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28 septembre 2007 5 28 /09 /septembre /2007 11:43
Quel talent, quel brio !! Ivan Rioufol résume en quelques lignes tout ce qui fait l'essence de ce blog. Et avec un talent infiniment supérieur !! Pour ceux qui ne vont jamais sur le site du Figaro , voici donc le texte in extenso. L'original se trouve sur cette page.

 Merci ! Merci à Christine Lagarde, à Bernard Kouchner, à François Fillon. La première a osé parler de « plan de rigueur », le deuxième a admis que le pouvoir iranien faisait courir un risque de « guerre », le troisième a expliqué que l'État était « en situation de faillite ». Trois aveux généralement sifflés. Jean-Pierre Raffarin a jugé ces mots « maladroits ». Il est vrai que, premier ministre, il voyait la société « en mal d'amour » et lui susurrait des mots doux. Pas de quoi se vanter.
 
 Ceux qui n'ont jamais trouvé à redire aux berceuses déplorent, ces jours-ci, ces mots crus. Sans doute regrettent-ils ce bon vieux temps des slogans orwelliens (« Le modèle social est exemplaire », « L'islam est une religion de paix et de tolérance », « L'école est une réussite », etc.). Évoquer un déclin de la France y était défendu. La faillite est celle de ce système déphasé, protégé par un aveuglement collectif.
 
 Pourtant, malgré son parler vrai, Nicolas Sarkozy n'aime pas non plus ces rudesses. « Je ne crois pas à la politique d'austérité », dit-il. Sur la déclaration de son ministre des Affaires étrangères : « En ce qui me concerne, je n'utilise pas le mot»guerre*. » Sa réticence à désigner de pesantes réalités signifierait-elle qu'il n'entend pas les affronter ? Pour la croissance, son pouvoir de conviction ne peut avoir de prise sur un mécanisme bloqué.
 
 Le président ne veut être ni Thatcher ni Reagan. Encore moins Churchill promettant du sang, du labeur, de la sueur et des larmes. Cependant, son désir de plaire pourrait être sa faiblesse, si son pari d'un « choc de croissance » tardait à venir. « Plus la situation sera difficile, plus on fera des réformes », explique Henri Guaino, son bras droit. Comment pourraient-elles éviter des sacrifices, quand l'État emprunte pour financer ses dépenses de fonctionnement ? L'exemple allemand est dans les esprits. Fillon, dans Le Figaro, a rendu hommage « aux courageuses réformes menées depuis 2000 ». On en sait le coût : gel des salaires, réduction des allocations-chômage, assouplissement des conditions de licenciement, allongement du temps de travail sans compensation, etc. Les Français qui voient leur pays s'affaiblir seraient-ils, à l'image de la gauche la plus bête du monde, incapables de comprendre ? Ce serait leur faire injure.
 
Refonder la Sécu
 
 Si la faillite n'est pas seulement une image, c'est bien pour la Sécurité sociale. Les chiffres de lundi sont affolants : l'Assurance-maladie va connaître en 2007 un déficit de 11,7 milliards d'euros, que le gouvernement ne sait pas éponger autrement qu'en raclant le peu qui reste aux assurés. Le recours aux franchises ne saurait être qu'une accessoire mesure d'attente. L'actuel système de protection sociale, non financé, n'est plus viable. Sa refondation s'impose.
 
 Parce que bien des Français ne voudront plus payer pour ceux qui estiment que la gratuité est un dû, il faut redéfinir le périmètre de la solidarité nationale, le rôle de la responsabilité individuelle, la légitimité d'une « assurance-maladie » transformée en impôt. Un exemple : est-il normal que la couverture maladie universelle (CMU) soit accordée aux étrangers présents en France depuis trois mois ? Le professeur Gérard Lafay suggère de les exempter de cotisations afin qu'ils souscrivent des assurances dans un régime privé ou dans leur pays d'origine (France, horizon 2050, Economica).
 
 Si rien ne vient rompre avec le système, les premiers réfractaires qui quittent la Sécurité sociale pourraient faire tache d'huile. En effet, son monopole a été cassé par deux directives européennes de 1992 et a été abrogé en France par une ordonnance de 2001 (Les Échos, 12 juillet 2007). Juridiquement, une compagnie privée est en droit de proposer une assurance-maladie concurrente et un particulier peut quitter la Sécu. Une révolution des mentalités se profile. (Note : c'est d'ailleurs le combat de Claude Reichman)
 
Coup de maître
 
 Quant à l'Iran : Bernard Kouchner a eu évidemment raison d'évoquer le risque de guerre que fait courir le président Ahmadinejad soutenu par des illuminés. Ces islamistes radicaux, qui croient en l'homme supérieur et veulent rayer Israël de la carte, caricaturent un peuple subtil et cultivé, bien décrit par Sara Yalda dans un livre qui sort la semaine prochaine (Regard persan, Grasset). Nicolas Sarkozy a placé l'enjeu en déclarant, mardi, qu'un Iran avec la bombe ferait « courir un risque inacceptable à la stabilité de la région et du monde ».
 
 La France des droits de l'homme, qui soutient cette semaine la révolte birmane contre la tyrannie d'une junte issue du communisme, a heureusement refusé hier de prêter sa voix à celle des Munichois qui font crédit à Ahmadinejad lorsqu'il assure : « Nous ne croyons pas aux armes nucléaires. » Selon les experts, deux mille centrifugeuses seraient en action pour produire, d'ici deux à quatre ans, le combustible utile à une bombe. Le déni des pacifistes est une manière de capituler devant ce régime sectaire, possiblement capable d'un acte suicidaire contre Israël.
 
 Face à ce risque, des destructions préventives ciblées ne peuvent être exclues en cas d'échec de la diplomatie. Le peu de commentaires sur le raid effectué par l'armée israélienne en Syrie, le 6 septembre, illustre une gêne à admettre le danger : un commando des forces d'élites aurait saisi du matériel nucléaire nord-coréen (destiné à l'Iran ?) avant que Tsahal ne bombarde des sites sensibles. Un coup de maître, que peine à démentir une Syrie penaude. (Rappelons que le blog Drzz a levé le lièvre depuis plusieurs semaines !!)
 
ADN, le recul
 
 La commission des lois du Sénat a supprimé, mercredi, le recours aux tests ADN pour le regroupement familial, contestés par les moralistes : les fraudeurs peuvent leur dire : merci !
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commentaires

D
Arte ? c'est hélas le cheval de troie du nouveau Kominterm
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A
mercredi prochain sur Arte un dossier sur le Che, ayant lu le compte rendu de l'émission dans le magazine TV "Télé Câble satélite", semble être une description d'un héros révolutionnaire.mais il y a aussi un livre qui sort et sur le site de 20minutes une interview de l'auteur, un dissident:http://www.20minutes.fr/article/182411/Monde-Che-Guevara-un-bourreau-fanatique.php
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D
En kiosque, est en vente le dernier numéro d'Historia. Son titre ? Les crimes cachées du communisme.

Je l'ai acheté ce matin et j'engage tout le monde à le faire. J'en ferai un compte rendu de toutes façons .
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A
Il y a pire que la CMU, il y a l'AME (Aide Médicale Etat), valable pour tout étranger en situation  irrégulière sur notre territoire, même s'il vient d'arriver : tous les soins sont gratuits, même les plus coûteux. Je ne jette pas la pierre aux étrangers malades qui en profitent, je suis révoltée par l'hypocrisie du " trou de la sécu".. C'est aux salariés, qui paient à prix d'or le moindre soin, de faire encore des efforts.
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D
mercredi prochain sur Arte un dossier sur le Che, ayant lu le compte rendu de l'émission dans le magazine TV "Télé Câble satélite", semble être une description d'un héros révolutionnaire.Lu dans le Paris Match, le facteur stalinien Olivier Besancenot a sorti un livre torchon sur son héros et admiratif le Che.Par contre, dans le Figaro Magazine Alain-Gérard Slama brosse un portrait juste de ce criminel qui est le Che.Approchant les 40 ans de la mort du Che je sents qu'un peu partout chez les gauchos, voir débiter les plus gros mensonges a son sujet.D.J     
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