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25 juin 2007 1 25 /06 /juin /2007 11:57

(Graphique trouvé sur le Blog Drzz)

Ainsi les syndicats d'étudiants ont d'ores et déjà refusé le plan d'autonomie des Universités. Or, l'université française est plus que mal en point, elle pointe dans les dernières places mondiale , elle ne forme plus d'élites, elle enferme des étudiants dans des voies de garages, elle manque de moyens (enfin, de certains moyens car le gaspillage est souvent énorme). Le conservatisme dans toute sa splendeur donc puisqu'il consiste à dire "non" par principe et surtout accuser "les autres" (le libéralisme, l'argent, la droite...) pour justifier ses erreurs.

Or, l'université doit évoluer. Elle doit dans un premier temps faire une sélection à l'entrée. Je sais que cela en choque certains mais quel interêt d'accueillir 1000 étudiants en histoire-géographie sur une faculté alors que l'on aura besoin, 4 ans plus tard, que de 50 professeurs. La sélection existe dans certaines filières, pour pas en lettre ou en droit ? Sachant qu'un étudiant coûte très cher à l'état, moins d"étudiants mais capable de réussir leurs études , cela me semble être une mesure de bon sens.

Pour éviter cet engorgement, il faudrait que l'orientation au collège et au lycée soit fait plus sérieusement . Il y a parfois un peu trop de démagogie avec des phrases du style "80% au bac". Certains jeunes ne pourront pas suivre à la faculté. Cela ne veut pas dire qu'ils sont mauvais mais que pour eux il y a d'autres pistes. On admet que tout le monde ne peut pas être un artiste de génie, admettons que tout le monde ne puisse pas suivre des études longues.

Il faut aussi que le syndicalisme étudiant , qui ne représente rien en nombre d'adhérents, soit moins puissant. Est-il normal que l'UNEF soit quasiment le seul interlocuteur du ministre ? Pourquoi les centaines de milliers d'étudiants non syndiqués n'ont pas l'oreille du ministre ? Il y a là un grave déni de démocratie . Vous me direz , tous ces non-syndiqués n'ont qu'à s'organiser. Oui mais quand on n'a pas l'appui d'un parti politique derrière soi , comment le faire efficacement. On sait très bien que pas mal de cadres du PS sont passés par l'UNEF. Idem pour l'UMP avec l'UNI. Des syndicats étudiants moins politisés seraient la meilleure défense des étudiants.

Il faut également arrèter de mentir aux étudiants durant les études. Quand je suis entré à Nancy II, personne ne m'a dit que les concours étaient de véritables couperets, incroyablement durs à avoir. Personne n'insiste non plus sur la difficulté et le travail énorme demandé. Enfin, passer d'un système où le lycéen est encadré à un système où l'étudiant est seul est absurde. Une fois de plus, on passe de noir au blanc sans aucune étape.

Enfin, une université doit être autonome. Elle doit pouvoir faire ses propres choix pédagogiques, recruter , en y mettant le prix, s'il le faut les meilleurs professeurs. Université à deux vitesse ? Peut être mais pas plus que maintenant. Si vous tombez dans une faculté avec de mauvais professeurs , vous n'avez que très peu de chance d'avoir un Capes ou une Aggrégation. Problème d'argent ? Des solutions existent : elles consisteraient, par exemple, à continuer à voter des subventions fixes mais également à offrir des rallonges à celles qui forment le mieux leurs étudiants, dont le nombre doit être moins importants dans certaines fillières (les lettres, d'où je viens mais où je n'ai pu commencer à apprécier la valeur de mes études qu'en License, quand nous n'étions plus que 95) mais plus importants dans d'autres (les sciences). Enfin, les Universitaires doivent comprendre que travailler avec des entreprises n'est pas une hérésie.

En refusant de voir évoluer l'université, en demandant toujours plus d'argent, en refusant de rendre compte de résultats médiocres, en se calquant sur une lutte de classe dépassée, les acteurs de l'universté vont dans le mur !! Encore faudrait-il qu'ils le comprennent.
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commentaires

S
L'idée de Claire sur une charte de l'étudiant (post N° 3) me plait beaucoup :"J'ai bien conscience que... et j'assume la responsabilité que de choisir cette voie en toute connaissance de cause, mais pour mon plaisir, ma culture, ma liberté."Volià une bonne idée, simple, pratique, facile à mettre en oeuvre et peu coûteuse.
 
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P
Enfin (et j'en conclus par là, merci pour votre patience !)
Non, la FAGE n'est pas un vrai mouvement étudiant, non ils n'agissent pas mieux que les autres syndicats étudiants parce qu'ils ne représentent rien ces types, il s'agit encore d'une de ces multitudes associations étudiantes qui ont comme seuls objectifs
- 1° d'organiser des soirées étudiantes arrosées avec, si possible, beaucoup de filles vêtues gracieusement de T-shirt blancs moulants (mais on va pas les arroser après, promis juré) et
- 2° de demander plus de fric à l'Etat (donc à nous CONtribuables)
Alors évidemment, c'est préférable à l'UNEF et à la CE. mais personne ne vote aux élections étudiantes, c'en est une misère... Alors leur représentativité...
Et concernant la selection à l'entrée en master I, oui je suis pour et pour une multitude de raisons (conformité avec le reste de l'Europe pour commencer, depuis la réforme LMD, et puis cela permettra de rehausser le niveau).
Il faut enfin faire comprendre aux francais que l'université n'est qu'un moyen pour aboutir à de bons postes, moyen certes essentiel (c'est pourquoi au lieu de cuver leur bière en TD ils devraient plus participer) mais qui n'est pas le seul ! Que faites-vous de la formation professionnelle, des stages, de la recherche, de l'expérience à l'étranger, de l'effort individuel des étudiants ?
En France on nous habitue à ne jamais rien faire par nous même, et ensuite on attend tout de l'Etat. problème : ce n'est pas comme ca que ca marche !
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P
Si les universités francaises étaient plus autonomes, plus libres en quelque sorte dans leurs programmes, leurs sélection des étudiants (parce que la fac ramasse tout les étudiants que la république a mal formé dans les écoles publiques, avec un programme gauchiste et abrutissant qui choque les bons enseignants, obligés de ne pas respecter les consignes des ministères...), elles pourraient avoir un meilleur niveau, et croyez-moi je pense que les facs parisiennes ont beaucoup à perdre dans la "mise en concurence des universités" (pour moi ce n'est pas un gros mot).
Vous en connaissez beaucoup, vous, des étudiants étrangers qui arrivent à Paris et sont heureux d'étudier dans des locaux tout moches, tout amiantés, bourrés de gauchistes-syndicalo-de-mes-deux (je me lâche) à écoputer des enseignants parler de la France, nation éternele sans penser un seul instant que le monde a évolué, et qu'il faut réformer ce pays ? Et je ne parle pas des prix des loyers, des crottes de chiens, du caractère naturellement désagréable des Parisiens ?
En province, me reliquera t'on, les gens sont souvent moins performants qu'à Paris, j'en conviens. Et OK, en province on forme des cadres compétents cetrtes, mais pas des prix nobel. mais c'est, à mon avis du moins, une erreur de penser que paris formera des prix Nobel...
Qu'on arrête de penser qu'une bonne université donnera forcément des génies ! C'est à force de travail que l'on devient le meilleur. Un économiste comme Milton Friedman par exemple n'a jamais suivi les cursus habituels des grands universitaires démocrates US, qui au début le considéraient comme un sale petit immigré juif aux méthodes non conformistes... Et c'est Friedman qui a fondé l'Ecole de Chicago, qui a révolutionné le droit, la science politique et l'économie !
Pardon de parler de droit (et par ailleurs de parler de moi) mais c'est encore une fois pour illustrer mes propos. Dernièrement je parlais avec un universitaire paisien distingué et je lui parlai de Coase, Holmes, Strauss, Hayek brefs de juristes, philosophes du droit, américains ou autres... Sa réponse ? "pff... des anglo-saxons, ca n'a pas le niveau continental" = francais. Alors certes, lui au moins en a entendu parler (pas comme la majorité de mes congénères bordelais) mais enfin, m*****, si c'est ca le niveau parisien...
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P
Ce débat m'inspire tellement de commentaires que j'en aurai pour un siècle pour tout dire.. Alors résumons et faisons preuve de méthode. ""L'on peut dire ce que l'on veut les meilleures universités restent parisiennes, à de rares exceptions. En droit notamment l'on peut citer la faculté d'Aix en Provence. Je suis à Assas, et clairement, les grands professeurs de droit y sont "concentrés". Bien entendu il y a aussi la Sorbonne ou Nanterre, qui reste parisienne... Les autres facs ne sont pas mauvaises mais simplement moins bonnes. Le rapport entre province et Paris est de toutes façons déséquilibrés..."" J'ai un petit poblème avec ce genre de raisonnement, et pas par "provincialisme juridique" comme on disait dans le temps... CE SONT TOUTES LES FACS FRANCAISES QUI SONT SUR LE DECLIN, et pas "les bouseux" de province de l'autre côté du périph' (j'utilise avec ironie cette formule mais je sais que ce n'était pas ce qui voulait être dit) versus les grrrandes facs parisiennes, tellement belles et formant d'excellents universitaires. Quand on parle avec des étrangers, Assas, Panthéon, Dauphine... sont considérées comme de bonnes facultés, certes, mais pas de grands centres mondiaux. Il n'y a guère que les héritiers de grandes familles princières du moyen-orient pour venir étudier en France, pays du "grand ami d'Eurabia Chi Chi Ier" (vous savez, l'ancien président). C'est aussi pour cela que je suis favorable à l'autonomie des facs.
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C
Si j'avais tapé moins vite et fait moins de fautes d'orthographe, cela aurait été mieux... pardon aux lecteurs  et  à david martin
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