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7 février 2021 7 07 /02 /février /2021 09:28
Les amateurs du Covid 19

"Soyez fier d'être des amateurs" a dit un jour Macron aux membres de son parti En Marche. Le moins que l'on puisse dire est que ceux-ci ont pris ce conseil à la lettre.

 

Depuis le début de cette crise, la France a eu absolument tout faux. Certes, d'autres pays n'ont pas fait mieux - je pense que Donald Trump en sous-estimant le coronavirus s'est gravement trompé - mais chez nous , on a cumulé toutes les erreurs possibles. 

 

Dans un premier temps, le gouvernement a fait mine de croire qu'il n'y avait aucun souci. Agnès Buzyn estimait que le Covid 19 ne viendrait jamais en Europe, au moment même où cela commençait à flamber en Italie du nord - des villes comme Milan avaient des liaisons aériennes régulières avec la région chinoise d'où est sorti le virus - et que les hôpitaux transalpins étaient saturés. Pire encore, ceux qui mettaient la parole en doute du gouvernement étaient forcément des menteurs.

 

Passons sur le navrant épisode de sa démission afin de se consacrer à sa campagne municipale , tout en n'oubliant pas ses soi disant larmes et sa "mise en garde" sur une catastrophe dont elle disait qu'elle n'existait pas.

 

Quand il s'avéra que le virus était bien en  Europe et qu'il tuait , et pas que des personnes âgées, le gouvernement, Macron en tête, a continué de minimiser la chose. "Sortez, allez au théâtre" nous balançait le couple présidentiel. Les professionnels du spectacle qui ne peuvent plus travailler depuis 10 mois doivent rire jaune en se rappelant cette phrase.

 

Normalité toujours dans cette obstination de laisser se dérouler les municipales. Soyons honnête, si le gouvernement avait repoussé cette élection, il se serait également pris une volée de bois vert et une bonne partie de la classe politique, surtout ceux qui espéraient rafler des villes, a suivi le gouvernement dans cette voie. Résultat, un premier tour avec une abstention terrible mais surtout des contaminations par milliers, la plupart des bureaux de vote ne disposant pas du matériel promis pour un scrutin en toute sécurité. 

 

Je me permets de prendre l'exemple de ma commune. Nous n'avons reçu ni stylos ni lingettes désinfectantes. Le gel hydro-alcoolique ? On a tapé dans la petite réserve de la mairie. J'ai tenu le scrutin durant 2H30 avec un masque (j'ai la chance d'avoir une épouse travaillant dans le médical) et des gants , on nettoyait le stylo et le plan de travail avec des lingettes qu'on avait amenées entre chaque passage, mais c'était clairement du bricolage. Et parmi les assesseurs , comme par hasard, 7 jours plus tard, 2 étaient malade dont un qui l'avait communiqué à sa femme.

 

Mais là aussi, le gouvernement avait minimisé la chose avant de reporter le 2e tour en juin.

 

Puis est arrivé le temps des premières restrictions, sacrée valse d'improvisation, de non-dits et de mensonges. Savez vous que le matin du jour où Macron annonçait la fermeture des écoles, le ministre annonçait que les écoles resteraient ouvertes ?

 

De ce fait, nous n'avons eu qu'une journée , celle du vendredi, pour préparer la fermeture, voir si on avait les adresses mails de tous les parents. Improvisation totale ! Rien de ce qu'a finalement promis le ministère n'était prêt. Et cela a duré durant toute la période de fermeture. Au bout de quelques jours, on nous a demandé de faire des tours de garde pour les enfants de soignants, mais pas mal d'entre eux avaient déjà trouvé une solution alternative. Résultat : certains jours, on avait un enfant à garder. Et je dis bien à garder, car il était impossible de faire un travail scolaire avec des gamins qui venaient de manière irrégulière.

 

D'ailleurs cette période a surtout mis en lumière les inégalités numériques de notre territoire. Certains parents n'ont pas d'ordinateur ou d'imprimante (ou les deux). Là aussi, on se relayait à l'école pour imprimer le travail des enfants pour le donner aux parents, ou le déposer dans leur boîte aux lettres. De toutes façons, durant ce confinement, j'étais à l'école tous les matins pour répondre au téléphone , notamment des familles angoissées qui ne savaient pas comment faire "classe à la maison". Parce que, comme tout métier, l'enseignement ne s'improvise pas, chose qu'a superbement ignoré le gouvernement, allant jusqu'à mentir sur le nombre d'enfants décrocheurs. Croyez-moi, il a été bien plus important que les chiffres officiels.

 

Durant ce confinement, on a pu voir que la France manquait de tout : de masques - mais ne nous disait-on pas que cela ne servait à rien et qu'on était trop con pour les mettre - , de place en  réanimation, de machine respiratoire... Les soignants ont payé un lourd tribu au début de la crise, des centaines sont tombés malades, certains en sont morts... Là aussi, omerta du gouvernement.

 

Puis vint le temps du déconfinement avec là aussi son lot d'hésitations et d'improvisations. L'économique l'a emporté vu que les Français pouvaient aller en vacances partout, les masques étant enfin là. Enfin, pour ceux qui voulaient les mettre car on a assisté à ce navrant mouvement anti-masques. Et si durant l'été, on a cru que l'épidémie s'éloignait, elle a repris de plus belle à l'automne. Mais là, ce sont les tests qui manquaient...

 

Résultat , un nouveau confinement, incompréhensible, avec des magasins à moitié ouverts, une refermeture de lieux plus sûrs comme les cinémas ou les musées. 3 semaines plus tard, on rouvre les galeries commerciales où s'entassent des milliers de gens.

 

Au niveau école, on continue dans l'approximation. Les protocoles se succèdent et si ceux ci font preuve de bon sens, sur le terrain, les moyens de suivent pas. Ainsi, si l'obligation faite aux enfants d'élémentaire d'avoir un masque parait logique, il faudra attendre plusieurs semaines avant que le ministère ne fournisse des masques lavables aux élèves, masques qui ne sont d'ailleurs plus valables désormais puisqu'il faut des catégories 1. Mais ils seront à la charge des familles. 

 

Et n'oublions pas ces deux jours d'auto-confinement volontaire pour les élèves qui le souhaitaient la veille des vacances. Pas de souci, quelques gamins de l'école se sont auto-confinés...en faisant du vélo ou allant jouer au foot sur le terrain municipal. Je me permets de dire que, comme tout le monde, j'ai appris cette nouvelle par les médias...

 

Enfin, la comédie des vaccins. Là, on a atteint des sommets. Alors que dans la plupart des pays, on vaccine à tour de bras, en France, le nombre est ridicule, les doses ne sont pas disponibles, les centres ne sont pas près... Et les personnes les plus en contact - soignant, caissière, livreur, enseignant - ne sont pas prioritaires sauf en cas de grave maladie ou si âgé de plus de 50 ans, pour les soignants. Bien entendu, les anti-vaccins font entendre leur voix et jette de l'huile sur le feu. Et même maintenant, avoir un rendez vous de vaccination ne vous garanti pas une vaccination : des gens âgés de la commune ont vu leur date repoussée de plusieurs semaines. La cause ? pas de dose disponible...

 

En résumé, l'Etat s'est trompé sur la gravité de l'épidémie, a menti sur les masques, les tests, les vaccins, improvise au fur et à mesure, ne donne plus le nombre de morts...

 

Bref un travail d'amateur ! Mais un travail mortel !

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commentaires

Deberteix 07/02/2021 15:30

Sans compter le vaccin Franco -Autrichien VALNEVA que le gouvernement Britannique s'est empressé de commander alors que nous, nous avons trainé des pieds. Nous avons des trésors en France dans beaucoup de secteurs mais nos gouvernants ne savent pas les exploiter pour le bien du pays et des citoyens.
Et c'est une des raisons qui fait partir les meilleurs...
Quel gâchis..