En cette semaine de congés, je vous propose un article paru sur U-Blog :
Je me suis servi du Que Sais Je ? de Jacques R.Ruelland intitulé Histoire de la Guerre Sainte (QSJ N°2716). L’auteur y apporte d’intéressants éclairages sur la notion de djihad islamique et montre combien il diffère des actes des religions antérieures.
Différence entre Islam et les autres religions monothéistes
Le concept de guerre mené au nom de Dieu n’est évidemment pas né avec l’Islam. Mais si cette notion est étrangère au christianisme des origines, il a un fondement dans le judaïsme. Mais dans le judaïsme, si la guerre peut être encouragée par Yahvé, elle est soit défensive soit elle permet de s’installer en Terre promise. Elle n’est pas un état permanent et elle n’est pas un outil de cohésion nationale. Le Djihad , lui, est un état de conquête permanent qui doit permettre de repousser sans cesse les frontières du Dar-al-Islam aux dépens du Dal-al-Harb. Cet état permanent est justifié par une phrase du Coran "Nous t'avons envoyé pour tous les hommes” . Le djihad est donc un état normal de la religion à la différence des guerres judaïque qui ne visent qu’à être temporaire.
Distinction de 2 djihads
Djihad veut dire « effort tendu vers un but déterminé’. .Il est important de distinguer deux djihad. Le premier est purement spirituel : il vise un effort de soi-même en vue de se perfectionner moralement et religieusement. De tradition chiite, ce djihad est aussi appelé mudjahada. Le djihad mineur lui est l’effort que l’on doit porter envers les infidèles. Cette conception est sujette à interprétation. Certains auteurs s’appuient sur la sourate 9 :29 « faites la guerre à ceux qui ne croient pas à Dieu ou au jugement dernier » et sur la sourate 8 :17 « Ce n’est pas vous qui les tuez, c’est Dieu ». Le propos a le mérite de la limpidité et c’est cette simplicité qui explique l’extension extraordinaire du Dar-al-Islam tout au long du VIIe siècle. D’autres auteurs, plus minoritaires, estiment que le djihad mineur peut être offensif mais aussi défensif et n’a pas forcément vocation à être permanent.
Organisation du djihad
Le djihad obéit à des règles exposées dans le Coran : ainsi, la conversion forcée ne peut être que pour les païens et les polythéistes. Les croyants des autres religions monothéistes sont tolérés dans le Dar-al-Islam s’ils se soumettent au Dhizya (le tribut de capitation) et au Kharadj (l’impôt foncier). Pour les païens, les seules issues sont la conversion, la mort et la mise en esclavage.
Certains mois ne sont pas propices au djihad. On ne combat donc pas durant les mois de Chawwal, Dhul-l-qa’da, Dhul-l-Hijja et Muharram. (Sourate 9 :5-6)
La répartition du butin se fait également de manière précise : un cinquième en revient à Dieu, aux parents, aux orphelins, aux pauvres et aux voyageurs (Sourate 8 :39-42). Le djihad est considéré comme une obligation collective mais on peut y renoncer en contrepartie d’un avantage (paiement d’un tribut par l’ennemi) si tel est l’intérêt du moment. Ceci explique l’alliance de certains émirs avec les dirigeants des états latins du Moyen Orient au XIIe siècle.
En conclusion, il apparaît que la notion de djihad dépasse la stricte définition d’une guerre. C’est à la fois un état d’esprit, une organisation de la conquête, un combat spirituel, un combat armé et un moyen d’extension. C’est sans doute la somme de ces aspects qui en font une action hostile , tournée contre l’occident en général et les démocraties en particulier.