Rachida, depuis 2007, je vous ai toujours défendu autour de moi, contre les attaques sexistes et racistes dont vous étiez victime, contre les imbéciles qui estiment que la place d'une fille d'immigrée n'est pas au gouvernement.
Mais là , vous avez commis une erreur et vous avez fait régresser la cause des femmes.
Entendons nous bien, je me moque de savoir qui est le père de votre fillette. Vous avez voulu garder secret votre jardin et vous en avez le droit. Il ne me viendrait pas à l'idée de regarder par le trou de la serrure.
Par contre, en décidant de reprendre votre travail 5 jours après votre accouchement (par césarienne, qui plus est) vous rendez un mauvais service aux femmes.
Imaginez : une femme , qui n'est pas vous, vient d'avoir un enfant. Elle espère pouvoir passer quelques temps avec lui. Son patron arrive et lui balance "reprenez votre travail la semaine prochaine. Après, tout vous n'avez pas autant de responsabilité que Mme Dati".
J'exagère ? Sans doute ! Mais en vous précipitant à votre travail, en laissant votre enfant au moment où il n'a besoin que de vous, vous prouvez surtout que la maternité n'est qu'un acte anodin, une péripétie dans une vie, un léger écart de quelques jours.
Une naissance , ce n'est pas cela. Ce n'est pas une péripétie. C'est parfois un drame, c'est parfois une chose triste. Mais dans tellement de cas, c'est une joie. Et qu'est ce qui est plus important que de donner la vie, puis de de donner de l'amour.
Comme j'aurais aimé vous voir arriver à votre travail, avec votre fille dans une écharpe, ou dans un maxi cosy . Là, vous auriez montrer une nouvelle voie : celle des mamans qui, comme dans les pays nordiques, peuvent allier travail et maternité, qui peuvent s'absenter quelques minutes pour donner le sein ou le biberon, qui peuvent arriver le matin avec leur petit, le déposer à la crèche, passer le voir dans la journée, le nourrir. Là, vous auriez été un exemple pour toutes celles qui se battent pour que le congé maternité puisse se prolonger dans le monde professionnel !!
Une occasion perdue, Rachida. Vous avez sans doute eu peur que l'on vous "vole" votre place. Mais qu'aviez vous à perdre. La presse vous aurait critiqué de toutes façons. Et puis, être garde des sceaux, est-ce plus important que votre fille ?
Vous avez eu tort, Rachida. Mais c'est votre choix. Puissiez vous vous en rappelez si, par malheur, un jour la roue politique tourne du mauvais côté pour vous.