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29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 06:14
Publié l'an dernier sur mon blog en mai et le blog Drzz, il est intéressant de voir que Ivan Rioufol avait prophétisé pas mal de choses, notamment le gauchisme et les dangers d'une élection d'Obama. A relire donc d'urgence !!



INTERVIEW EXCLUSIVE "LE BLOG DRZZ"

Entretien réalisé par David Martin réalisée pour le blog drzz


Nom : Ivan Rioufol

CV : Journaliste, chroniqueur au Figaro /

Ses livres : La Fracture Identitaire (Fayard, 2008), La République des Faux Gentils (Le Rocher, 2004), Chronique d'une résistance Le Rocher, 2005), notamment /

Son action : bloc note hebdomadaire dans Le Figaro depuis 2002, créateur du seul blog libre émanant d'un grand journal en 2008, apparaît régulièrement dans On refait le monde (RTL) ou sur les chaînes d'infos permanentes comme BFM. /

Pourquoi Ivan Rioufol chez Drzz ? Parce  qu'il reste le seul journaliste français à comprendre la Révolution Néo-conservatrice. Parce qu'il ne méprise pas nos idées. Parce qu'il parle librement des sujets qui fâchent et qu'il ne mâche pas ses mots.

Parce que nous partageons les mêmes valeurs !



David Martin - Pourriez-vous nous résumer votre parcours professionnel ?

RIOUFOL
 - J’ai débuté en 1976 dans la presse régionale, comme localier à Nantes, après avoir fait des études de droit et m’être préparé à être avocat. J’ai bifurqué vers le journalisme au tout dernier moment. Comme de nombreux provinciaux, je suis monté à Paris, en 1984, pour tenter ma chance et ai été embauché au Figaro en 1985. J’ai longtemps été rédacteur en chef des Informations générales, avant de devenir éditorialiste en 2000 puis de reprendre le bloc-notes, en 2002, à la mort de Max Clos qui en était le titulaire. Il avait lui-même relancé la formule inventée dans les années 50 par François Mauriac.

 David Martin - Vous êtes un des rares journalistes en France à comprendre, voire  même soutenir, la révolution néoconservatrice. Quand avez vous eu  l'impression que cette révolution allait changer pas mal de chose  dans le monde ? Vous considérez vous comme un néoconservateur ?

RIOUFOL
 - J’ai du mal à me ranger sous des étiquettes et plus encore à me reconnaître dans des doctrines. Je suis libéral et pragmatique, et en cela je déteste les systèmes de pensées et les idéologies qui empêchent d’appréhender les réalités. Je n’ai jamais appartenu de près ou de loin à un parti ou à un réseau. Comme St Thomas, je crois ce que je vois, alors que les doctrinaires voient ce qu’ils croient. C’est ainsi que j’ai observé chez les gens, assez tôt,  un besoin d’en finir avec le relativisme, la perte des valeurs, la déculturation. J’ai constaté que ce phénomène s’apparentait au néoconvervatisme nord-américain apparu dans les années 80, le poids de la religion en moins concernant la France. Il se trouve que ce mouvement de fond, qui se confirme un peu partout en Europe, correspond aussi à mes aspirations. Disons que je veux bien être considéré, sinon comme un néoconservateur, du moins comme un conservateur de progrès, un libéral-conservateur.


David Martin - Vous avez souvent, dans vos écrits et dans vos livres (je pense  notamment à La République des Faux Gentils) vilipendé le  politiquement correct. Avez vous l'impression qu'il soit moins  présent dans les médias ? ou bien avez vous toujours cette  désagréable impression qu'au nom d'une certaine "pudeur", on écarte  les sujets les plus sensibles ?

RIOUFOL - Je pense que les médias ne font, majoritairement, pas correctement leur travail d’information, et c’est pour cela qu’ils sont de plus en plus déconsidérés. Alors que la société vit de considérables bouleversements sociologiques, culturels, identitaires, sociaux, économiques, qui mériteraient d’être décrits , décortiqués, analysés, soumis à la critique et au débat, je me rends compte (et les lecteurs le ressentent forcément)  que les " investigateurs ", qui font trembler les hommes politiques en soulevant des affaires foireuses de faux listings ou de financements occultes de partis qui se terminent généralement en eau de boudin, se gardent "d’investiguer " sur les réalités qui dérangent. L’islamisation des cités françaises, par exemple, dont s’alarme l’écrivain algérien Boualem Sansal dans son dernier livre (Le village de l’Allemand, Gallimard), se fait dans une incroyable indifférence médiatique. J’ai écrit récemment un livre, publié chez Fayard, pour mettre en garde contre " la fracture identitaire " qui est en train de couper la France en deux : pratiquement aucun média écrit n’en a parlé, ne serait-ce que pour le contredire. La meilleure des censures reste la loi du silence. Aussi est-ce avec sidération que les Français découvrent à quel point leur pays a changé en vingt ou trente ans. Ils ont le sentiment, qui n’est pas faux, d’avoir été bernés et pris pour des imbéciles.

David Martin - Vous avez porté un regard inédit sur la guerre en Irak, en étant  l'une des rares personnes à chercher à la comprendre au lieu de la  condamner sans vraiment y réfléchir. Que pensez vous de ce conflit  aujourd'hui , de la façon dont il a modifié le Moyen Orient ?

RIOUFOL
 - J’ai été profondément choqué par les attentats du 11 septembre, et par les discours d’excuses de nombreux européens s’empressant, par la suite, d’expliquer le terrorisme islamique par l’humiliation que l’Occident, et singulièrement les Etats-Unis et Israël, auraient fait subir au monde musulman. J’ai trouvé ces attitudes abjectes. Si le monde musulman a pris beaucoup de retard au cours des derniers siècles, il  en est le premier responsable. Ma solidarité a donc été immédiate avec les Etats-Unis, malgré les réticences que m’inspirait, que m’inspire toujours, la vulgarité de leur culture commerciale, ce Monde de Disney qui n’est pas le mien. J’ai adhéré à l’objectif de George Bush consistant à traquer le nihilisme islamique et à aider les musulmans à se débarrasser de leurs tyrans. Je n’ai jamais trouvé indignes ces buts de guerre, bien au contraire. C’est pourquoi j’ai soutenu la guerre contre Saddam Hussein. J’ai en revanche déploré par la suite la succession d’erreurs commises par les Américains, et notamment les attitudes impardonnables des militaires face à leurs prisonniers, dans la prison d’Abou Graïb . Quant au bilan, s’il n’est certes pas glorieux pour l’instant, il ne me parait pas si négatif que les médias le disent. Bush, en désignant " l’islamo-fascisme" comme l’adversaire des démocraties, a éveillé bien des consciences, notamment chez les musulmans modérés qui peuvent se sentir moins seuls. Il a accéléré la fracture au coeur même du monde musulman entre les archaïques et les modernistes. Il a affaibli, quoi qu’on en dise, al Qaïda. Bush a donné un bon exemple de résistance face au totalitarisme islamique. Israël étant évidemment la référence en ce domaine.


David Martin - Israël fête ses 60 ans cette année. Vous avez souvent défendu ce  pays dans vos bloc notes. Pensez vous qu'Israël pourra fêter ses 70  ans ? La France n'est-elle pas assez aux côtés de l'Etat Hébreu ? Ne  trouvez vous pas qu'un antisémitisme rampant se développe encore et  toujours en France ?


RIOUFOL - J’ai une grande admiration pour Israël, pour son dynamisme, pour son courage. Si Israël devait disparaître, c’est l’ensemble des démocraties occidentales, et plus particulièrement européennes, qui seraient mises en danger par le nazislamisme victorieux. Nos sorts sont liés, nous sommes dans le même camp : celui du monde libre, dans lequel les musulmans ont toute leur place s’ils en acceptent les règles, face à l’obscurantisme conquérant des islamistes radicaux. C’est pourquoi la France ne sera jamais assez à côté de l’Etat hébreu menacé dans son existence, même si ce soutien  ne doit pas empêcher la critique, évidemment.  Il me semble que Sarkozy est acquis à cette vision, que ne partageait pas Jacques Chirac. Il reste à convaincre l’opinion française, dont une partie reste réceptive aux arguments faisant d’Israël la cause centrale de l’instabilité du monde, ce qui relève de la propagande. Ces critiques du sionisme, soutenues de l’extrême gauche à l’extrême droite, cachent mal un antisémitisme à peine enfoui.

 David Martin - Que répondez vous à vos détracteurs qui vous traitent (en vrac)  d'islamophobe, de passéiste ou de "facho" ? N'avez vous pas parfois  envie d'émigrer vers des pays plus cléments comme les USA ?

RIOUFOL - Je ne réponds pas. J’aime bien cette phrase de Sénèque, je crois : " Tout me touche, rien ne m’atteint ". Ces accusations staliniennes et sectaires en disent beaucoup sur ceux qui les portent. Si décrire les réalités et appeler un chat un chat, c’est être réac, alors je veux bien être réac. Je suis réactif, à coup sûr ! Je suis un observateur engagé. Pour le reste, je déteste les extrémismes, je combats le front national comme l’extrême gauche. Les gens peuvent penser ce qu’ils veulent de moi, je n’écris pas pour plaire, même si je suis content de savoir que de nombreux lecteurs se reconnaissent dans ce que je dis et décrits. Emigrer ? J’adore trop la France, même si elle me déçoit parfois. Mais je garde encore beaucoup d’espoirs. Je crois au réveil des Français. Mon combat est ici.


 David Martin - Pensez vous comme Daniel Pipes que l'on doit faire la différence  entre l'Islam et l'Islamisme (c'est ma conviction) , que cette  religion peut se réformer et extirper ses éléments les plus  extrémistes ? Croyez vous que, comme le pense Guy Millière, cette  tendance radicale perdrait du terrain ?

RIOUFOL - Cette différence est, à mes yeux, essentielle, mais j’entends bien les arguments de ceux qui démontrent le continuum entre l’islam et l’islamisme. Disons que je fais la différence entre l’islam et le musulman, c’est-à-dire la doctrine et son usage. Il y a déjà beaucoup de musulmans qui vivent leur religion dans leur intimité, en se pliant aux règles de la laïcité. C’est eux qu’il faut encourager, et non pas Tariq Ramadan qui prône une réislamisation de sa communauté. Qui gagnera, des modérés et des extrémistes ? Je vois ces derniers se comporter en maîtres du Liban. Je les vois progresser aussi dans les cités françaises. C’est aux musulmans modérés d’être le rempart. Mais ceux-là, je ne les entends pas assez en France. En Turquie, où ils sont au pouvoir, je constate que leurs discours sont dénoncés par la justice comme dissimulant une volonté de réislamiser la société laïque. Disons que nous sommes à la croisée des chemins. Mais une victoire des extrémistes au Proche-Orient sera une victoire des extrémistes en Europe.


David Martin - Quel regard portez-vous sur les  élections en cours aux USA ? N'avez vous pas l'impression que  l'opinion française affiche sans vergogne son obsession anti- américaine pour reprendre l'expression de Revel ?

RIOUFOL - La campagne électorale est tout à fait passionnante, et je reconnais que la personnalité de Barack Obama est plus intéressante que celle d’Hilary Clinton, Obama représentant par son propre métissage le symbole de ce que pourrait être l’avenir des civilisations, selon les utopies de certains. Sa propre success story en fait également un parfait représentant du rêve américain. Pour autant, je tiens son discours pour dangereux, singulièrement en politique internationale. Même s’il a rompu avec le pasteur Wright, ses relations passées avec le gauchisme trahissent une faiblesse dans la manière d’aborder la menace islamiste au Proche Orient et de défendre les Etats-Unis. Je ne le souhaite pas comme président, même si je vois bien que les médias français, qui s’étaient pareillement emballés pour Michael Moore et ses critiques du système américain, l’ont déjà élu. Pour ma part, cela fait longtemps que j’ai parié McCain, qui est tenu comme inexistant dans les journaux français.

David Martin - Pour vous, quelle menace pèse le plus sur le monde : l'Iran, les  mouvements islamistes type Hamas ou Hezbollah, la nébuleuse Al Quaïda ?

RIOUFOL - L’Iran est incontestablement la puissance déstabilisatrice et potentiellement apocalyptique. Elle a ses alliées avec la Syrie et le Hezbollah qui est devenu son bras armé au Liban. A l’heure où l’on parle, le Hezbollah a confirmé qu’il était le vrai maître de ce petit pays, qui pourrait être entraîné malgré lui dans une nouvelle guerre contre Israël. Même si le Hamas est sunnite et le Hezbollah chiite, ces deux formations terroristes ont déjà collaboré ensemble lors de la dernière guerre de 2006.

David Martin - Ne pensez vous pas que l'on en fait trop avec Chavez et qu'au  contraire, on ne soutient pas assez Uribe ?

RIOUFOL
 - La France s’est embarquée, avec l’affaire Betancourt, dans une négociation qui la dépasse et où elle se fait visiblement instrumentaliser par Chavez et sa révolution bolivarienne. Dans cette affaire politique et familiale complexe, où tous les éléments ne sont pas dits, la France devrait faire davantage confiance à Uribe, qui représente la démocratie.

David Martin - Il y a un an , 53% des Français envoyaient Nicolas Sarkozy à  l'Elysée . N'avez vous pas l'impression qu'au delà de certaines  erreurs de sa part, une bonne partie de la presse a fabriqué le  "désamour" entre lui et les Français ?

RIOUFOL - Sarkozy a largement contribué à ce désamour, en s’égarant notamment dans une politique d’ouverture qui a contribué à embrouiller et ralentir les réformes alors que les électeurs attendaient une rupture et une politique de droite. Mais il est incontestable que la presse s’est elle-même prise pour l’opposition, alors qu’elle n’en a ni le mandat ni la légitimité. Ce faisant, elle joue un jeu dangereux, qui la fait apparaître pour ce qu’elle est: une presse largement acquise aux idées de gauche. Le problème, c’est que la société est largement acquise désormais aux idées de droite. Il y a donc là une contradiction qui ne joue pas en faveur des médias.


 David Martin -  Votre blog est l'un des rares espaces de liberté dans un grand  média français. Que pensez vous de ce phénomène "blog", que chacun  puisse exprimer ces idées sans passer par le filtre d'une censure ?

RIOUFOL - Je crois aux débats d’idées, aux confrontations civilisées. C’est pour cela qu’après le feu vert de ma direction j’ai lancé ce blog sur le site du Figaro, en choisissant dès le départ de ne faire aucune censure à priori. Le succès a été très rapide et les contributions sont, très souvent, d’une remarquable qualité. Je n’enlève qu’environ 1% des commentaires publiés, soit parce qu’ils sont grossiers ou injurieux. Ce qui est devenu un véritable forum, où tous les sujets les plus délicats sont abordés, est un bel exercice démocratique qui démontre qu’il ne faut pas craindre la libre parole des lecteurs, qui sont généralement très lucides et avisés.

David Martin - Un grand merci pour ces propos et pour votre disponibilité Mr Rioufol !
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Published by Dave - dans Interview
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1 octobre 2008 3 01 /10 /octobre /2008 14:23
Catholic Digest :  Quel rôle doit jouer en politique la foi d’un candidat à l’élection présidentielle,  si elle doit en jouer un ?
 
John McCain :  Je pense que la foi joue un grand rôle dans la vie en général.  Ce fut le cas pour moi bien avant que je n’entre en politique,  notamment quand j’étais prisonnier de guerre dans un camp dans le Vietnam du Nord.  C’est grâce à elle que je suis ici aujourd’hui.
 
 
Plus précisément, quel en a été l’impact sur votre travail au Sénat ?

 
Etre guidé par sa foi est très important à mes yeux.  Tout comme essayer de vivre en accord avec les valeurs judéo-chrétiennes qui ont inspiré nos ancêtres et qui m’inspirent chaque jour.  Nous devons les avoir à l’esprit à chaque fois que nous sommes amenés à prendre des décisions qui ont un impact concret sur les vies de nos compatriotes.
 
 
Un sondage récent indiquait que les Américains perdaient foi dans le rêve américain  –  défini comme mêlant optimisme,  sécurité financière  et  propriété d’une maison  –  en raison,  notamment,  de la politique menée au cours des huit dernières années.  Que ferez-vous pour redonner vie à ce rêve ?
 
Je veux permettre à chaque famille américaine d’obtenir un prêt sur trente ans garanti par l’agence gouvernementale pour le logement,  la Federal Housing Administration,  pour que ces familles puissent rembourser leurs emprunts et vivre le rêve américain.  Je veux aussi réformer l’éducation dans le sens de la concurrence,  y compris avec les « écoles sous contrat ».  Je veux que chaque famille américaine ait le choix que nous avons eu,  ma femme Cindy et moi.  Nous avons envoyé certains de nos enfants dans une école catholique,  car nous avions la possibilité et les moyens de le faire.  Je veux que chaque Américain ait cette alternative.  C’est pourquoi les écoles sous contrat et le système des bons doivent faire partie de toute réforme véritable du système éducatif.
 
 
Alors que l’économie traverse une période difficile  –  hausse du chômage,  déficits budgétaires,  etc.  –  quelles mesures prendriez-vous pour aider les Américains,  que Barack Obama ne prendrait pas ?
 
D’abord,  je veux donner un peu d’air aux Américains concernant les taxes sur l’essence :  ils paient 18 centimes (0,12 €) par gallon d’essence (3,78 litres) et 24 centimes (0,16 €) par gallon sur le diesel.  Je m’engage à ne pas toucher à ces impôts,  alors que Barack Obama veut les augmenter.  Ensuite,  j’entends m’engager en faveur du développement technologique dans le but que nous soyons indépendants du pétrole étranger  –  que ce soit dans les domaines nucléaire,  éolien,  solaire,  marémoteur  ou  encore dans le forage ‘offshore’.  Je subventionnerai la recherche sur le charbon propre et le développement de technologies pour cette filière.  Nous sommes dans la situation présente en raison de ce que nous avons fait pendant trente ans,  et nous ne nous en sortirons donc pas dès demain.  Mais je prendrai l’engagement de garder les impôts bas et de développer le forage ‘off shore’.  Le président a soutenu la levée du moratoire et les prix du pétrole ont alors baissé,  donc si nous pouvons bénéficier du gaz et du pétrole au large de nos côtes,  cela aura un effet à court terme sur le prix.
 

 
La disparité entre les riches et les pauvres ne cesse de croître.  Que feriez-vous pour y remédier ?
 
Ce que je veux,  ce n’est pas redistribuer la richesse,  mais que tout le monde devienne riche.  Dans ce but,  je veux que les impôts restent bas.  Je veux également donner à chaque Américain un crédit d’impôt de 5 000 dollars (3 424 €) pour que,  partout dans le pays,  il puisse avoir l’assurance santé dont il a besoin.  Je veux faire la promesse aux Américains qu’avec moi,  les impôts resteront bas.  Nous devons aussi créer plus d’emplois et d’entreprises aux États-Unis.
 
 
Quel est,  selon vous,  le défi principal auquel les familles américaines doivent faire face aujourd’hui ?
 
Je pense que le plus grand défi est certainement l’emploi.  Viennent ensuite l’immobilier,  puis le prix e l’essence,  qui touche le plus les Américains à plus faibles revenus.  Les Américains souffrent et nous devons trouver des moyens de les aider dans cette période très difficile.  Je reviens juste du Michigan,  où le taux de chômage atteint 8,6 %.  Là-bas,  ils ont perdu les emplois manufacturiers et nous devons leur fournir la possibilité de se former à d’autres métiers afin qu’ils puissent revenir sur le marché du travail.
 
 
La Conférence des évêques catholiques américains a publié un document sur la « citoyenneté fidèle »,  appelant au rejet des pratiques politiques faisant la part belle « aux intérêts puissants,  aux attaques partisanes et aux petites phrases ».  Elle a appelé à « une forme différente d’engagement politique ».  Personnellement,  quelles limites vous fixez-vous dans le cadre de vos campagnes ?
 
Je me suis toujours engagé à mener des campagnes honorables et respectueuses.  Et j’en suis fier  –  quel qu’ait été le résultat final,  défaite ou victoire.  Mon message à l’électeur américain et à tous les Américains est que je mettrai mon pays en premier.  C’est ce que j’ai fait toute ma vie.  Quand j’ai refusé la possibilité offerte par les Nord-Vietnamiens d’être libéré plus tôt,  j’ai mis mon pays au-dessus de tout parce que je savais que c’était la bonne chose à faire.  Cette décision fut difficile,  mais mon pays a toujours été pour moi plus important que mon parti et que la politique.  Je pense que c’est ce que les Américains veulent avec force aujourd’hui.
-
 

Les États-Unis sont un pays où les intérêts particuliers sont puissants.  Mais aussi bien l’engagement catholique en faveur de la justice sociale que la Constitution américaine plaident pour le bien commun de tous.  Comment votre gouvernement s’y prendra-t-il pour assurer la promotion de ce bien commun ?
 
Il faut supprimer les dépenses inutiles qui ont corrompu Washington.  Je n’ai jamais demandé aucune de ces subventions glissées dans les lois budgétaires qui permettent aux élus de financer des projets dans leurs circonscriptions.  Le sénateur Obama en a demandé pour un montant de 936 millions de dollars  –  soit presque 1 million de dollars pour chaque jour qu’il a passé au Sénat des États-Unis.  Il est clair qu’il y a de la corruption à Washington et que le Congrès n’avance pas,  ce qui se traduit par des taux d’approbation pour les deux chambres à des plus bas historiques.  Je sais comment travailler avec l’autre parti et je sais comment réformer le gouvernement.  Mon passé au Sénat le prouve.
 
 
Que diriez-vous à des électeurs catholiques qui hésiteraient à voter pour vous parce que vous êtes favorable à l’avortement ?
 
C’est vrai que je soutiens fortement le droit des femmes à décider de leur liberté de procréer.  Mais que ce soit clair :  je reconnais que l’avortement est une question morale.  Personne n’est pour l’avortement.  Je crois que nous avons besoin d’aborder les facteurs sous-jacents qui peuvent conduire une femme à prendre ces décisions déchirantes.  Nous devons faire tout ce qui est possible pour réduire les grossesses involontaires et soutenir les femmes qui choisissent d’avoir un enfant.  Nous devons donc nous concentrer sur les soins pré- et postnataux et nous devons rendre l’adoption beaucoup plus facile.  Si nous pouvons créer une situation où les jeunes femmes et les jeunes gens agissent de manière responsable et reconnaissent le caractère sacré de la sexualité humaine,  alors nous pourrons réduire de façon drastique le nombre des avortements.  C’est quelque chose sur quoi j’ai l’intention de travailler avec des gens de tous horizons,  quand je serai président des Etats-Unis.
-
(1) http://www.catholicdigest.com/article/exclusive-interview-with-senator-john-mccainMcCain :  « Mon pays a toujours été plus important que mon parti ».
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Published by Dave,Drzz, Garotté - dans Interview
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28 septembre 2008 7 28 /09 /septembre /2008 09:06

Deuxième partie de l'interview de Guy Millière chez Drzz.

DRZZ : L’arrivée de Sarah Palin comme candidate à la vice-présidence a littéralement enthousiasmé les Républicains. Vous qui avez connu Ronald Reagan, pensez-vous comme certains conservateurs que Palin incarne le retour de l’esprit reaganien au sein du GOP ?    

MILLIERE : L’esprit de Reagan continue de surplomber le discours républicain, et Reagan est toujours cité dans le camp républicain comme la référence suprême, à juste titre à mes yeux. L’ « esprit reaganien » n’a jamais disparu, et il n’a donc pas à faire son retour. Bush s’est réclamé de Reagan à de nombreuses reprises. John McCain n’a, lui-même cessé de le faire tout au long de sa campagne bien avant de choisir Sarah Palin. Les républicains avaient l’humeur sombre depuis 2005-2006 : la guerre en Irak ne se passait pas très bien et s’éternisait, le Congrès dépensait sans compter et Bush, totalement centré sur la nécessité de gagner la guerre, laissait faire. Après la victoire des démocrates aux élections de 2006, les républicains se préparaient à l’idée que le successeur de Bush serait un démocrate. Ils s’attendaient à Hillary Clinton. L’étoile d’Obama a ensuite commencé à monter, et l’ascension de celui-ci semblait irrépressible. Aucun candidat républicain ne faisait l’unanimité. John McCain suscitait des réticences chez nombre de conservateurs qui lui reprochaient d’être trop modéré sur certains dossiers, tels que l’environnement ou la recherche sur les cellules souches. Au cours des derniers mois, la situation en Irak a changé grâce à la stratégie mise en œuvre par le général Petraeus et préconisée depuis longtemps par McCain. McCain a tenu un discours aux tonalités très reaganiennes, ce qui a levé bien des réticences. Le choix de Sarah Palin est venu s’ajouter : non seulement les dernières réticences qui pouvaient subsister ont été levées, mais les républicains se sont dits que c’était un choix extraordinaire : une femme clairement conservatrice, issue de l’Amérique profonde, jeune et donc susceptible d’assurer l’avenir. Il y a Sarah Palin, mais il y a la stratégie de John McCain, et celle-ci a été, pour l’essentiel, remarquable.  Les démocrates ont compris le danger dès la nomination de Sarah Palin, et c’est pour cela qu’ils ont mené contre elle une campagne de diffamation absolument féroce, voire dégradante. Cette campagne, pour le moment, s’est retournée contre eux. Et John McCain avait anticipé cela aussi.

 

   DRZZ : Depuis le printemps dernier, vous écrivez qu’Obama va perdre l’élection générale. Vous n’êtes pas le seul, d’ailleurs. Norman Podhoretz, Daniel Pipes et Victor Davis Hanson l’ont dit eux aussi. Est-ce que l’évolution de la campagne renforce ou affaiblit votre conviction ?
MILLIERE :On peut ajouter à la liste un autre de mes amis, David Horowitz, qui va jusqu’à prévoir désormais une victoire très nette de John McCain. Peut-être est-il porté par un excès d’optimisme : on verra. J’ai toujours pensé que l’ascension de Barack Obama reposait sur des artifices de communication et sur du vide : j’ai pensé que la candidature Obama se dégonflerait comme une bulle de savon, car elle n’avait pas davantage de consistance.  Je ne voyais par ailleurs pas comment un homme si à gauche, et qui a un passé aussi chargé de fréquentations douteuses, pourait ne pas trébucher : dans la liste des amis d’Obama, il n’y a pas que Jeremiah Wright, pasteur charismatique, gauchiste et antisémite, il y a aussi Bill Ayers, terroriste non repenti, Tony Rezko, homme d’affaire véreux lié au régime défunt de Saddam Hussein, Rachid Khalidi, « activiste » palestinien. La défaite des républicains ne pouvait, le cas échéant, selon moi, venir que de leurs faiblesses et de leurs déficiences.
La cote d’Obama reste élevée et sa victoire, bien qu’improbable, n’est pas de l’ordre de impossible : les Américains veulent du changement et ce n’est pas un hasard si ce mot est à ce point prononcé dans la campagne. Néanmoins, la bulle est en train de se dégonfler. On peut compter, cela dit, sur les grands médias américains pour jouer leur va tout, jusqu’au bout, en faveur d’Obama : ils ont misé leur crédibilité sur lui. On peut compter sur une frénésie de la gauche et de l’extrême-gauche aux fins de déstabiliser McCain et Palin : l’agressivité de la gauche envers les conservateurs dans le pays est vive et très perceptible. Il existe une frustration exacerbée de la gauche à l’idée de voir les républicains conserver le pouvoir. La gauche caviar de Hollywood va faire tout ce qu’elle peut, elle aussi : entre autres, un film très caricatural d’Oliver Stone sur Bush, appelé W, va sortir un mois avant les élections. On peut s’attendre à des discours de culpabilisation en direction de l’électorat. L’instabilité des marchés financiers sera utilisée par la gauche pour faire peur, et dire qu’elle a des solutions miracle. Je pense néanmoins que si McCain et Palin ne font pas d’erreurs majeures, si les débats télévisés se passent bien, Obama ne sera pas élu. J’ajouterai, comme je le fais dans une postface à mon nouveau livre, que même si Obama devait être élu, cela ne signifierait pas qu’il serait Président. Obama n’est pas seulement inexpérimenté, il n’a aucune connaissance des dossiers, il change vite de position et semble ne pas avoir d’idées définies sur nombre de sujets importants : le pouvoir, dans une administration Obama serait exercé par des conseillers divers  et des hommes d’influence.
Si on me dit, par ailleurs, qu’Obama a permis de tourner la page de la discrimination envers les noirs aux Etats-Unis, je répondrai que cette page était déjà tournée avec Colin Powell et Condi Rice occupant des positions de pouvoir très importantes, ou avec Clarence Thomas, juge à la Cour suprême, l’une des fonctions essentielles du pays. Je crains, par contre, qu’une éventuelle défaite d’Obama ne soit attribuée au racisme, ce qui, si les noirs américains en grand nombre le percevaient ainsi serait délétère. D’excellentes analyses ont été menées à ce sujet par Shelby Steele, intellectuel noir conservateur.

 

DRZZ : Si vous spéculons : que seraient quatre ans de présidence McCain et quatre ans de présidence Obama ?

MILLIERE :  C’est effectivement de la spéculation. Je ne rentrerai, pour cette raison, pas dans des détails trop précis. Une présidence Obama, ce serait aux Etats-Unis une impression de triomphe pour la gauche radicale, les pacifistes, les féministes, les écologistes, les syndicalistes. Ce serait, c’est la seule note positive, la fin des dirigeants noirs jouant sur les tensions raciales tels que Jesse Jackson ou Al Sharpton. Ce serait l’enthousiasme immédiat en Europe, dans le monde musulman, chez nombre de dictateurs. Ce serait ensuite une politique économique nuisible au dynamisme américain, et donc créatrice de tensions sociales et de volontés protectionnistes qui auraient des répercussions sur la croissance mondiale et, en particulier, sur les économies européennes. Ce serait une instabilité accentuée dans divers points chauds de la planète, voire des actions de guerre de la part de la Russie, par exemple. Ce serait une période difficile et rude pour Israël, incontestablement. La situation dans un pays tel que le Pakistan, déjà très instable, pourrait devenir incontrôlable.

Une présidence McCain accentuerait les tensions au sein de la société américaine, dans un premier temps tout au moins. Elle susciterait la consternation en Europe, dans le monde musulman et chez nombre de dictateurs. Sur un plan économique, elle supposera une remise en ordre du système financier américain, le maintien des baisses d’impôts mises en place sous Bush, voire leur accentuation. La croissance américaine, en ces conditions, devrait repartir. Dans le domaine de la politique étrangère, McCain poursuivra la politique de fermeté mise en place sous Bush, voire l’accentuera. Un endiguement net de la Russie, de la Chine et de l’Iran sera une priorité. L’idée d’une ligue des démocraties sera avancée, et McCain fera tout pour qu’elle voie le jour. L’insistance américaine pour que la Géorgie et l’Ukraine entrent dans l’Otan se fera plus forte. Une présidence McCain serait infiniment meilleure pour la sécurité d’Israël, mais aussi pour la sécurité de l’Europe, ce que les Européens, en leur grande majorité, ne voient pas du tout. Elle serait meilleure, en outre, pour les économies européennes : ce que les Européensen leur grande majorité, voient encore moins.

    DRZZ : Finalement, le monde après Bush, est-ce le monde après les néoconservateurs ? Ici s’affrontent la vision de Norman Podhoretz et celle de Francis Fukuyama. Laquelle remporte votre adhésion ?

MILLIERE : Je ne pense pas du tout que le monde après Bush ce sera le monde après les néoconservateurs. Si McCain est élu, ce sera une victoire pour la pensée néoconservatrice, et je dois d’ailleurs rappeler qu’en 2000, c’était McCain, et non Bush, qui avait le soutien des néoconservateurs. Je peux ajouter que Robert Kagan a totalement raison lorsqu’il dit, dans un article publié pendant l’été dans le World Affairs Journal, que, fondamentalement, toute la politique étrangère américaine depuis les origines correspond aux orientations de politique étrangère dites néoconservatrices.  La vision de Norman Podhoretz, pour qui j’ai estime et amitié, me semble très lucide : elle consiste à dire, comme Robert Kagan, que le combat entre totalitarisme et liberté est fort loin d’être achevé et est en train de se poursuivre aujourd’hui.
Ni Kagan ni Podhoretz ne sont bellicistes, comme je l’entends dire : ils constatent qu’une guerre est menée contre les sociétés libres et que celles-ci doivent se défendre ou sont condamnées à périr. Nous ne sommes pas dans la fin de l’histoire dont a parlé Francis Fukuyama, quelles que soient les explications récentes que celui-ci a pu donner dans le Washington Post. Des gens continuent à espérer autre chose que de vivre dans une démocratie libérale. Jimmy Carter croyait déjà que l’histoire allait s’achever et que tout le monde était gentil : on sait ce qui s’est passé sous sa présidence. Bill Clinton a cru lui-même que l’histoire était achevée : Ben Laden en a profité pour former toute une génération de terroristes, dont ceux qui ont commis les attentats du 11 septembre, Israël a subi la vague d’assassinats aveugles la plus grave de son histoire.
Barack Obama semble penser, lui encore, que l’histoire est achevée. On peut espérer que ce n’est pas dans le bureau ovale de la Maison Blanche, mais de retour chez lui à Chicago, qu’il découvrira qu’il a tort. Découvrir qu’on a tort lorsqu’on se contente d’écrire ou de parler est une chose. Découvrir qu’on a tort lorsqu’on est Président des Etats-Unis, cela peut coûter des milliers, voire des millions, de vies humaines. 
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23 septembre 2008 2 23 /09 /septembre /2008 08:41
Le blog Drzz fait à nouveau l'évènement en prioposant cette interview magistrale de Guy Millière. En voici la première partie.

DRZZ : Le titre de votre nouveau livre est « L’Amérique et le monde après Bush ». Comment se présente-t-il d’un point de  vue strictement général ?


  MILLIERE :  Il s’agit pour moi d’offrir un bilan et une mise en  perspective des années de la présidence de George Bush. Tant de haine a été déversée, tant d’irrationalités ont été énoncées, qu’il me semblait nécessaire d’offrir une analyse réfléchie. Je pense  que, concernant les années Bush, nous quittons tout juste le terrain de l’actualité et des polémiques, et nous n’avons pas encore atteint le terrain de l’histoire, qui implique davantage de  recul. Je pense que lorsque les historiens se pencheront sur les années Bush, ils seront bien moins sévères que nos contemporains : Bush a dû gérer la première puissance du monde en un  contexte de guerre, de terrorisme et de remontée du danger totalitaire. Il a dû assumer et décider. Il a pu commettre des erreurs, et il en a sans doute commis. Il n’empêche : quand bien  même l’Afghanistan reste très instable, les taliban n’y sont plus au pouvoir et al Qaida n’y dispose plus de base arrière. Quand bien même la guerre en Irak a duré longtemps et a, un temps, été  menée de manière défectueuse, le régime de Saddam Hussein a laissé place à une démocratie balbutiante, et les islamistes de tous bords y ont subi une grave défaite. Le monde n’est pas en paix. Le tumulte n’est pas retombé, loin de là.

 Mais Bush lui-même a dit à de nombreuses reprises que ce serait long et que beaucoup d’opiniatreté serait nécessaire. Je pense, comme Robert Kagan, qui vient de publier un excellent livre sur la  situation géopolitique planétaire, The return of history and the end of dreams (Le retour de l’histoire et la fin des rêves) que la « doctrine  Bush » définira les orientations majeures de la politique étrangère américaine pour les décennies à venir. On peut ajouter au bilan de Bush ce qui devrait sauter aux yeux : aucun  attentat n’a frappé les Etats-Unis depuis 2001, et la capacité de nuire des islamistes en Europe est elle-même sur le déclin. Nombre d’entre eux sont partis en Irak et y sont morts. Sur un plan intérieur américain, les Etats-Unis ont connu sept années de croissance économique forte et de créations d’emploi. La bulle immobilière et la crise financière ne doivent rien à la gestion de  l’administration Bush, et ceux qui disent que les fondamentaux de l’économie américaine sont solides ont raison. Donald Luskin a publié récemment, sur le sujet, un article très pertinent dans le  Washington Post.

Puisque les Etats-Unis vont  connaître bientôt une élection présidentielle cruciale, j’entends aussi expliquer où en est aujourd’hui la société américaine en sa diversité et en sa complexité : trop souvent, les  journalistes européens ne parlent que de ce qu’ils voient à New York ou San Francisco. Il faut, pour comprendre l’Amérique, aller plus loin, vers le pays profond, en Ohio, au Texas, dans le  Colorado, en Floride, par exemple. Il faut comprendre ce qu’est le patriotisme américain, l’importance de la religion, le clivage entre les villes où vit la « bourgeoisie bohème » et ce  que les gens des villes appellent le fly over country, le pays qu’on survole. Il faut  discerner les mutations de l’économie américaine, et elles sont très importantes : des états comme la Pennsylvanie et le Michigan voient leurs usines fermer, et Wal-mart y est devenu le premier employeur. Des villes comme Houston, Phoenix, Las Vegas ou Atlanta voient, elles, affluer chaque année des milliers de nouveaux habitants qui travaillent dans les services ou les hautes  technologies.

J’aborde aussi les projets  politiques des démocrates et des républicains, les analyses économiques et géopolitiques menées dans les grands centres de recherche de Washington, car ces analyses détermineront les décisions  qui seront prises dans les années à venir. Pour avoir une idée de ce que préparent les démocrates, il faut se tourner, par exemple, vers la Brookings Institution. Pour savoir ce à quoi songent  les républicains, il faut s’intéresser aux travaux de la Heritage Foundation ou de l’American Enterprise Institute.

Je traite, enfin, de la  présidence et des institutions aux fins de montrer la portée et les limites de ce que pourront faire Obama ou McCain à partir du moment où ils seront en position d’agir. J’ai ajouté à la fin du  livre un guide des élections américaines, car j’ai constaté que nombre de gens en France avaient des difficultés à déchiffrer certaines subtilités du système.

DRZZ : Votre ami David Frum, ancien membre du cabinet de George W. Bush, a écrit  dans le magazine Foreign Policy  que le futur donnera raison à Bush. Il cite l’Irak et la politique asiatique (rapprochement avec l’Inde et coalition autour de la question nord-coréenne) comme deux points forts de cette  administration. Partagez-vous cette opinion ?
  MILLIERE : Je partage, pour l’essentiel l’avis de David Frum, oui. Et je souligne qu’il n’est pas seul à penser  ainsi.  Robert Kagan, que j’ai déjà cité, va dans le même sens, tout en rappelant les erreurs commises dans la gestion du conflit irakien : son  article s’appelle « The September 12 Paradigm », et il a été publié dans Foreign Affairs. Edward Luttwak, dans un article appelé « A  Truman for our Times », paru dans la revue britannique Prospect, souligne que « Bush a arrêté la vague djihadiste » et a mis en place  les conditions d’une synergie avec les pays démocratiques d’Asie visant à développer avec eux des relations économiques mutuellement fructueuses et des alliances stratégiques visant à endiguer la  Chine et la Corée du Nord. Truman était, comme Bush, impopulaire lorsqu’il a quitté la Maison Blanche : sa clairvoyance a été reconnue plusieurs décennies plus tard, lorsque la doctrine  qu’il avait mise en place pour faire face à l’Union Soviétique s’est révélée être celle d’un grand homme d’Etat et d’un visionnaire. Je ne doute pas que l’héritage de Bush sera vu plus tard d’un  œil favorable par le peuple américain, et le sous-titre de l’article de David Frum le prédit : « il vous manquera lorsqu’il sera parti ». Je suis beaucoup  plus dubitatif quant à une évolution des regards portés sur Bush en Europe : les commentateurs européens, en leur majorité, n’ont jamais pleinement pris en compte l’importance de la doctrine  Truman. Ils ne discernent toujours pas le rôle crucial joué par Ronald Reagan dans la chute de l’empire soviétique. Ils décriront très vraisemblablement longtemps Bush comme un cow boy idiot et  belliciste. Ce n’est pas grave en soi. Cela dénote seulement une incapacité croissante en Europe de déchiffrer les Etats Unis et l’évolution du monde.
 
 DRZZ : On a  beaucoup parlé d’une « présidence à la Truman » en évoquant Bush. Cette comparaison vous semble donc justifiée ?

 MILLIERE :  J’ai, je pense, répondu, pour l’essentiel, à cette question. Mais vous me donnez l’occasion d’apporter quelques précisions.  La doctrine Truman a été l’épine dorsale de la politique étrangère américaine des années 1950 aux années 1980. La doctrine Bush sera, je ne suis pas le seul à le penser, l’épine dorsale de la  politique étrangère américaine tant que le danger islamiste et l’alliance des régimes autoritaires qui l’utilise seront là. Truman avait, selon sa propre expression, dépensé tout son capital politique lorsqu’il a quitté la Maison Blanche. Bush reprend, significativement, la même expression, et entend lui aussi dépenser tout son capital politique. Comme Truman en son temps, Bush n’a  pas gouverné pour être populaire, mais pour faire ce qu’il estimait juste et nécessaire aux fins de préserver la liberté des Etats-Unis et celle de tous ceux qui veulent un monde plus sûr pour le  droit et la démocratie.


Un adepte de la politique  politicienne vit dans l’obsession des sondages, un homme d’Etat pense et agit sur la base de préoccupations plus hautes et plus vastes. Truman a été un homme d’Etat, Bush s’est conduit comme un  homme d’Etat, je le dis, et peu m’importe si cela fait sourire des gens qui se pensent supérieurement intelligents parce qu’ils baignent dans le formol du politiquement correct européen. Il y a  un certain temps, maintenant, que l’histoire du monde ne s’écrit plus en Europe.

  DR ZZ : J’ai l’impression  que la coalition gauchiste qui s’est construite en Amérique du Sud se délite. Chavez a été affaibli par les défaites successives des FARC, et Morales a récemment expulsé l’ambassadeur américain  de Bolivie qu’il accusait de « conspiration » avec l’opposition intérieure. Est-ce un signe de déclin ?

MILLIERE :   Il  existe effectivement des signes de déclin du populisme gauchiste à la Chavez en Amérique du Sud. Il faut, cela dit, se garder de parler trop vite. Bien des choses dépendront du résultat de l’élection présidentielle américaine. Dès lors que les Etats-Unis sont dans une période de transition et que Bush est en fin de mandat, on voit que divers dictateurs et autocrates placent leurs  pions pour péparer la suite. Poutine et Medvedev n’ont pas seulement envahi la Géorgie aux fins de la dépecer. Ils ont montré leur intention de soumettre à leurs diktats les pays d’Europe  centrale. Ils entendent aussi accentuer leurs pressions sur l’Europe occidentale qui dépend de la Russie pour une part importante de ses approvisionnements énergétiques. La Russie et la Chine ont  des liens stratégiques, et la Chine n’a pas renoncé à avaler Taïwan : elle a, par ailleurs, permis que dure le régime nord-coréen. La Chine et la Russie sont liées à l’Iran des mollahs à qui  la Russie vend son savoir-faire nucléaire. Chavez s’est rendu plusieurs fois à Moscou et à Téhéran : des avions militaires russes sont présents au Vénézuela, ainsi que des camps du  Hezbollah.

Si  McCain est élu, on peut compter sur lui pour mener une politique dure et tout faire pour renforcer les alliances avec la Colombie d’Alvaro Uribe et avec Israël. On peut compter sur lui aussi pour  maintenir la pression sur tous les régimes hostiles à la liberté et pour fortement inciter les Européens à intégrer la Géorgie et l’Ukraine à l’Otan, et à choisir leur camp sur le reste de la  planète. Si Obama devait l’emporter, je pense que la politique étrangère américaine serait porteuse de multiples signaux ressemblant à ceux de la « détente » vis-àvis de l’Union  Soviétique au temps de Carter. On sait que les années Carter ont été excellentes pour les Soviétiques. On peut penser que les années Obama ne seraient  pas mauvaises pour Chavez, Poutine, Medvedev, les mollahs iraniens et les dirigeants de Pékin.
Nous sommes en un temps où il  faut adopter un regard planétaire, car c’est à l’échelle planétaire que tout se passe. Chavez l’a compris. Tous les gens peu recommandables que je viens de citer l’ont compris aussi. Il serait  très utile qu’on le comprenne en Europe.

DRZZ : Je mentirais si je disais que les lecteurs du blog drzz sont heureux de la présidence Sarkozy. Dernièrement, l’UMP s’est plaint du RSA, qu’il considère comme un impôt socialiste. Votre opinion ?

MILLIERE :  Je pense que Sarkozy gouverne au jour le jour, sans vision  d’ensemble, sans perspective de moyen et de long terme. J’attendais assez peu de sa part, ce qui m’évite d’être trop déçu. Sur un plan intérieur, il n’a rompu en rien ou presque avec le socialisme avoué ou rampant qui rongeait le pays. Alors qu’il faudrait donner des signaux forts pour que l’économie se redresse, il prend des décisions timides et microscopiques. Il crée,  effectivement, avec le RSA, un aménagement du RMI et reprend une idée au programme des socialistes. Il ajoute à la charge fiscale de la population tout un ensemble de petits impôts qui finissent  par peser lourd. Sur l’environnement, il raisonne souvent comme les Verts. S’il était au Royaume Uni, il serait plus à gauche que Tony Blair ou Gordon Brown. Il n’ya rien d’étonnant à ce qu’il se  reconnaisse dans les idées de Barack Obama. Je peux seulement dire qu’avec le parti socialiste au pouvoir, ce serait vraisemblablement pire. La démocratie en France fait que, sur le plan de la  politique intérieure, on a le choix entre deux partis socialistes. Les différences entre les deux partis socialistes concernent moins les questions économiques que les questions de culture, de  mœurs et de sécurité. Le socialisme sarkozyen est plus conservateur en termes de culture et de mœurs, plus bonapartiste en termes de sécurité intérieure.

 En termes de politique étrangère, Sarkozy a rompu avec l’anti-américanisme aveugle et stupide façon Chirac, ce qui est bien. Il a rompu aussi avec l’anti-israélisme primaire de la présidence  précédente. Nombre de ses autres décisions et projets laissent, cela dit, pour le moins perplexe, ainsi l’Union pour la Méditerranée, et montrent, comme en politique intérieure, l’absence de  ligne directrice claire.

DRZZ : Récemment, dix  soldats français ont été tués par les talibans dans une embuscade. L’Afghanistan aurait-il remplacé l’Irak dans l’ordre des priorités du monde  libre ?
MILLIERE :  La guerre en Afghanistan fait  partie de la guerre plus vaste contre l’islamo-terrorisme et de la nécessité d’endiguer la propagation des dictatures. La guerre en Irak est, pour l’essentiel, gagnée, quand bien même la  vigilance doit continuer à s’imposer : c’est pour cette raison qu’on n’en parle plus dans les médias européens. Une bonne part de l’Europe est passée, pour ce qui concerne l’Irak, du  défaitisme actif au silence sur l’échec de ce défaitisme qu’incarne la déroute des mouvements terroristes. La guerre en Afghanistan, elle, se poursuit. Les Etats-Unis retirent des troupes d’Irak  pour renforcer leurs effectifs en Afghanistan. Ils se livrent à des incursions en territoire pakistanais, car les talibans disposent de bases de repli au Pakistan sans que le gouvernement de ce  pays fasse quoi que ce soit pour les démanteler. Même si leur participation est faible en nombre et en armes, il est positif que d’autres pays occidentaux mènent la guerre au côté des Etats-Unis  en Afghanistan, car c’est une guerre qui concerne l’ensemble de ce qu’on devrait, effectivement, continuer à appeler le monde libre. Cela dit, le fait qu’il n’y ait pas de ligne claire dans la  politique étrangère française a pour conséquence que les Français aient des difficultés à discerner le sens de l’engagement français aussi loin des frontières du pays. Le discours officiel  français fait une distinction entre la guerre en Irak, qui continue à être décrite comme injustifiée, et la guerre en Afghanistan, alors que ce sont deux fragments d’un même combat d’ensemble.

 Personne en France ne parle de la guerre planétaire en cours présentement, de peur de tenir un discours qui ressemblerait trop au discours américain. Je ne peux, hélas, que comprendre les doutes  de nombre de mes compatriotes face au risque de « mourir pour Kaboul » en ces conditions. J’ai bien peur qu’il n’y ait pas de clarification du discours officiel. En ce domaine, les  propos des socialistes officiellement membres du parti socialiste sont pires que ceux du gouvernement, ce qui ne m’étonne guère. Les propos de l’extrême-droite montrent que, s’il n’y a plus  beaucoup de pétainistes vivants, l’esprit du pétainisme, lui, n’est pas mort. Le monde libre et vigilant, en fait, ce sont surtout les Etats-Unis, puis le Royaume_uni, les pays d’Europe centrale,  Israël. La France est encore libre, mais elle est striée de confusions et de myopies qui me semblent inquiétantes. Je regrette la mort des dix soldats français, et elle m’attriste  profondément : les réactions françaises à ces morts me conduisent à douter que la population française aurait l’endurance de faire face à une guerre plus dure.

  DRZZ : Il reste peu de temps, à l’évidence, pour freiner les velléités nucléaires de la République islamique d’Iran. Estimez-vous qu’Israël interviendra militairement entre cet  automne et l’été 2009 ? Sinon, que nous réserve l’avenir ?

MILLIERE :Je n’ai aucune certitude en la matière. Je puis  seulement dire que je souhaite qu’il soit mis fin au programme nucléaire iranien au plus vite, d’une manière ou d’une autre. Les sanctions contre le régime sont, à l’évidence, inefficaces, et  elles le sont d’autant plus que divers pays, dont des membres de l’Union Européenne continuent à commercer avec Téhéran. Des frappes américaines sont devenues improbables. Je pense qu’Israël  interviendra s’il n’y a pas d’autre issue, mais il sera difficile à Israël d’intervenir sans assentiment américain. Plusieurs de mes amis à Washington me disent que Bush ne quittera pas la Maison  Blanche sans qu’une action ait été menée. Des frappes sur l’Iran seront, le cas échéant, une opération complexe impliquant beaucoup de minutie. Les sites nucléaires iraniens sont disséminés dans  le pays. Un certain nombre d’entre eux sont situés dans des zones habitées par de nombreux civils. Si McCain est élu, je pense qu’Israël attendra et coordonnera une action avec la nouvelle  administration. Si cela devait être Obama, et donc la victoire d’une ligne d’apaisement, le sentiment d’urgence en Israël serait accentué, et la perspective de frappes s’en trouverait accélérée.  Ce que craint Bush, pour l’heure, et ce qui explique qu’il freine présentement la volonté d’action israélienne, ce sont les capacités de nuisance du régime iranien en Irak, au Liban, et ailleurs  sur la planète. Une frappe suivi d’actions délétères iraniennes avant les élections pourrait avoir un impact électoral que Bush ne souhaite pas. Entre des frappes israéliennes avec accord des  Etats-Unis et la perspective d’un Iran nucléaire, en tous cas, ni Israël ni l’administration Bush, ni une possible administration McCain n’ont d’hésitations. Un Iran doté de l’arme nucléaire  représenterait la pire des options et ne serait pas une menace pour Israël et les Etats-Unis seulement.

DRZZ : Que penser de la situation actuelle d’Israël ? L’arrivée d’un nouveau premier ministre peut-elle réparer les dégâts créés par le gouvernement  Olmert ?

MILLIERE :  La situation en Israël est délicate. Le gouvernement Olmert a été l’un des  plus désastreux de l’histoire du pays, et, jusqu’à ce jour, de discours en discours, Olmert continue à nuire et à affaiblir Israël. Son remplacement par Tzipi Livni ne changera sans doute pas  grand chose. Il faudrait à Israël un gouvernement qui parle clairement, qui sorte de l’engrenage enclenché à Oslo, qui rappelle les réalités géopolitiques et historiques aujourd’hui oubliées et  qui agisse en conséquence. Ce gouvernement ne pourrait voir le jour qu’après des élections et un retour du Likoud au pouvoir. Je pense que Netanyahu est un homme lucide, et il a le soutien de la  meilleure analyste de la situation d’ensemble d’Israël et du Proche-Orient, Caroline Glick, éditorialiste au Jerusalem Post. Le Jerusalem Center for  Public Affairs a, par ailleurs, publié récemment un texte remarquable de Moshe Yaalon appelé « A New Strategy for the Israeli-Palestinian Conflict ».

 Si un gouvernement du Likoud suivait les recommandations incluses dans ce texte, on pourrait être optimiste concernant l’avenir. La voie suivie par Olmert n’a pas simplement été dangereuse pour  la sécurité d’Israël, elle a eu des effets démoralisants et démobilisateurs pour la population israélienne.  L’urgence est, en tous cas, de rompre avec l’idée suicidaire qu’il y a, présentement, un « partenaire pour la paix » avec Israël au sein de l’Autorité palestinienne. Un vrai partenaire pour la paix n’éduque pas les enfants  à la haine et à la guerre. Il ne laisse pas des journaux publier eux-mêmes des appels à la haine et à la guerre. Pour ce qui me concerne, je pense qu’il existe déjà un Etat arabe sur le  territoire palestinien, la Jordanie, et je ne vois pas pourquoi il faudrait qu’il en ait deux. Je considère, qui plus est, qu’un second Etat palestinien existe de fait depuis qu’Israël a quitté  Gaza. On voit ce que les factions « palestiniennes » font d’un territoire dont elles ont la gestion. Ce qui est inadmissible est que le gouvernement Olmert ait laissé bombarder pendant  aussi longtemps la ville de Sderot sans agir comme il se doit.

   DRZZ : L’Irak est aujourd’hui un argument en faveur des Républicains alors qu’il leur a fait perdre les  élections législatives de 2006. La victoire du général Petraeus annonce-t-elle une révolution dans la vision américaine du  Moyen-Orient ?

MILLIERE :  On ne peut pas parler d’une  « vision américaine » : les positions des républicains et des démocrates sont très différentes. Chez les démocrates, on a été opposé à la stratégie de Petraeus de bout en bout et  on n’a cessé de parler de « défaite inévitable ». La vision démocrate, en ces conditions, restera inchangée : elle consistera à dire qu’il faut parvenir partout et autant que  possible à des « solutions négociées » par la diplomatie. Au Moyen-Orient, cela signifiera rencontre avec les dirigeants iraniens, pourparlers avec Assad en Syrie, pressions renouvelées  sur Israël pour que le « processus de paix » se poursuive, pressions sur le gouvernement Karzai en Afghanistan pour qu’il s’entende avec les talibans. Pour les démocrates, il y a un problème majeur et un seul au Proche-Orient : l’absence de paix entre Israël et les Palestiniens. De ce problème découlent la colère arabe et l’islamisme. Ce problème réglé, la chasse aux  derniers djihadistes irréductibles impliquerait des opérations armées, mais pas de guerre, et on serait prêt à tendre la main à d’éventuels « djihadistes modérés ».

 Chez les républicains, la tendance « réaliste » façon Brent Scowcroft et James Baker n’est pas prédominante. Les conseillers de McCain viennent du camp  « néoconservateur » : la vision est que les guerres contre les insurrections recourant au terrorisme peuvent être gagnées, comme vient de l’écrire Daniel Pipes dans un article publié par le Washington Times. Elle est que ce qui a conduit à la victoire en Irak peut aussi conduire à la victoire en Afghanistan, et que les  Etats-Unis sont dans une guerre mondiale longue qui ne prendra fin qu’avec l’écrasement du djihadisme et un endiguement efficace de pays tels que la Chine, l’Iran, et la Russie. Inutile d’ajouter, je pense, que dans la vision républicaine qui est celle de McCain et de son entourage, la guerre menée contre Israël par les « Palestiniens » n’est pas une cause de la situation au Proche-Orient, mais un effet de celle-ci.

(
la page originale est sur le blog Drzz)

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