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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 19:42

Une fois de plus, Guy Millère analyse avec une finesse remarquable et surtout de manière totalement différente des autres médias le discours sur l'état de l'Union. Amis du consensus, passez votre chemin ! (Dave)

 

Etant en voyage en Israël, je n’ai pu commenter le discours sur l’état de l’union prononcé par Barack Obama le 20 janvier dernier.
J’ai lu le discours en son intégralité. Je viens de le regarder en vidéo. Les mots en eux-mêmes étaient déjà éloquents. Voir Obama les prononcer est, en soi, un spectacle qui, si on le prend au second degré, peut avoir une dimension fascinante et ubuesque.

Il y a, dans le texte, au moins un mensonge par phrase. Obama lit néanmoins, avec la conviction d’un acteur qui ne bute sur aucune énormité, aussi grotesque soit elle, et avec un mélange d’arrogance mussolinienne et de décontraction de séducteur sûr de ses effets.

Voir que nombre de journalistes américains ont commenté cela sérieusement montre que le lavage de cerveau politiquement correct a produit ses effets. Devoir constater que la plupart des journalistes du reste du monde ont pris le discours pour argent comptant et ont continué à penser qu’Obama est Président des Etats Unis est, à proprement parler, affligeant.

Ce qui est clair, à la lecture et au visionnage du discours est qu’Obama choisit la confrontation avec le Congrès, non pas dans quelques domaines, mais dans tous les domaines et n’hésitera devant aucune distorsion, aucune falsification et aucun acte de mauvaise foi.

En termes de politique intérieure, il s’attribue un rebond de croissance (que certains égarés interprètent comme un effectif retour à la croissance), alors que ce rebond est essentiellement dû à l’extraction de gaz de schiste sur des terres privées, et à une baisse du prix du pétrole découlant de décisions prises par l’Arabie Saoudite pour freiner l’Iran et l’Etat islamique.

Il s’attribue la baisse du prix du pétrole alors qu’il n’y est strictement pour rien, et l’augmentation de la production de pétrole aux Etats-Unis, alors qu’il a tout fait pour l’entraver.

Il présente comme un accomplissement majeur les dépenses immenses effectuées pour l’énergie solaire et éolienne, qui ont été essentiellement un gaspillage et n’ont produit quasiment aucun surcroît d’énergie, sinon à des prix démesurés.

Il ose parler d’«économie au service de la classe moyenne» alors que sous sa présidence, la classe moyenne a été laminée, et a vu son niveau de vie se détériorer.

Il ose évoquer la baisse du chômage : il laisse de côté l’accroissement du nombre de pauvres et de gens vivant d’assistance sociales diverses, ainsi que l’accroissement du nombre de gens sortis des statistiques du chômage en se trouvant placés dans un statut d’invalidité permanente quand bien même ils ne sont pas invalides : le taux d’emploi au sein de la population en âge de travailler n’a pas été aussi faible aux Etats Unis depuis 1977.

Il laisse aussi de côté le fait que l’essentiel des emplois créés depuis Janvier 2009 ont été des emplois à temps partiel venant remplacer des emplois à temps plein (largement en raison de la volonté d’entreprises d’échapper à l’obligation de passer au système de santé Obamacare, qui entraîne des surcoûts écrasants), et il parle de créations d’emploi à un rythme rapide : remplacer un emploi à temps plein par deux emplois à mi temps est une façon de créer des emplois, tout en abaissant le niveau de vie.

Il parle de onze millions d’emplois créés, mais laisse de côté le nombre d’emplois détruits, qui reste supérieur au nombre d’emplois créés.

Il considère que la légalisation de millions d’immigrants clandestins à laquelle il a procédé par décret, en contournant le Congrès, est un « combat du passé », et que toute tentative du Congrès d’agir par voie législative en la matière se heurtera à un veto présidentiel, comme tout autre projet pouvant émaner du Congrès.

Il dit que les déficits diminuent : il omet de rappeler qu’il a davantage endetté les Etats Unis en six ans que tous ses prédécesseurs réunis. Il promet de nouveaux impôts sur les entreprises et les plus riches de façon à ce que chacun paie « sa part » : il omet de dire, cela va de soi, que le taux d’imposition des entreprises américaines sous sa présidence est déjà devenu le plus élevé du monde développé.

Il évoque l’envoi d’astronautes dans l’espace, mais omet de dire qu’ils devront emprunter des véhicules russes, puisque la Nasa, depuis 2009, a été privée des moyens requis pour continuer son travail.


En termes de politique étrangère, il atteint le stade du délire léniniste, et tient des propos aussi fiables que les nouvelles diffusées par la Pravda sous Brejnev.

Il clame avoir endigué Poutine : je ne suis pas certain que les Ukrainiens ont perçu l’endiguement, et si Poutine n’est pour l’heure pas allé plus loin, c’est parce que la Russie a été touchée, fortement, par la baisse du prix du pétrole enclenchée à d’autres fins par l’Arabie Saoudite.

Il clame avoir aussi endigué l’Etat Islamique : celui-ci contrôle désormais une superficie équivalente à celle du Royaume Uni et n’a cessé au cours des derniers mois de gagner du terrain (l’abandon de Kobané n’est, n’en déplaise à divers commentateurs, pas significatif).

Il clame avoir gagné la guerre contre le terrorisme, et cite l’Irak et l’Afghanistan où, dit-il, les « missions de combat son terminées » : l’Irak est contrôlé au Nord par l’Etat Islamique et au Sud par l’Iran, et l’Afghanistan repasse aux mains des talibans, ce qui signifie deux défaites pour les Etats Unis.

Il cite aussi la Libye, pays qui est en proie au chaos islamiste. Il se permet de dire que la réouverture des relations avec la dictature castriste à Cuba est une avancée pour la démocratie : les Cubains emprisonnés par dizaine aussitôt après l’annonce par Obama de la réouverture des relations susdite ne se sont pas aperçu de l’avancée pour la démocratie. Les frères Castro voient, eux, que les Etats-Unis ont donné de l’oxygène à leur régime et lui ont permis de se renforcer : ils poussent d’ores et déjà leur avantage et demandent des milliards aux Etats Unis.

Il présente comme un accomplissement le pacte concernant l’environnement signé avec la Chine : par ce pacte, les Etats Unis sont censés mettre en place des réglementations très coûteuses de manière immédiate, la Chine promet d’envisager des mesures d’ici plus d’une décennie. Quel accomplissement !

Il agite le spectre d’un conflit avec l’Iran qui serait un conflit « voulu » par les Républicains, et il dit avoir stoppé l’avancée de l’Iran vers l’arme nucléaire : il omet de rappeler qu’il n’a, en réalité, cessé depuis six ans de permettre à l’Iran de gagner du temps, d’avancer vers l’arme nucléaire et de progresser vers une position hégémonique régionale tout en menaçant toujours davantage Israël. Il ne dit pas qu’en oeuvrant pour la levée des sanctions contre l’Iran et en obtenant celle-ci, il a procuré au régime des mollahs un oxygène du même type que celui qu’il vient d’offrir aux frères Castro. Il ajoute que le vote de nouvelles sanctions contre l’Iran arrêterait les progrès des négociations avec les mollahs : il omet de dire vers quoi ces négociations où les Etats Unis jouent le rôle de l’idiot utile sont censées mener.

Il dit que le péril majeur aujourd’hui à l’échelle planétaire est le réchauffement global et le changement climatique, alors même que toutes les données scientifiques sérieuses montrent qu’il n’y a aucun réchauffement global et aucun changement climatique.

Il ne prononce pas une seule fois les mots islam, islamisme, djihad, sinon pour dire que les Musulmans sont des gens pacifiques.

Il termine en disant qu’il entend travailler avec le Congrès, pour peu que celui-ci renonce à être sectaire et hypocrite, ce qui sous entend qu’il est prêt à travailler avec le Congrès si celui-ci se couche totalement devant tous les diktats d’Obama et devient une chambre d’enregistrement passive.

Il y a du dictateur en cet homme.

Il ne cesse de détruire les Etats Unis de l’intérieur et de récompenser, à l’extérieur, les ennemis des Etats Unis. Il a transformé en défaites des victoires durement acquises. Il a permis une avancée sans précédents du terrorisme sur la planète.

La bonne nouvelle est qu’il lui reste moins de deux ans (il peut violer les institutions américaines, mais pas au point de se proclamer Président à vie). La mauvaise nouvelle est qu’il s’efforcera de faire autant de mal que possible pendant le temps qui lui reste.

L’autre bonne nouvelle est que quelqu’un d’autre que lui va le remplacer à la Maison Blanche en janvier 2017. L’autre mauvaise nouvelle est que les grands médias américains vont continuer à être peuplés de gens au cerveau lavé par le politiquement correct.

Je ne classerai pas le fait que les journalistes du reste du monde, et, en particulier, les journalistes français (à quelques exceptions près) ont eux aussi le cerveau lavé : il en est ainsi depuis longtemps, et ce n’est plus une nouvelle. Quand je parle avec eux, je préfère parler du temps qu’il fait. J’évite les sujets sérieux. Les lire ou les écouter lorsqu’il s’agit de choses sérieuses est une perte de temps.

On en apprend moins encore en les lisant et en les écoutant lorsqu’il s’agit de choses sérieuses qu’en lisant un vieux numéro de Pif le Chien ou en regardant un très ancien épisode de Rintintin.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Guy Millière pour Dreuz.info.

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Published by Guy Millière - dans Obamania
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commentaires

dave 01/02/2015 21:15


Désolé pour les mots en GROS avec un lien à la con : imposé par Overblog !! 

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