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9 mars 2008 7 09 /03 /mars /2008 17:28
undefinedLe discours unique prédit la Berezina pour la majorité aux municipales. En attendant, le chômage baisse (7,5%), François Fillon recueille 66% de satisfaits (sondage Paris Match) et Nicolas Sarkozy semble amorcer une remontée (sondage Le Point). Un succès de la gauche, qui se contenterait d’un repliement local, se confirmera peut-être. Cependant, il n’est pas toujours de bon augure d’être ainsi préélu par les perroquets. Ségolène Royal puis François Bayrou, à qui l’Élysée fut promis, le savent. C’est pourquoi Barack Obama, plébiscité pareillement, a sans doute du souci à se faire.

Il arrive au monde médiatique de prendre ses désirs pour des réalités. Son suivisme a fait croire que l’affaire Clearstream dissimulait un Watergate: elle se conclut par un dossier qui ne reproche à Dominique de Villepin que de mauvaises pensées. Le pilonnage anti-Bush, autre exemple, interdit d’admettre la récente défaite d’al-Qaida en Irak. En revanche, le même endoctrinement permet à l’actrice Marion Cotillard, couronnée d’un Oscar, de soupçonner les États-Unis d’avoir fait s’effondrer les Twin Towers, le 11 septembre 2001…

Pour les adeptes du copier-coller, l’arrivée d’un démocrate à la Maison-Blanche est acquise. Ils n’imaginent pas qu’un républicain puisse y garder la place. L’obamania, précédée d’une dévotion des belles âmes pour Michael Moore, en vient à négliger Hillary Clinton, qui a remporté mercredi deux victoires importantes, au Texas et dans l’Ohio. Alors que le projet d’Obama est aussi vide que le fut celui de la candidate socialiste, le bien-pensisme y barbote en terrain familier.

En réalité, rien n’est joué aux États-Unis, même si la percée d’Obama rappelle le goût des Américains pour les success stories et les hommes neufs. Son métissage, considéré comme un programme suffisant, dissimule mal les faiblesses de ses propositions et de sa diplomatie. Dans un pays traumatisé par le 11-Septembre, le discours offensif de John McCain contre "l’extrémisme islamiste" paraît plus adéquat.

Pour tout dire, cet unanimisme devient pesant, à force de penser de travers. Silvio Berlusconi s’apprête à revenir au pouvoir en Italie, en avril, après avoir été conspué par l’intelligentsia. José Luis Zapatero, applaudi en France pour vouloir ouvrir l’Espagne au multiculturalisme, se découvre, à la veille des législatives de dimanche, rudement contesté chez lui par ceux qui craignent pour l’État-nation. Faut-il encore prendre pour vérité ce qui se répète?


Le pari de Parisot
Un bémol: l’unanimité n’est pas toujours suspecte. Il est des dossiers indéfendables. Tel est le cas de la caisse noire de 600 millions d’euros constituée par l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM). Elle permettait de payer, en liquide, salariés, syndicalistes, hommes politiques. Même le GUD, groupe d’extrême droite, aurait bénéficié de largesses pour, dit-on (mais le lien n’est guère évident), financer la campagne de Valéry Giscard d’Estaing de 1974. Reste que cette réalité indigne davantage que le pactole du comité d’entreprise d’EDF (480 millions d’euros), qui aurait servi à financer la CGT, le PCF et la Fête de l’Humanité. Passons.

L’habileté de Laurence Parisot a été, cette semaine, de faire admettre comme une évidence la fracture patronale née de ces pratiques occultes, qui ont conduit l’ancien président de l’UIMM, Denis Gautier-Sauvagnac, à distribuer près de 20 millions d’euros de 2000 à 2007. En dénonçant ses indemnités de départ (1,5 million d’euros) et en se désolidarisant d’un monde corrompu, la présidente du Medef a fait preuve d’une détermination qui assoit son autorité. Derrière un profil à la Margaret Thatcher se précise un possible destin politique.

Rarement consensus n’aura été aussi rapidement acquis sur la nécessité de réformer les dérives patronales (mais aussi syndicales) abritées derrière l’omerta: méthodes d’autant plus indéfendables qu’elles s’ajoutent aux avantages exorbitants que s’accordent certains grands patrons, tandis que des salariés s’appauvrissent. En voulant "tout remettre à plat", Parisot semble avoir pris la mesure d’une exaspération populaire dont la gauche croyait faire son miel. Reste à imposer une éthique au libéralisme, ce mot qui fait encore peur. Pari gagnable.


Poids des évidences
Le poids des évidences viendra, le plus sûrement, à bout des récitations et des aveuglements. Ainsi n’est-il plus condamnable d’admettre l’existence d’un racisme anti-blanc ou anti-juif, porté ici et là. Mercredi, c’est le calvaire d’un Français de confession juive qui a été dévoilé. Il a été séquestré durant une journée par six voyous qui lui ont fait subir des sévices à connotations antisémites et homophobes. La scène s’est déroulée à Bagneux (Hauts-de-Seine), là où il y a deux ans Ilan Halimi avait été torturé à mort, parce que juif également.

Les organisations antiracistes ont de quoi être ébranlées, elles qui ont participé initialement à la victimisation des enfants des cités et à leur sentiment d’impunité. Est-ce l’effet de leur lucidité? SOS Racisme soutient aujourd’hui Ayaan Hirsi Ali dans son combat contre les islamistes (bloc-notes du 15 février). La Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) se mobilise contre les dérives du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, qui veut assimiler au racisme toute critique de l’islam (voir mon blog). La pensée molle n’y retrouve plus ses petits. Bonne nouvelle.

 

Israël boycotté
Le monde arabo-musulman boycottera le Salon du livre, qui ouvre ses portes le 13 mars à Paris, avec Israël comme invité d’honneur. Or, nombreux sont les écrivains israéliens qui s’opposent à la politique de l’État hébreu. Pourquoi refuser de les rencontrer?
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25 février 2008 1 25 /02 /février /2008 21:06
Soyons clair , pour moi c'est une tempête dans un verre d'eau. Je ne me rappelle pas d'une telle polémique quand Georges Freche (qui vient d'être réintégré au  PS, soit dit en passant) avait traité les Harkis de sous-hommes. Comme quoi, quand on insulte quelqu'un , mieux vaut être de gauche !!

Ivan Rioufol, sur le site du Figaro, livre une analyse très pertinente de la situation.


La voici :
D'accord: Nicolas Sarkozy n’aurait pas dû siffler entre ses dents "casse toi alors  pau'v con", à l'adresse de celui qui, samedi au Salon de l'Agriculture, venait de refuser de lui serrer la main en lui disant: "Touche moi pas, tu m’salis". Ces choses là se pensent tout bas. Surtout quand les micros se font de plus en plus indiscrets. Pourtant, parmi ceux qui s’offusquent, beaucoup auront applaudi en 2006 au coup de boule donné par Zinedine Zidane à un joueur italien qui avait insulté sa sœur. Pour ma part, je désapprouve le geste de Zidane comme le mot de Sarkozy, qui reflètent une même impétuosité. Pas de quoi, pour autant, en faire un plat.

La curée contre le chef de l’Etat rend inaudibles (c’est d’ailleurs le but, à la veille des municipales) les propositions du gouvernement. Le discours de Sarkozy sur la refondation de la politique agricole commune (PAC), prononcé ce samedi, est passé inaperçu du grand public. La suggestion de Christian Estrosi de réformer le droit du sol à Mayotte a été étouffée. Quant à la décision du parlement d’instaurer une mesure de rétention de sureté pour éviter que des criminels dangereux non guéris soient remis dans la nature, elle s’est transformée en un embrouillamini visant à accréditer la thèse loufoque d’une République en danger.
(J'ajoute la volonté de Xavier Darcos de refaire de l'école primaire une vraie école)

  Il se répète, dans cette affaire, que le Conseil constitutionnel s’est prononcé contre la rétroactivité de la réforme, qui créé des centres socio-médico-judiciaires pour accueillir des détenus à l’issue de leur peine. C’est inexact. Les Sages ont admis que cette rétention n’était pas une peine, mais une mesure de sureté pouvant donc être appliquée tout de suite. Cependant elle a été assortie de conditions techniques qui rendent aléatoire l’efficacité recherchée par Rachida Dati. Quand Robert Badinter, ancien garde des Sceaux, voit dans cette réforme  "un tournant très grave de notre droit", il oublie que la relégation – qui envoyait les irrécupérables en Guyane – a été instituée en 1885. Elle a été remplacée par la tutelle pénale en 1970.  Il n’y a donc pas de " tournant",  ni d’atteinte aux "fondements de notre justice", contrairement à ce qu’avance Badinter.
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23 février 2008 6 23 /02 /février /2008 08:22
undefinedRésumons: Nicolas Sarkozy serait fou et la République en danger. Le lynchage, attisé il y a dix mois, atteint l’hystérie. Elle est cautionnée, cette semaine, par des opposants dont l’audace est encore loin de faire un programme. Quand Dominique de Villepin, Ségolène Royal et François Bayrou signent un appel "Pour une vigilance républicaine", rédigé par Jean-François Kahn et publié par Marianne, c’est la pensée conforme qui se pousse du col. Non, merci.

Rien n’est moins intrépide que de s’en prendre au chef de l’État. Or, les tirs à vue ne justifient pas ces accusations sur la démocratie menacée, mais aussi la laïcité, la liberté d’expression, l’indépendance nationale. Prophétiser ces menaces, sans les démontrer autrement qu’en assurant qu’elles sont dans l’air, fait douter de la lucidité de ces pétitionnaires, adversaires malheureux de la présidentielle. La rancœur se lit dans leurs philippiques.

Les donneurs de leçons, reprenant Libération, dénoncent une monarchie élective, alors que cela fait plus de trente ans que Maurice Duverger a analysé la dérive présidentielle dans "La Monarchie républicaine". Ils assurent que l’indépendance et le pluralisme de l’information seraient menacés, mais ils n’ont jamais rien dit du mimétisme médiatique qui flatte la gauche et alourdit les débats. La mise en garde contre l’atlantisme est, elle, l’incontournable du prêt-à-penser. "Banalité totale", a dit François Hollande, se désolidarisant du pu-putsch. En effet.

Reste ce martèlement: Sarkozy mettrait la laïcité en danger parce qu’il parle de spiritualité. Mais n’est-ce pas ce qu’attend une opinion déculturée, en quête de repères, de valeurs, de sens? L’intégrisme laïc, qui sort ses gousses d’ail au nom de Dieu et veut brûler le moindre gourou, a produit un vide qu’il n’est pas interdit de vouloir combler. Oui, il serait dangereux de remettre en cause la loi de 1905. Mais la morale religieuse s’accommode de la séparation de l’Église et de l’État.

En fait, ce concert d’aigris appuyé par la meute en vient à rehausser la stature présidentielle. Tandis que la gauche reproche une multiplication d’initiatives et de réformes, les Français attendent d’elle le début d’un projet qui justifierait ses prétentions. Celles-ci se réduiraient-elles à la seule gestion localière? Cette modestie mal assumée expliquerait sa propension à brasser de l’air.

 La gauche rombière
Un tsunami électoral de l’opposition est prédit en mars par les augures. Attendons. À Paris, l’assurance du PS est telle que Bertrand Delanoë a jugé inopportun de débattre, hier soir sur RTL, avec Françoise de Panafieu (UMP). Lundi soir, c’est avec foie gras et caviar que le maire sortant a présenté son très "pipole" comité de soutien, dans le cadre d’une soirée "triée sur le volet" (Le Parisien, mardi). Ici et là, une gauche aux allures de rombière s’offusque du côté "parfois vulgaire" du président et de sa "manière d’être" (Pierre Moscovici). Les veilles dames de Faizant se pinçaient pareillement le nez. Le PS deviendrait-il vieux jeu?

L’invraisemblable superficialité des critiques, qui gloussent sur la montre, le bracelet, les lunettes du président "bling-bling", surprennent par leur décalage avec les dossiers ouverts. Cette semaine: refondation de l’école primaire, relance de l’audiovisuel public, réforme de la justice. Même l’opération de police déclenchée, lundi matin, contre les émeutiers de Villiers-le-Bel qui avaient blessé par balles des policiers, a agacé ces messieurs-dames à cause de sa médiatisation. Faudrait-il en plus que le pouvoir fasse profil bas?

Quant à la décision maladroite de Sarkozy de proposer à chaque élève de CM2 de s’intéresser à l’un des 11 000 enfants juifs morts en déportation, elle ne valait pas, franchement, ce déchaînement d’indignations, au prétexte que l’initiative risquerait de traumatiser des enfants et de raviver une guerre des mémoires et des communautés. "Un lycéen sur deux ignore ce qu’est la Shoah", a fait remarquer Xavier Darcos. Derrière de sincères et compréhensibles critiques s’est aussi levée une brise sournoise, laissant porter un antisémitisme décomplexé.


Kosovo: "Un grand succès"?
"Indépendance, le joli mot", écrit Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, mardi dans Le Figaro, en approuvant la liberté prise unilatéralement, dimanche par le Kosovo musulman, jusqu’alors province de la Serbie orthodoxe. Mais qu’est devenu, dans cette issue, le métissage prôné par l’Union européenne, qui faisait dire à Alain Richard, ministre de la Défense, en 1999: "Nous avons vocation partout en Europe à avoir des états multiethniques qui tolèrent les minorités"? Après avoir éreinté le nationalisme serbe, l’Europe des belles âmes vient d’adouber le nationalisme kosovar et le rêve d’une grande Albanie, en donnant son aval à un séparatisme qui inquiète légitimement les nations confrontées à des minorités (à commencer par Chypre et la Macédoine). Est-ce à dire que les pays musulmans seraient exemptés, eux, du multiculturalisme qui s’invite jusqu’en Grèce? Hier, Alexandre Soljenitsyne a dénoncé cette "sécession inique". La boîte de Pandore est ouverte.

Exemple danois
Depuis le 10 février, Copenhague et d’autres villes danoises connaissent chaque nuit des émeutes de jeunes issus de l’immigration. Si nombre d’entre eux ont un emploi, ils brûlent néanmoins des voitures, des écoles, des crèches. Cette semaine, le premier ministre, Anders Fogh Rasmussen, a déclaré: "Il faut arrêter de croire que c’est de la faute de la société. Il en va de la responsabilité des jeunes et de leurs parents". Le gouvernement envisage de faire payer la casse par les voyous ou leurs familles. Envisageable en France?

(
La page originale)
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19 janvier 2008 6 19 /01 /janvier /2008 07:23
undefinedPas un mot. Nos humanistes n'ont rien dit, cette semaine, du calvaire qu'ont fait subir les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) à l'enfant de l'otage Clara Rojas, qui a retrouvé son fils, lundi. Cette proche de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt a été libérée la première, après une intervention de Nicolas Sarkozy auprès du geôlier en chef, Manuel Marulanda, dit Tirofijo («Tir dans le mille»). Séparé de sa mère à huit mois, maltraité, atteint de troubles psychomoteurs, Emmanuel, 4 ans, symbolise la barbarie des guérilleros. Mais la pensée molle épargne les salauds.

Contre toute raison, c'est le président colombien, Alvaro Uribe, qui est tenu pour responsable du sort des 780 otages des Farc. Cet homme, deux fois élu depuis 2002 pour délivrer son pays d'une insurrection marxiste qui a assassiné son père et qui s'est perdue dans le trafic de drogue et les enlèvements, a été la cible des critiques. Si la famille Betancourt, tout à son combat personnel, le presse de céder aux ravisseurs, cette semblable attitude d'une partie des faiseurs d'opinion révèle la persistance de l'aveuglement devant les idéologies totalitaires.

En choisissant de s'adresser à «Monsieur Marulanda», le 6 décembre, pour tenter d'obtenir la libération d'Ingrid Betancourt, le président français avait pris le risque de donner une légitimité à un mafieux dont l'organisation est classée comme terroriste. Depuis, la révélation de sa cruauté aurait dû le discréditer. Visiblement, il n'en est rien. Le président vénézuélien Hugo Chavez, coqueluche du «josébovisme», demande même la reconnaissance de «ces forces insurgées».

Quand Olivier Besancenot (LCR), qui supplée le PS anémié dans son rôle d'opposition, cite Che Guevara comme inspirateur du «socialisme du XXI e siècle», à l'instar de Chavez, il rappelle que l'extrémisme français (orphelin, depuis mercredi, du dirigeant trotskiste Pierre Lambert) cousine avec ceux qui partagent sa détestation du libéralisme, des États-Unis, de l'Occident. Dans cette amicale du «grand soir», altermondialistes et islamistes s'autocongratulent.

Or la gauche républicaine n'est plus un rempart contre cette radicalité qui s'installe. Les socialistes, qui trouvent un charme au terroriste italien Cesare Battisti, ont laissé Clara Rojas dénoncer seule le «crime de “lèse-humanité”» qu'est la prise d'otages des Farc. Les droits-de-l'hommistes avaient l'occasion de s'indigner de ces hommes enfermés dans des cages et de ces femmes enchaînées. Leur silence vaut renoncement.

Fragile démocratie
 
Le radicalisme qui vient - il a poussé des cheminots à des opérations de sabotage, conduit des habitants de Villiers-le-Bel à tirer à vue sur des policiers, incité, samedi, de jeunes nationalistes corses à incendier des locaux de l'Assemblée territoriale d'Ajaccio - rencontre trop souvent la lâche bienveillance accordée aux mouvements revendicatifs quand ils recourent aux intimidations. C'est une même pensée molle et instrumentalisable qui exonère les bourreaux d'Emmanuel au nom d'un respect qui serait dû aux guérilleros - la France s'est même engagée à en accueillir et qui donne raison aux combats de José Bové contre l'industrie agroalimentaire nord-américaine.

En effet, aucune raison scientifique valable n'étaye la décision du gouvernement de recourir à la clause de sauvegarde sur le maïs transgénique de la firme Monsanto. Les «doutes sérieux» avancés vendredi ont été démentis par quatorze scientifiques membres de la Haute Autorité provisoire sur les OGM, dont l'avis a pourtant conduit à suspendre les semences pour 2008. Comme le déplorent Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale, et les députés UMP avec lui : «Un scientifique (…) sera toujours moins médiatique qu'un “faucheur volontaire”.»

Car José Bové, qui a cessé sa grève de la faim et se fait embrasser comme du bon pain par Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'État à l'Écologie, est bien le gagnant de ce bras de fer politique. Sa victoire est celle des altermondialistes et de leurs coups de force, qui avaient poussé au suicide un agriculteur victime d'un commando, cet été. Le pouvoir, attentif au principe de précaution pour les OGM, devrait avoir cette même vigilance pour la fragile démocratie.

 Peur des religions ?
 
Une constatation : la France montre parfois le visage d'une société sans repères, incapable de s'indigner de la barbarie quand elle s'en prend à un enfant, ou de l'ensauvagement qui gagne certains comportements. Il est loisible d'y voir les prémices d'une dé-civilisation. Aussi, le chef de l'État a-t-il mille fois raison d'insister pour replacer le débat sur les valeurs au centre d'un monde matérialiste, amnésique, déraciné. En quoi faudrait-il s'inquiéter de son éloge répété des religions et de leur héritage, qui fait hurler les intégristes de la laïcité ? L'Italie est scandalisée depuis que des enseignants et étudiants ont interdit au Pape de prononcer, mercredi, son discours à la Sapienza, l'université de Rome. «Le sentiment religieux n'est pas plus condamnable à cause du fanatisme que le sentiment national ne l'est à cause du nationalisme», a déclaré Nicolas Sarkozy, lundi, à Riyad (Arabie saoudite). Il pourrait bien avoir touché là au cœur des nombreux Français qui, mêmes laïcs, restent attachés à leur culture chrétienne.

 «Islam ouvert»
 
L'Arabie saoudite portera-t-elle «l'islam ouvert» espéré par Sarkozy à Riyad ? Le berceau de l'islamisme oppressant en est loin. Si le président a dit vouloir faciliter la construction de mosquées en France, il s'est gardé d'évoquer l'impossibilité de construire là-bas ne serait-ce qu'une chapelle. Ce souci d'épargner des susceptibilités est la première entorse à la réciprocité posée comme principe par le chef de l'État. Effet d'une intimidation ?

(La page original : Le Figaro/débats)
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22 décembre 2007 6 22 /12 /décembre /2007 02:13
undefinedZ'avez eu peur, hein ??


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Le bloc-notes d'Ivan Rioufol du 21 décembre 2007.

Si ! Si ! Le PS a bougé un doigt. Les socialistes, pé trifiés dans leur hibernation, viennent de «reconnaître l'économie de marché». François Hollande a même parlé, samedi, d' «aggiornamento». Ce pendant, rien n'étant simple dans ce parti comateux, il a ajouté : «… Mais nous avons un rapport critique au capitalisme et nous combattons le libéralisme». Néanmoins, celui qui disait hier ne pas «aimer les riches» parle des vertus de «la création de richesse». Cela tombe bien, c'est ce que demandent les gens.

Il faut dire que l'étatisme socialiste, que s'efforçait de contourner la gauche une fois au pouvoir, était une curiosité dont seuls la Corée du Nord et Cuba osent encore vanter les réussites. Alors que les plus dogmatiques des syndicats, à commencer par la CGT, semblent prendre la voie du réformisme indiquée par Nicolas Sarkozy, il est tentant de voir une semblable influence élyséenne dans l'apparent réveil de la gauche devenue la plus bête du monde.

Reste que le capitalisme et le libéralisme ne sont pour rien dans la paupérisation des classes moyennes. Elles payent, au contraire, les réticences face à la libre entreprise et l'initiative privée. Sept millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté (817 euros par mois). La France est, avec la Bulgarie, le seul pays de l'Union où 17% des salariés sont au smic, contre 8,6% en 1991. La baisse du pouvoir d'achat n'épargne pas certains fonctionnaires : 17% ont vu leur traitement progresser moins vite que l'inflation.

Quand Jacques Attali, président de la commission pour la libération de la croissance, parle ces jours-ci, après d'autres, d'une France «sur la pente du déclin», il est difficile de lui donner tort, en dépit des indignations de ceux qui confondent lucidité et défaitisme. La chasse aux «déclinologues», ouverte par ces gardiens de la pensée lisse, n'a eu pour effet que de retarder une révolution culturelle enfin enclenchée.

La gauche déclamatoire, qui s'offusque des sans-abri avant de filer en vacances, n'est plus crédible. Le socialisme, qui a longtemps inspiré la politique, a sa large part dans le retard économique que supporte la nation. Aujourd'hui, des salariés ou des retraités redoutent de devenir à leur tour SDF. Aussi le PS doit-il poursuivre son adaptation au monde et ac compagner les réformes. Qu'il se rassure, le libéralisme ne mord pas.

Le poids de la Sécu

La baisse du pouvoir d'achat ne tient pas seulement à la lourdeur de mécanismes juridiques et fiscaux qui découragent les entrepreneurs à produire davantage, ou à l'inflation de l'immobilier, des loyers et de l'essence. Le poids de la Sécurité sociale s'avère aussi insupportable, alors que la santé est supposée gratuite. Une étude de Georges Lane, professeur à l'université Paris-IX-Dauphine, publiée par Les Contribuables Associés et révélée par Valeurs actuelles, fait apparaître l'ampleur des prélèvements. En additionnant les cotisations du salarié et de son employeur, toutes deux prélevées sur la valeur du travail effectué, Lane constate, sans être démenti, qu'une personne qui gagne le smic (1 341,03 euros brut ; 1 053 euros net) verse en fait 609  euros par mois à la Sécurité sociale ! Pour sa seule assurance-maladie, cette personne paie 32% de plus que ce qui lui est reversé : un racket, rendu illisible par la complexité des versements.

Dernièrement, des députés UMP ont demandé la création d'une commission d'enquête sur les fraudes aux prestations et aux cotisations sociales (Assedic, CMU, RMI), dont le montant est estimé entre 20 et 40 milliards d'euros. Cette vigilance serait la moindre des choses. Tout comme il devient nécessaire de réformer l'Aide médicale d'État (AME), gouffre de 445 millions d'euros par an, également payé par la solidarité nationale. L'AME, qui permet un accès gratuit aux soins pour les clandestins, serait à l'origine d'abus dénoncés par les députés UMP Thierry Mariani et Claude Goasguen. Ils estiment que «la prestation moyenne par bénéficiaire s'élève à 2 500 euros par an contre 1 500 euros en moyenne pour un assuré au régime général». Le smicard, sur la paille, paye aussi pour ceux-là. Normal ?

Seul un bouleversement des comportements parviendra à tirer la France vers le haut. Tout est à remettre à plat, à commencer par ce ruineux système de santé. Les esprits sont prêts. Mercredi, un sondage BVA a montré l'intérêt de l'opinion pour la voie choisie par Sarkozy concernant le rachat des RTT ou le travail le dimanche, même si les recettes de la gauche (prime à l'emploi, augmentation du smic, baisse de la TVA) trouvent toujours un écho chez ceux qui restent indifférents à l'endettement public. D'ailleurs, la grève des fonctionnaires du 24 janvier, décidée par six syndicats qui réclament à l'État fauché des augmentations de salaires, s'annonce comme un pénible remake.

Retour aux 40 heures

Pas de meilleure illustration d'une révolution des mentalités que le référendum de cette semaine dans l'usine de pneumatiques Continental à Sarreguemines (Moselle) : 75% des votants ont accepté le retour aux 40 heures pour assurer la compétitivité de l'entreprise, en contrepartie d'une hausse moyenne des salaires de 6%. Le oui, unanime chez les cadres, a été soutenu par 69% des ouvriers. Invités mercredi par le président à accélérer leur mutation pour accompagner les réformes sociales de 2008, les syndicats doivent se résoudre à prendre le train en marche, s'ils ne veulent pas être largués.

Rumeurs

Rumeurs de crise : 2008 n'au gurerait rien de bon pour un capitalisme dévoyé notamment dans la dérive américaine des subprime. La gauche dira : «Je l'avais bien dit !» Mais le capitalisme sait reconnaître ses erreurs. Il les corrige vite, lui. Joyeux Noël et bonne année !

(La page originale sur le site du Figaro)

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10 décembre 2007 1 10 /12 /décembre /2007 16:21
rioufol5eb.jpgLes Français veulent se sortir de leur pétrin. Ils le prouvent à chaque occasion. Le récent mouvement social, qui bataillait pour conserver les régimes spéciaux, a dû se plier à l’opinion réformatrice qui est en train d’isoler également la contestation étudiante. Les dernières émeutes ont donné lieu, singulièrement sur Internet, à un flot de commentaires qui ont révélé, jusque dans leurs excès, l’urgence d’un débat sur la cohésion nationale. Quant à l’État providence, la vache sacrée est poussée dehors, sans remords. Oui, un sursaut se profile.

Cette fois, l’État n’augmentera ni le smic, ni les primes à l’emploi, ni ces autres cadeaux (baisse de la TVA, de la taxe sur l’essence) que suggérait le PS en ignorant la dèche publique. «Je ne suis pas le père Noël. Il n’y a pas d’argent dans les caisses», a rappelé l’autre jour Nicolas Sarkozy. Récemment, il avait reproché à François Fillon d’avoir parlé d’une «situation de faillite», qui annonçait la rigueur. Mais si le mot n’est pas dit, il est désormais appliqué. Personne ne hurle.

La remise en cause des 35 heures après accord entre partenaires sociaux ou par le rachat des RTT, annoncée par le chef de l’État, signe la désacralisation des congés et des loisirs. Même le travail le dimanche est approuvé à 50 %. Mardi, un sondage de Libération a montré qu’une majorité juge efficace la réhabilitation du travail dans l’amélioration du pouvoir d’achat. Un coup d’œil dans le rétroviseur montre le chemin parcouru : un pays sous cloche et pantouflard s’éloigne. Le premier ministre parle en libéral sans choquer quiconque, quand il affirme «vouloir libérer le travail» afin de relancer l’offre. La simplification du Code du travail, discutée à l’Assemblée, est censée aller dans ce sens. L’assistanat est en mal d’avocats. Qui dit regretter ce vieux monde ? Seul François Bayrou, mimant de Gaulle, croit utile d’entrer en «résistance», alors même que la nation se dégage enfin de ses pesanteurs idéologiques.

Une révolution des mentalités s’est installée, grâce à une habile pédagogie des réformes, plus symboliques qu’efficaces. En Espagne, le modernisme pousse le socialiste Zapatero à défendre cette semaine la suppression de l’impôt sur la fortune «afin d’intégrer le groupe de la majorité des pays européens». Les Français n’en sont pas là. Mais ils peuvent en entendre beaucoup. La droite sera-t-elle à la hauteur de leurs attentes ?

Refondation culturelle
Reste que la France a du mal à admettre son état. Ce n’est pas seulement sa fracture identitaire qui reste indicible, bien qu’elle crève les yeux du premier venu. C’est sa personnalité même qui s’estompe. La semaine dernière, l’hebdomadaire américain Time titrait sur «la mort de la culture française» en soulignant qu’elle avait perdu son statut de «superpuissance». L’insolence a fait rugir Maurice Druon dans Le Figaro. Il n’empêche : l’«exception culturelle française», cet héritage de Vichy, ne produit plus pour l’essentiel que des œuvres plates et prétentieuses, tandis que la littérature égotique ne franchit plus les frontières depuis longtemps. En France même, les intellectuels médiatiques sont devenus muets. Il est vrai que la plupart des salonnards n’ont pas vu venir ces temps complexes.

Le débat civilisé et constitutif de «l’esprit français» n’arrive plus à dépasser le stade des négations, des invectives, des injures. Cette carence dans l’analyse critique explique en partie le désastre qui accable l’école. Cette semaine, deux enquêtes internationales rappellent cette réalité. Selon le Programme international de recherche en lecture scolaire (PIRLS) du Boston College, les écoliers français lisent de moins en moins bien. Selon une enquête de l’OCDE, ils décrochent aussi en sciences et en mathématiques. C’est bien une part de la culture qui est, là aussi, laissée en friches, dans la crainte d’affronter les pédagogues.

Pour autant, ce serait une erreur de croire les Français insensibles à ces phénomènes d’arasement. D’autant qu’ils s’ajoutent à une créolisation de la langue dont même Fadela Amara, chargée de la politique de la Ville, se fait l’interprète complaisant. Nadine Morano, porte-parole de l’UMP, n’a pas tort quand elle lui reproche d’«utiliser des expressions comme “à donf” ou “je kiffe”», en faisant remarquer : «Dans un entretien d’embauche, on n’est pas pris.» Plus généralement, un désir d’exigence dans la transmission culturelle se devine à travers les enquêtes. Le terrain est propice à une refondation culturelle.

«Pas approprié»
Le sursaut attendu passe aussi par l’abandon des repentances unilatérales et par le refus de se soumettre davantage aux intimidations des fondamentalistes. De ce point de vue, Sarkozy a su rétablir un peu de fierté nationale, cette semaine en Algérie, en ne formulant pas les excuses exigées pour la colonisation, dont il a cependant admis l’injustice. Cependant, il s’est prêté à l’intoxication des islamistes en estimant : «Il n’y a rien de plus semblable à un antisémite qu’un islamophobe.» S’il y a du racisme à critiquer un juif pour son origine, il n’y en a aucun à critiquer l’islam comme dogme religieux ou système politique. Reconnaître le délit d’islamophobie, créé par les intégristes iraniens, revient à condamner au silence ces musulmans qui mettent en garde contre la pensée totalitaire de l’islam radical. En admettant que l’usage de ce terme n’était «pas approprié», François Hollande deviendrait-il vigilant ?

Hommage aux harkis
Si la nation doit des excuses, c’est aux harkis qu’elle a abandonnés. En rendant hommage, mercredi, à ces musulmans qui avaient choisi de défendre la France, le chef de l’État a réparé une véritable injustice. Un sursaut, là aussi.
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1 décembre 2007 6 01 /12 /décembre /2007 00:00
rioufol5eb.jpg«Crise sociale», répètent les perroquets devant les émeutes de Villiers-le-Bel (Val-d’Oise). C’est ainsi que, depuis plus de vingt ans, des milliards ont été consacrés à la rénovation des cités et au soutien à leurs associations. En vain, comme l’a noté la Cour des comptes. En dix-sept ans, dix-neuf ministres ou secrétaires d’État à la Ville ont tenté de colmater des brèches. Résultat : cette semaine, des CRS ont été atteints par des tirs de fusils de chasse. Jamais la crise identitaire n’a été aussi visible.

La paix civile est menacée par cette fracture culturelle que ni la droite ni la gauche n’osent pourtant diagnostiquer. Comme lors des émeutes de novembre 2005, deux écoles et une bibliothèque, symboles d’une République rejetée, ont été notamment incendiées par de jeunes encagoulés, mobilisés pour défendre leur territoire. En deux nuits, plus de cent policiers ont été blessés lors de guérillas d’une violence jamais atteinte.

Le discours automatique juge «réactionnaires» ceux qui décrivent ce pays en morceaux (bloc-notes de la semaine dernière). Réuni samedi à Avignon sur le thème de la nation, pour son premier forum de la rénovation, le PS n’a pas su émettre une seule idée. «Il faut apporter des solutions et de l’espoir», s’est enhardi Jean-Marc Ayrault. Il est vrai qu’un examen de la situation amènerait la gauche à s’interroger sur son éloge de l’immigration et du métissage des cultures.

Car deux France, aujourd’hui, se font face. La remarquable insertion d’innombrables compatriotes originaires du Maghreb ou d’Afrique ne peut faire oublier le séparatisme ethnico-religieux qui se consolide dans certains ghettos. L’appel de Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, invitant mardi la population locale à «isoler les délinquants» est resté sans effet : personne n’est descendu dans les rues pour dénoncer les désordres. Une solidarité existe.

Cette réalité signe la faillite du multiculturalisme, louangé par la bien-pensance. Si la République persiste à tolérer les zones de non-droit, leur économie souterraine et les processus enclenchés de leur réislamisation, ces lieux feront sécession un jour ou l’autre. Déjà, Henri Emmanuelli, député PS, critique les forces de l’ordre qui «donnent l’impression d’une police d’occupation», pour leur préférer une police de proximité à l’image des cités. Mais cette flatterie du communautarisme est une menace pour la cohésion nationale.

L’État défié

Le comportement criminel des insurgés – ils ont tiré dans l’intention de tuer des policiers – n’est pas le résultat d’une désespérance, comme l’excusent ceux qui participent à la victimisation des nouveaux barbares. Cette «voyoucratie», ainsi dénoncée hier par Nicolas Sarkozy, est le symptôme extrême et minoritaire d’un état d’esprit plus général qui conteste la République, y compris dans ses exigences élémentaires. Moshin et Lakamy se sont tués sur une mini-moto non homologuée, parce qu’ils allaient trop vite, ne portaient pas de casque, ne respectaient pas le Code de la route. La routine, dans cette zone urbaine sensible.

Ici comme ailleurs, la République est vue comme une intruse. Nombreux y sont les Français qui ne se sentent pas solidaires des «souchiens» (ceux de souche). Certains sifflent La Marseillaise, d’autres considèrent Fadela Amara, Rachida Dati ou Rama Yade, membres du gouvernement symbolisant la nation multiethnique, comme ayant trahi leur communauté d’origine. Seul au PS, Malek Boutih admet ce divorce occulté : «On a des populations entières qui ne se sentent plus appartenir à ce pays.» Les deux victimes seront d’ailleurs enterrées au Maroc et au Sénégal.

Aussi n’est-ce pas en déversant sans contrepartie des millions d’euros sur les banlieues que le calme s’y installera. Leur défi lancé à l’autorité de l’État oblige à répondre sur ce terrain. C’est la capacité de la nation à faire respecter ses valeurs, et son mode de vie qui est en jeu. En l’occurrence, le déploiement chaque nuit d’un millier de policiers et de tireurs du Raid appuyés par des hélicoptères a été autrement plus efficace que l’appel «à la responsabilité» des jeunes, angéliquement lancé par François Hollande.

La République doit reprendre pied dans ces lieux surarmés, laissés aux trafiquants et aux prêcheurs radicaux. Il est ahurissant de voir que même les journalistes y courent des risques réservés jusqu’alors aux grands reporters dans des zones de combats. La police doit y avoir sa place, voire l’armée. Mais c’est l’école qui sortira les enfants de ces bantoustans, pour peu qu’elle accepte de leur transmettre l’héritage des Lumières. Reste que la discrétion de Fadela Amara, chargée de la politique de la Ville, augure mal de sa détermination.

Anne-Lorraine oubliée

En recevant, mercredi, les familles des victimes et en leur annonçant l’ouverture d’une information judiciaire, Nicolas Sarkozy a choisi de faire d’un accident de la circulation, causé semble-t-il par l’imprudence des deux jeunes gens, une affaire d’État. Cette décision en dit long sur le désarroi du pouvoir face aux cités et à leur force d’intimidation. D’autant que le gouvernement a manifesté, tout au long de la semaine, une indifférence apparente devant le meurtre d’Anne-Lorraine, tuée dimanche à coups de couteau par un violeur récidiviste dans le RER D, alors qu’elle rejoignait sa famille à Orry-la-Ville pour se rendre à la messe. Hier, les parents de la brillante étudiante ont heureusement été reçus par le chef de l’État.

Armes de guerre

L’apparition de fusils de chasse et de pistolets à grenailles lors de ces derniers affrontements est d’autant plus préoccupante que nombre de cités recèlent des armes de combat. Les utiliser demain serait un acte de guerre civile.

(La page originale)
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30 novembre 2007 5 30 /11 /novembre /2007 07:06
Les étudiants pilleurs

De mieux en mieux dans la démagogie. On apprenait hier que des étudiants de Lyon avaient trouvé une nouvelle façon de manifester :  le vol dans les grands magasins. Un Leader Price a fait les frais de cette nouvelle technique : par groupe de 3 , les étudiants arrivent dans le magasin, remplissent le caddy en hurlant "Pouvoir d'achat, Sarkozy..." et  se barrent sans payer. Préjudice : plusieurs milliers d'euros.

La police a arrêté 13 étudiants mais bien évidemment, le reste de la coordination est venue manifester devant le commissariat  afin de montrer sa solidarité avec ceux qui employaient "cette nouvelle technique de manifestation".

On comprend mieux la sympathie de la gauche caviar pour la racaille : elle rêve d'employer les mêmes méthodes qu'elle !! Prochaine étape  : l'incendie de voiture ?

Sego-Bayrou : le cauchemar auquel on a échappé !

Ainsi donc , Ségolène Royal aurait proposé le poste de premier ministre à François Bayrou et aurait projeté de l'annoncer durant le débat avec Nicolas Sarkozy afin de rattraper son retard. Si l'information n'est pas encore confirmée (on le saura lundi en lisant le bouquin de la madonne des sondages), elle montre bel et bien que Miss Marie-Ségolène était prête à tout pour se faire élire. C'est de bonne guerre mais pour quelqu'un qui estimait avant le premier tour que Bayrou c'était autant la droite que Sarkozy, on peut en sourire.

Quoiqu'il en soit, Bayrou aurait refusé estimant que Royal n'avait pas de chances d'être élue. Et si elle avait été au coude à coude avec Nicolas, quelle aurait été sa réaction ?

Clinton : la chute discrète.

Le récent sondage montrant Hillary Clinton battue dans tous les cas en 2008 est passé relativement inaperçu en France. Il faut dire que les médias sont quelque peu gênés puisque depuis plusieurs mois il annonce la victoire de  l'ex-première dame à la présidence américaine. Le Figaro Magazine n'a-t-il pas titré la semaine dernière "Hillary, déjà la victoire ?".

Si un sondage ne fait pas le printemps (mais celui ci confirme une tendance amorcée durant l'été), cette histoire commence à ressembler à l'histoire d'une autre prétendante . En France.

Dans le même ordre d'idée, les médias oublient également de nous parler de l'Irak. Il faut dire que là bas la situation s'améliore, alors...

Villiers-le-Bel :  confirmation de la thèse de l'accident.

C'est donc un banal accident de la route qui a endeuillé la cité du Val d'Oise . Deux jeunes roulant trop vite et sans casques percutant une voiture de police. L'expert judiciaire a remis ses conclusions et elles sont d'une effarante banalité. Le poids cumulé des deux ados et de la moto (200 kg) et sa vitesse (70km) sont à l'origine du choc qui a défoncé la voiture.

Un accident de la route donc, deux morts pour rien mais en aucun cas une justification des émeutes , des saccages, des incendies, des tirs à balles réelles... Si les "jeunes qui ont la rage (soit disant) " avaient une once d'honnêteté, ils patrouilleraient leur quartier pour expliquer aux "petits frères" que la conduite n'est pas un truc qu'on improvise.

Hollande a perdu une belle occasion de se taire en appelant à la "responsabilité des jeunes". L'ex futur Mr Pièces jaunes ignore que cela fait belle lurette que la racaille n'écoute que sa propre façon d'être/

Pas de marche silencieuse pour Anne-Lorraine


Tandis que les quartiers sensibles continuaient à hurler au complot policier, au meurtre , ect ... et organisaient marche silencieuse sur marche silencieuse , peu de voix se sont elevées pour défendre la mémoire d'Anne-Lorraine , massacrée par un violeur récidiviste.

En France, les victimes  normales n'ont pas droit à la mémoire collective. Les parents de la jeune femme ont été reçus à l'Elysée mais  peu d'infos ont filtrés, pas d'images télévisées.... Pourquoi ?

Iphone : enfin la France

Terminons sur une petite note technologique. Malgré la crise, le pouvoir d'achat...  Apple vient de lancer l'Iphone en France. Ce bijou de technologie est certes bien trop cher (399€ avec un abonnement à 39€/mois) mais qu'importe : la clientèle se rue pour en avoir un.

Pour un fan de la firme à la pomme comme moi, la revanche sur  le monde PC est douce à savourer.
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23 novembre 2007 5 23 /11 /novembre /2007 19:54
rioufol5eb.jpgLe bloc-notes d’Ivan Rioufol du 23 novembre 2007.

Une France en morceaux se dévoile. Alors que 53 % des citoyens ont choisi la réforme en élisant Nicolas Sarkozy, les corporatismes menés par Olivier Besancenot (4 % des suffrages) ébranlent la cohésion nationale en éreintant les usagers des transports. Et alors que cette même majorité a aussi voté pour une défense de l’identité française, La Marseillaise a été sifflée dans l’indifférence générale, vendredi au Stade de France, lors du match France-Maroc. Se résoudre à subir la montée en puissance des minorités ?

Le comportement insurrectionnel de l’extrême gauche, qui a été jusqu’à saboter mercredi des voies ferrées, s’ajoute à cet autre symptôme d’une fracture occultée : non seulement l’hymne national a été hué, mais le public français, portant les couleurs marocaines, n’a soutenu chez les Bleus que les footballeurs musulmans. «Je n’ai pas vu un seul maillot tricolore», a noté le joueur Patrice Evra. «On se demandait si on jouait à domicile», a dit le gardien de but, Mickaël Landreau.

Cet égoïsme catégoriel et ce différentialisme ethnico-religieux défient le pacte républicain. Pourtant, ce sont ces castes et ces communautés qui en appellent à la collectivité quand il s’agit de combler le déficit de leurs retraites ou de venir en aide à leurs conditions de vie. Serait-ce trop demander aux preneurs d’otages et aux pourfendeurs de la France de respecter le «vivre ensemble» qu’ils savent réclamer quand ça les arrange ?

Prendre garde à l’exaspération des gens. L’omerta qui recouvre les phénomènes de séparatisme observables dans certaines cités ne tiendra pas indéfiniment. L’opinion a réprouvé, jour après jour, la brutalité des cheminots insensibles au calvaire supporté par une classe moyenne ne bénéficiant pas de leurs privilèges et n’ayant comme objectif que d’aller travailler coûte que coûte. La solidarité nationale atteint ses limites.

Corporatisme et communautarisme sont des régressions pour une nation «une et indivisible». La possible partition de la Belgique rappelle jusqu’où peut conduire un déficit du sentiment d’appartenance. En France, ces phénomènes ne se corrigeront que si la collectivité y résiste. Les sondés, qui à 69 % cette semaine invitaient le gouvernement à ne pas céder, ne se montrent heureusement pas disposés à accepter davantage la loi du plus petit nombre. Une bonne nouvelle.

Distances

Il est heureux également que les actions de sabotage destinées à immobiliser les TGV, mercredi, aient été condamnées unanimement, notamment par la CGT et le PCF. Mais la fuite en avant des irréductibles fait craindre d’autres débordements menés par les amis d’Olivier Besancenot. François Chérèque (CFDT) a dû, mardi, quitter sous les huées et en courant le cortège des grévistes manifestants. Pour sa part, le PS, affaibli par sa défaite et l’ouverture, n’est plus capable d’endiguer les jusqu’au-boutistes. Il applaudit mécaniquement dès qu’il entend le mot grève.

La gauche saura-t-elle néanmoins prendre ses distances avec ces mouvements dépourvus de culture démocratique ? On attend d’elle qu’elle s’en démarque franchement. La conversion récente de la CGT de Bernard Thibault au réalisme réformiste, déjà choisi par la CFDT de François Chérèque, peut faire espérer une évolution des mentalités et la perspective d’un dialogue social ouvert à d’autres méthodes que les affrontements. Seul l’isolement des minorités extrémistes saura les affaiblir.

De ce point de vue, la mobilisation de plus de 10 000 manifestants antigrève, dimanche à Paris, a confirmé l’irritation de ceux qui ne sont plus disposés à financer, outre les aides aux syndicats, les compléments de retraite des tyranneaux. C’est pourtant cette perspective qui semble se profiler, avec la présence de l’État lors des négociations entreprise par entreprise ouvertes mercredi. À terme, la retraite par répartition pourrait bien être remise en question, au profit d’une retraite par capitalisation.

L’esprit de réforme

À souligner : l’habilité du chef de l’État et du gouvernement, qui ont su tirer profit du soutien populaire jusqu’à rendre odieux des protestataires qui prétendaient naguère revendiquer au nom de l’ensemble des salariés. Même si des contreparties seront accordées aux titulaires des régimes spéciaux, l’esprit de réforme sort intact de l’assaut conservateur soutenu par une partie minoritaire des fonctionnaires. L’intérêt de ces derniers n’est sûrement pas de faire cause commune avec des cheminots à la réputation entachée.

La question du pouvoir d’achat, sur laquelle les syndicats tentent de se refaire une santé, est assurément plus justifiée et consensuelle. Mais il ne faudrait pas que la gauche oublie qu’elle est en grande partie responsable, à cause des 35 heures, de cette stagnation des conditions de vie. La faible croissance d’une société d’assistanat n’a fait qu’aggraver une situation qui va devoir supporter, en plus, le coût «gigantesque» (Laurence Parisot, Medef) de ces grèves. Les mesures qu’entend prendre le gouvernement pour relancer la consommation des Français ne pourront être que d’un effet limité. Le pouvoir d’achat ne se décrète pas. Il ne peut être que le fruit du travail et d’une économie de marché libérée du poids d’un État dont le premier ministre a avoué récemment qu’il était «en situation de faillite». Seule la poursuite des réformes, visant notamment à dynamiser les 2,7 millions d’entreprises, permettra aux Français de s’enrichir enfin.

Privatisations

Ces trains, métros et bus immobilisés sont le résultat de monopoles sur des transports. Les grévistes sont les meilleurs avocats des privatisations.
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10 novembre 2007 6 10 /11 /novembre /2007 00:00
rioufol5eb.jpgLe bloc-notes d’Ivan Rioufol du 9 novembre 2007.

Les Tziganes, boucs émissaires de l’insécurité en Italie. Après le meurtre d’une femme par l’un d’eux, Romano Prodi (centre gauche) veut expulser les «Roms » soupçonnés de délinquance criminelle. L’argument : «Empêcher la bête raciste de sortir de sa cage.» Mais elle montre son front bas quand une ethnie est ainsi désignée comme indésirable. Pourtant, la « gauche morale » française, intarissable contre les tests ADN, reste muette. La Commission européenne a dû rappeler, lundi, que les expulsions collectives d’Européens étaient interdites.

Ce choix de dénoncer une minorité, de surcroît persécutée par les nazis, n’a pas davantage été relevé par ceux, innombrables, qui ont critiqué le vote des Suisses en faveur de Christoph Blocher, dont l’affiche électorale invitait à chasser du pays le mouton noir. Il est vrai que le leader de l’Union démocratique du centre dénonçait là l’emprise de l’islamisme. C’est donc lui le xénophobe, et non Prodi. Ainsi jugent, en effet, les consciences. Plutôt que de combattre une idéologie de soumission dont la femme est la première victime, elles en viennent à cautionner un discours sulfureux contre les «Roumains», dans l’espoir de rassurer l’opinion. C’est en Italie que la Cour de cassation a acquitté un père musulman qui avait frappé sa fille, Fatima, selon les règles de la charia. Hina fut égorgée par papa parce qu’elle portait des minijupes et sortait avec un chrétien. Mardi, Rome a toutefois arrêté une douzaine de djihadistes.

Le fondamentalisme est le vrai fauteur de troubles. Les renseignements britanniques ont révélé lundi qu’al-Qaida formait en Grande-Bretagne des enfants et des adolescents en vue de perpétrer des attentats dans le pays. Vendredi, Le Figaro a dévoilé la violence de la littérature coranique de certaines bibliothèques anglaises : ainsi, la librairie de la mosquée de Regent’s Park propose un ouvrage sur la décapitation des mauvais musulmans.

Or, partout en Europe s’ob-serve une même peur d’affronter l’islam politique, aux dogmes pourtant incompatibles avec la démocratie (Chahdortt Djavann, À mon corps défendant, l’Occident, Flammarion). En France, 17 imams expulsables à cause de leurs prêches sont protégés, notamment par la Mosquée de Paris (nos éditions du 2 novembre). Ce sont eux les indésirables et il n’y a pas de racisme à le dire. Leur impunité risque de faire peser sur le reste de la communauté musulmane un injuste soupçon de connivence.

Autres non-dits

D’autres non-dits entourent l’affaire de L’Arche de Zoé, dont une partie des membres reste emprisonnée au Tchad. La violence des propos contre l’ONG, accusée par les Tchadiens d’alimenter des réseaux pédophiles, en fait le bouc émissaire de ran-cœurs et de défiances qui la dé-passent, sans commune mesure avec la sotte tentative d’expatrier 103 enfants faussement présentés comme menacés par le conflit du Darfour. Entendre le ministre de l’Intérieur tchadien dire qu’il fallait que ces « bandits [les hu-manitaires] goûtent à nos prisons », a pu être perçu comme un défi lancé à l’ancienne puissance tutélaire ; d’autres propos ont laissé voir le désir d’humilier le «Blanc». De ce point de vue, la déclaration de Nicolas Sarkozy assurant mardi qu’il irait «chercher tous ceux qui restent, quoi qu’ils aient fait», a au moins rétabli l’autorité de la France. Mais les commentaires français accusant eux aussi les organisateurs, en dépit de la présomption d’innocence, ont révélé une autre défiance : parce que George Bush a dénoncé un génocide mené au Darfour par le régime islamiste de Khartoum, une opinion antiaméricaine s’emploie à n’y voir qu’une guerre entre Soudanais, n’accordant aucune légitimité à une urgence humanitaire. L’Arche de Zoé complice des Américains ? Certains lyncheurs le pensent tout haut.

Nécessaire réconciliation

«Les anti-atlantistes vont-ils se priver de sauver un peuple en danger uniquement parce que l’Amérique est au côté de ce peuple ?» Bonne question, posée mardi dans Le Figaro par le professeur Ezra Suleiman. Cet antiaméricanisme aide à comprendre les critiques de Rony Brauman (ex-président de Médecins sans frontières) contre la mobilisation pour les Darfouris soutenue par les États-Unis. Il éclaire aussi ses attaques contre Bernard Kouchner et Bernard-Henri Lévy, qu’il accuse d’être responsables de l’initiative de L’Arche de Zoé.

Or ce rejet des États-Unis, porté de l’extrême droite à l’ex-trême gauche en passant par les souverainistes et les gaullistes, n’a pas de sens, même s’il reste convenu de se féliciter de l’opposition chiraquienne dans le dossier irakien. Cette unanimité a d’ailleurs conduit les médias à oublier de signaler, lundi, que le premier ministre irakien s’était promené pour la première fois dans les rues de Bagdad, à pied et pendant une heure, afin d’illustrer une sécurité qu’il estime en train d’être rétablie. Seul le chaos réjouit les anti-Bush.

Aussi faut-il se féliciter de la réconciliation avec les États-Unis, officialisée par Sarkozy. Reçu par le président américain, mardi, il a dit vouloir «reconquérir le cœur de l’Amérique de façon durable», avant d’assurer devant le Congrès sa détermination à défendre, face à la barbarie terrorisme, «l’avenir de nos valeurs et celui de l’Alliance atlantique». Plus que l’Union méditerranéenne – ce projet présidentiel ambigu –, c’est l’union occidentale qu’il faut consolider, notamment face à un Iran menaçant.

Grèves à venir

François Fillon, commentant sur Europe 1 les grèves à venir : «Nous ne reculerons pas !» Quitte à descendre dans la rue ? Des partisans de la rupture y sont prêts.
 
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