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6 avril 2007 5 06 /04 /avril /2007 01:45
Dieu merci, il existe encore à Hollywood des cinéastes qui n'ont pas encore mis genoux à terre devant le Politiquement Correct et qui refusent le diktat des bonnes consciences. Sack Snyder en fait partie, au même titre que Clint Eastwod, Mel Gibson ou Bruce Willis. L'homme a déjà à son actif le remake du Dawn of the dead de Romero. Il en avait d'ailleurs évacué toutes critiques sociales  pour se concentrer sur l'essentiel : la survie d'une poignée de survivant dans un monde envahi par les zombies.

Il récidive mais en poussant son raisonnement dans ses derniers retranchements : dans 300, il n'est pas question que de survie, mais d'honneur, de liberté, de sacrifice, de choc des civilisations entre un empire Perse certes raffiné mais bâti sur l'esclavage et l'oppression et Sparthe, cité militaire et brutale, non démocratique mais jalouse de sa liberté. Au point d'en sacrifier ses meilleurs éléments pour la survie de la Grèce.

Faire aimer Sparte était déjà un immense défi pour Snyder. Sparte est considéré comme le mouton noir de l'Antiquité, du fait de ses méthodes quasi eugénique, de son système éducatif très particulier, de son idéologie guerrière. Mais on oublie (ou on feint d'oublier) que c'est Sparte qui gagna les batailles de Marathon et de Platée. C'est Sparte qui s'imposa dans la guerre du Péloponèse quand la démocratique Athènes (qui elle aussi se batît sur l'esclavage) commença à faire preuve d'un impérialisme redoutable (le même que , soit dit en passant, fustigent les bonnes âmes à propos de l'Amérique) . On oublie que Sparte inspira un certain Philippe de Macédoine, sans doute l'homme le plus sous-estimé de l'Antiquité et que son fils, Alexandre , saura s'en souvenir quand il portera la guerre dans le territoire Perse.

Snyder n'omet pas l'idéologie de Sparte mais , en quelques scènes (le loup !!) nous fait d'emblée prendre partie pour cette cité guerrière, porteuse comme Athènes ou Mycène , de l'idéal grec : la liberté (qu'importe le régime), le pan-hellenisme , la langue , l'hommage aux dieux et surtout la volonté de ne pas les brader. Ainsi, la Grèce devient donc rapidement Sparte . Le point de vue cinématographique permet alors de s'identifier aux 300 et à leurs visages, tandis que les Perses, Xerxès excepté, ne resteront que des ombres, des clones que peu de détails distinguent. Difficile de faire plus simple. Snyder a bien retenu les leçons de John Carpenter qui dans, Assault on Precinct 13 , usait du même procédé : d'un côté les visages identifiables des assiégés, de l'autre celui , indisctinct , des hordes assiégantes. Et Carpenter s'était d'ailleurs inspiré de Zulu, autre film montrant une poignée d'assiégés résistant à des milliers d'attaquants.

300 est donc un film de siège. On sait comment l'histoire se terminera mais on veut savoir comment. Le plus troublant que qu'il s'inspire du Graphic Novel culte de Frank Miller (Daredevil, Wolverine, Sin City, Batman : year 0 !!) dessiné en 1998, soit 3 avant le début de la 4eme guerre mondiale.

Miller fut longtemps un critique acharné de l'Amérique de Reagan (ses scripts pour Robocop) mais à l'instar de nombreux opposants , il a compris l'idéologie Républicaine (voir ici, sur le blog drzz , une de ses interviews). En écrivant 300 , il a anticipé la guerre entre la barbarie nazislamiste et l'occident. Il est désormais dans la ligne de mire de tous les biens pensants, prouvant qu'il est INTERDIT de changer d'avis , de passer du gauchisme au néoconservatisme !! La presse apprécie ceux qui parlent de leur engagement à gauche un sanglot dans la voix mais déteste ceux qui disent "je me suis trompé, j'avais tort !! C'est une idéologie de merde".

Snyder a repris au cadrage près la BD sans la dénaturer. C'est d'ailleurs ce qui lui vaut un déchaînement de haine incroyable. Les journaux ont bien raison de le détester puisqu'ils ne peuvent comprendre son film. A l'incroyable soumission des occidentaux, Snyder répond par un film  d'une puissance inouïe !! Chaque plan est un tableau . Chaque personnage est une sculpture . Xerxès est un dieu arrogant, raffiné et décadent, qui dirige une cohorte d'esclaves. Leonidas est un roc brutal mais dont les valeurs morales ne peuvent que décevoir les amateurs d'eau tiède et ceux qui sont habitué aux palabres interminaux.

D'un point de vue historique, 300 reprend la trame de l'Histoire, la vraie . C'est bel et bien Léonidas qui se sacrifia avec ses guerriers repoussant ainsi l'invasion le temps que le reste de la Grèce se prépare pour Platée. C'est bel et bien Ephilialtès qui trahit les grecs (mais on ne sait pas s'il était bossu). La tempête de l'Artémission a bien eu lieu, détruisant environ 400 navires et empéchant tout effet de surprise. Miller n'a fait que reprendre certains éléments, en condenser d'autres (la fuite des alliés, en fait , surement des otages) . Le défilé des Thermophyles (ou portes chaudes, appelées ainsi à cause de ses sources thermales) existe bien. Ce qui estiment  que 300 est un tissu de mensonges auraient mieux fait d'écouter à l'école. Ceux qui parlent d'absence de scénario devraient relire Herodote. C'est la source de Miller !

Les allusions de 300 sont transparentes : le conseil de Sparte qui hésite , les conseillers corrompus et menteurs, les lâches qui s'enfuient à la première occasion et qui refuse d'affronter l'ennemi . Celui qui verra l'ONU aura vu juste.

Et les Perses, que les Grecs appelaient barbares , que sont-ils si ce n'est que les nazislamistes ?! 300 ose le tabou suprème de notre époque : appeler un chat un chat. Pas étonnant que l'Iran ait protesté contre le film. Sauf que les Mollahs oublient que l'Empire Perse n'a pas vraiment à voir avec le goulag islamiste qu'ils dirigent. Qu'avant Xerxès, il y eut Cyrrus qui rendit leur liberté aux juifs. Et que même bâti sur l'esclavagisme, le culte de la personnalité, l'Empire du rois des rois valait  mieux que l'horreur que nous propose les nazis verts.

De toutes façons, le film ne s'embarasse pas de précautions. Ainsi cette promesse faite par un émissaire perse aux prêtes de Sparte : des vierges à profusions !! Qui n'a pas compris cette allusion ?

300 , film manichéen ? Bien évidemment !! Snyder ne fait que suivre la tradition des années 40 quand Hollywood était aux côtés des boys qui se battaient en Europe et dans le Pacifique. Dans un hollywood soumis par les dhimmis et les pacifistes de bas étages, pas étonnant que 300 détonne, choque, énerve , provoque le dégoût !! Snyder a tout simplement fait un film politique et politiquement incorrect !! Son succès US montre que , contrairement à ce que l'on veut nous faire croire, le patriotisme n'est pas mort là bas. Le succès de Thoses colors don't Run l'avait déjà fait comprendre.

La presse déteste ? Tant mieux, c'est signe de l'intégrité de 300. Les mollahs protestent ? Très bien, c'est preuve qu'ils ont compris le message. Les journalistes traitent Snyder de néo-nazi ? Formidable, ils prouvent leurs conneries au monde entier.

300 n'est pas qu'un film à grand spectacle de plus, c'est surtout un réquisitoire contre lacheté, la soumission , la corruption , la barbarie. C'est une ode à la liberté, à la résistance, la vraie, pas celle qui tire à la roquette sur des pélerins chiites ou qui endoctrine ses enfants pour se faire sauter à des check points palestiniens.

300 est le film que les candidats à la présidentielle devrait voir !! Et surtout en comprendre le message : la liberté se paye très cher, elle n'est pas acquise à jamais.

L'espoir nait de 300 !! Il montre que rien n'est perdu et que même si la quasi totalité de l'occident a déjà un pied à terre, il reste encore des hommes libres pour dire à la face  du monde : nous n'entrerons pas dans les ténèbres sans nous battre.

Au sommet du Kolonós, théâtre de l'ultime résistance spartiate, sur lequel fut érigé un mausolée, une inscription du poète Simonide de Céos (-556 -467), commémore cette action :
« Va, étranger, dire à Sparte qu'ici nous gisons, fidèles à ses lois » ainsi que le montre cette stèle :



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commentaires

D
C'est votre avis et je le respecte.

Pour ma part, je trouve culotté la vision de Snyder qui a osé aller aussi loin dans son film que dans la BD. Je suis très loin de trouver cela ridicule. Mieux, après l'avoir revu plusieurs fois en DVD, en vidéoprojection chez moi (et pas une salle où la copie était très abimée), je trouve que son esthétique est vraiment sublime.

Effectivement, le parallèle entre Scott et Snyder vient du plan des champs de blé. Mais pas uniquement. Pour moi, Scott est un dieu du cinéma (je suis en train de visionner le coffret 5 disques de Blade Runner, l'un des chocs de mon enfance) et Snyder ose mettre aussi bien l'accent sur les images que le maître anglais.
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D
Le gros problème de 300 ne se situe même pas au niveau idéologique mais tout simplement cinématographique: trop c'est trop, ce qui passait en BD, les dialogues et les muscles hypertrophiés, revêt dans le film un manteau de ridicule qui le plombe totalement. C'est d'autant plus dommage que Snyder semble avoir perdu le sens du rythme qui rendait L'armée des morts si réussi; et franchement, la scène de la danse chez les oracles... Au niveau esthétique, on dirait quand même une publicité pour l'oréal. Après au niveau idéologique, je préfère quand même le sous texte ravageur d'un Starship Troopers que cet espèce de premier degré ampoulé et pompeux sur le sens du sacrifice...PS: le parallèle entre Scott et Snyder fait surement références aux plans final dans les champs qui rappellent très fortement certains passages de Gladiator
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C
Ce qui est amusant c'est que , dès qu'un artiste n'est plus de gauche, il en devient forcément suspect.

La critique postée par Sioux est à la fois ridicule (je n'ai pas vu de rapport entre Snyder et Scott, et pourtant je connais par coeur l'oeuvre du créateur de Blade Runner) et surtout bien anti-valeurs !!

Eh oui, messieurs les gauchos, il faut vous y faire : il y a encore des artistes qui osent exprimer leurs idées et ne pas se soumettre à la pensée unique. Ca vous emmerde ? Tant mieux !!
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S
Une très bonne critique ici : http://www.ublog.com/NadjaLover/2007/03/30extrait : "Au moins on sera sûr d'une chose, le Snyder n'est très certainement pas démocrate (Franck Miller, dont la BD est ici adaptée, ne l'est vraiment pas, lui, parait-il). Alors je sais bien qu'on est sur ce blog entre gens de bon goût, et que les polémiques du genre politique autour d'un film nous paraissent souvent surfaites et lourdes, mais là... Quand on voit à quel point ce gros soufflet pixelisé, tirant parfois vers le Ridley Scott, véritable "film de tuning" comme je le disais déjà pour La Cité Interdite, est à ce point pro-militariste, glorifiant la force brute au nom de la sacro-sainte "freedom", sans ambages, sans aucun recul, présentant ces braves aryens de spartiates s'en allant casser du basané (dont le boss serait un mixe improbable entre Dhalsim de Street Fighter, et Vincent McDoom), on repense alors à ce petit insert, au début de L'Armée des morts (remake qui s'était, déjà d'une, débarrassé de la charge anti-consumériste de l'original), où à travers toutes ces images de chaos zombiesque, Snyder foutait là-dedans quelques secondes des musulmans en pleine prière.........."
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D
"Les journalistes traitent Snyder de néo-nazi ? Formidable, ils prouvent leurs conneries au monde entier."
David, je vais placer ton article en lien sur mon blog. Excellente critique ! Bravo !
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