(Graphique trouvé sur le Blog Drzz)
Ainsi les syndicats d'étudiants ont d'ores et déjà refusé le plan d'autonomie des Universités. Or, l'université française est plus que mal en point, elle pointe dans les dernières places mondiale , elle ne forme plus d'élites, elle enferme des étudiants dans des voies de garages, elle manque de moyens (enfin, de certains moyens car le gaspillage est souvent énorme). Le conservatisme dans toute sa splendeur donc puisqu'il consiste à dire "non" par principe et surtout accuser "les autres" (le libéralisme, l'argent, la droite...) pour justifier ses erreurs.
Or, l'université doit évoluer. Elle doit dans un premier temps faire une sélection à l'entrée. Je sais que cela en choque certains mais quel interêt d'accueillir 1000 étudiants en histoire-géographie sur une faculté alors que l'on aura besoin, 4 ans plus tard, que de 50 professeurs. La sélection existe dans certaines filières, pour pas en lettre ou en droit ? Sachant qu'un étudiant coûte très cher à l'état, moins d"étudiants mais capable de réussir leurs études , cela me semble être une mesure de bon sens.
Pour éviter cet engorgement, il faudrait que l'orientation au collège et au lycée soit fait plus sérieusement . Il y a parfois un peu trop de démagogie avec des phrases du style "80% au bac". Certains jeunes ne pourront pas suivre à la faculté. Cela ne veut pas dire qu'ils sont mauvais mais que pour eux il y a d'autres pistes. On admet que tout le monde ne peut pas être un artiste de génie, admettons que tout le monde ne puisse pas suivre des études longues.
Il faut aussi que le syndicalisme étudiant , qui ne représente rien en nombre d'adhérents, soit moins puissant. Est-il normal que l'UNEF soit quasiment le seul interlocuteur du ministre ? Pourquoi les centaines de milliers d'étudiants non syndiqués n'ont pas l'oreille du ministre ? Il y a là un grave déni de démocratie . Vous me direz , tous ces non-syndiqués n'ont qu'à s'organiser. Oui mais quand on n'a pas l'appui d'un parti politique derrière soi , comment le faire efficacement. On sait très bien que pas mal de cadres du PS sont passés par l'UNEF. Idem pour l'UMP avec l'UNI. Des syndicats étudiants moins politisés seraient la meilleure défense des étudiants.
Il faut également arrèter de mentir aux étudiants durant les études. Quand je suis entré à Nancy II, personne ne m'a dit que les concours étaient de véritables couperets, incroyablement durs à avoir. Personne n'insiste non plus sur la difficulté et le travail énorme demandé. Enfin, passer d'un système où le lycéen est encadré à un système où l'étudiant est seul est absurde. Une fois de plus, on passe de noir au blanc sans aucune étape.
Enfin, une université doit être autonome. Elle doit pouvoir faire ses propres choix pédagogiques, recruter , en y mettant le prix, s'il le faut les meilleurs professeurs. Université à deux vitesse ? Peut être mais pas plus que maintenant. Si vous tombez dans une faculté avec de mauvais professeurs , vous n'avez que très peu de chance d'avoir un Capes ou une Aggrégation. Problème d'argent ? Des solutions existent : elles consisteraient, par exemple, à continuer à voter des subventions fixes mais également à offrir des rallonges à celles qui forment le mieux leurs étudiants, dont le nombre doit être moins importants dans certaines fillières (les lettres, d'où je viens mais où je n'ai pu commencer à apprécier la valeur de mes études qu'en License, quand nous n'étions plus que 95) mais plus importants dans d'autres (les sciences). Enfin, les Universitaires doivent comprendre que travailler avec des entreprises n'est pas une hérésie.
En refusant de voir évoluer l'université, en demandant toujours plus d'argent, en refusant de rendre compte de résultats médiocres, en se calquant sur une lutte de classe dépassée, les acteurs de l'universté vont dans le mur !! Encore faudrait-il qu'ils le comprennent.