Mine de rien , l'interview du président américain par PPDA montre une évolution de la mentalité journalistique en France , perceptible depuis l'élection de Nicolas Sarkozy.
Il est clair que l'Amérique a cessé d'être l'ennemi de toutes les rédactions et si certains journalistes continuent d'afficher leur antiaméricanisme au grand jour (ce qui est leur droit le plus strict, et qui nous donnent le droit de critiquer cet antiaméricanisme), petit à petit, on sent une évolution , que la page de l'ère chiraquienne est en train de se tourner, et ce des deux côtés de l'Atlantique.
Preuve en est cette volonté affichée de renouer un dialogue mis à mal par les sieurs Villepin et Chirac qui , aidés par Poutine et Shroeder se sont opposés à la libération de l'Irak. Le journaliste Alain Hertoghe avait d'ailleurs très bien décrit cette hystérie anti-US lors de la guerre de 2003 dans son livre "La guerre à Outrance : comment on nous a désinformés sur l'Irak" , montrant que les grands journaux , y compris Le Figaro avaient manipulé leurs lecteurs afin de leur faire croire à un désastre dans les sables de l'ex -Babylone.
Certes, tout n'est pas parfait . La situation réelle en Irak n'est que montrée partiellement par les médias. On continue à tresser des couronnes à des Al Gore ou des Bill Clinton. Les acteurs hollywoodiens gauchistes sont accueillis chez nous comme des messies mais on sent un frémissement, un changement. Bush n'est plus le diable décrit par Chavez (l'apprenti-dictateur vient d'ailleurs de se faire remettre en place de manière ferme par le roi d'Espagne !!) mais un président qui, somme toute, a osé prendre les décisions indispensables à un moment crucial de l'Histoire quand la France, elle, continuait de vivre dans une bulle.
L'interview, que je mets ici en "pièce jointe" montre un président d'une classe impériale, qui n'élude pas les questions, qui ose dire que Saddam devait être éliminé et qui ne cache pas son admiration pour son nouvel homologue français. PPDA a beau ressortir quelques clichés de sa manche, son interlocuteur n'en reste pas moins d'une grande classe et montre qu'il a marqué son temps.
Bien entendu, l'interview ne peut masquer la haine que certains ont encore de l'Amérique (il n'y a qu'à voir les commentaires que je reçois régulièrement) mais petit à petit , la mentalité évolue... Qui va piano....