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18 avril 2007 3 18 /04 /avril /2007 13:23
Guy Millière est l'un de nos sages. Son avis nous importe donc. Et il rejoint quelque peu le notre. Logique donc que je reproduise , tout en le commentant, son billet de ce mercredi 18 avril. Car , dans 5 jours , nous votons. Et il est impératif que la gauche , qu'elle soit royale ou béarnaise , ne revienne pas au pouvoir.

Il n'est incontestablement pas facile pour un libéral de faire son choix lors des élections présidentielles. Les candidats socialistes de diverses obédiences abondent, la défense de la liberté d'entreprendre, des droits de l'être humain, des opportunités offertes par la mondialisation est quasiment aux abonnés absents.

Les responsables de cette situation sont nombreux : on pourrait évoquer ces entrepreneurs qui ne soutiennent pas le combat des idées, et qui ne doivent pas s'étonner, en ces conditions, si entreprendre en France est de plus en plus difficile. On pourrait évoquer la sous-information de la population par des journalistes dont seule une minorité comprend quelque chose à l'économie.

On pourrait parler du fait que l'enseignement, l'édition, la culture ont été abandonnés aux ennemis de la liberté. Si Pascal Salin vient de publier un excellent livre sur lequel je reviendrai, les livres de qualité ne sont pas légion dans les librairies. Claude Allègre vient de publier lui-même un ouvrage courageux sur l'environnement, et j'en traiterai aussi, mais son ouvrage sera noyé sous le torrent des imbécillités écologistes.

(Claude Allègre vient d'écrire Ma vérité sur la planète. Voici quelques thèmes abordés :Une fois encore, nécessité oblige, Claude Allègre remet les pendules à l'heure car, s'il est inopportun pour l'avenir de notre société d'accorder le moindre crédit aux marchands d'illusions, il est tout aussi urgent de mettre un frein aux pleurnicheries écologiques. En bon pédagogue, après avoir fustigé, il nous propose un calendrier de propositions. Parmi celles-ci: développons les OGM qui permettront aux plantes de résister à la pénurie d'eau et d'éviter les engrais ; reconquérons la biodiversité dans nos rivières et nos forêts ; encourageons une architecture économique combinant énergie solaire, pompe à chaleur et domotique ; imposons la voiture hybride ou électrique ; accélérons l'utilisation des piles à hydrogène. Vive l'écologie moteur de la croissance ! A bas l'écologie de la peur et du déclin ! Ca change du écologiquement correct, non ??)

Faute de pouvoir choisir le meilleur candidat, il reste à choisir le moins pire. C'est selon cette logique que j'ai dit que je voterai Sarkozy. Je voudrais ajouter ici un élément supplémentaire qui me conforte dans ma décision.
Dans un contexte de campagne électorale, les critiques, les invectives, les propos de mauvaise foi peuvent pleuvoir. Mais lorsqu'il s'agit de Nicolas Sarkozy, les limites de la décence se trouvent vite atteintes.

Sur un site « de gauche », on peut voir des bandes vidéo où alternent appels à la violence et à l'émeute, et fantasmes consternants sur les conséquences d'un supplément d'ouverture aux règles les plus élémentaires du marché : tous mis à la porte par de méchants patrons, tous chômeurs réduits à la misère.

(Rappelons que Royal fait miroiter la menace d'un soulèvement des banlieues si elle n'est pas élue )

Sur un autre site, censé être situé « très à droite », Sarkozy est présenté comme le candidat des États-Unis et d'Israël, et les allusions aux origines étrangères, pour partie juives, de l'intéressé ne manquent pas. On ne croirait revenu au temps vomitif de « Je suis partout ». Et, comme à l'époque de « Je suis partout », on peut voir se dessiner des liens derrière lesquels on devine aisément l'haleine puante du monstre rouge-brun. Une droite extrême s'allie aisément avec une gauche extrême, et il suffit d'un clic d'ordinateur pour passer de l'une à l'autre. Dis-moi qui tu hais, et je te dirai qui tu es, pourrais-je écrire, en reprenant une vieille phrase. Je vois là, c'est clair, une convergence d'exécrations envers ce que Karl Popper appelait la société ouverte.

(Jacques Attali a été le seul, sur son blog, a défendre Sarkozy face aux attaques racistes de Le Pen sur son origine hongroise. Aucun des 10 autres candidats ne l'a fait. De là à dire que les 10 autres candidats détestent les hongrois , il y a un pas que je franchis allègrement)

Je vois là les souvenances de ce qui a pu conduire des socialistes, il y a soixante ans, à se convertir au national-socialisme en ayant peu à changer dans leur discours. Je vois là une rancoeur antisémite qui autrefois a pu permettre à Hitler et Staline de se rapprocher et de se trouver des points communs. Je vois là, symboliquement, l'Amérique invoquée comme la figure emblématique de ce que ces gens-là détestent : le capitalisme, l'entreprise, le métissage, la souveraineté de l'individu sur sa propre vie.

Je vote Sarkozy par défaut, mais les ennemis de Sarkozy me renforcent dans ma décision, car ce sont aussi mes ennemis, et parce qu'ils incarnent tout ce qui me semble répugnant. Ils incarnent aussi ce qui me semble être, pour le coup, le pire absolu et l'absence d'avenir.

(Moi aussi, je vote par défaut. Tous se prononcent contre Sarko. Moi je suis contre les contre-Sarko)

Si la France doit survivre, ce sera en tournant le dos au racisme, à l'antisémitisme, à l'antiaméricanisme, à l'antilibéralisme. Ce sera en comprenant que le futur est à la création, à l'ouverture, au marché planétaire, à l'audace, à ce que la civilisation occidentale a produit de meilleur et a projeté vers l'universel telle une promesse pour tous les hommes, quelle que soit leur origine ethnique, leur couleur de peau, leur religion.

Si la France doit survivre, ce sera en tournant le dos au socialisme, au nationalisme étroit, à l'esprit d'envie et de rigidité.
Une victoire de Sarkozy sera une victoire face au pire. Il restera à voir, ensuite, comment avancer vers le meilleur. Il y aura, pour cela des livres, tels ceux de Salin ou d'Allègre.
Il y aura le travail des instituts tels que l'Aleps de Jacques Garello ou l'Institut Turgot. Il restera à faire comprendre aux entrepreneurs, plus largement, l'importance du travail des idées. Je ne veux pas désespérer.

(Qu'ajouter à tout ce bon sens ? Merci Mr Millière)

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commentaires

R
Au départ, je n'étais pas forcément pro-Sarkozy non plus, mais comme toi, plus j'entends d'attaques à son encontre de la part de la gauche, plus j'ai envie de voter pour lui.J'attends ton article sur les Royal avec impatience ;-)
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I
Ben rien à ajouté , Milliere a raison c'est tout
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S
    Bon sens, avec un chouille de très grosse mauvaise fois tout de même, non ?
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