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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 19:40

YOM HAATSMAOUT

 

Tous les fils d’Israël ne s’égarent

pas dans “l’air du temps”

 

 

François Célier

 


Par l’intermédiaire de l’article d’un

ami (1), je pris connaissance d’un

entretien exclusif du Yediot Aharonot,

sur six pages d’un de ses

magazines concernant Avindov

Begin, le petit-fils de Menahem Begin. Ma

première réaction je l’avoue, fut d’être

profondément navré par les paroles iconoclastes

de ce jeune homme.

Voici quelques-unes de ses paroles qui m’affligent.

Sic : “Je ne suis pas juif... Je ne suis

pas sioniste... Je ne me lève pas pour l’hymne

national. Cela n’a aucune valeur à mes

yeux... J’ai voulu appeler mon fils Wouagi,

du nom de mon ami palestinien dont le fils

a été blessé par une balle de Tsahal... J’aurais

souhaité qu’ils démontent la barrière de séparation

et que Wouagi puisse enfin travailler

sa terre. En conséquence je manifeste à

Billin... Mon grand-père n’a rien changé dans

les rapports entre Israël et l’Egypte. Il n’y a

pas de paix, c’est une illusion... Il y a entre

moi et mon père un désaccord complet...

Cela m’indiffère si mon fils intègre Tsahal.

Pour moi, il peut tout aussi bien intégrer

l’armée du Costa-Rica.”

Me revint alors à l’esprit l’article que

j’écrivis il y a trois ans de cela, au sujet de

son grand-père, à mes yeux de non-Juif,

un héros d’Israël. Cet article est toujours

dans mon actualité de pensée. Puisse ce

témoignage aider monsieur Avindov

Bégin à revoir son jugement hâtif, et ne

pas épouser les nuisances méphitiques de

“l’air du temps”.

 

Pourquoi “Begin me rendit

politiquement sioniste” ?

 

J’étais déjà politiquement sioniste par

l’esprit de la Bible, mais ce fut Menahem

Begin, homme hors du commun, qui m’a

fait voir l’image de ce que pouvait être un

Premier ministre israélien sioniste, habité

par une conscience vouée à la vocation

d’Israël. J’ai bien connu Itzhak Shamir,

rencontré Ariel Sharon, Itzhak Rabin,

Shimon Peres, puis Ehoud Olmert, et mon

désenchantement n’a fait que croître

jusqu’à l’indignation.

Depuis l’avènement de Binyamin Netanyahou,

l’espoir a refait surface dans mon

esprit. Je l’exprime tout net car, bien que

non-Juif, je suis un ami d’Israël depuis

trente ans, prenant parfois des risques (pour

ma vie, ou par mes prises de positions

m’amenant des problèmes religieux ou

relationnels).

Je voudrais rappeler le commentaire de

Yehouda Avner (ex-conseiller de quatre

Premiers ministres, dont Menahem Begin)

qui exposa l’attitude sioniste de ce dernier

face à l’hostilité crispée du président J.

Carter, alors maître de la première puissance

mondiale.

Petit homme à lunettes et vibrant de

conviction, Menahem Begin déclara alors

qu’Israël ne renoncerait ni à la Judée, ni à

la Samarie, ni à la bande de Gaza...

Irrité, le président Carter rétorqua :

“Monsieur le Premier Ministre, votre insistance

sur vos droits sur les Territoires et

Gaza peut être interprétée comme un signe

de mauvaise foi. Elle fera comprendre votre

intention de rendre permanente l’occupation

militaire de ces zones. Cela mettra un

terme à tous les espoirs de négociation. Il

ne peut y avoir d’occupation militaire

permanente de ces territoires conquis par

la force.”

Le Premier ministre lui répondit avec

gravité et grandeur d’âme : “Monsieur le

Président, je vais vous confier quelque

chose de personnel - non à mon sujet,

mais au sujet de ma génération. Ce que

vous avez entendu concernant les droits,

qui sont ceux du peuple juif, sur la terre

d’Israël, peut vous sembler académique,

théorique, voire discutable. Mais pas à ma

génération. Pour ma génération de Juifs,

ces liens éternels sont des vérités irréfutables

et incontournables, aussi anciens

que le temps qui s’est écoulé. Elles

touchent au coeur même de notre identité

nationale. Car nous sommes une nation

ancienne qui revient chez elle. Nous

sommes comme une génération biblique

de souffrance et de courage. Nous sommes

la génération de la Destruction et de la

Rédemption. Nous sommes la génération

qui s’est relevée de l’abîme sans fond de

l’enfer. Nous étions un peuple sans espoir,

Monsieur le Président. Nous avons été

saignés à blanc, non pas une fois, ni deux

fois, mais de siècle en siècle, encore et

encore. Nous avons perdu un tiers de notre

peuple en une génération, la mienne. Un

million et demi de ses membres étaient des

enfants, les nôtres. Personne n’est venu à

notre secours. Nous avons souffert et

sommes morts seuls. Nous ne pouvions

rien faire. Mais maintenant, nous pouvons

nous défendre nous-mêmes.”

Puis, après un temps de démonstration

de stratégie militaire, carte géographique

en main concernant les impératifs absolus

et nécessaires à la survie d’Israël, le Premier

ministre conclut : “Monsieur, j’en fais le

serment devant vous, au nom du peuple

juif : cela n’arrivera plus jamais.”

Menahem Begin était un sioniste digne

de ses précurseurs et de ses ancêtres

bibliques. Et quel tribun ! Sa pensée était

claire et sans ambiguïté. Je suis sûr que le

souvenir de son autorité naturelle, de sa

simplicité de vie, de sa loyauté indéfectible

envers son pays amène un grand nombre

d’Israéliens à soupirer.

Des hommes de sa trempe manquent

cruellement à la gouvernance du pays. Il

était le guide et le gardien d’Israël. Aucune

once de corruption ne pesait sur lui. Tout

son être était tendu vers la défense d’Eretz

Israël et en retour, celle-ci lui donnait la

force d’affronter ses adversaires ou les

“géants” de ce monde. Telle une lame

d’acier, sa détermination provoquait

parfois la colère des Arabes mais, dans le

secret de leur coeur, les forçait au respect.

Il se trouve, vu la modernité intellectuelle

de nos jours, que la gauche israélienne

et son intelligentsia pérore souvent,

palabre beaucoup, prend des vessies pour

des lanternes et s’entiche de n’importe

quels accords, même Mecquois, pourvu

qu’ils complaisent aux sirènes des médias,

aux versatiles opinions publiques et politiciennes

(qui méprisent en secret “ce petit

pays de m...”, Sic un diplomate occidental),

empêcheur de jouer dans la cour

des grands stratèges d’un monde déboussolé,

flirtant avec la peur d’une guerre

nucléaire.

 

Qu’aurait fait Begin de nos jours ?

 

Un nouvel Osirak sur l’Iran... N’étant

d’aucun parti politique, je m’interroge sur

les hommes de notre temps qui défilent

sur la scène tragique de l’actualité et je me

sens triste en évoquant M. Begin, triste

d’observer que personne de sa force de

caractère et de convictions ne se lève pour

raviver sa flamme sioniste. N’est-il pas

écrit dans la Torah : “Faute de vision, mon

peuple se meurt” ?

Venant de l’athéisme, depuis que la

conviction de l’existence de Dieu m’a

saisi, je fonde de grands espoirs sur

l’avenir et l’exemplarité du développement

d’Israël (notamment en éthique et

équité) sous le regard des nations.

En dépit de mon désappointement

actuel, cet espoir demeure dans mon esprit.

Il ne concerne pas seulement un mieux

vivre en paix pour Israël, mais également

l’immense aspiration de millions et

millions de Chrétiens tels que moi et d’incroyants

de bon sens, répartis dans le

monde (une réalité encore sous-estimée des

Israéliens). Je sais que nous avons tous le

profond désir du succès d’Israël, pas seulement

dans sa force militaire, économique,

ses milliers de brevets d’inventions, le

nombre de ses prix Nobel ou son admirable

éthique mosaïque et humaniste, mais aussi,

parce qu’Israël représente l’indéniable

attestation de l’existence de Dieu dans l’inconscient

d’une grande multitude d’hommes

et de femmes et, par là même, d’une

grande espérance messianique dans le

secret des coeurs. ■

 

François Célier, Pasteur sioniste. Ecrivain

 

(1) “Bon sang ne saurait mentir”, par Victor

Perez.

  Menahem Begin, à Camp David, en 1978. (© DR)

 

 


 

 

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Published by François Céllier - dans Israël
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