Nicolas Sarkozy. "Je me sens plus proche des valeurs qu’(il) incarne", ajoute Laurent Wauquiez, secrétaire d’État, qui a participé à la convention du Parti démocrate. Il n’est venu à l’idée d’aucun UMP, sauf erreur (1), de se rendre à la convention républicaine. Pourtant la révolution conservatrice se laisse voir aussi dans une France soucieuse de ses racines et de ses valeurs. La déroute du PS n’est pas étrangère à ce phénomène qui lui échappe. La réprobation qui a accueilli la publication, par Paris Match, des photos de talibans exhibant les dépouilles de nos soldats tués, ou les indignations que suscitent les empiétements de l’islam sur la laïcité, peuvent être vues comme des résistances au relativisme d’hier.

Pareillement, le pacifisme mou de la France antiguerre et antibu shiste découvre les dangers que fait courir sa propre faiblesse, face aux unilatérales démonstrations de force d’ex-kagébistes russes et d’islamistes de la Reconquista. Derrière le monde irénique vanté par les faux gentils, toujours prêts aux accommodements, apparaissent les brutalités de ceux qui n’ont jamais compris que le rapport de forces. L’Europe bonne fille, qui réduit benoîtement ses budgets militaires, saura-t-elle résister longtemps aux provocations d’une Russie surarmée, qui a exclu mercredi l’envoi d’observateurs dans les républiques séparatistes de Géorgie, contredisant ainsi Nicolas Sarkozy ? La guerre soude l’Union européenne. Mais où sont les guerriers?


Benoît XVI à Paris
Le retour du religieux n’est pas le moindre des phénomènes qui accompagne cette révolution culturelle. La visite qu’entame aujourd’hui Benoît XVI, à Paris puis à Lourdes, rappelle que la France laïque, en quête d’identité, n’a pas renoncé à ses racines chrétiennes. La renaissance du Collège des Bernardins, où le Pape adressera son premier message cet après-midi, est symbolique d’une Église ayant décidé de se ressaisir en renouant avec son passé intellectuel. Construit à Paris au XIIIe siècle, cet édifice cistercien fut dès l’origine le lieu de réflexion et de recherche qu’il est à nouveau aujourd’hui, après avoir été détourné de sa vocation depuis la Révolution. Une résurrection, en somme.


Les complotistes du 11 Septembre
Sept ans après le 11 Septembre, les théories du complot "américano-sioniste" ne cessent de s’auto-alimenter par la rumeur et la propagande. Cette fois, c’est le comique Jean-Marie Bigard qui a soutenu qu’un missile américain avait détruit le Pentagone, et non un avion détourné. Mardi, il a "demandé pardon à tout le monde" pour cette sottise. Mais pour les révisionnistes, il est devenu victime du politiquement correct…

 

(1) On me précise, ce vendredi après-midi, qu'il y avait tout de même trois députés UMP: Marc le Fur (Côtes d'Armor), Loïc Bouvard  (Morbihan) et Jacques Remiller (Isère).
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