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15 mars 2007 4 15 /03 /mars /2007 23:09
A la pointe de l'info de droite pour la première fois depuis bien longtemps, le Figaro vient de publier un extrait du livre de Besson. Interrogé ce soir sur France 2, Marie Bobo a fait dans la langue de bois habituel, estimant que Besson était quelqu'un de formidable (ou approchant, je n'ai plus le terme en tête). En attendant, voilà ce que Besson pense de Royal.
(source : Le Figaro)
Eric Besson règle ses comptes avec la candidate et « ne souhaite pas » son élection

Dans un livre, l’ancien secrétaire national à l’économie du PS accuse Royal de « populisme ».
« Je pense en conscience que Ségolène Royal ne doit pas devenir présidente de la République. Je ne le souhaite pas pour mon pays. Je le redoute pour mes enfants. » Eric Besson ne votera pas pour la candidate du PS « ni au premier ni au second tour de l’élection. Sauf évidemment si elle était opposée à Jean-Marie Le Pen. (…) On est sur une pente très dangereuse pour la France si elle gagne ». Dans Qui connaît Madame Royal ?, à paraître le 20 mars, dont Le Figaro s’est procuré une copie, le député de la Drôme dresse un portrait assassin de la candidate. Il y a un mois, il avait démissionné de ses fonctions pour protester contre l’organisation de la campagne. « Qui connaît M Besson ? », avait alors lancé Royal, avec un « mépris hautain », selon lui.

Dans ce livre d’entretiens, il décrit le « pouvoir ultra personnel » de Royal « sans contrôle aucun ». « Seule sa propre gloire la motive. Elle use et abuse de démagogie ». Royal ne serait pas de gauche à ses yeux ? Besson parle de « populisme ». « Pour rester modéré », précise-t-il. On est en France, pas en Amérique latine, même si des ressemblances sont troublantes ». « Indigné » par les « jurys citoyens », il dénonce un discours anti-élites. « C’est sa martingale. Opposer les politiques et les Français, acclimater le poujadisme dans le discours de la gauche ».

Evoquant notamment le voyage en Chine de Royal, il juge que « l’absence de maîtrise de ses propos est la marque d’une incompétence qui est quand même très lourde ». Il dénonce aussi « l’amateurisme » de la candidate ou « l’archaïsme qui sous-tend sa pensée : une détestation sourde de la modernité, de la science, de la raison et du progrès ». Il pense notamment à la position de Royal sur le nucléaire.

Au PS, il était chargé du chiffrage du projet. « Jamais programme présidentiel, à gauche, n’a été inventé dans une telle imprécision, dans un tel secret. (…) Mon boulot, et celui du PS, ce n’était plus de construire mais de cacher cette réalité ». Il dénonce la logique de « cour » autour d’elle et ses décisions « arbitraires ». Mais elle n’est pas la seule accusée : « Elle est la conséquence de notre crise [au PS] même si elle l’a tragiquement aggravée ». Besson, qui dément être un « sarkozyste honteux », « ne reviendra jamais dans ce Parti socialiste là ».

(« Qui connaît Madame Royal ? » : Eric Besson, Grasset, 168 pages, 12,90€ )

Amusant de voir que tous ceux qui ont bossé avec Royal disent peu ou prou la même chose ?
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commentaires

D
Merci à Desert d'Avenir qui reproduit l'article ci dessous :

Eric Besson, voterez-vous Ségolène Royal à l'élection présidentielle ?



Non. Je ne voterai pas pour Ségolène Royal. Ni au premier ni au second tour de l'élection. Sauf, évidemment, si elle était opposée à Jean-Marie Le Pen.

Il y a quelques semaines, vous faisiez encore campagne pour elle…

Il y a quelques semaines, je n'étais pas encore libre. Et sans doute pas mûr dans ma tête. J'étais secrétaire national du Parti socialiste, chargé de l'économie. J'étais un camarade dirigeant, dévoué et travailleur , qu'on envoyait au front des médias pour défendre la cohérence d'un programme qui s'élaborait au gré des inspirations de la candidate ou de son entourage. Je faisais mon travail et je masquais mes doutes. J'étais dans une histoire, dans un parti pris de fidélité à mon parti et à la candidate qui avait été choisie. (…)

C'est l'homme blessé qui parle?

Non. Ce serait trop commode de s'en sortir comme ça. Si je suis avec vous aujourd'hui, si j'ai décidé de faire ce livre, ce n'est pas par vengeance, ou pour purger je ne sais quelle humiliation. Je le dis sans passion aucune, calmement mais fermement : ce que construit Ségolène Royal dans cette campagne présidentielle est mensonger et dangereux, pour la gauche et pour la France. Elle prétend porter une rénovation démocratique? En réalité, elle construit un pouvoir personnel. Elle attise la méfiance envers les élus et la démocratie représentative. Elle joue de sa victimisation, elle instrumentalise le féminisme, les souffrances des femmes et celles des exclus, pour asseoir son pouvoir. Elle promeut une démocratie participative qui n'est que mascarade. Elle fait croire aux citoyens qu'ils seront les inventeurs de son programme, les vrais héros de son aventure? Tout le monde sait que c'est faux. Seule sa propre gloire la motive. Elle use et abuse de démagogie. Elle prétend briser des tabous, mais elle ne fait qu'accompagner l'opinion dans ses pulsions majoritaires. Et quand elle rencontre une résistance, elle édulcore, se réfugie dans le flou, ne précise rien. Alors, tout est possible, tout peut arriver. Rien ne peut être débattu, discuté, argumenté, puisque rien n'est clair. A l'arrivée, c'est l'arbitraire, des décisions incompréhensibles, l'opinion flattée, distraite, amusée, et des catastrophes économiques programmées…

Vous exagérez…

Non. C'est vous qui ne réalisez pas. En janvier dernier, Ségolène Royal avait décidé, d'une phrase, de rayer tout notre avenir énergétique. Ça s'était fait dans une discrétion émouvante, au détour d'une lettre-réponse qu'elle envoyait à Nicolas Hulot : une lettre qu'un conseiller avait rédigée et qu'elle avait signée, comme ça ! D'un coup, elle s'engageait à amener la part des énergies renouvelables à 50% – et non plus 20%, notre engagement initial, déjà très ambitieux. De fait, elle tuait le nucléaire et elle hypothéquait notre avenir industriel… Et ce sans en avoir débattu, sans en avoir discuté, sans avoir argumenté, ne serait-ce qu'une fois, avec des industriels, des élus ou des experts – ou même, tout simplement, à la télévision par exemple, devant les Français! Non. C'était décidé, comme ça, à la sauvette!

Elle ne dit plus cela…

Exact. Elle est revenue à la position initiale du PS – on l'a appris soudain dans son discours-programme de Villepinte [le 11février], décision royale tombée d'en haut ! Mais, avant, cela a duré des semaines; des semaines de tractations internes, obscures, éreintantes, où j'ai eu l'impression d'évoluer dans les arcanes d'une cour d'Ancien Régime, entre favoris et conseillers! On y reviendra, j'insiste. Un autre jour, elle a expliqué au peuple qu'il faudrait choisir entre un porte-avions nucléaire et le budget de l'éducation nationale! Comme si on pouvait, décemment, mettre en balance, opposer la défense nationale et l'éducation… Démagogie pure. Enterrement délibéré de toute notre culture de gouvernement. Et je ne vous parle pas, pas encore, de l'archaïsme qui sous-tend sa pensée : une détestation sourde de la modernité, de la science, de la raison et du progrès…

Vous auriez pu vous entendre…

Mais la fausseté de la démarche était telle – est telle, continuellement – qu'elle obère tout. Ses propres valeurs, elle ne les tient pas. Vous vous souvenez des centres fermés et de l'encadrement militaire pour les jeunes délinquants ? Ce tabou brisé dont on avait tant parlé, au printemps dernier? Pouvez-vous me dire où en est cette proposition aujourd'hui? Aux dernières nouvelles, il s'agirait d'organiser des camps humanitaires pour jeunes délinquants en Afrique, encadrés par des soldats ou des gendarmes… Mais c'est une blague ? Le développement, je sais ce que c'est. L'Afrique, je connais ses besoins. Le tiers-monde, ce n'est pas un terrain de jeu pour petits Français à problèmes, qu'une politique rouée voudrait rééduquer de façon exotique. (…) Que des militaires viennent appuyer et accompagner le travail des éducateurs, cela ne me choque en rien. Mais toute une frange faussement humaniste de la gauche a été heurtée dans sa bonne conscience. Manque de chance, ces gens-là étaient précisément des partisans de Royal. Alors, elle a battu en retraite, émoussé sa doctrine, inventé quelque chose de poisseux et consensuel, donc de parfaitement indigne! Et c'est cela, la politique autrement?

Qu'est-ce qui vous a réveillé?

Le hasard, ou la chance. On n'a pas toujours l'occasion de redevenir libre. Pour moi, c'est un événement fortuit qui en a entraîné un autre, puis un autre. Un agacement d'un moment, qui a provoqué des blessures puis une rupture. Et qui m'a ouvert les yeux… Ça commence à Villepinte, où Ségolène Royal a présenté son programme. Les fameuses 100propositions, que l'immense sagesse des débats participatifs avait inspirées… Vaste blague, évidemment, puisque tout s'est décidé entre Ségolène et ses conseillers, dans l'opacité la plus insupportable, à l'insu même des dirigeants du PS ! (…)

Racontez Villepinte…

Quand j'entre dans la salle, François Hollande est en train de faire un numéro d'anthologie sur le droit opposable et ses variantes : droit opposable au logement, aux crèches, aux maisons de retraite… Il se moque des propositions de Nicolas Sarkozy, sur le fond, mais avec une verve comique épatante. C'est pour ces moments-là que j'ai aimé François Hollande… Le seul problème est que nous pourrions nous-mêmes, socialistes, être la cible de ses moqueries. Le droit opposable au logement, dont François est en train de se moquer, il est dans notre programme…

Hollande ne connaît pas son programme ?

Disons qu'il avait eu un trou de mémoire… Ou, comme tous les grands acteurs, il n'avait pas voulu se priver d'une belle réplique…

Dont acte. Et ensuite ?

A midi, on se retrouve autour d'un buffet froid. Il y a quelques secrétaires nationaux, quelques artistes, les familles des nouveaux seigneurs – les écuyers de la candidate… Au milieu de ce brouhaha, Jean-Louis Bianco, le directeur de sa campagne, se lève et égrène les propositions que va donner la candidate dans l'après-midi. Tout ça dans un joyeux désordre organisé. J'essaie de capter ce qu'elle va annoncer. Je m'aperçois que ça va charger la barque en termes de dépenses. Je comprends qu'il va falloir revoir notre chiffrage. Et je réalise, également, que François Hollande, compagnon de la candidate et premier secrétaire du PS, découvre visiblement les propositions en même temps que moi! Plus tard, pendant le discours de Ségolène, je verrai que Bianco lui-même sera pris au dépourvu, quand sa candidate modifiera son texte, à l'inspiration du moment. Deux ou trois fois, je vais me tourner vers Jean-Louis pour lui faire un petit signe d'un air de dire : "Ce n'est pas ce que tu m'as dit." Il me fait un autre petit signe d'un air de dire : "Oui, mon vieux, ce sont les charmes du métier. Je n'y suis pour rien." Je vous résume. Pouvoir personnel de fait, affaiblissement des élus et des contre-pouvoirs, diabolisation morale de ceux qui s'opposent au bien… C'est quoi politiquement? Ce n'est pas de la gauche… Je sais. Dites "populisme", pour rester modéré. On est en France, pas en Amérique latine, même si certaines ressemblances sont troublantes… Si elle l'emporte, elle devra gouverner. La raison l'emportera… Si elle gagne, je plains son premier ministre. Il devra appliquer une politique imprécise, sous l'égide d'une présidente invitant au culte de la personnalité, tournant le dos à toute l'histoire de la gauche progressiste… Je ne sais pas où cela mènera. Je pense qu'on est sur une pente très dangereuse pour la France, si elle gagne.

Et si elle perd?

Si elle perd, le PS, qui aura abandonné ses principes et son identité pour une illusion, sera une nouvelle fois en crise majeure. J'en serai triste, au moins pour tous les militants, que j'aime et respecte, et pour tous ceux qui placent leurs espoirs dans le parti. Mais je préfère voir le PS obligé d'opérer enfin sa mue et devenir un parti réformiste assumé, plutôt que de risquer l'embolie de mon pays.
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V
Besson a le mérite d'être clair! Et cela jouera en défaveur de Royalties, j'en suis sûr
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D
Personne ? On verra bien dans les prochaines semaines.

Mais je connais pas mal de gens à gauche (hé oui), des Fabusiens notamment, qui s'interessent de très près à ce qu'allait écrire Besson.

Parce qu'ils sont en train de vivre ce qu'ils avaient prévu lors des primaires à savoir une campagne PS calamiteuse, axée uniquement sur la démagogie et le "coup" politique, sans aucune vision réelle. Un jour je te rappelle les éléphants, un jour je les rends responsable de mon échec, un jour je reprends ma liberté.

Quand à son attitude avec Bayrou, sachant qu'elle n'a que très peu de réserve de voix sur sa gauche, elle devrait un peu moins l'attaquer, style Il n'a pas de programme. Quoique, sur ce point, elle s'y connait !!
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A
qui se soucie encore de ce que peuvent penser ces 3 personnes à par la droite ? personne..
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R
Toujours à la pointe de l'actualité David !!!
Ca c'est du scoop !!! avec de telles critiques, nous devrions rapidment être débarrassés d'elle ... enfin espérons, cette femme est vraiment un danger pour la France. Ce qui est aussi a souligner, c'est qu'on retrouve à peu près les mêmes critiques de la part de toutes les personnes qui ont travaillé avec elle, que ce soit Claude Allègre, Evelyne Pathouot ou Eric Besson, bizarre non ?
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