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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 09:15

Le pitch : alors que les Autobots, alliés aux humains dans la section militaire du NEST tentent de repousser de nouvelles attaques des Decepticons, le mystérieux Fallen cherche à localiser une arme inédite cachée sur Terre.

 

J’écrivais, il y a deux ans que Transformers n’était pas tout à fait un film personnel de Michael Bay et que si séquelle il y avait, elle se focaliserait bien plus sur l’aspect militaire et destructeur du concept. Je n’avais pas tort. Cette Revenge of the Fallen n’est pas qu’une orgie de destruction d’une incroyable tenue, c’est aussi, et surtout, une ode au courage, au sacrifice et aux valeurs de l’armée américaine. Et, cerise sur le gâteau, Bay en a profité pour crucifier la politique étrangère du nouveau président américain. Bref, un spectacle anti-politiquement correct au possible, dont la grossièreté est parfois du niveau d’un Bad Boys 2 (une autre séquelle que Bay avait totalement phagocytée pour y intégrer son cinéma et son sens de la « finesse ») et dont les artifices (ralentis en pagaille, musique martiale, filtres intensifs, avancée sur coucher de soleil) peuvent agacer mais un spectacle total, absolu et jouissif !! Bref, après un tour de chauffe sur les robots géants, Michael Bay est de retour et ça fait mal !!

 

Un technicien d’ILM estimait que ROTF était sans doute le film le plus complexe qu’il ait jamais conçu. En voyant le Devastator, un robot de plus de 30 mètres arracher le sommet de la pyramide de Chéops, lançant les pierres derrière lui tandis qu’un personnage clé tentent de  le détruire tout en évitant les débris, on ne peut qu’être d’accord avec lui. Et ce n’est qu’une scène parmi  d’autres. Il est clair que le mot d’ordre a été « surenchère ».

 

Alors bien sûr, ce toujours plus entraîne plus de robots différents (une cinquantaine), plus de péripéties et de paysages exotiques (la Jordanie, la Chine, l’Egypte) mais aussi toujours cette bonne dose d’humour parfois bien gras (la maman de Sam sur le campus, les vannes des deux robots jumeaux). On ne changera pas Michael Bay qui continue également à filmer son héroïne, la sublime Megan Fox, dans les tenues les plus courtes et cela sans aucun effet visuel. Pas de pédale douce non plus sur le politiquement incorrect ou sur les dialogues à double sens. Sans oublier la présence du génial John Torturro qui reprend ici son rôle d’allumé en y incluant encore plus de délire patriotique, de frénésie verbale et rageant d’avoir été mis au rencard par la nouvelle administration.

 

L’accent est mis également sur le corps à corps entre les différentes machines et sur les transformations, parfois trop fugitives dans le premier film. Ici, le métal broie le métal, les corps géants s’empoignent et se tordent sans souci d’épargner leur environnement. Le réalisateur s’en donne alors à cœur joie dans sa symphonie destructrice, le tout tournée avec des plans infernaux et des angles délirants. Quant à la caméra, inutile de dire qu’elle ne connaît pas le mot statique. Elle tourne autour des acteurs et des machines, use de la contre-plongée et suit à la trace la moindre balle ou le moindre moindre. Enfin, le style du réalisateur qui consiste à abuser de filtres et de ralentis est toujours de mise. Aucune retenue dans les scènes avec les militaires du NEST : on se croirait plus dans une publicité visant à enrôler de nouvelles recrues que dans un film pop-corn.

 

Mais au-delà de cette orgie de destruction et d’images toujours plus spectaculaires, on retiendra d’une part la performance de Shia Labeouf qui continue d’habiter totalement son personnage et qui, mine de rien, enchaîne désormais les blockbusters. Le jeune acteur prend ici conscience de son rôle dans le destin des Autobots et dans sa lutte contre le mal. Bay transforme l’ado un peu gauche en adulte responsable à travers de superbes scènes finales, notamment celles où il se tient aux côtés d’Optimus Prime et une autre, dont je tairai la teneur pour ne gâcher la surprise.

 

Et d’autre part, on notera l’énorme claque au président Obama. Qu’on en juge : au début du film, un conseiller du président (le dialogue insiste bien sur ce titre) vient expliquer à Optimus Prime que la guerre en cours sur Terre n’aurait sans doute pas lieu si les Autobots n’avaient demandé l’asile sur notre planète. Il leur enjoint d’envisager leur départ vers les étoiles. Optimus répond qu’il ne s’y opposera pas mais se pose la question « Que se passera-t-il si vous vous trompez ». Plus loin, ce même conseiller annonce aux Autobots et aux soldats du NEST que le nouveau gouvernement préfère l’option diplomatique à la guerre, qu’il est même prêt à livrer Sam aux Decepticon. Il est clair à ce moment-là  que le scénario, avalisé par Bay, décrit une administration américaine totalement à l’opposé de la doctrine Bush. Et le clou est enfoncé lorsque le Fallen envoie chercher Megatron. La vague de destruction est alors commentée par la télé qui précise bien que le président Obama a été mis à l’abri !!

 

Pour ceux qui n’auraient pas compris le message, Bay filme ses militaires comme de véritables icônes, des surhommes se battant aux côtés de robots racés sur fond de bannières étoilées. Et lors du générique final, les remerciements ne vont qu’à l’armée américaine. Quant à ceux qui s’étonnent de voir une production Spielberg, un démocrate, laisser passer de telles idées républicaines, on rappellera que le réalisateur d’Indy a milité pour Hillary Clinton, une « femme à poigne » dont le programme n’était pas très différent de celui de John McCain.

 

Le réalisateur affiche haut et fort ses idées, son admiration pour les « femmes et les hommes de l’US Army ». Une attitude quasi suicidaire à Hollywood et qui lui coûtera sans doute l’Oscar des effets visuels.

 

Au-delà de cet aspect politique assumé, Bay offre donc une séquelle totalement réussie et se garde la porte ouverte vers un troisième volet. Franchement, on peut se demander si on lui laissera continuer ainsi son entreprise de subversion. Si l’armée finance oui. Mais si Hollywood se rend compte qu’elle abrite une vipère en son sein, alors la situation risque de se compliquer pour l’un des meilleurs réalisateur du monde !!

(Critique originale sur Salla Obscursium Invocat

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Published by Dave - dans Cinéma
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commentaires

Iced Earth 06/08/2009 08:15

Oui le film est tres divertissant et évidement j'ai pris mon pied au moment où... enfin, vous voyez bien. Mais j'aimerais revenir sur ce que vous dites à propos de Clinton, vous avez vu juste.  Cette femme de poigne comme vous dites, ne ressemble pas à Obama contrairement à Reid, Pelosi ou Ted Kennedy. Madame Clinton semble même devenir un poid pour Obama qu'il ne veudrait plus à Washington. Hillary in 2012?Ted Kennedy said in his 1980 DNC concession speech that "the dream shall never die," for Hillary Clinton the dream is to be president of the United States and that dream may be revived much sooner than expected.
Where in the world are the Clintons? The answer is as far away from Washington and President Obama as possible. The former president is winding down a successful trip to North Korea --  having secured a pardon for two U.S. journalists held there. However, both President Clinton and the Obama communications team have repeatedly made clear that this was a private humanitarian mission,not one where he represents the current president in any way. 
Hillary Clinton has been dispatched on an 11 day trip to Africa, a region with severe humanitarian concerns that need to be addressed by the US, but not one that ranks in the top five of America's urgent foreign policy problems. 
With both Clintons out of the country, news agencies dubbed Tuesday, August 4, "Obama Day." -- Okay, it was also his birthday, but I cannot help but think that the Clintons are unhappy about being pushed away from the center of power, especially since both Bill and Hillary anticipated that theywould be them residing in the White House in August of 2009 and not the Obamas.
La suite ci-dessous.http://www.foxnews.com/opinion/2009/07/30/boris-epshteynhillary-obama/

David 03/08/2009 16:51

Dans la bande de Gaza, il devient problématique pour un homme de se baigner torse nu à la plage, pour les magasins de lingerie d'exhiber des mannequins en tenues affriolantes et pour un homme et une femme de se promener ensemble s'ils ne sont pas mariés.
Les organisations de défense des droits de l'homme dénoncent cette islamisation rampante mais le Hamas, qui a pris par la force le contrôle de l'étroite bande de terre surpeuplée en juin 2007 en défaisant les forces du président palestinien Mahmoud Abbas, nie toute intention d'imposer la charia.
Pourtant, à en croire les Gazaouis, des hommes portant la barbe et se présentant comme des fonctionnaires du ministère des Affaires religieuses se montrent zélés : ils conseillent aux gens de respecter les valeurs islamiques, de ne pas fumer et de respecter le code vestimentaire traditionnel.
"Des émissaires de la campagne pour la vertu du ministère des Affaires religieuses sont venus nous dire que nos mannequins, qui présentent des sous-vêtements, étaient une source de provocation et que, si nous ne les enlevions pas, ils les confisqueraient", se lamente Saoud al Rayes, un marchand de vêtements.
Malgré les dénégations du Hamas sur son intention d'appliquer la loi islamique, une récente décision du tribunal suprême du territoire imposant aux avocates de porter le voile islamique a jeté le trouble.
Ahmed Abou Khaled témoigne pour sa part que trois jeunes gens l'ont interpellé récemment alors qu'il s'apprêtait à se baigner torse nu sur une plage. Ils lui ont fait une leçon de morale islamique. "Ils étaient polis, mais j'ai bien senti qu'il n'y avait pas de place pour la discussion"
Taleb Abou Chaar, ministre des Affaires religieuses, évoque une campagne "culturelle et éducative" pour sensibiliser le public, sans pour autant lui forcer la main.
"Cette campagne est conforme à notre religion et à nos traditions. Nous percevons certains dangers menaçant la jeunesse et certaines dérives. Notre rôle est de conseiller et de mettre en garde les gens contre les mauvaises choses", dit-il.
MUSIQUE PAÏENNE
"Certains exagèrent la campagne dans l'intention d'accuser le gouvernement de susciter des craintes au sein de la population. Mais nous ne contraignons pas les gens à faire ce qu'ils n'aiment pas", a-t-il assuré à Reuters.
Des organisations de défense des droits de l'homme ont exprimé leur préoccupation à la suite de la décision de certains ministres du Hamas de vérifier si hommes et femmes qui se promènent ensemble dans les rues sont bel et bien mariés.
Khalil Abou Chammala, directeur de l'Association Ad Damir pour les droits de l'homme, dit avoir enregistré des plaintes de gens ainsi contrôlé par des policiers.
"La décision a été annulée lorsque certains dirigeants du Hamas se sont rendus compte qu'elle était impopulaire. Certaines personnalités du mouvement veulent imposer la loi islamique, d'autres pensent que ce n'est pas le bon moment et se préoccupent des réactions à l'extérieur."
Des prédicateurs du mouvement islamiste ont critiqué la mixité dans les camps de vacances pour jeunes, y compris ceux organisés par les Nations unies.
Nombreux sont les Gazaouis qui critiquent le Hamas pour ces efforts d'islamisation, mais certains radicaux estiment au contraire que le mouvement ne va pas assez loin dans cette voie.
Des groupes activistes s'en sont pris récemment à des cafés et à des symboles chrétiens dans le territoire. Une bombe a explosé ainsi lors d'une réception de mariage où la musique était jugée païenne, blessant une quarantaine de personnes.
Le Hamas, qui s'est toujours différencié de l'intégrisme à la façon d'Al Qaïda, a interpellé les responsables de cette attaque, qualifiés de "déviants".
Son dirigeant local, Ismaïl Haniyeh, qui passe pour un "modéré", a déclaré récemment lors d'un sermon que le Hamas ne laisserait pas les gens faire eux-mêmes la loi, "indépendamment de leurs bonnes intentions proclamées".
Version française Marc Delteil