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19 septembre 2008 5 19 /09 /septembre /2008 06:37
La sortie récente et le triomphe du film Iron Man (plus de 550 millions de dollars sur toute la planète et des entrées supérieures à Indiana Jones aux USA) ont remis sous les projecteurs ce super héros peu connu chez nous, sauf bien sûr des lecteurs de Strange et des publications Marvel.

Du coup Marvel France a eu la très bonne idée de rééditer les deux premières années du Vengeur doré dans une édition intégrale. Au départ, Iron Man n’avait pas sa propre série, mais était publié dans Tales of Suspens, et ses épisodes faisaient entre 10 et 13 pages.

Se replonger dans ces vieilles aventures où le héros avait encore sa vieille armure style Michelin permet, outre redécouvrir des images bien naïves par rapport aux standards actuels, de se rappeler qu’Iron Man a toujours été un comics très politisé.

Qu’on en juge. Si dans le film, Anthony Stark devient Iron Man en Afghanistan, dans les années 60, l’ennemi n’est pas l’islamisme mais le communisme.

C’est donc au Vietnam que Stark, vendeur d’armes, tombe aux mains d’odieux vietcongs et va développer son armure en compagnie d’un savant venu, bien entendu, du Sud Vietnam.

Si le vengeur parvient à vaincre son ennemi, il devra continuer à combattre le communisme de retour aux USA. Les noms des supers vilains sont éloquents comme le Barbare rouge, sorte de super espion sans foi ni loi, cruel, rustre (il mange sa viande comme un Cro-Magnon) et amoral !!

Lors des présentations du personnage, dans les premiers épisodes, on nous rappelle bien que Stark lutte en tant qu’industriel de l’armement pour que les USA gardent leur supériorité militaire sur le bloc de l’Est et qu’Iron Man lui défend le pays contre la menace communiste.

Ce manichéisme étonnera sans doute ceux qui sont habitués à des scénarios plus complexes et plus subtils, mais cette intégrale montre à quel point l’Amérique des années 60 n’avait pas peur de nommer ces ennemis. D’autres séries comme Hulk feront également dans l’anticommunisme primaire, et il faudra attendre les années 70 et la critique de la guerre du Vietnam, dans un épisode mémorable de Spider-Man, pour voir Marvel se détacher de la pensée gouvernementale.

À l’heure où Iron Man est redevenu un personnage ambigu, autoritaire et adepte de la manière forte (dans la série Civil War, il oblige ses collègues super héros à se mettre au service du gouvernement et à dévoiler leur identité secrète, les réfractaires sont traqués par ses soins et envoyés dans une prison située dans une autre dimension), il est bien de se plonger dans une époque où le Comics se voulait, peut être plus que maintenant, le reflet de la société.

Pour 25 euros, tous ceux qui pensent que le communisme est l’une des pires inventions de l’humanité prendront plaisir à voir le vengeur doré botter le cul des vilains cocos. Les autres pourront toujours se défouler en se disant que les yankees ne respectent rien.
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commentaires

D
Le plus fou, c'est qu'en 97, quand Le livre noir du communisme est sorti, Stéphane Courtois (qui a coordonné le bouquin) s'est fait traîner dans la beau par une bonne partie de la presse. Ce qui en dit long sur l'aveuglement collectif de ce pays.Pour Terminator, j'avais lu que l'armée US avait expérimenté des sortes de robots armés en Irak. 
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D
Actuellement je lis " Le livre noir du communisme" c'est effarant de voir que cette idéologie soit encore toléré.Je savais ce systhème criminel,mais pas à ce point.Dommage que Iron man, Terminator et les 4 fantastiques soient du cinoche. Je les auraient bien vu faire la fête aux talibans et aux cocos.D.J
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