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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 14:32

La sortie vidéo récente  du chef d'oeuvre de Clint Eastwood American Sniper a permis de mettre les points sur les i pour ceux qui auront l'envie de regarder les deux excellents reportages présents sur le Blu-ray édité par Warner.

 

Car, lors de la sortie en salle, certains esprits "pacifistes" et anti-américains (cela va souvent ensemble, ces mêmes "pacifistes" n'ont jamais rien contre Daesh ou Poutine) se sont empressés de dire que Eastwood critiquait ouvertement la guerre en Irak.

 

Or, s'il apparaît que si Clint fut un opposant à cette guerre (mais pas à celle en Afghanistan), jamais il en cracha à la figure de ceux qui y allaient.

 

Chris Kyle, le héros du film, croyait à sa mission ! Pour lui, se battre en Irak permettait à la barbarie de ne pas revenir en Amérique , comme le jour du 11 septembre. L'un des dialogues se passe d'ambiguïté : "le mal est ici". Et même si son frère d'arme répond "le mal est partout", il est évident que Kyle savait pourquoi il se battait, pourquoi il sacrifiait sa famille, sa femme, ses enfants, sa santé mentale : pour combattre le mal !

 

Les interviews de la veuve de Kyle, de Bradley Cooper, d'Eastwood , de Jason Halle (le scénariste) vont toutes dans ce sens : American Sniper n'est pas un film contre la guerre, mais sur la guerre. Il en montre tous les aspects, du plus atroce (la découverte de la chambre de torture dans le "restaurant", l'embrigadement des enfants et la brutalité d'Al Quaïda et des lieutenants de Zarkaoui) au plus héroïque (la scène finale, en pleine tempête de sable) mais aussi la façon dont elle change les hommes. Les déclarations débiles de Tarantino traitant Kyle de "lâche parce que sniper" sont contredites par le fait que Kyle fit pas mal de missions au sol, refusant d'être un simple ange gardien planqué sur toit. 

 

Si les deux making of sont avares en révélations techniques (on y apprend juste que les scènes de Faloudja furent tournées au Maroc), c'est bien entendu dans la façon dont le film rend hommage au vrai Kyle qu'ils prennent tout leur sens. Il n'est pas question de glorifier la guerre, mais de rendre hommage à un héros, de restituer sa vie dans toute sa complexité, de faire comprendre qu'un homme ait pu se rendre 4 fois en Irak jusqu'à ce qu'il ait l'impression d'avoir accompli sa mission (abattre Mustapha, tireur d'élite syrien qui sema la terreur chez les Marines).

 

Bien entendu, une bonne partie de la presse a refusé de voir cet aspect. Au mieux, elle a vu un film de guerre avec un peu plus "d'âme" que la moyenne, au pire, elle y a vu un pamphlet conservateur et ultra-patriotique. Pour certains de ses gugusses, Clint Eastwood reste un fasciste de la pire espèce. Il est vrai qu'en plus d'avoir incarné l'inspecteur Harry, il a le culot d'être républicain. Il a même osé critiquer saint Obama, le président qui a détruit tout le travail qu'avait accompli Kyle en Irak et permis aux nazislamistes de reprendre pied en Irak.

 

American Sniper est un film sur l'amour de son pays, sur les sacrifices qu'on est prêt à faire pour lui. La critique imbécile ne peut pas le comprendre vu qu'elle n'aime pas son pays. La critique imbécile ne peut pas comprendre que, parfois, des hommes se dressent contre la barbarie au lieu de chercher à collaborer. La critique imbécile de 2015 se serait retrouvée comme un seul homme dans Radio Paris de juin 40 à août 44.

 

Sa suffisance, son arrogance ne font que donner la nausée. Elles salissent des hommes qui osent choisir une autre voie que celle de la soumission.

 

Oui, le mal existe. Il s'étend de plus en plus au Moyen Orient, en Afrique, en Europe. Mais aussi dans les rédactions des médias modernes ! 

 

Rien que pour cela, American Sniper est une puissante antidote pour tous ceux qui en ont marre de cette ridicule soumission ! Et c'est tout à l'honneur de Clint Eastwood d'avoir fait un film sur un homme dont il ne partageait pas la guerre. Combien de cinéastes "engagés" auraient osé en faire autant ? Sans doute très très peu !

 

 

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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 16:18

Ils sont devenus rare au cinéma les films affichant clairement leur appartenance aux idées conservatrice. Pour un 300 ou une Passion de Christ, combien de Green Zone ou pire encore de Farenlies 9/11 ?

 

Raison de plus pour voir American Sniper, le dernier film de Clint Eastwood ! Un choc salutaire qui montre la guerre en Irak autrement que par des films de propagande démocrates !!

 

Je vous offre ma chronique complète parue sur mon site cinéma Salla Obscursium Invocat !!

 

Enjoy, motherfuckers !!

 

Le pitch : choqué par la destruction des ambassages américaines au Kenya et en Tanzanie, un Texan s'engage dans les Navy Seals. Il deviendra leur plus grand sniper.

 

La force de Clint Eastwood est d'être toujours là , à 84 ans; toujours efficace dans sa mise en scène, mais surtout fidèle à ses idées. Républicain depuis toujours, Eastwood fut cependant en désaccord avec Bush sur la nécessité d'attaquer l'Irak. Mais, à la différence de certains de ses collègues, il ne profite pas de son film pour piloner de manière manichéenne la chute de Saddam Hussein. Il préfère entrer dans la tête de son personnage Chris Kyle (Bradley Cooper , exceptionnel !!) et se poser la question suivante : la guerre peut-elle détruire un homme de l'intérieur ?

American Sniper alterne ainsi deux types de scènes : la guerre proprement dite en Irak où Kyle est dans son élément, aquérant le surnom de "légende" à tel point que sa tête est mise à pris par les insurgés islamistes et le retour au pays où, petit à petit, il se détache de sa famille, de plus en plus obsédé par le fait que, lorsqu'il n'est pas en Irak, ses camarades meurent, faute de sa protection.

 

Et si la dernière partie le voit retrouver une vie normale, retrouver son rôle de mari aimant et de père, il est évident que les séquelles de ces terribles combats le hantent. Eastwood le dit sans ambiguité : on ne ressort pas indemne d'un conflit armé, même si on l'estime juste et qu'on pense défendre son pays.

 

De ce fait, ces deux parties, parfaitement alternées, témoignent de la technique impressionnante d'Eastwood (American Sniper doit être son 35e film). En Irak, le montage est brutal, mais parfaitement lisible, l'apogée étant la dernière mission de Kyle, filmée dans une tempête de sable dévastatrrice. En Amérique, les images sont plus douces, le montage plus lent, même si au fur et à mesure que les missions se succèdent et que le retour devient de plus en plus dur, ces parties tendent aussi vers plus de chaos. L'interprétation étant au diapason (Sienna Miller tient la dragée haute à Cooper), c'est tout le film qui est tiré vers le haut.

 

Ce qui m'a le plus marqué, c'est la façon dont Clint Eastwood a décidé de rendre hommage à son héros (les dernières images du film, tirées de la vraie vie de Kyle prouvent qu'il a voulu dépasser le simple biopic). S'il n'occulte pas ses failles, il se refuse de tomber dans le manichéisme. L'Irak post-Saddam est décrit dans toute sa complexité, avec ses habitants hésitant entre le rejet de l'Amérique et la collaboration avec leurs nouveaux maîtres. Le film ne cache ni les manières brutales de certains GIs envers les habitants ni la barbarie de la clique de Zarquawi (la découverte de morceaux de cadavres dans le restaurant, le meurtre à la perceuse d'un enfant). Mais il ne les renvoie pas dos à dos. Car, même s'il fut opposé à la guerre en Irak, il appela tout de même à voter Bush en 2004, estimant que si le travail était commencé, il fallait aller au bout. De plus, American Sniper se base sur le livre de Kyle et ce dernier n'avait aucun doute sur la mission américaine, surtout après le 11 septembre (extraordinaire scène où Kyle et sa femme assistent impuissants à la chute des tours). Et Clint Eastwood ne trahit jamais son personnage. Il a trop honnête pour s'abaisser à celà.

 

Certaines critiques ont estimé qu'en ne prenant pas position contre la guerre dans son film, Eastwood commettait une faute morale. C'est, à mon sens, une absurdité. Le propos sur la guerre peut très bien se faire de manière subtile. Et c'est le cas ici. Il est clair qu'à chaque retour au pays, Kyle s'éloigne un peu plus de sa vie. Est-il accroc à la mort ? Quelques indices peuvent nous le faire penser. Mais c'est finalement en aidant ses camarades moins chanceux que lui qu'il va retrouver sa vie "d'avant". Et ironiquement, c'est en aidant un de ses hommes qu'il trouvera la mort, tué par une arme à feu , objet qu'il a tant utilisé pour tuer et sauver des vies.

 

Ceux qui connaissent un peu la vie d'Eastwood (j'exclus donc la quasi-totalité des critiques française) savent qu'il travaille depuis longtemps avec une association qui tente d'aider les soldats victimes du syndrome de stress post-traumatique. Il a sans aucun doute compris ce que disait Kyle à travers son livre. C'est sans doute pour cela qu'il ne le juge pas, mais que, au contraire, il lui donne la parole, il lui offre une reconnaissance mondiale. Et tant pis si cela en indispose certains.

 

American Sniper se hisse sans aucun soucis à la hauteur des chefs d'oeuvre du grand Clint ! Il est de la veine d'Impitoyable, Iwo Jima, Gran Torino ou Sur la route de Madison. Sa vision de la guerre n'est plus la même que celle qu'il donnait dans Le maitre de guerre, elle se rapproche désormais de celle de Mémoires de nos pères, c'est à dire une vision plus nuancée, moins "romantique", mais jamais agressive. Après tout, celui qui est président d'honneur d'un musée de la police peut-il vraiment critiquer ceux qui, selon lui, participent aussi à la protection des autres.

 

Première véritable claque de 2015, American Sniper n'a pas été récompensé aux Oscars comme il l'aurait dû ! Qu'importe, son énorme succès commercial (plus de 500 millions de dollars à ce jour) prouve qu'une fois de plus Clint a eu raison. Contre tous ceux qui le disaient fini après les échecs (relatifs) de J.Hedgar, Invictus ou Jersey Boys. Contre toux ceux qui ne voient en lui qu'un fasciste ! 

 

A 84 ans, Clint Eastwood montre qu'il en a encore sous le capot ! Et, mine de rien, il rend hommage à une génération de soldats qui n'a pas hésité à aller combattre un ennemi invisible dans un pays lointain.

 

Chapeau bas, Mr Eastwood !

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 12:36

L'Estonie organisait la cérémonie des prix du cinéma européen ce week end. Et pour bien souligner que la décadence de notre continent touche également le 7e art, elle a fait triompher le dernier film du pédophile Roman Polanski, The Ghost Writer avec pas moins de 6 récompenses dont Meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario.

L'homme qui fait boire des gamines de 13 ans pour les violerne s'est pas rendu en Estonie mais en est intervenu via une liaison internet depuis son appartement parisien ! Hé oui, pour les naïfs qui ne le savaient encore pas, cet ordure vit en France !

Dans le même temps, Des hommes et des dieux, également présent lors de cette compétition n'a strictement rien emporté. Il est vrai que son réalisateur a le toupet de ne violer personne, de faire un film profondément religieux, tolérant et qui met en lumière la simplicité d'une communauté chrétienne !! Pas de scènes torrides, pas de bras d'honneur à la société, pas de scandales derrière la caméra !!

Conclusion, l'Europe du cinéma préfère les pédophiles aux martyrs chrétiens !! Je ne suis pas sûr que cela soit une bonne nouvelle !!

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 07:04

Dans une Algérie qui sombre peu à peu dans l’islamisme et la guerre, un groupe de moines tentent de résister à la brutalité des évènements. Mais, malgré leur engagement au sein de la population, la tourmente va les emporter vers un destin tragique.

 

Cela fait bien longtemps qu’un film primé à Cannes (Le septième jour, peut être) n’avait mérité sa récompense. Car si Des hommes et des dieux a bouleversé la croisette, c’est sans doute à cause de son humanité, de son refus du voyeurisme et, à l’image des trappistes, de sa vision d’un monde qui bouge tout doucement et qui ne peut comprendre la folie qui s’empare de certains.

 

C’est tout d’abord un film lent et qui prend son temps. Point de montage au hachoir ou de placement de caméra délirant !! Ici, tout est tranquille, posé, calme. Les rares scènes violentes (le meurtre des Croates), si elles ne cachent rien de l’horreur de meurtres barbares et gratuits, ne sont en aucun cas des pics émotionnels ou des montées d’adrénaline. Elles ne sont là que pour brusquer le spectateur, à l’image des protagonistes de ce drame, qui se trouve plonger, lui aussi dans une situation démentielle.

 

C’est ensuite un film qui ne refuse pas de voir la vérité en face : la montée de l’islamisme, la brutalité de l’armée algérienne, le sentiment anti-colonialiste toujours présent, l’aveuglement même de Christian, le supérieur élu de la communauté, qui espère toujours en l’homme et qui, même promis à un destin atroce, ne regrettera pas ses actes et bien sûr le pourquoi d’un massacre inutile et injuste.

 

C’est enfin un film qui ne juge pas. Il aurait été facile de montrer des islamistes éructants, mais le réalisateur préfère montrer des hommes brutaux, fanatiques mais, hélas, tellement humains. Savent-ils d’ailleurs pourquoi ils tuent ? Sans doute, non. Mais pour eux, l’infidèle ne peut être que converti ou tué. Représentation rétrograde d’une vision de la religion passéiste et perverse !!

 

Mais surtout, Des hommes et des dieux est quasiment un documentaire : il montre une communauté hors du temps, des hommes qui ont donné leur vie à Dieu et aux autres, sans se soucier de la leur. Bien sûr, on les voit hésiter, avoir peur, craindre pour leur vie. Mais surtout on les voit aider la population, se mêler aux fêtes musulmanes, faire leur travail humanitaire. On les voit aussi dans leur vie de tous les jours, les différentes messes, le travail manuel, la joie de plaisir simple comme écouter Le lac de cygnes en buvant un peu de vin. Cet aspect en rebutera sans doute quelques-uns mais, savoir que des hommes et des femmes ont décidé de renoncer à une vie facile pour aider leur prochain a de quoi réconforter.

 

Des hommes et des Dieux est un film lucide. Il ne se voile pas la face, mais,   à l’image d’un Lambert Wilson transfiguré (on rappellera qu’il avait déjà magnifié l’Abbé Pierre dans Hiver 54), donne espoir à tous ceux qui pensent que l’enfer ne peut être que terrestre. Oui, l’enfer est sur Terre, mais les Saints du paradis vivent sans doute parmi nous. Nous ne les voyons pas, ils se font tuer par des fous qui  pervertissent la religion mais ils sont là. Et finalement, c’est sans doute cela le vrai message du film ! L’espoir que l’homme, malgré sa folie, malgré sa cruauté, sa méchanceté peut engendrer aussi de la bonté et de la beauté.

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20 juillet 2010 2 20 /07 /juillet /2010 08:53

Petite avant première du film choc de Christopher Nolan, qui sort demain dans les salles françaises !!

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 06:36
Le vent tournerait-il ? Toujours est-il que Eric Zémmour ne sera pas licencié par la rédaction du Figaro. Certains journalistes, pour ne pas perdre la face, évoquent les excuses du chroniqueur. Sauf que, s'il a exprimé ces regrets et s'est défendu de tout racisme, il en aussi profité pour régler ses comptes avec Ardisson et d'autres personnages politiquement correct.

De plus, son procès a bien montré que ces propos n'étaient pas nés d'un fantasme raciste mais s'appuyaient sur des statistiques qui existent bel et bien, n'en déplaisent à certains.

C'est donc, sans aucun doute, la vague de protestation des internautes qui a joué, preuve qu'une mobilisation populaire peut réparer une injustice.

Il reste désormais à espérer que ce dur moment que vient de passer Zémmour ne va pas émousser sa combativité. En attendant, son livre Mélancolie française caracole en tête des ventes. Ce n'est que justice. 
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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 07:07
Depuis Stargate, je suis un fan de Rolan Emmerich. ID4 est pour moi un chef d'oeuvre. Logique donc que j'attende avec impatience 2012, annoncé comme LE film catastrophe ultime !!

 
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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 08:53
Prenons un peu de vacances politiques avec ces images du tournage d'Avatar , le nouveau film de James Cameron !!

 
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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 06:40

Le pitch : lorsqu’un super héros sur le retour, le comédien, se fait mystérieusement assassiner , l’équipe des Watchmen tente de comprendre le meurtre, malgré l’interdiction faite par le président Nixon de faire leur travail de justicier.

 

Watchmen était attendu par des millions de fans dans le monde depuis des années. Sortie en 1987 (si mes souvenirs sont bons), le Comics a lancé la mode des Graphic Novel de prestige (mais ne l’a pas inventé, puisque Claremont avait déjà sorti le fabuleux Dieu crée , l’homme détruit, un Graphic Novel consacré aux X-Men) . Alan Moore et David Gibson signaient là un classique instantané qui osait se focaliser sur le côté sombre des super héros (violence, sexualité, tendance à l’auto justice, voire fascisme) et montraient qu’une BD pouvait être aussi adulte que n’importe quel autre média.

 

Qu’allait faire Zack Znyder de ce joyau ? Simple, l’auteur du magistral 300 a tout bêtement respecté l’œuvre et en a amplifié le côté sombre, ne se souciant ni de la censure ni du politiquement correct.

 

Au final, non seulement, le film est totalement réussi, mais surtout il est la digne illustration du Comics, un chef d’œuvre de plus de 2h40 (et annoncé dans une version longue de 3h30 en fin d’année) qui mettra KO toute personne osant tenter l’aventure.

 

Car, il faut le dire, la force de Watchmen est aussi sa faiblesse. En refusant de caresser le spectateur dans le sens du poil, Znyder a pris le risque de s’aliéner le grand public. Celui-ci est-il prêt pour voir évoluer un géant nu (le Dr Manhattan) , pour voir deux super héros faire l’amour de manière très graphique, l’homme du couple ne pouvant manifestement combattre son impuissance que lorsqu’il est en costume, voir un déchaînement de violence dès que Rorschach ou Le comédien apparaissent à l’écran. Le succès moins important prévu du film est déjà un élément de réponse.

 

Violent, le film l’est, renvoyant même 300 à un conte de fée (j’exagère un peu, mais vous m’aurez compris) !! Les balles traversent les corps dans la douleur, les méchants explosent littéralement de l’intérieur, on coupe des mains à la scie électrique, on se brûle, on abat des femmes enceintes… Znyder prend un malin plaisir à montrer des scènes brutales, dérangeantes et aucunement « cools » ! Mais si tout est dans le comics,   son exagération sur un grand écran est une décision voulue par le réalisateur. Logique celui qui croyait voir une nouvelle aventure d’un super héros sympa soit quelque peu stupéfait.

 

Et ce n’est que l’aspect le moins « dérangeant » !! La scène où Le comédien tente de violer sa partenaire jette une sacrée ombre sur le concept du super héros. Finie la vision idyllique du justicier masqué et désintéressé. Ici, le super héros joue pour son propre compte, se sert de ses pouvoirs pour des raisons parfois immorales (le Dr Manhattan détruisant les Viets-cong !!) et le seul personnage vraiment intègre cache sa haine de l’autre sous un masque en perpétuel changement. Quand Rorschach s’acharne sur le tueur d’enfant, il ne fait que faire ce que le public aimerait faire s’il se trouvait face à un tueur d’enfant. Watchmen flatte nos bas instincts tout en déconstruisant pas à pas le mythe du justicier masqué.

 

Le film n’hésite pas non plus à y aller côté sexe. Si la scène entre le Hibou et le Spectre soyeux est filmée d’une manière torride, celle où le Dr Manhattan se « clone » pour satisfaire son épouse renvoie là aussi à des fantasmes bien étranges. La façon dont il raconte sa vie avant en évoquant sa première nuit d’amour avec sa première femme est une autre façon de détruire le mythe. Peut-on imaginer M. Fantastic et la femme invisible faisant l’amour ? ou Peter Parker et Mary Jane ? Tout ce qui est soigneusement caché dans les comics traditionnels est ici mis en pleine lumière : le Hibou est obsédé par Le spectre soyeux, mais n’ose le dire, Dr Manhattan méprise finalement la race humaine, Ozymondias est prêt à sacrifier des millions pour en sauver des milliards…

 

Mais ce qui est le plus impressionnant n’est pas forcément ces aspects, c’est surtout la fidélité à l’arrière-plan : comme dans la BD, Nixon est toujours président, la guerre froide est omniprésente, les USA sont gangrenés par la violence et l’administration américaine évoque plus un état totalitaire qu’une démocratie. En fait, le film montre à la fois les meilleurs et les pires aspects de l’Amérique, et l’on ne peut s’empêcher de trouver ce monde fascinant.

 

J’ai pu lire des critiques sur le manque d’action (10 minutes de baston sur 150 !! on fait mieux comme ratio) !! Cela prouve surtout que le matériel de base est respecté. Watchmen n’est pas un blockbusters classique où chaque bobine doit amener sa grosse scène d’action. Ici, on est dans la tête des personnages et les nombreux Flash-back ne sont là que pour entraîner encore plus le spectateur. Mais comme dans n’importe quel trip, la descente peut être brutale !! Ici, celui qui voulait voir Spider-Man 4 ou Hulk 3 ne peut être que déçu : le film ne lui fera pas de concession ni de plaisir. Au contraire, il le mettra devant ses idées les plus noires sur les super héros , sans le prévenir et sans prendre des gants !! Si 300 enrobait quelque peu son propos, ici le film est brut , sans fioriture et sans aucun avertissement.

 

Alors, oui, Watchmen est un film élitiste, qui s’adresse à un public averti, un pamphlet délirant à 150 millions de dollars, réalisé par un cinéaste ouvertement conservateur. En mettant en avant, les pires super héros de l’histoire, sur un plan éthique, en le mettant à nu (dans tous les sens du terme), Znyder a fait un film de fan pour les fans. Que le grand public n’ait pas tout à fait suivi n’a aucune importance. Watchmen est un véritable chef d’œuvre, une date dans l’histoire du cinéma 

(Page originale : Salla Obscursium Invocat

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 09:15

Le pitch : alors que les Autobots, alliés aux humains dans la section militaire du NEST tentent de repousser de nouvelles attaques des Decepticons, le mystérieux Fallen cherche à localiser une arme inédite cachée sur Terre.

 

J’écrivais, il y a deux ans que Transformers n’était pas tout à fait un film personnel de Michael Bay et que si séquelle il y avait, elle se focaliserait bien plus sur l’aspect militaire et destructeur du concept. Je n’avais pas tort. Cette Revenge of the Fallen n’est pas qu’une orgie de destruction d’une incroyable tenue, c’est aussi, et surtout, une ode au courage, au sacrifice et aux valeurs de l’armée américaine. Et, cerise sur le gâteau, Bay en a profité pour crucifier la politique étrangère du nouveau président américain. Bref, un spectacle anti-politiquement correct au possible, dont la grossièreté est parfois du niveau d’un Bad Boys 2 (une autre séquelle que Bay avait totalement phagocytée pour y intégrer son cinéma et son sens de la « finesse ») et dont les artifices (ralentis en pagaille, musique martiale, filtres intensifs, avancée sur coucher de soleil) peuvent agacer mais un spectacle total, absolu et jouissif !! Bref, après un tour de chauffe sur les robots géants, Michael Bay est de retour et ça fait mal !!

 

Un technicien d’ILM estimait que ROTF était sans doute le film le plus complexe qu’il ait jamais conçu. En voyant le Devastator, un robot de plus de 30 mètres arracher le sommet de la pyramide de Chéops, lançant les pierres derrière lui tandis qu’un personnage clé tentent de  le détruire tout en évitant les débris, on ne peut qu’être d’accord avec lui. Et ce n’est qu’une scène parmi  d’autres. Il est clair que le mot d’ordre a été « surenchère ».

 

Alors bien sûr, ce toujours plus entraîne plus de robots différents (une cinquantaine), plus de péripéties et de paysages exotiques (la Jordanie, la Chine, l’Egypte) mais aussi toujours cette bonne dose d’humour parfois bien gras (la maman de Sam sur le campus, les vannes des deux robots jumeaux). On ne changera pas Michael Bay qui continue également à filmer son héroïne, la sublime Megan Fox, dans les tenues les plus courtes et cela sans aucun effet visuel. Pas de pédale douce non plus sur le politiquement incorrect ou sur les dialogues à double sens. Sans oublier la présence du génial John Torturro qui reprend ici son rôle d’allumé en y incluant encore plus de délire patriotique, de frénésie verbale et rageant d’avoir été mis au rencard par la nouvelle administration.

 

L’accent est mis également sur le corps à corps entre les différentes machines et sur les transformations, parfois trop fugitives dans le premier film. Ici, le métal broie le métal, les corps géants s’empoignent et se tordent sans souci d’épargner leur environnement. Le réalisateur s’en donne alors à cœur joie dans sa symphonie destructrice, le tout tournée avec des plans infernaux et des angles délirants. Quant à la caméra, inutile de dire qu’elle ne connaît pas le mot statique. Elle tourne autour des acteurs et des machines, use de la contre-plongée et suit à la trace la moindre balle ou le moindre moindre. Enfin, le style du réalisateur qui consiste à abuser de filtres et de ralentis est toujours de mise. Aucune retenue dans les scènes avec les militaires du NEST : on se croirait plus dans une publicité visant à enrôler de nouvelles recrues que dans un film pop-corn.

 

Mais au-delà de cette orgie de destruction et d’images toujours plus spectaculaires, on retiendra d’une part la performance de Shia Labeouf qui continue d’habiter totalement son personnage et qui, mine de rien, enchaîne désormais les blockbusters. Le jeune acteur prend ici conscience de son rôle dans le destin des Autobots et dans sa lutte contre le mal. Bay transforme l’ado un peu gauche en adulte responsable à travers de superbes scènes finales, notamment celles où il se tient aux côtés d’Optimus Prime et une autre, dont je tairai la teneur pour ne gâcher la surprise.

 

Et d’autre part, on notera l’énorme claque au président Obama. Qu’on en juge : au début du film, un conseiller du président (le dialogue insiste bien sur ce titre) vient expliquer à Optimus Prime que la guerre en cours sur Terre n’aurait sans doute pas lieu si les Autobots n’avaient demandé l’asile sur notre planète. Il leur enjoint d’envisager leur départ vers les étoiles. Optimus répond qu’il ne s’y opposera pas mais se pose la question « Que se passera-t-il si vous vous trompez ». Plus loin, ce même conseiller annonce aux Autobots et aux soldats du NEST que le nouveau gouvernement préfère l’option diplomatique à la guerre, qu’il est même prêt à livrer Sam aux Decepticon. Il est clair à ce moment-là  que le scénario, avalisé par Bay, décrit une administration américaine totalement à l’opposé de la doctrine Bush. Et le clou est enfoncé lorsque le Fallen envoie chercher Megatron. La vague de destruction est alors commentée par la télé qui précise bien que le président Obama a été mis à l’abri !!

 

Pour ceux qui n’auraient pas compris le message, Bay filme ses militaires comme de véritables icônes, des surhommes se battant aux côtés de robots racés sur fond de bannières étoilées. Et lors du générique final, les remerciements ne vont qu’à l’armée américaine. Quant à ceux qui s’étonnent de voir une production Spielberg, un démocrate, laisser passer de telles idées républicaines, on rappellera que le réalisateur d’Indy a milité pour Hillary Clinton, une « femme à poigne » dont le programme n’était pas très différent de celui de John McCain.

 

Le réalisateur affiche haut et fort ses idées, son admiration pour les « femmes et les hommes de l’US Army ». Une attitude quasi suicidaire à Hollywood et qui lui coûtera sans doute l’Oscar des effets visuels.

 

Au-delà de cet aspect politique assumé, Bay offre donc une séquelle totalement réussie et se garde la porte ouverte vers un troisième volet. Franchement, on peut se demander si on lui laissera continuer ainsi son entreprise de subversion. Si l’armée finance oui. Mais si Hollywood se rend compte qu’elle abrite une vipère en son sein, alors la situation risque de se compliquer pour l’un des meilleurs réalisateur du monde !!

(Critique originale sur Salla Obscursium Invocat

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