Fenêtres sur cours, le bulletin gratuit du SNUipp , que nous recevons à l'école , a publié un sondage très intéressant sur le vote des enseignants pour le premier tour de la présidentielle. Même si les effectifs sondés ne sont pas forcément représentatifs de tout le corps enseignant (une distinction enseignants du public/enseignants du privé aurait été interessante) , il permet de tirer quelques conclusions.

(Fenêtres sur Cours n° 299 - 04 juin 2007 - Sondage CSA-CISCO)
La première colonne concerne tous les enseignants , y compris les non syndiqués. La colonne bleue concerne les adhérents à la FSU , la colonne verte les adhérents à l'UNSA.
Il apparaît clairement que les sondés ont voté plus à gauche qu'à droite, l
e score de Royal chez les adhérents FSU atteignant même 65%. Pour informations, certains syndicats nous ont envoyé des mails où ils indiquaient clairement leur intention de voter et de faire voter Royal au 2eme tour.
Par contre, le vote enseignant s'effondre à l'extrême gauche (il était nettement plus fort en 2002) et seul Besancenot tire son épingle du jeu. Le vote "gauche" reflète d'ailleurs le reste de la population : forte score chez Royal, laminage chez les autres (si des candidats comme Laguiller n'apparaissent pas sur ce sondage, c'est qu'il n'ont pas atteint les 1% dans les 3 catégories)
On avait écrit que Bayrou avait pas mal grapillé sur les terres enseignantes. Ce sondage le confirme puisque dans l'ensemble près de 25% de l'ensemble des enseignants ont voté pour lui. Ce qui a mathématiquement fait baisser le score de Royal (35%, contre 41% pour Jospin en 2002).
Nicolas Sarkozy arrive à 15% dans l'ensemble mais 0% à la FSU !! Plus surprenant, les enseignants syndiqués UNSA ont voté pour lui à presque 20%.
La gauche subit donc une érosion puisque même Le Pen a dépassé la barre des 5% tandis que De Villiers a séduit presque 10% des syndiqués USNA.
Pour Bruno Cautrès , chercheur au centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF),
le vote des enseignants se rapproche de celui des classe moyenne. Il estime aussi que
la stratégie Tout sauf Sarkozy a nettement mieux marché à l'Education Nationale que dans le reste de la population. Ce type de sondage est intéressant à double titre : il montre d'une part que les adhérents FSU , souvent en première ligne dans les "combats" contre le ministère de l'Education Nationale, votent toujours à gauche, ce qui n'est pas vraiment un gage de paix sociale dans l'enseignement pour les années à venir.
Il montre aussi que le vote utile a joué chez les enseignants, échaudés par l'expérience de 2002.
Maintenant, il est opportun de rappeler qu'un enseignant ne doit JAMAIS étaler ses opinions politiques, religieuses ou autres devant ses élèves.