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3 mai 2007 4 03 /05 /mai /2007 05:58
Rico, du blog La face cachée de Ségo a fait une excellente analyse du débat. Je vous la livre ici en sus de mes impressions personnelles :

21h00 : Début du débat, c'est Nicolas Sarkozy qui a été tiré au sort pour démarrer, c'est donc Mme Roayl qui aura l'avantage de conclure.

21h10 : Sarkozy profite d'une brèche pour mettre sur la table la réduction de la dette, Royal répond à coté de la plaque comme d'habitude ... elle annonce qu'il n'y a pas assez de policiers, Sarkozy lui demande pourquoi le groupe socialiste n'a pas voté l'augmentation de leur nombre à l'assemblée, encore une réponse à coté de la plaque ...

21h25 : Royal estime que si la croissance dépasse 2,5%, elle affectera le surplus à la diminution de la dette, si la croissance est au dessous ??? et bien la dette ne diminuera pas ... il fallait y penser !

21h30 : Sarkozy demande à Royal de ne pas aborder tous les sujets en même temps, au risque de tous les survoler ... Mme Royal n'apprécie pas du tout la remarque ...

21h35 : rateau magistral : Sarkozy parle de l'analyse de Rexecode qui classe son programme comme le meilleur économiquement et au niveau de la création d'emploi. Royal lui répond que c'est l'organisme du MEDEF (ce qui est faux d'ailleurs...) et Sarkozy lui réplique que le directeur de Rexecode a été nommé par Lionel Jospin. Visiblement, elle n'était pas au courant ... dommage pour elle !!!

21h50 : les 35h, Sarkozy propose de garder les la durée à 35h mais en permettant des heures supplémentaires payées à +25% au delà de 35h et +50% au delà de 39h. Royal popose des négotiations avec les partenaires sociaux, sans savoir surement, que pour signer un tel accord, il faut l'unanimité, donc quasiment impossible ...

21h52 :  "Je veux être la présidente de ce qui marche", dit Ségolène Royal, "Eh bien moi, je veux être le président qui fera marcher ce qui ne marche pas", répond Nicolas Sarkozy

21h55 : Les pôles de compétitivité, Sarkozy demande à Royal pourquoi si ça ne marchait pas comme elle l'affirme, elle en parle si souvent au niveau de sa région.

22h00 : Le retraites, Royal affirme qu'elle créera une taxe boursière pour les financer, mais quand Sarkozy lui demande le montant de cette taxe, elle répond qu'elle sera du niveau de ce qui est souhaitable .... (sic) et que ce sera discuté avec les partenaires sociaux ...

22h05 : Royal affirme qu'elle "va remettre à plat les lois Fillon". Nicolas Sarkozy l'interrompt pour lui demander de préciser."Cessez de m'interrompre", lâche-t-elle.

22h10 : Elle ne se dit pas engagée par les promesses de François Hollande sur une nouvelle CSG, comme l'y invite M. Sarkozy. Sympa pour lui !

22h24 : "C'est très bien, vous me rejoignez", ironise Mme Royal, après que Sarkozy a cité sa proposition de donner la présidence de la commission des finances de l'Assemblée nationale à un membre de l'opposition. "Alleluia", répond Sarkozy.

22h25 : Ségolène Royal défend une baisse de la fiscalité sur tout ce qui concerne l'écologie. "Nous pouvons si nous avons une fiscalité encourageant développer des centaines de milliers d'emplois" dans ce domaine. Sur le logement. Elle en profite pour dénoncer les communes qui ne respectent pas la loi sur le quota de logements sociaux, "telles que la votre", lance-t-elle au candidat UMP. Toujours à l'attaque plutôt que de faire des propositions concrètes.

22h30 : Bouclier fiscal, Royal reprend Sarkozy sur le thème de la riche dame qui a touché un chèque. "Vous connaissez mieux les riches, répond-il. Je sais que M. Hollande a dit qu'il n'aimait pas les riches... Une phrase bizarre...". "Ne sortez pas les phrases de leur contexte", répond-elle. Non, il ne la sort pas de son contexte, c'est bien ce qu'il a affirmé, et il l'a même répété.

22h35 : Les logements sociaux, Nicolas Sarkozy ne répond pas aux attaques sur sa ville de Neuilly. Il estime que pour lui, le plus important, c'est l'accès à la propriété. "Il faut avoir de l'ambition, Mme Royal"

22h42 : Les deux candidats s'invectivent sur le nucléaire. "Le nucléaire c'est une énergie propre", défend Nicolas Sarkozy, estimant que la moitié de notre électricité est d'origine nucléaire. "Non, c'est 17 % !", lui rétorque Mme Royal. Ils polémiquent sur l'EPR : "L'EPR n'est pas une centrale, vous mélangez tout", reprend Ségolène Royal, qui accuse le candidat UMP d'avoir "une approche très approximative", dénonçant une série d'"erreurs" de sa part : il ne s'agit en effet pas de la quatrième mais de la troisième génération de réacteur pour l'EPR, et la Finlande a déjà un prototype, précise-t-elle. "Je ne connais peut-être pas le dossier, mais je suis assez cohérent", répond Nicolas Sarkozy.

22h55 : sur l'éducation, M. Sarkozy plaide pour "une école dans laquelle on a de l'ambition pour les élèves", citant, le "civisme" et le "respect des professeurs". Il veut aussi des parcours "adaptés", soulignant "les limites du collège unique". "Je propose aussi une révolution pour toutes les femmes de France : la possibilité pour les élèves de rester en étude surveillée apres la fin des cours pour rentrer à la maison les devoirs faits" . Nicolas Sarkozy propose aussi "davantage d'autonomie" aux établissements et plus de "liberté pédagogique". "Aujourd'hui, un enseignant est noté sur sa capacité à appliquer la dernière circulaire du dernier ministre", ironise-t-il, proposant une évaluation sur la capacité à enseigner à lire et à écrire.

22h56 : Ségolène Royal prend la parole : "Il nous faut un nouveau pacte éducatif", citant la "promesse égalitaire". "Les enseignants veulent la reconnaissance de leur travail, poursuit-elle, citant notamment l'augmentation de la violence à l'école. " "La violence a augmenté parce que 100 000 emplois ont été supprimés dans l'éducation", reproche-t-elle. "Faux", coupe M. Sarkozy. "50 000 emplois jeunes ont été supprimés", dit-elle. Tiens ce n'est plus 100 000 ?

22h57 : M. Sarkozy rétorque que les suppressions dont Mme Royal parle, ce sont des "personnels TOS passés du budget de l'éducation nationale au budget des régions". Mme Royal lui rétorque : "Je ne vous parle pas de TOS mais d'enjeux d'éducation. Je la remettrai en avant de tout. Les enfants sont 150 000 à sortir de l'école sans qualification." Elle plaide pour l'école obligatoire à partir de l'âge de 3 ans, et "pour le soutien scolaire personnalisé, par les enseignants, s'ils le veulent, ou par un nouveau métier, de répétiteur." Elle promet plus de "présence humaine" dans les écoles.

23h06 : Sur les enfant handicapés : c'est le pic de l'affrontement qui résume à lui seul toute la tactique des candidats : faire que l'autre s'énerve. Ségolène Royal accuse M. Sarkozy d'être au 'sommum de l'immoralié politique' avant de lancer une phrase, celle-là visiblement préparée : 'Non M. Sarkozy tout n'est pas possible'. « Je suis scandalisée de ce que je viens d’entendre, c’est un summum d'immoralité politique », déplore celle qui a lancé en tant que ministre de l’Enseignement scolaire «le plan Handiscol». «Et c’est votre gouvernement qui a supprimé ce plan et supprimé les aide éducateurs».
Elle poursuit : «Cet écart entre discours et les actes n’est pas acceptable, et je suis très en colère».
«Calmez-vous», répond Sarkozy, qui insiste : «madame Royal a perdu ses nerfs».
« Tout n’est pas possible dans la politique, monsieur Sarkozy »
Sarkozy : « Pour être président de la république il fait être calme »
Royal : « Non, pas quand il y a des injustices »
Sarkozy : « Je ne sais pas pourquoi Madame royal a perdu ses nerfs… »
Royal : « Je ne suis pas en colère, je suis en colère, c’est tout » ... (sic)
Sarkozy : «Je ne me serai jamais permis de parler de vous comme cela. J’ai le droit de parler du handicap, ce n’est pas un monopole que vous avez»

23h07 : «La Turquie, ce n’est pas l’Europe». L’Europe «peut réussir à avancer» contre les délocalisations et pour un protocole social, estime Ségolène Royal, qui veut une Union qui réalise «l’alignement vers le haut». Pour Nicolas Sarkozy, la Constitution repoussée par référendum en 2005 «n’entrera pas en vigueur». «Les Français ont dit non, on ne va pas recommencer un nouveau référendum», explique-t-il. Second point : «si je suis président, je m’opposerai à l’entrée de la Turquie en Europe, car la Turquie, c’est l’Asie Mineure». «Quelle est votre position ?», demande le candidat de l’UMP à son adversaire. «Je suis pour une pause», répond-elle, «mais un processus a été engagé, et la France doit tenir ses promesses». «Si la Turquie remplit les conditions et que le peuple Français dit oui», c’est possible, estime Royal. «Vous risquez de faire une seule chose : renforcer l’islamisme», estime Nicolas Sarkozy. «N’utilisez pas ce sujet de façon si brutale, ne claquez pas la porte», lui répond la candidate socialiste..

23h10 : "L'Iran est-il dangereux ?", demande Patrick Poivre d'Arvor. "Le pays n'est pas dangereux", répond M. Sarkozy, pointant la politique de Téhéran sur le nucléaire. "Il faut fermer pour eux, toute voie vers la technologie nucléaire militaire", dit-il. Mme Royal répond qu'elle a déjà parlé sur ce sujet et que sa "prise de position avait été contestée". "Il faut aller au-delà", lance-t-elle. "Il faut interdire l'enrichissement de l'uranium. Il faut être extrêmement ferme", dit-elle.

23h12 : Les candidats évoquent les autres questions internationales et l'immigration. Sur le Darfour, d'abord : "C'est un scandale absolu", affirme M. Sarkozy. "Il faut que les dirigeants aient à rendre compte", dit-il. "Par ailleurs, il y a 450 millions de jeunes Africains, qui ne peuvent pas tous venir en Europe." "La question du développement est cruciale", souligne-t-il plaidant pour une "immigration choisie". "Les étrangers devront avoir un logement, des revenus de son travail, et apprendre le francais avant de venir en France", énumère-t-il.

23h14 : "Il faut faire pression sur la Chine, y compris sur la menace de boycott des Jeux olympiques.", dit Ségolène Royal. M. Sarkozy la coupe : "Je suis favorable aux JO en Chine."

23h16 : elle défend sa visite en Chine "car un chef d'Etat doit y aller, pour voir les entreprises française, rencontrer les dirigeants chinois". Elle rappelle "avoir fait sur place des démarches pour la libération d'avocats et journalistes emprisonnés". Elle estime que si au moment des Jeux olympiques, "plusieurs pays intervenaient auprès de la Chine, alors cela pourrait bouger" au Darfour.

23h20 : Les candidats débattent de la régularisation des sans-papiers. "Je ne ferai pas de régularisation globale", car "c'est un signal envoyé à tous les réseaux de trafiquants du monde entier", lance l'ancien ministre de l'intérieur. Il attaque Mme Royal sur la questions des parents d'enfants sans papiers. Il plaide pour "un règlement au cas pas cas". "La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde", dit-il.

23h21 : "Aller arrêter un grand-père devant une école devant son petit-fils, ce n'est pas acceptable dans la République française", dit Ségolène Royal. "Je n'ai jamais demandé de régularisation globale", se défend-elle, plaidant aussi pour le "cas par cas". Mais "je ferai les choses humainement". Nicolas Sarkozy l'attaque estimant que c'est la même chose si "on l'arrête dans la rue d'à côté". "Ne jouez pas sur la misère des gens", répond la candidate socialiste.

23h24 : Mme Royal rappelle que Nicolas Sakozy a "promis à toutes les femmes battues sans papiers d'avoir des papiers..." "C'est un sujet bien particulier, répond-il, racontant sa visite à l'assocation Cœurs de femmes, dont il connaît la présidente.

23h27 : Faut-il passer à la VIe République ?, demandent les animateurs du débat. M. Sarkozy dénonce "la tragi-comédie du vrai-faux débat entre M. Bayrou et Mme Royal". Il plaide contre une VIe République, citant "la stabilité apportée" par la Ve. "C'est curieux de demander cela au moment où la démocratie est de retour, avec 85 % de participation", dit-il. "Je suis opposé à ce changement", répète-t-il.


CONCLUSION : Royal mise tout le financement de son progamme sur la croissance, s'il n'y en a pas, pas de financement !!! incompétence flagrante sur les chiffres de la plupart des dossiers. Elle a aussi fait preuve d'un manque certain de sang-froid sur le sujet des handicapés (surement à cause d'une attaque préméditée ratée). Sarkozy a lui été très clair, très respectueux de son adversaire et très réaliste dans les réformes qu'il a décidé.

J'ajoute ceci : Pour moi, il y avait un vrai danger pour Sarkozy, celui d'apparaître comme le dangereux que toute la droite dénonce alors que Royal avait tout à gagner.

Sarkozy est resté calme, il n'a pas hésité à répondre de manière techique et précise, il n'a pas été agressive. On notera à l'inverse, en sus du clash sur les handicapés, cette échange surréaliste :

Mr Sarkozy : est ce que je peux répondre ?
Mme Royal : non !!
Mr Sarkozy : bon.

Sur les handicapés, Mr Sarkozy aurait pu répondre ceci :

 Les associations ont  manifesté leur mécontentement en 2005 car les écoles n'étaient pas prêtes à les accueillir. Mais, dès la rentrée 2006, elles ont constaté un net progrès : quelque 160 000 enfants ont pu intégrer une classe en milieu ordinaire, soit 6 % de plus que l'année précédente et 20 % de plus qu'en 2004.
De son côté, Ségolène Royal peut se targuer d'avoir, en 2001, lorsqu'elle a pris en charge le dossier du handicap, organisé son plan handiscole. Le principe était de créer des postes d'auxiliaires dans les écoles pour aider les enseignants à accueillir des enfants handicapés dans leurs classes. Mais les associations ont beaucoup critiqué ce système, pas assez contraignant et progressivement, les postes des auxiliaires ont été supprimés.

Mme Royal ne s'est pas fait piler, comme elle pouvait le craindre. Il est vrai qu'elle ne partait pas favorite et arrive donc au final dans la position de l'outsider qui a tenu.

C'est d'ailleurs ce qui était expliqué hier soir, après le débat, par un panel de journalistes sur France Télévision : Mme Royal a gagné au point, elle a fait mieux que se défendre, elle a été pugnace, sa colère était une colère honnête....

C'est d'ailleurs ce que j'écrivais depuis une semaine, notamment dans les commentaires de blog amis . La presse va nous expliquer que Royal est la grande gagnante de ce débat. On verra ce qu'il en sera dans les urnes.

Pour ma part, j'y ai surtout vu une femme qui refuse le dialogue, qui traite par le mépris son adversaire, qui renvoie les problèmes à plus tard, qui coupe de manière impolie la parole de l'adversaire, qui refuse de dire ce qu'elle pense de lui (son dernier commentaire sur "Je m'abstiens de tout jugement" et qui s'emporte facilement.

J'ajoute que je suis trés étonné de voir qu'elle n'a pas renouvellé les critiques styles "Sarkozy c'est Berlusconi" hier soir. Elle réserve cela au Nouvel Observateur qui publie aujourd'hui sa "letttre aux français" mais n'est pas capable de le dire en face à son adversaire.
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commentaires

D
C'est vrai Drzz, comme tu le vois, ci dessus, c'est parti
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J
Les liens entre Nicolas Sarkozy et la droite post fasciste italienne
Nicolas Sarkozy a récemment emprunté de grands noms socialistes, Jaurès et Blum, afin d’agrémenter ses discours sur le travail, avec des références « sociales » incontestables. Il aurait peut-être pu ajouter qu’il entretenait des relations amicales et politiques avec les héritiers de Bénito Mussolini, figure emblématique du mouvement fasciste, en Italie. Un mouvement qui se caractérise par le rejet de la démocratie parlementaire, des valeurs libérales, du pluralisme, des droits de l’homme et des contre-pouvoirs. Sur le plan politique, il y a une volonté d’unité entre un homme, un parti unique et la Nation. Dans un régime fasciste, l’Etat est autoritaire, interventionniste et impérialiste. A ce titre, les partis politiques, les associations et syndicats sont vilipendés et démantelés. Les libertés individuelles sont détruites.
De « Témoignage » à « Testimonianza »
 
La préface de l’édition italienne du dernier livre de Nicolas Sarkozy « Testimonianza » est signée par le président de l’Alliance nationale Gianfranco Fini.
L’Alliance nationale est devenu le modèle des « post-fascistes » européens. Marine Le Pen s’inspire ouvertement de la stratégie de « recentrage » mis en œuvre par Gianfranco Fini pour accéder au pouvoir. « Il Secolo d’Italia », journal de l’Alliance nationale (AN), fait campagne pour Nicolas Sarkozy et voit une « quasi-symbiose politique, caractérielle, générationnelle » entre le candidat de l’UMP et Gianfranco Fini. L’alliance nationale est née en 1994 du Mouvement social italien (MSI), lui-même héritier du mouvement fasciste de Bénito Mussolini, figure emblématique du mouvement fasciste.
Pour un homme politique français, les relations avec une droite de filiation fasciste devraient susciter quelques inquiétudes. Car, au-delà de l’image moderniste construite par Fini depuis 1994, dans les sièges de l’AN, les symboles du régime mussolinien sont toujours présents : portraits et sculptures du Duce, mouvements de jeunesse néofascistes aux crânes rasés.
Nicolas Sarkozy semble pourtant très content de l’amitié de Gianfranco Fini (voir message adressé par Nicolas Sarkozy à l’occasion du congrès de l’AN) qui signe les préfaces de ses livres. Après « la République, les religions et l’espérance », dont l’édition italienne est parue en 2005, c’est le même scénario pour le dernier publié en Italie fin 2006 sous le titre la Testimonianza (Témoignage).
Dans sa préface, « Sarkozy répond, dans les différentes situations, de manière parfois articulée et parfois très sèche, mais toujours complète, sans réticences », écrit Gianfranco Fini. Ce dernier livre de Nicolas Sarkozy, comme le précédent, est publié en Italie par une petite maison d’éditions, Nuove Idee, de Luciano Lucarini. Il est quasiment clandestin, introuvable dans les grandes librairies. Gianfranco Fini d’ailleurs ne s’adresse pas à un grand public mais aux siens qu’il espère forcer à de nouveaux efforts de « modernisation ». « Le témoignage de Sarkozy, écrit-il encore, est devenu récit de vie et programme politique, identité et dynamique intérieure avant que publique, analyse et compréhension de soi-même, contribution originale à une grande construction collective qui implique l’évolution de la droite et de la Ve République voulue par le général de Gaulle en 1958. » Et il ajoute, à propos du candidat de l’UMP à l’Élysée : « Sarkozy a su réaliser les idées vécues au quotidien, les solutions expérimentées en tant que ministre, sur les grands problèmes globaux qu’il a su affronter : immigration, ordre public, réforme de l’administration, banlieues en flammes, crises d’entreprises prestigieuses comme Alstom. » Il loue l’« attitude décidée et réfléchie » du chef de la droite française mais il parle toujours à la droite italienne qui n’a pas encore réglé ses comptes avec le passé : « Beaucoup de ruptures sont nécessaires en France pour la reconstruire par l’action politique » qui, pour Fini, est la « passion du présent ». Un « présent qui n’est pas, dit-il, négation du passé, amnésie, mais élaboration créative, pragmatisme ».
Gianfranco Fini : un parcours de l’extrême droite à la droite extrême

Pour mémoire, Gianfranco Fini, (Bologne, 3 janvier 1952), est un homme politique italien. Il a débuté sa carrière politique au sein du Front de la jeunesse, une formation d’extrême-droite dont il devient président en 1977. En 1987, il remplace Giorgio Almirante comme secrétaire national du Mouvement Social Italien Movimento Sociale Italiano - Destra Nazionale, parti né de la nostalgie du fascisme, et en reste le secrétaire jusqu’en 1990 (date à laquelle il est supplanté par Pino Rauti) et à nouveau à partir de juillet 1991.
Peu de temps avant sa première entrée au gouvernement italien, Gianfranco Fini déclarait encore en 1994 que « Mussolini a été le plus grand homme d’Etat du 20ième siècle ».
Mais peu de temps après, M. Fini commença à prendre ces distances avec Mussolini et les néo-fascistes. C’est lors du congrès de Fiuggi (25-29 janvier 1995) qu’il change le nom du parti en Alliance nationale et en prend la présidence. Gianfranco Fini a recentré son parti, abandonnant peu à peu toute référence au fascisme et faisant d’Alliance nationale un parti de droite modérée. L’aile la plus dure de l’ex-MSI a abandonné le mouvement pour se regrouper dans d’autres formations. Toutefois les propos plus ouvert de M. Fini continuent à secouer de temps à autre son parti dont les membres non pas tous complètement oubliés leur ancien courant de pensées. Alessandra Mussolini (petite-fille de Benito Mussolini et membre d’Alliance nationale jusqu’en 2003) quitta le parti avec quelques éclats peu après les propos en Israël de Gianfranco Fini qui déclarait alors que le fascisme « fut le mal absolu » du 20ième siècle et que le règne de Mussolini fut « un chapitre honteux de l’Histoire de notre peuple » (italien).
Certains de ses opposants, comme Francesco Storace alors leader de la région du Latium, décrivent cet éloignement comme une manœuvre politique et médiatique, mais que dans le fond l’opinion de M. Fini d’avant 1995 est restée inchangée.
Depuis 2001, il détient le portefeuille de vice-président du Conseil des ministres, dans le second gouvernement de Silvio Berlusconi, dont il a été également nommé ministre des Affaires étrangères en novembre 2004 après le départ de Franco Frattini, suite à l’affaire Rocco Buttiglione. Ces deux postes ont été confirmés dans le gouvernement nommé le 23 avril 2005. Il a été jusqu’en 2004 l’un des 105 membres de la Convention sur l’avenir de l’Europe chargée de rédiger le Traité établissant une Constitution pour l’Europe, représentant le gouvernement italien. (Source : Notice wikipedia)
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ANNEXES
Article du Il Giornale de Milan du samedi 20 jan 2007 :
L’”axe de fer” Nicolas Sarkozy - Gianfranco Fini
Le Courrier International du 18 au 24 Janvier 2007 apporte des révélations étonnantes sur les relations entre Nicolas Sarkozy et Gianfranco Fini. Le Courrier International propose une traduction récente d’un article du Il Giornale de Milan. Ce journal est détenu par Paolo Berlusconi, frère de Silvio, qui en a fait un organe de combat contre le gouvernement de Romano Prodi.
On connaissait déjà les excellentes relations entre les leaders des deux partis de droite, les rencontres à l’ambassade française à Rome, à l’époque où Fini était ministre des affaires étrangères de Berlusconi, les messages entre partis, les éloges de Nicolas Sarkozy adressés à l’ancien président du MSI. Fini avait été particulièrement sensible à la prise de distance de N.Sarkozy par rapport à la politique officielle de la France sur l’Irak.
Mais l’article de Il Giornale apporte des précisions très intéressantes. Il qualifie ainsi les relations entre les deux hommes : “l’axe de fer entre le candidat à l’Elysée et le chef de la droite italienne est évident”. Nicolas Sarkozy y est défini comme “l’astre naissant de la nouvelle droite” et un modèle pour Fini.
Cet accord est si étendu que le candidat UMP a confié par deux fois à Gianfranco Fini le soin de préfacer ses ouvrages : Témoignages, et “La République, les religions, l’espérance”.
Peut être certains libéraux ou certains républicains vont ils s’étonner de découvrir en Fini un admirateur de la laïcité à la française.
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Message adressé par Nicolas Sarkozy à Gianfranco Fini à l’occasion du congrès de l’Alliance nationale en février 2007
SARKOZY WRITES TO FINI : THE FRENCH POLITICAL RIGHT IS WITH YOU
The Alleanza Nazionale programmed conference : the whole letter written by the president and Gaullist leader Nicolas Sarkozy (also French Home Affairs Minister) to the President of Alleanza Nazionale, Gianfranco Fini.


Mr President, Dear Gianfranco,
I received your kind invitation to participate in your party’s programmed conference, Alleanza Nazionale, that takes place in Rome on 3rd, 4th and 5th February. (2006) Thank you for this special attention given to me, I truly appreciate it. Unfortunately, due to prearranged engagements, I am not able to honour your invitation, and I am deeply sorry for this. But I wish to send my very best wishes on your organization’s successful outcome, and the performance of this event, confirms, and I am convinced of this, that Alleanza Nazionale is and remains one of the main propulsive forces on the Italian political scene. Regarding this, I wish to congratulate the works of renovation and modernization that you have set up in less than ten years as the head of Alleanza Nazionale, I really want to tell you that I greatly admire your incredible courage in the way you have brought the darkest moments of the past into discussion, condemning them and correcting all the mistakes they have made. Through you, I wish to send my regards to all the party sympathizers because this evolution has also meant great courage and lucidity also for them. But it was worth it. Following you on the route to modernization, they have allowed Alleanza Nazionale to become what it is today : a formation which, together with Forza Italia, embodies the spirit of a new and innovative political right. The courage in fighting against preconceived ideas, the intellectual independence that leads one to venture into innovative and leading edge solutions ; these are two essential qualities that join the Italian political right and the Union of the Popular Movement, something we must both cultivate in order for them to remain the principle forces of modernization in political life.
With the hope of truly being able to meet you in the near future, please accept, Mr President, and Dear Gianfranco, my highest respect and admiration.
Nicolas Sarkozy

 
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D
Allègre est un personnage remarquable.
Je suis fier d'avoir relayé ses appels au doute scientifique. Il sauve la France intellectuelle du naufrage.
Pas étonnant qu'il se distance de Ségolène.
PS : David, je subis une déferlante cybernétique de militants de gauche qui tentent de combler le vide de leur candidate par de la propagande anti-sarkozy.
Prépare-toi à subir cela de même !! ça doit être la stratégie de la dernière chance pour la gauche ! Pathétique !
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D
Allègre "outré par les mensonges" de Royal
Claude Allègre, ancien ministre de l'Education du gouvernement Jospin, s'est dit aujourd'hui "outré par les mensonges" de Ségolène Royal sur la scolarisation des enfants handicapés, ajoutant qu'il "ne votera pas" pour elle au second tour de la présidentielle. Evoquant du débat avec Nicolas Sarkozy sur cette question, mercredi soir, "j'ai trouvé (sa) colère suspecte et préparée. Je suis outré par ce que ce qui a été dit, c'est des mensonges", a-t-il ajouté. Selon lui, "les emplois ont été créés par Luc Ferry (ministre de l'Education nationale) sous le gouvernement Raffarin".

Alors, Ségo, toujours en colère !!
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V
ça lui apprendra à vouloir jouer la colère sur un sujet mineur et s'en prendre quand même plein la face !
Quand je pense qu'elle a dit que les policières seraient raccompagnées... Non mais on hallucine.
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