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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 23:06

Il fut un temps où Le monde publiait des pétitions afin de défendre trois pédophiles. C’était en 1977 et parmi les signataires, on trouvait Sartre et Simone De Beauvoir. Dans les années 70, il était de bon ton de tripoter gamins et gamines et les bobos de l’époque s’encanaillaient à peu de frais. Libération ne trouvait-il pas des qualités au livre de Cohn Bendit en 75 où ce dernier expliquait comment les enfants venaient le « tripoter ».

 

Il fut un temps où la quasi-totalité des médias défendait Roman Polanski, cinéaste certes doué, mais qui pour assouvir ses besoins sexuelles soûla une gamine de 13 ans dans la maison de Jack Nicholson afin d’abuser d’elle de toutes les façons. On eut même un ministre de la culture qui fit l’éloge du tourisme sexuel dans un livre de 2005.

 

Mais quand la pédophilie s’écarte du monde des artistes et des bobos, Le Monde et Libération, ainsi que la quasi-totalité de la presse s’indigne. Qu’un cinéaste viole une gamine, c’est plutôt dans l’esprit joyeux des seventies, mais quand un prêtre en fait de même, c’est un mal absolu qui s’abat sur Terre.

 

Au-delà du lynchage (classique) de la presse envers l’église catholique, il faut remonter à l’élection de Benoît XVI que détestent déjà les biens pensants. Allemand (donc forcément nazi dans l’esprit des ignares) , conservateur (donc forcément stupide dans l’esprit des ignares) , Benoît XVI avait tout pour déplaire. Depuis, le moindre de ses mots est disséqué, analysé puis déformé afin d’être jeté en pâture à un public crédule !!

 

Alors, ces affaires de pédophilies sont du pain béni (excusez ce vilain jeu de mot). Oubliant que 96% des incestes ont lieu dans le milieu familial en proche, la presse se jette à corps perdu dans ce nouveau « combat » dont le seul but est tout simplement de détruire l’église. Qu’importe si depuis plusieurs années, la hiérarchie ne couvre plus les affaires (toutes celles qui éclatent datent des années 90), qu’importe si la papauté et les évêchés ont plusieurs fois exprimé leur honte et leur désolation devant ces quelques ordures qui, sous couvert de foi, ont profité de mômes innocents, qu’importe si ces ordures ne représentent qu’un pourcentage infime de l’immense peuple de l’église, tout est bon pour salir, détruire, même plus bas que terre le christianisme.

 

Sur Europe 1, j’entendais avec un dégoût croissant les « grandes voix de la Radio », les Gildas et autre Cotta nous expliquer que tout ceci était logique, imparable et que le célibat des prêtres entraînait forcément la pédophilie. Ces « grandes voix » qui ont avis sur tous oublient juste que dans 96% , c’est le père (donc peu suspect de célibat) , l’oncle ou le cousin qui passe à l’acte.

 

Depuis des années, la presse bien pensante veut détruire l’église catholique, les fidèles sont dépeints au mieux comme de grands naïfs, au pire comme de dangereux sectaires rétrogrades et obscurantisme. Cette presse oublie que ce fut l’église qui imposa la paix et la trêve de Dieu au Xe siècle. Cette presse oublie que c’est à la Révolution que l’on massacra les hommes d’églises. Bien sûr, cette presse nous rappelle les croisades, la saint Barthélemy, le soi-disant silence de Pie XII devant le nazisme (un mythe qui a la vie dure) mais ne s’attarde pas sur la destruction de l’église orthodoxe par le communisme à l’est, sur les persécutions que subissent les Chrétiens en Afrique, en Chine, dans les pays arabes. On oublie que des trois grandes religions monothéiste, seul le christianisme a fait son Mea Culpa devant ces horreurs.

 

Pourquoi détruire l’église ? parce qu’elle gêne, parce qu’elle ne représente pas les valeurs d’un monde entièrement tourné vers la jouissance immédiate et qui veut s’affranchir de tous les tabous. Cette église qui ose être contre l’avortement, cette église qui ose dire que la fidélité peut s’opposer au vagabondage sexuel, cette église qui ose dire que la société abandonne ses enfants devant la télévision et se refuse à les éduquer. Cette église qui ose se poser des questions sur la culture des embryons, sur l’eugénisme, sur la science toute.

 

Cette église gêne les médias car elle entend encore peser, non sur la société, mais sur les gens. Elle gêne car elle entend ne pas la fermer, elle gêne car, malgré le lynchage, elle ne veut pas, elle ne peut pas mourir.

 

Ceux qui ont bâti les cathédrales, ceux qui ont sculpté les Piétas, ceux qui ont composé les messes, les requiems, ceux qui ont marché des centaines de kilomètres pour se recueillir sur une tombe doivent regarder incrédule une bande de chacals tenter de mettre à bas ce qu’ils ont tant mis de temps à construire.

 

Ils doivent se demander pourquoi ceux qui défendaient Cohn Bendit ou Polanski s’acharnent à ce point sur une institution créée pour élever l’esprit de l’homme.

 

Sans doute ne comprennent-ils pas que la presse a besoin d’un nouveau bouc émissaire de manière permanente et qu’après avoir fait courir le bruit que tous les enseignants étaient forcément des violeurs d’enfants, au point que des familles entières balisent dès qu’un homme enseigne en maternelle (il est forcément attiré par la chair fraîche, ce dépravé) , la presse ne sera heureuse que quand les cours de catéchisme seront déserts et l’Eglise en ruine sur le sol.

 

Mais après 2000 ans, il faudra un peu plus que quelques connards pédophiles et des journalistes charognards pour la mettre par terre. Elle a survécu à des schismes, des tentatives de mainmises, des guerres, des scandales bien plus grands comme les indulgences mais elle est toujours debout !!

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commentaires

David 07/04/2010 06:40



Une fois de plus Tintin lit mes articles en diagonale. Je n'ai pas écrit qu'il ne fallait pas en parler, j'ai écrit que concernant la pédophilie une bonne partie de la presse avait l'indignation
variable. J'ai écrit que l'Eglise a fait, contrairement à d'autres institutions hélas, un gros effort pour se remettre en question face à ce fléau. Et j'ai écrit que 96% des agressions sexuelles
viennent du milieu familial proche et que l'on gonfle donc de manière artificielle un phénomène.


La presse est libre ? Bien sûr, libre de raconter aussi n'importe quoi, d'exagérer, de salir, d'extrapoler. C'est le prix à payer pour la démocratie : avoir une presse qui a tous les droits, y
compris celui de mentir.



tintin 06/04/2010 21:23



Franchement, je ne vois pas en quoi la presse ferait preuve d'acharnement dans cette histoire. Parce qu'il s'agirait de pédophiles prêtes, il ne faudrait pas en parler. C'est hallucinant, comme
est hallucinant le titre de ce papier. Le qualificatif de crime est relatif au soi disant lynchage de l'église mais pas aux viols perpétrés par des prêtes. La presse est encore libre dans ce
pays et il faut qu'elle le reste, donc elle n'a pas à se censurer sous prétexte que ce sont des hommes d'église qui sont cette fois-ci les coupables. Je suis désolé mais ce n'est pas normal que
la hiérarchie éclésiastique couvre des fautes graves de certains prêtes. C'est la réalité et on l'a d'ailleurs vécu dans notre évêché.



Claude 06/04/2010 17:40



Franchement, je ne vois pas de fuite en avant de la part de l'église : les évêques et le pape dénoncent, la justice fait son travail...


Mais la presse s'acharne et son indignation est à géométrie variable. Tenez par exemple, une partie des médias trouvaient scandaleux qu'un journaliste dénonce les pédophiles qu'il a débusqué dans
son enquête télévisuelle !!



François 05/04/2010 21:00



Claude, je crois sincèrement très inopportun, la ligne de défense qui ressort de votre message.


Pour donner des leçons, il faut être exemplaire. Hum. Mais admettons que l'expression soit trop longue à expliquer pour le format et donc inadéquat.


C'est parce que l'Eglise n'est pas qu'un corps social, mais qu'elle a une dimension spirituelle (!! pardonnez moi la trivialité de cette expression) qu'elle est attaquée, bien au-delà d'un
anti-cléricalisme primaire. N'oublions pas non plus les manoeuvres internes à l'Eglise (institution) avec des Eglises "locales" ou des courants internes qui n'ont pas "digéré" l'élection de
Benoît XVI.


Et en tant qu'institution, l'Eglise n'est pas la seule à reconnaître ses erreurs... et à faire "payer des lampistes". Le Ministère de la justice aussi. Mais fondamentalement, elle devrait être
incomparable... Et c'est là où le bât blesse. Il nous faut admettre que l'Eglise corps social n'est pas l'Eglise institution (et clercs donc, vaste mutlinationale bien humaine aussi) et n'est pas
non plus l'Eglise, peuple de Dieu. Le silence pendant des années, la non remise des coupables à la justice, les erreurs managériales consistant à déplacer un coupable pour le remettre ailleurs
dans les mêmes conditions de travail, etc, ne peut se réduire à de l'anticléricalisme primaire.


C'est tout le problème de la hiérarchie, et de la mauvaise compréhension de l'infaillibilité papale, c'est tout le problème de la confusion des différents niveaux d'analyse qui conduisent à cette
souffrance actuelle et avant à la souffrance de ceux qui ont subi.


Qu'ensuite (ou plutôt par-dessus le marché) certains cherchent à en profiter (les anticléricaux primaires et bien d'autres) évidemment ! Mais ce n'est pas avec le manque de vérité et une fuite
dans un mauvais diagnostic que l'on peut sortir grandi et guéri de cette épreuve.



Claude 05/04/2010 20:42



L'Eglise donne des leçons ? Elle est dans son rôle.


Surtout, l'Eglise admet ses erreurs. On ne peut en dire autant de, au hasard, l'institution judiciaire qui a envoyé des innocents en prison dans l'affaire d'Outreau et qui a juste donné un
lampiste en pâture au public.


L'acharnement de la presse (enfin, d'une partie) est surtout dû à un anticléricalisme incroyablement fort !!