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25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 06:29

La liberté (virtuelle) d’expression

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Michel Garroté      Vendredi 24 avril 2009      Notre société virtuelle,  avec ses médias et avec son Internet, nous accorde certes la liberté d’expression ;  mais à condition que nous nous taisions.  C’est du reste - peut-être - ainsi que les historiens définiront ce curieux début de 21e siècle,  début décidemment très virtuel,  que nous expérimentons,  jour après jour. Après avoir passé un mois en Amérique du Sud,  je dois avouer que la dimension virtuelle de notre société me laisse songeur.  J’en avais bien entendu conscience auparavant,  mais depuis mon retour en Europe,  le virtuel m’inquiète encore davantage.

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Les commentaires de presse sur la conférence soi-disant antiraciste de « Durban II » à Genève,  conférence qui a débuté le jour où j’ai repris le travail,  ces commentaires de presse ont témoigné - une fois de plus - de cette absurde liberté virtuelle d’expression.  Ainsi,  personne ou presque n’a relevé que si la France et l'Angleterre ont refusé de se joindre au légitime boycott de cette abjecte conférence,  c’est parce que la France et l'Angleterre ont la trouille de leurs banlieues islamiques ;  et parce que la France et l'Angleterre ont d’abord songé à leur business dans le monde arabo-pétrolier.  Personne ou presque n’a relevé que les délégations jordanienne et marocaine ont quitté la salle avec les pays européens lorsque Ahmadinejad a prononcé ses versets sataniques.  Personne ou presque n’a relevé que cette conférence est l’oeuvre de violeurs systématiques des droits de l'homme,  tels l'Iran et la Libye.  Personne ou presque n’a relevé que les musulmans (et leurs alliés,  notamment cubain et vénézuélien) ont chaudement applaudi les versets sataniques d’Ahmadinejad.

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Mais qu’est ce que le virtuel au fond ?  Le virtuel qualifie ce qui est certes en puissance,  mais souvent sans effet réel.  Le virtuel qualifie ce qui est possible,  mais sans être forcément réel.  Dans le domaine de la liberté d’expression,  on doit distinguer l'intention virtuelle de l'intention réelle.  L’intention virtuelle ne suffit pas pour accomplir l’intention réelle.  Parce que ce que dit quelqu’un virtuellement est indépendant de ce qu'il pense et de ce qu’il fait réellement,  à chaque fois qu'il ouvre la bouche.  Vu sous cet angle,  le virtuel a toujours existé.  Mais de nos jours le virtuel a une fâcheuse tendance à envahir tout l’espace,  à remplacer toute action réelle.  Et il en résulte que nous sommes libres de nous exprimer,  mais à condition de nous taire.  Car quiconque ouvre la bouche est instantanément et automatiquement jugé pour ce qu’il a dit,  pour ce qu’il a virtuellement dit.

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D’un côté,  il est vrai,  être jugé pour ce qu’on a dit,  c’est une bonne chose.  Par exemple,  lorsque l’actuel président de la République française assène,  chaque jour,  son idée virtuelle du jour,  il est sain et il est bon que l’on puisse qualifier cela,  chaque jour,  de fanfaronnade.  D’un autre côté,  c’est aussi une mauvaise chose.  Car si quiconque osant ouvrir la bouche, est instantanément et automatiquement jugé pour ce qu’il dit,  alors il n’y a plus de valeurs réelles,  seulement des valeurs virtuelles.  Il n’y a plus que le jugement et la condamnation, par les uns,  de tout ce que disent,  les autres.  De ce fait,  hélas,  nombre d’intervenants publics parlent - uniquement - en fonction de ce que les autres ont dit hier,  et en fonction de ce que les autres vont dire demain.  C’est ce qu’accomplit notamment l’actuel président de la République française.  Et c’est ce qui fait de lui un président virtuel.  Un président que les médias - hors de France – taxent régulièrement de fanfaron.

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Or,  si le virtuel remplace tout le reste,  et si au nom de ce virtuel,  quiconque ose ouvrir la bouche de façon atypique est instantanément et automatiquement jugé (à tors ou à raison) pour ce qu’il a dit,  alors il n’y a plus de liberté d’expression.  Et,  à part Sarkozy bien sûr,  plus personne ne va vouloir continuer à ouvrir la bouche indéfiniment ou à écrire indéfiniment. Seul sera libre de s’exprimer celui qui se taira (à part le continu Sarkozy qu’on n’a toujours pas débranché).  Il est naturel que celui qui parle chaque jour (par exemple Sarkozy) soit tourné - chaque jour - en dérision.  Il n’est,  en revanche,  pas naturel du tout,  que n’importe quel malade noctambule et oisif,  se sente appelé,  à commenter,  tout ce que les autres disent et écrivent.

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Quiconque,  par son comportement,  vit dans le mensonge,  dans la contradiction ou dans l’imposture,  s’expose,  à ce qu’un jour,  son comportement rentre dans le domaine public. Cela fait partie de la liberté d’expression et de la liberté tout court.  Mais commenter ce qu’un tel a commenté,  à propos de tel commentaire,  effectué par tel autre,  cela n’est pas de la liberté d’expression.

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Cela n’est plus qu’un cirque virtuel,  où n’importe qui peut dire et écrire tout et n’importe quoi,  sans aucune compétence,  et dans des proportions obsessionnelles et conspirasionnistes hallucinantes (avec les ridicules thèses du « complot »).  Proportions obsessionnelles et conspirasionnistes hallucinantes qui relèvent,  non pas du travail des idées,  mais d’une pathologie neuropsychiatrique aiguë ;  une pathologie qui a pris ses quartiers notamment sur les alter-blogues ;  et aussi dans certains trolls (trolls postés la nuit,  mais supprimés par les webmasters dès le lendemain matin,  et donc trolls lus par personne,  excepté leurs tristes « auteurs »).

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Je note,  pour conclure sur une note positive,  que rebelles.info,  drzz.info,  monde-info,  upjf.org,  juif.org , la pensée néoconservatrice, et quelques autres,  donnent la parole,  à celles et ceux qui savent distinguer liberté d’expression et liberté virtuelle d’expression,  tels Guy Millière,  François Celier et Ivan Rioufol entre autres.  Il est vrai que généralement sur Internet le débat reste au niveau des cloaques.  Il n’en demeure pas moins que les blogues cités plus haut transmettent une forme de pensée et d’expression qui participe - encore et pour l’instant - d’une certaine culture. C’est là un antidote salutaire contre « la virtuelle dictature de la réelle médiocrité ».

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commentaires

Claurila 28/04/2009 00:07


http://ezralevant.com/2009/04/why-did-the-jewish-congress-bu.html
Why did the Jewish Congress build up the Nazi Party?
By Ezra Levant on April 27, 2009



In my book, Shakedown,  I briefly mention the bizarre history  of Canadian "human rights" organizations  propping up anti-Semitic groups  -- including that the Canadian Jewish Congress helped build up the "Canadian Nazi Party"  in the 1960s.
That elicited this letter to the editor  of the Ottawa Citizen last week, written by Bernie "Burny" Farber and signed by Rabbi Reuven Bulka of the Canadian Jewish Congress:
Ezra Levant and the Canadian Jewish Congress have not always seen eye to eye. Nonetheless, his book Shakedown does open the door to a potentially serious debate on human rights law. The debate would have more hope for success were Levant to recognize that he has taken certain liberties with some facts. Should the book go into a second edition, I am hopeful that Levant will address the concerns raised by Citizen writer Andrew Potter in his generally positive review. Potter states that
"Of more concern is that clarity, fairness and perhaps even accuracy are often sacrificed in the greater service of the author's polemical objectives."
Mr. Potter cites Levant's claim,  based on an article printed in Maclean's magazine at that time, that in 1966 the Canadian Jewish Congress helped fund the fledgling Canadian Nazi Party.  Potter correctly points out  that the only "bankrolling" expended by a private detective  hired by the Congress  to expose the Nazi group  was money put out to purchase a bottle of rum.  Between "rum" and "bankrolling"  is more than a nuanced difference. It is the difference between accuracy and fiction. Hopefully Mr. Levant will see fit to correct this for future editions. Rabbi Reuven Bulka
Nice try. I suppose I should be happy  that the CJC  has moved away  from censoring their political opponents  with "hate speech" charges,  and now merely write letters to the editor  like normal people. But Rabbi Bulka  shouldn't trust Burny's revisionist history.  Here's why -- as written in my reply in today's Citizen:
In 1965 and 1966,  the Canadian Jewish Congress  helped organize the fledgling Canadian Nazi Party.  That sounds crazy,  but it's true,  and I wrote about it in Shakedown, my new book about Canada's human rights commissions. In a letter to the editor in the Citizen last week,  the CJC's current co-president,  Rabbi Reuven Bulka,  called my book's description of the CJC's role  "fiction."  He said all the CJC did for the Nazis  was buy them  a bottle of rum. It's true that the CJC did buy drinks for Nazis  in the 1960s.  That's pretty strange in itself, and I'd like to hear more of Rabbi Bulka's thoughts  on spending Jewish charitable donations that way.  But the CJC did a lot more than that:  they hired an ex-cop named John Garrity  to go to work  for the Canadian Nazi Party. Garrity helped organize that rag-tag band of losers,  though they never amounted to anything  except for fodder for the press. There were only a dozen active Nazis  when Garrity joined them  and they weren't really a political party.  He called them "harmless misfits,"  and they were  -- their leader, John Beattie,  was a nervous,  gaunt,  unemployed 24-year-old clerk   who spent much of his time dodging angry Jews who tried to beat him up.  (One of Garrity's jobs  was to help Beattie escape street fights.) Garrity brought more than just rum to the Nazis.  He brought with him  pretty much the only organizational talent  the group had.  They put him in charge of membership.  Garrity called himself the "Heinrich Himmler" of the party,  and a "Nazi leader for the Jewish Congress." I'd like Rabbi Bulka's thoughts on that, too. Of course,  Garrity helped his paymasters at the CJC, too,  giving them information about the names of party members and donors.  And when Garrity finally quit the Nazis,  he wrote a tell-all about his adventure in Maclean's magazine. Garrity larded that report  with personal insults  toward Beattie and the Nazis.  But he did acknowledge  that they had never done,  or even contemplated doing,  anything illegal.  All of the violence he witnessed  was directed at Beattie, usually by Jewish vigilantes.
"Sadly, it is the ... anti-Nazi extremists who, in their attempts to destroy Beattie, provide him with most of the publicity he craves. If it weren't for the riots and the assaults  and the public protest meetings  they hold,  there'd be no real news in Beattie,"
Garrity wrote. And that is the importance of this story  and why I put it in my book  about human rights commissions.  Beattie hadn't done anything illegal.  He was just a loser  who believed in a discredited ideology.  But the CJC wanted to bring in political censorship laws  and I believe they needed to build up the threat  to persuade Parliament to abridge Canada's freedom of speech. Garrity puffed up  a group of Nazi nobodies  into a national menace,  first through organizational support  and then through spectacular media publicity.  And, sure enough, Parliament enacted section 13 of the Canadian Human Rights Act,  which censors offensive speech. That's become a pattern.  Twenty years after the Canadian Nazi Party vanished, CSIS, Canada's spy agency,  inserted an operative named Grant Bristow  into another rag-tag racist group  called the Heritage Front. Unlike Garrity, Bristow didn't play second-fiddle. He became the boss, turning the Heritage Front into Canada's leading white supremacist group.  This time it wasn't just Jewish money  that was spent propping up neo-Nazis -- all taxpayers paid for it. Which brings us to the present day  -- and back to Rabbi Bulka  and the section 13 censorship law.  Canada's largest customer of section 13  is Richard Warman,  who has been the complainant  in all but two cases heard by the tribunal this decade.  The CJC was so impressed that they gave Warman an award. But, in a stunning human rights tribunal ruling last month, Warman himself  was rebuked for posting anti-Semitic comments on Stormfront,  a neo-Nazi website,  including a message calling Jews "scum."  Warman has stated  that he was attempting to gather information on real Nazis,  but the tribunal called his actions "disappointing and disturbing," and ruled that he risked encouraging more hateful messages himself. Warman's actions appalled the tribunal,  but apparently not the CJC.  Just as the CJC did with Garrity,  Nazi opponents continue to stir up neo-Nazi incidents  -- as if there aren't enough real threats to Jews as it is. Perhaps Rabbi Bulka can explain that one, too.
I'm pleased that the Citizen gave me so much room to reply.   In doing my research I found out a lot more about the CJC's role  in building up  the Nazi Party  -- one of the craziest stories I've ever come across.  I think it's fascinating from so many angles:  politically; religiously;  legally;  historically.   It really is stranger than fiction.  I think there's enough material there to form an entire book in itself -- especially when added to the CJC's discreditable conduct in the Grant Bristow affair,  and their ongoing,  unseemly relationship with Stormfront member  Richard Warman. Incredibly,  the CJC still stands by Warman  even after the Canadian Human Rights Tribunal condemned him  for his anti-Semitic propaganda.  You'd think that would be something the Jewish Congress  might care about.
My only quibble with the Citizen  is with the headline they put over the op-ed:  "Neo-Nazis are best simply ignored".  I don't believe that a nd that's not the message of my op-ed. It's a false dichotomy  to set up the only two alternatives  as "ignoring" Nazis, or doing what the CJC does (buildin

David 25/04/2009 18:41

c'est bô (clin d'oeil au clébard d'Obama ) la technologie !!

D.J 25/04/2009 16:53

Et me revoilà!!! Il sufisait de ne pas remplire la case "votre email"pour pouvoir faire passer mes commentaires.D.J

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